Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 septembre 2021, 12 juillet 2023 et 12 septembre 2023, la société Nge Fondations, représentée par Me Dreyfus, demande au tribunal :
1°) d’annuler le décompte général établi par la société SNCF Réseau notifié par ordre de service du 6 novembre 2020 ;
2°) d’établir le décompte général et définitif du marché à la somme de 1 120 399,77 euros toutes taxes comprises ;
3°) de condamner SNCF Réseau à lui verser la somme de 624 240,79 euros au titre du solde du marché, assortie des intérêts moratoires à compter du 19 février 2021 et de leur capitalisation à compter du 19 février 2022 et jusqu’à chaque échéance annuelle ;
4°) de mettre à la charge de SNCF Réseau la somme de 15 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de condamner SNCF Réseau aux entiers dépens de l’instance.
Elle soutient que :
- elle doit être rémunérée des travaux supplémentaires effectués ; la SNCF lui a demandé de réaliser des travaux supplémentaires pour la création d’une piste d’accès en vue de la réalisation de deux inclinomètres qui doivent être rémunérés à hauteur de 33 720 euros hors taxe ;
- elle a dû réaliser un masque drainant à la suite de la découverte d’une sujétion technique imprévue consistant en une arrivée d’eau quasi-permanente et doit être indemnisée à hauteur de 162 255 euros hors taxe ;
- le maître d’ouvrage a commis des fautes dans la conception du marché et l’estimation de ses besoins ; elle a dû modifier en conséquence les matériaux de remblaiement et son préjudice s’élève à la somme de 110 554,50 euros hors taxe ; elle a dû modifier le tracé de la piste d’accès en raison de la présence d’un réseau de fibre optique et son préjudice s’élève à la somme de 79 535,60 euros hors taxe ; ces travaux étaient en tout état de cause indispensables à l’exécution du marché ; le changement de méthodologie lui ayant été imposé pour la réalisation du débroussaillement résulte directement de la décision fautive de SNCF Réseau de changer de coordonnateur SPS et elle doit être indemnisée à hauteur de 12 200 euros hors taxe ; l’introduction d’un référé préventif par SNCF Réseau a eu pour conséquence un allongement de la durée d’exécution des travaux engendrant un surcoût de 24 942 euros hors taxe ;
- le maître d’ouvrage est responsable des troubles résultant de dommages permanents de travaux publics ;
les surcoûts provoqués par la modification des conditions d’exécution du marché du fait des nuisances sonores causées aux riverains évalués à 17 330 euros hors taxe doivent donc être réparés par la SNCF ;
- les pénalités de retard d’un montant de 52 500 euros hors taxe lui ayant été infligées ne sont pas justifiées dès lors qu’un retard de 154 jours dans l’exécution du marché est imputable au maître d’ouvrage ;
- les pénalités respectives de 21 800 euros et de 16 350 euros mises à sa charge en raison de la remise tardive du plan assurance qualité et du programme d’exécution ne sont pas justifiées ;
- le point de départ des intérêts moratoires doit être fixé à 60 jours après le 21 décembre 2020, date à laquelle le maître d’œuvre a reçu le décompte général signé avec réserves assorti d’un mémoire en réclamation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 mai 2023, 1er et 28 septembre 2023, la société SNCF Réseau, représentée par Me Nahmias, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société NGE Fondations la somme de 7 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les demandes de la société NGE Fondations sont toutes infondées.
Par ordonnance du 15 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 octobre 2023 à midi.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- le cahier des clauses et conditions générales applicables aux marchés de travaux de la Sncf ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Madé,
- les conclusions de Mme Marcus, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bardet, représentant la société NGE Fondations, et de Me Monfront, représentant la société SNCF Réseau.
