lundi 8 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2118809 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | JANOT |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 26 août 2021, le président de la section du contentieux du Conseil d'État a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de M. B C, enregistrée le 1er septembre 2021, en application de l'article R. 351-1 du code de justice administrative.
Par cette requête et un mémoire en réplique, ce dernier enregistré le 9 février 2023, M. B C, représenté par Me Janot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 septembre 2020 par laquelle le président de la chambre de commerce et d'industrie de région (CCIR) de Paris-Ile de France l'a licencié en raison de la suppression de son poste, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux du 4 janvier 2021 ;
2°) de condamner la CCIR de Paris-Ile de France à lui verser la somme de 75 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à raison de son licenciement injustifié ;
3°) de mettre à la charge de la CCIR Paris Île-de-France une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi le dossier prévu par les dispositions de l'article 35-1 du statut du personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie a été transmis aux membres de la commission paritaire locale ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, au regard des mesures spécifiques s'appliquant aux salariés protégés, dès lors qu'il n'est pas établi que l'avis conforme du ministre de tutelle a bien été recueilli ;
- elle est entachée d'erreur de droit, la nécessité de procéder à une suppression de poste n'ayant pas été démontrée ;
- elle a été prise sans recherche sérieuse et suffisante de reclassement ;
- elle le vise spécifiquement parce qu'il est délégué syndical ;
- la responsabilité de la CCIR Paris Île-de-France est ainsi engagée au titre de l'illégalité du licenciement ; le préjudice subi s'élève à 75 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2022, la chambre de commerce et d'industrie de région (CCIR) de Paris-Ile de France France conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité des conclusions en annulation, en raison de leur tardiveté ; à titre subsidiaire, au rejet au fond de ces conclusions et, en tout état de cause, au rejet au fond des conclusions indemnitaires.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952, ensemble le statut du personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Errera,
- et les conclusions de M. Lahary, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C a été recruté par la CCI de Versailles - Val d'Oise - Yvelines à compter du 28 septembre 1996 sur le fondement d'un contrat à durée déterminée, puis a été titularisé à compter du 1er septembre 2000. Il exerçait les fonctions d'enseignant formateur en anglais au sein de l'institut de formation par alternance (IFA) Adolphe Chauvin à Osny, dans le Val-d'Oise, et était affecté, administrativement, à la date de la décision attaquée, à la CCI de Paris - Ile-de-France dont le siège est à Paris. Par une décision du 7 septembre 2020, notifiée le 9 septembre suivant, le président de la CCI de Paris - Ile-de-France a prononcé le licenciement de M. C, en raison de la suppression de son emploi. Par un courrier en date du 4 janvier 2021, notifié le 6 janvier suivant, M. C a d'une part, introduit un recours gracieux à l'encontre de la décision de licenciement et, d'autre part, formé une demande indemnitaire préalable tendant à la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'illégalité de cette décision. Le silence gardé sur sa demande a fait naître une décision implicite de rejet. M. C demande l'annulation de la décision de licenciement du 7 septembre 2020, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux du 4 janvier 2021, et la condamnation de la CCI de Paris - Ile-de-France à l'indemniser des préjudices subis.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense concernant les conclusions à fin d'annulation :
2. La CCI de Paris - Ile-de-France oppose en défense une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des conclusions en annulation, en raison de leur tardiveté. Il ressort des pièces du dossier que la décision de licenciement litigieuse, en date du 7 septembre 2020, a été notifiée à M. C le 9 septembre suivant et qu'elle mentionnait les voies et délais de recours. La circonstance que cette décision ne précisait pas la juridiction compétente à l'intérieur de la juridiction administrative pour connaître du recours dirigé contre elle est sans influence sur la computation des délais. Le délai de recours contentieux a donc commencé à courir à compter du 9 septembre 2020 pour expirer le 10 novembre 2020. Comme il a été dit au point 1 ci-dessus, ce n'est que par un courrier en date du 4 janvier 2021, notifié le 6 janvier suivant, que M. C a formé un recours gracieux à l'encontre de la décision de licenciement, accompagné d'une demande indemnitaire.
3. M. C soutient, dans son mémoire en réplique, que le courrier du 7 septembre 2020 l'informant de la décision de licenciement indiquait expressément que le licenciement prendrait effet au terme d'un préavis de deux mois, ce préavis courant du 14 septembre au 13 novembre 2020. Il en infère que dès lors que le licenciement ne prenait effet que le 13 novembre 2020, c'est cette dernière date qui constitue le point de départ pour la computation du délai de deux mois. M. C en conclut que son recours gracieux du 4 janvier 2021, notifié le 6 janvier suivant, a été formé dans le délai de recours contentieux.
