jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2120294 |
| Type | Décision |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PIERRE BOUDRIOT (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2021, M. B A, représenté par Me Boudriot, demande au tribunal :
1°) la décharge de la majoration de 40% pour manquement délibéré afférente à un rappel d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux de 153 164 euros correspondant à la plus-value immobilière réalisée à la suite de la cession d'un bien situé au 24 avenue d'Eylau à Paris (16ème arrondissement) ainsi que les intérêts de retard mis à sa charge ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 100 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la majoration en litige est infondée dès lors qu'il n'avait pas l'intention de se soustraire à l'impôt.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 4 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marchand,
- et les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a procédé à la vente d'un bien situé au 24, avenue d'Eylau à Paris, 16ème arrondissement le 22 décembre 2017. Une proposition de rectification du 16 juillet 2019 lui a été notifiée remettant en cause l'exonération d'impôt sur les plus-values immobilières concernant la vente de ce bien et portant sur une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, au motif que le bien cédé n'était pas sa résidence principale au jour de la cession et que la plus-value réalisée ne pouvait dès lors pas bénéficier de l'exonération prévue par le 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts. Cette imposition supplémentaire a été assortie d'une majoration de 40% pour manquement délibéré. M. A demande au tribunal la décharge de cette majoration, ainsi que des intérêts de retard mis à sa charge.
2. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
3. Pour justifier l'application de la pénalité de 40% prévue en cas de manquement délibéré, appliquée aux rehaussements litigieux, l'administration a relevé, dans sa proposition de rectification, sans être utilement contredite, d'une part que M. A n'a jamais occupé le bien en litige à titre principal et a toujours été domicilié à Neuilly-sur-Seine durant toute la période où il a été propriétaire de ce bien. Elle a relevé notamment que les déclarations de revenus du requérant au titre des années 2015, 2016 et 2017 ont toutes été déposées au centre des finances publiques de Neuilly et non à celui de Paris 16ème et que M. A n'a déclaré aucun changement d'adresse pendant la période durant laquelle il a été propriétaire. D'autre part, le bien en litige n'a pas fait l'objet d'une taxation à la taxe d'habitation pour les années 2016 et 2017 et a fait l'objet d'une taxe sur les locaux vacants en 2017 alors que le requérant a été imposé pour les années 2016 et 2017 à la taxe d'habitation pour un bien à Neuilly-sur-Seine en tant que résidence principale. Si M. A soutient que son état de santé ainsi que celui de son épouse ne lui ont pas permis d'occuper son bien, qui avait vocation à devenir leur résidence principale, avant la cession de celui-ci, cette circonstance est sans incidence dès lors qu'à la date de la signature de l'acte de cession, le 22 décembre 2017, M. A a déclaré que le bien vendu constituait sa résidence principale et être effectivement domicilié à l'adresse du bien, alors qu'il ne pouvait ignorer que tel n'était pas le cas. L'administration a par ailleurs indiqué que l'acte notarié mentionnait en outre expressément que la qualification de résidence principale avait pour conséquence l'exonération de la plus-value réalisée en application des dispositions du 1° de l'article 150 U II du code général des impôts de sorte que M. A ne pouvait ignorer les incidences de ses déclarations. Si le requérant soutient que cette mention résulte d'une erreur du notaire ayant rédigé l'acte, il n'en justifie pas alors qu'il a signé sans réserve l'acte de cession. Dans ces conditions, l'intention délibérée du contribuable est établie.
4. Par ailleurs, en l'absence de remise en cause des impositions supplémentaires mises à sa charge, le requérant n'est pas fondé à demander la décharge des intérêts de retard dont ces impositions ont été assorties.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de paris.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
Mme Marchand, première conseillère,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure,
A. MARCHAND
Le président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517378
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant malien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'ancienneté et de la stabilité de l'insertion professionnelle du requérant, qui justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours.
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