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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2118627

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2118627

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2118627
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET SAMSON (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er septembre et 4 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Samson, demande au tribunal d'annuler les décisions du ministre de l'intérieur prononçant des retraits de points affectés à son permis de conduire à la suite d'infractions commises les 11 mars 2016, 18 juillet 2016,27 avril 2017, 28 août 2017, 25 mai 2018, 8 octobre 2018 et 24 mai 2019.

Par un mémoire enregistré le 3 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête. Il soutient, à titre principal que la requête est irrecevable et, à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement peuvent rejeter, par ordonnance, les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser. En vertu de l'article R. 421-1 de ce code, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. L'article R. 421-5 du même code précise que les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision.

2. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l'adresse de l'intéressé, dès lors du moins qu'il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.

3. Il résulte de l'instruction que l'avis de réception attaché au pli recommandé contenant la décision 48SI constatant la perte de validité du permis de conduire de M. A, adressé à celui-ci à Corbeil-Essonnes et retourné à l'administration avec le pli, comporte la mention " présenté/avisé le 22 août 2019 " et que la case " pli avisé et non réclamé ", correspondant au motif de non-distribution, y est cochée. Si M. A soutient qu'il avait transféré sa résidence en Andorre en 2014 et qu'il n'a pas été avisé de ce pli, il résulte de l'instruction qu'il a réglé les amendes forfaitaires consécutives aux infractions commises les 11 mars 2016, 18 juillet 2016, 27 avril 2017, 28 août 2017, 25 mai 2018 et 24 mai 2019 qui lui avaient été notifiées à Corbeil-Essonnes. Par suite, la décision du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité du permis de conduire de M. A doit donc être regardée comme ayant été valablement notifiée à une résidence de l'intéressé le 22 août 2019. Le recours gracieux qu'il a fait le 28 juin 2021 pour contester ces décisions de retrait de points a été effectué tardivement et n'a pu proroger les délais de recours contentieux. Or, la requête de M. A, tendant à l'annulation des décisions de retrait de points qu'elle récapitulait a été enregistrée au greffe du tribunal administratif le 1er septembre 2021. À cette date, le délai de recours contentieux était expiré. La requête est donc tardive et doit être rejetée par application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête susvisée de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Paris, le 16 mai 2024.

La magistrate désignée

M-C GIRAUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2118627

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