4. Toutefois, la date de prise d'effet du licenciement correspond à l'échéance du délai de préavis de deux mois à compter de la notification du courrier de licenciement. Cette règle, qui ne concerne que le délai de préavis, porte ainsi sur la seule date de prise d'effet du licenciement, et non pas sur le principe même du licenciement, qui est acquis dès l'édiction de la décision de licenciement. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 7 septembre 2020, notifiée le 9 septembre, enregistrées au greffe du tribunal administratif de Grenoble le 4 mai 2021, sont dès lors tardives et par suite irrecevables. Il y a donc lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 712-1 du code de commerce : " Le président est le représentant légal de l'établissement. Il en est l'ordonnateur et est responsable de sa gestion ". Eu égard à la nature même des fonctions de président, lequel a la qualité de représentant légal de la chambre, et dont la compétence inclut nécessairement les décisions individuelles relatives à la gestion de l'ensemble des collaborateurs de la CCIR, le requérant ne saurait sérieusement soutenir que M. A n'était pas compétent pour signer la décision contestée.
En ce qui concerne l'information de la commission paritaire régionale (CPR) :
6. En deuxième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 35-1 du statut du personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie : " Transmission d'un dossier aux membres de la Commission Paritaire / Lorsqu'une CCI employeur décide de prendre, dans le cadre de son plan stratégique, des mesures pouvant entrainer un ou plusieurs licenciements pour suppression de poste, le Président de la CPR (), au vu de la délibération prise en Assemblée Générale de cette CCI employeur (), transmet, dans les 15 jours ouvrés suivant la délibération de l'Assemblée Générale, par voie électronique, voie postale ou remise en main propre contre décharge, aux membres de la Commission Paritaire ainsi qu'à chaque organisation syndicale représentative de la CCI employeur concernée, un dossier qui comprend : /- une information sur les raisons économiques, financières et techniques qui sont à l'origine de la délibération de l'Assemblée Générale, / - une information sur la liste des postes susceptibles d'être supprimés et les critères retenus, / - les moyens que la CCI employeur entend mettre en œuvre pour favoriser les reclassements au sein de la CCI employeur pour éviter les licenciements et au sein du réseau des CCI de France () ". Aux termes du quatrième paragraphe du même article : " Réunion de la Commission Paritaire / Dans le délai de huit jours ouvrés qui suit le ou les entretiens individuels, le Président de la Commission Paritaire adresse aux membres de cette commission une convocation comprenant un ordre du jour et les documents relatifs à la réunion qui a pour objet : / - une information sur les moyens que la CCI employeur a examinés pour éviter les suppressions de postes tels que notamment () / - une information sur les aides et mesures d'accompagnement apportées aux agents susceptibles d'être licenciés pour faciliter leur réemploi sur des postes équivalents () /- une information sur le coût et les modalités de mise en œuvre des mesures envisagées () ".
7. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'une décision peut entraîner un ou plusieurs licenciements par suppression d'emploi, le président de l'organisme consulaire est tenu de communiquer à la commission paritaire régionale, à la suite de la délibération de l'assemblée générale ayant décidé des suppressions d'emploi en cause, un dossier comprenant des informations relatives aux raisons qui sont à l'origine de ces suppressions d'emplois, à la liste des emplois supprimés et aux critères retenus, ainsi qu'aux mesures d'accompagnement proposées aux personnes concernées. La commission paritaire régionale doit ensuite être réunie après qu'ont eu lieu les entretiens individuels des agents concernés, afin de rendre un avis sur les mesures qui ont été effectivement prises pour éviter les licenciements ainsi que sur les mesures individuelles de licenciement envisagées. La commission paritaire régionale doit, par suite, être informée, au plus tard à l'occasion de cette réunion, des actions qui ont été concrètement entreprises à l'égard de ces agents pour éviter leur licenciement, ainsi que sur le coût et les modalités de mise en œuvre des mesures envisagées. Compte tenu de l'obligation qui incombe à la compagnie consulaire d'examiner les possibilités de reclassement, notamment en son sein, des agents dont le licenciement est envisagé, c'est par suite au plus tard à l'occasion de cette réunion que la commission paritaire locale doit être informée des propositions de reclassement qui ont pu être faites à ces mêmes agents.