Considérant ce qui suit :
1. Par un marché public de travaux à prix unitaire signé le 29 octobre 2018, SNCF Réseau a confié à la société NGE Fondations la réalisation de travaux de confortement de talus du déblai d’Epinay par clouage de pieux forés situés sur la ligne de Paris-Lyon à Marseille Saint-Charles. Les travaux ont été réceptionnés avec réserves le 17 février 2020 avec effet au 6 février 2020. Par courrier du 27 mars 2020, la société NGE Fondations a adressé à SNCF Réseau son projet de décompte final accompagné d’un mémoire en réclamation. Par courrier du 6 novembre 2020, SNCF Réseau a notifié à la société NGE Fondations le décompte général du marché pour un montant de 440 821,32 euros hors taxe soit 528 985,58 euros toutes taxes comprises comprenant un solde à payer de 32 826,60 euros toutes taxes comprises. Par courrier du 15 décembre 2020, la société NGE Fondations a renvoyé le décompte général signé avec réserves accompagné d’un mémoire en réclamation et demandé que le décompte final soit établi à la somme de 883 160,48 euros hors taxe, ses préjudices étant évalués à la somme de 440 345,16 euros hors taxe et le délai d’exécution devant être allongé de 154 jours calendaires avec pour conséquence la suppression des pénalités de retard lui ayant été infligées. Par courrier du 9 juin 2021, SNCF Réseau a proposé à la société NGE Fondations de lui verser la somme de 34 554 euros hors taxe après application des pénalités sur les 440 345,16 euros hors taxe initialement réclamés, portant ainsi le montant du décompte final à la somme de 477 369,32 euros. La tentative de médiation entre les parties a échoué même si celles-ci se sont accordées sur la prolongation du délai de recours contentieux au 30 septembre 2021. Par la présente requête, la société NGE Fondations demande au tribunal d’annuler le décompte général établi par la société SNCF Réseau notifié par ordre de service du 6 novembre 2020, d’établir le décompte général et définitif du marché à la somme de 1 120 399,77 euros toutes taxes comprises et de condamner SNCF Réseau à lui verser la somme de 624 240,79 euros au titre du solde du marché, assortie des intérêts moratoires à compter du 19 février 2021 et de leur capitalisation à compter du 19 février 2022 et jusqu’à chaque échéance annuelle.
Sur le règlement du marché :
En ce qui concerne les demandes indemnitaires de la société NGE Fondations :
S’agissant de la demande de rémunération des travaux supplémentaires :
2. L’entreprise titulaire d’un marché a droit au paiement des travaux non prévus au marché initial qui lui ont été commandés par ordre de service régulier. L’entreprise a également droit au paiement des travaux supplémentaires qui, bien qu’ils aient été réalisés sans ordre écrit ou verbal du maître d’ouvrage, ont été indispensables à la réalisation de l’ouvrage dans les règles de l’art sauf dans le cas où la personne publique s’est préalablement opposée, de manière précise, à leur réalisation.
3. La société NGE Fondations soutient qu’à la suite de la destruction de deux inclinomètres dans le cadre de l’exécution des travaux, il lui a été demandé d’émettre une proposition de prix nouveau pour fournir deux inclinomètres et les installer. Elle indique que le prix nouveau n’a pas été accepté par SNCF Réseau mais que celle-ci lui a néanmoins demandé de réaliser des travaux supplémentaires pour la création d’une piste d’accès en vue de la réalisation des deux inclinomètres dans le cadre d’un autre marché. Toutefois, il ne résulte pas de l’instruction que ces travaux auraient été demandés par SNCF Réseau ni qu’ils seraient indispensables à la réalisation de l’ouvrage alors qu’ainsi que l’indique la société NGE Fondations, les deux inclinomètres ont finalement été réalisés par un tiers dans le cadre d’un marché distinct. Par suite, la société requérante n’est pas fondée à demander le versement de la somme de 33 720 euros hors taxe correspondant au coût de réalisation d’une piste d’accès pour installer deux inclinomètres.
S’agissant de la demande de rémunération des surcoûts résultant d’une sujétion technique imprévue :
4. Ne peuvent être regardées comme des sujétions techniques imprévues que des difficultés matérielles rencontrées lors de l'exécution d'un marché, présentant un caractère exceptionnel, imprévisibles lors de la conclusion du contrat et dont la cause est extérieure aux parties. S’agissant d’un marché à prix unitaires, leur indemnisation par le maître d’ouvrage n’est pas subordonnée à un bouleversement de l’économie du contrat.
5. La société NGE Fondations soutient qu’elle a dû réaliser un masque drainant à la suite de la découverte d’une sujétion technique imprévue consistant en une arrivée d’eau quasi-permanente au droit du talus et demande à être indemnisée de la somme de 162 255 euros hors taxe correspondant au coût de réalisation du masque drainant pour remédier au glissement du talus. Toutefois, d’une part, il résulte de l’instruction que la présence d’eau de ruissellement et l’existence de drains étaient connues lors de la conclusion du marché. En effet, la notice descriptive figurant dans le dossier de consultation des entreprises indique, au point 1.2 « Description du site – Situation générale », que « d’un point de vue hydrogéologique, le déblai intercepte les eaux en provenance du plateau et s’écoulant vers l’Yerres » et que « le drainage est assuré par un aqueduc maçonné (…) puis par fossé maçonné (…) [et] trois éperons drainants en pierre sèche ». D’autre part, il résulte également de l’instruction que SNCF Réseau n’a satisfait qu’en partie la demande de la société NGE Fondations au titre de la réalisation du masque drainant au motif que la présence d’eau dans le talus était due à la destruction par la société NGE Fondations d’un drain découvert lors du terrassement et que le glissement du talus a été aggravé par la société qui n’a pas attendu la validation de l’ensemble des documents d’exécution pour commencer les travaux de terrassement et n’a pas respecté les plans d’exécution validés. Or, la société NGE Fondations n’apporte aucun élément de nature à établir que la présence d’eau dans le talus à l’origine d’un glissement de terrain ne serait pas consécutive à ses agissements et serait ainsi, extérieure aux parties. Dès lors, la découverte d’une arrivée d’eau quasi-permanente au droit du talus, qui n’avait un caractère ni imprévisible ni extérieur aux parties, ne saurait être qualifiée de sujétion imprévue. Au surplus, il ne résulte pas de l’instruction que le coût de réalisation du masque drainant aurait été supérieur à la somme de 74 956 euros lui ayant été accordée par SNCF Réseau dans le décompte général. Par suite, elle n’est pas fondée à demander le versement de la somme de 162 255 euros hors taxe correspondant au coût de réalisation d’un masque drainant pour remédier au glissement du talus.