8. En l'espèce, d'une part, à la suite de la délibération de l'assemblée générale en date du 13 février 2020, les membres de la commission paritaire régionale se sont vu remettre, par des courriers remis en main propre ou par courrier recommandé avec accusé de réception, un dossier comprenant l'ensemble des éléments fournis à l'assemblée pour décider de l'opportunité des suppressions de poste qui y ont été délibérées, ainsi que la délibération de l'assemblée générale accompagnée d'une annexe présentant la liste définitive des postes supprimés et permettant d'apprécier les critères qui ont conduit à retenir ces postes. Le même dossier contenait également la présentation du dispositif de reclassement, ainsi qu'un projet d'accord méthodologique portant sur la procédure de suppression de postes et visant à associer la commission paritaire régionale aux modalités de reclassement. Dès lors, la chambre de commerce et d'industrie a satisfait aux obligations d'information des membres de la commission paritaire régionale qui lui incombent en application des dispositions précitées de l'article 35-1 du statut. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 35-1 du statut ne peut donc qu'être écarté.
En ce qui concerne l'avis rendu par la commission paritaire régionale le 3 juillet 2020 :
9. Les membres de la commission paritaire régionale se sont vus remettre, en vue de leur réunion du 3 juillet 2020, plusieurs documents détaillant les démarches, propositions et actions entreprises pour éviter les licenciements, et notamment la priorité des candidatures des agents en situation de reclassement, la mise en place d'un accompagnement personnalisé des collaborateurs, les actions de formation, l'aide au reclassement externe par un prestataire. Les membres de la commission paritaire régionale ont également reçu une information sur les coûts engendrés par ces différentes démarches.
10. Les membres de la commission paritaire régionale ont également été destinataires d'une fiche individuelle précisant les postes qui ont été proposés par la chambre à M. C en vue de son reclassement. En outre, les membres de la commission ont été à même, en l'espèce, d'exprimer utilement leur avis sur l'ensemble des questions soulevées par la délibération. Le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis rendu par la commission paritaire régionale le 3 juillet 2020 doit donc être écarté.
11. En se bornant à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure à défaut d'avoir respecté les modalités spécifiques de licenciement des salariés titulaires de mandat de représentation, le requérant n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au demeurant, aux termes de l'article 33 bis de l'arrêté du 25 juillet 1997 relatif au statut du personnel de l'assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie, des chambres régionales de commerce et d'industrie et des groupements interconsulaires : " Le licenciement ou la révocation de tout agent titulaire ayant la qualité de délégué syndical ou de représentant du personnel en Commission Paritaire Locale ou en Commission Paritaire Nationale ne peut intervenir, après avis de la Commission Paritaire Locale donné dans les conditions prévues à l'article 33, paragraphes 4, 5 et 6, que sur avis conforme des Ministres de Tutelle. Si la demande de licenciement n'a pas reçu de réponse dans un délai d'un mois à compter de sa date de réception par lesdits Ministres, l'avis conforme est réputé avoir été donné ". Il ressort de la décision attaquée, et il n'est pas utilement contesté, que la commission paritaire régionale s'est prononcée sur avis conforme du ministre de tutelle.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation :
12. Le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Il fait valoir que la CCI n'a pas été en mesure de préciser les critères objectifs sur la base desquels les emplois supprimés ont été identifiés, et qu'il n'est pas établi que la suppression de postes procède d'une exacte appréciation de l'intérêt du service.
13. Toutefois, un organisme consulaire peut légalement supprimer des emplois pour des raisons d'économie budgétaire. Il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier l'opportunité de la décision prise par la CCIR Paris Ile-de-France de supprimer des postes budgétaires ni les choix stratégiques qui la fondent. La circonstance, à la supposer établie, que les motifs de la délibération en cause ne permettraient pas de déterminer les éléments objectifs qui ont guidé l'assemblée générale dans la sélection des postes à supprimer est, ainsi, sans incidence sur leur légalité. Il ressort en outre des pièces du dossier que les suppressions de postes résultaient de la volonté de la chambre de commerce et d'industrie de la région Paris Ile-de-France d'adapter son organisation afin de tenir compte des nouvelles attributions allouées aux chambres régionales de commerce et d'industrie, et des difficultés budgétaires et financières que rencontre l'établissement depuis de nombreuses années. En effet, il ressort des pièces du dossier que la CCIR Paris Ile-de-France était confrontée à une baisse des recettes fiscales, et notamment à une nouvelle diminution de la taxe pour frais de chambre (TFC), de l'ordre de 23,2 millions d'euros pour l'année 2019, s'inscrivant dans une nouvelle trajectoire de baisse pluriannuelle décidée par les pouvoirs publics. Il ressort également des pièces du dossier que, dans ce contexte, la CCIR Paris Ile-de-France était contrainte d'adapter son organisation. La CCIR indique en défense, sans être contestée à cet égard, que l'Institut de formation par alternance (IFA) Adolphe Chauvin, où exerçait M. C, fonctionnait en sous-capacité et était confronté à des difficultés liées à la vétusté des infrastructures. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré du manquement de la chambre de commerce et d'industrie de la région Paris Ile-de-France à ses obligations en matière de reclassement :
14. Aux termes du deuxième paragraphe de l'article 35-1 du statut du personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie : " Recherche de reclassement / Dans le même temps, la CCI employeur qui décide de prendre des mesures pouvant entrainer un ou plusieurs licenciements pour suppression de poste doit, comme mentionné ci-dessus, procéder obligatoirement à des recherches de reclassement au sein de l'ensemble des établissements consulaires de la région et au niveau de l'ensemble des établissements du réseau des CCI de France notamment à l'aide de la bourse à l'emploi du réseau consulaire (). Les agents susceptibles d'être concernés par un licenciement pour suppression de poste peuvent postuler sur l'un des emplois transmis par la CCI employeur dans le cadre de la recherche de reclassement. Dans ce cas, ils bénéficient d'une priorité de reclassement qui s'impose aux Présidents des CCIT concernées, rattachées à la CCI employeur bénéficiant d'une délégation de compétence en matière de recrutement () ".
15. Il résulte de ces dispositions qu'avant de prononcer le licenciement pour suppression d'emploi d'un agent soumis au statut du personnel des CCI, il appartient à la compagnie consulaire d'examiner les possibilités de reclassement de cet agent notamment en son sein, tant sur des emplois équivalents que sur des emplois de rang hiérarchique inférieur. Toutefois, ces dispositions ne sauraient être interprétées comme faisant obligation au président de la CCI, préalablement à tout licenciement pour suppression d'emploi, d'examiner les possibilités de reclassement de l'agent concerné sur des postes sans rapport avec sa qualification et son rang hiérarchique.
16. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la fiche de suivi individuel relative à M. C, que les recherches de reclassement de l'intéressé ont été effectivement menées, et que l'intéressé s'est vu proposer plusieurs postes à dominante pédagogique, situés à Pontoise et à Paris, et auxquels M. C n'a pas souhaité postuler. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la CCIR Paris Ile-de-France ne se serait pas acquittée, avec diligence et sérieux, son obligation de recherche de reclassement.
17. Enfin, le moyen tiré de ce que le licenciement de M. C serait en lien avec la qualité de délégué syndical de ce dernier est dépourvu de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
18. Il résulte de tout ce qui précède que, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision de licenciement n'est pas entachée d'illégalité. Ainsi, en l'absence de toute faute de nature à engager la responsabilité de la CCIR Paris Île-de-France, M. C n'est pas fondé à demander réparation du préjudice qui aurait résulté de l'illégalité alléguée de son licenciement.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la CCIR Paris Île-de-France, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. C la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la chambre de commerce et d'industrie de la région Paris Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 25 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
Mme de Saint Chamas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.
Le rapporteur,
A. ERRERA
Le président,
J. SORIN
La greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2118809/2-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512599
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral du 14 janvier 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que le droit d'être entendu, garanti par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, n'imposait pas une nouvelle audition dans ce cas, la décision d'éloignement découlant nécessairement du rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile. La juridiction a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 611-1.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400857
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête d'un agent du SIAAP demandant la révision de son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) et l'indemnisation de préjudices. Le tribunal juge que le taux d'IPP, fixé à 34% selon le barème légal, ne peut être modifié en raison de l'existence éventuelle d'une faute de l'employeur. Concernant l'indemnisation, le tribunal rappelle que le régime des accidents de service et maladies professionnelles des fonctionnaires, régi par la loi du 13 juillet 1983 et le décret du 2 mai 2005, répare forfaitairement certains préjudices, mais n'exclut pas une action en responsabilité pour faute visant à réparer d'autres chefs de préjudice.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401146
Le Tribunal administratif de Paris a annulé une sanction disciplinaire (un jour d'exclusion temporaire de fonction) infligée par l'AP-HP à un infirmier. La juridiction a estimé que la sanction, fondée sur une simple "suspicion d'inhalation de kalinox", ne reposait pas sur des faits établis, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint à l'administration d'effacer la sanction du dossier de l'agent et l'a condamnée à lui verser 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401760
**Sujet principal** : Contestation par une société de rappels de TVA et d'une majoration, concernant le taux applicable (taux réduit de 5,5% pour la vente de livres ou taux normal de 20% pour des prestations de voyance). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société. Il estime que l'activité principale constitue une prestation immatérielle de voyance taxable au taux normal et que, de toute façon, la société n'a pas apporté la preuve permettant d'isoler la part éventuelle de son chiffre d'affaires relevant de la vente de livres. **Textes appliqués** : Articles 278 et 278-0 bis A-3° du code général des impôts (taux normal et taux réduit de TVA).
30/03/2026