S’agissant de la demande de rémunération des surcoûts engendrés par une faute du maître d’ouvrage dans la conception du marché et l’estimation de ses besoins :
6. Les difficultés rencontrées dans l’exécution d’un marché peuvent ouvrir droit à indemnité au profit de l’entreprise titulaire du marché dans la mesure où celle-ci justifie qu’elles sont imputables à une faute de la personne publique commise notamment dans l’exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché, dans l’estimation de ses besoins, dans la conception même du marché ou dans sa mise en œuvre.
7. En premier lieu, la société NGE Fondations soutient que les matériaux terrassés (marnes vertes et marno-calcaires) se sont révélés impropres à leur utilisation pour effectuer le remblaiement et que SNCF Réseau a ainsi commis une faute dans la conception du marché et l’estimation de ses besoins en lui demandant de réaliser une piste terrassée selon la méthode déblai/remblai alors que les caractéristiques du sol ne le permettaient pas. Elle produit une étude géotechnique du 28 mai 2019 réalisée par la société Guintoli dont il ressort que les matériaux présents dans le talus sont des marnes vertes et marnos calcaires qui sont humides à très humides, ont des caractéristiques mécaniques faibles et sans cohésion et ne peuvent être utilisés en l’état pour la réfection et le confortement du talus. Elle indique, en outre, que son préjudice d’un montant de 110 554,50 euros hors taxe correspond au coût de la mise en décharge de matériaux impropres et de fourniture et mise en œuvre de matériaux de substitution. Toutefois, d’une part, il résulte de l’instruction que SNCF Réseau a fait réaliser une étude de sols jointe au dossier de consultation des entreprises et dont les conclusions ont été reprises dans la notice descriptive figurant dans ce dossier qui mentionne la présence d’argiles marron rougeâtre à blocs à meulières et calcaires, vertes, gris bleuté verdâtre, de calcaires marneux beige, de marnes argileuses beiges à bancs calcaires, de marnes de Pantin et d’Argenteuil et que la nature du sol était donc connue par la société NGE Fondations. D’autre part, il ne résulte pas de l’instruction que SNCF Réseau aurait imposé à la société NGE la méthode déblai/remblai pour créer une piste terrassée permettant le passage de la foreuse. La société titulaire du marché a, au contraire, de sa propre initiative, proposé une variante tenant à la réalisation d’une piste terrassée par la méthode du déblai/remblai en lieu et place de la plateforme métallique prévue en solution initiale. Dans ces conditions, la société NGE Fondations n’est pas fondée à soutenir que SNCF Réseau aurait commis une faute dans la conception du marché et l’estimation de ses besoins.
8. En deuxième lieu, aux termes de l’article 4 du cahier des prescriptions spéciales (CPS) : « Documents contractuels » : « Le marché est régi par les documents particuliers et généraux ci-après énoncés, ainsi que par l'offre de l'Entrepreneur, dans l'ordre de priorité décroissant (sauf pour les séries de prix dont l'ordre de priorité est défini à l'article 10 "Prix" ci-après : 4.1. Documents particuliers (…) - la notice descriptive ». En outre, aux termes de l’article 1.4.7.1 « canalisations, câbles » de la notice descriptive : « Avant les travaux, l’entreprise aura reconnu l'emplacement et se sera assurée auprès des collectivités, de la SNCF, des propriétaires ou locataires intéressés, de la position de toutes les canalisations, câbles, lignes aériennes…Elle aura à prendre toutes les précautions et mesures de protections nécessaires pour éviter la détérioration de ces installations. Elle sera responsable des dégâts occasionnés aux dites installations de son fait ou du fait de son personnel et aura à prendre à sa charge et à ses frais toutes les réfections utiles. Les frais occasionnés par les dispositifs de protection de câbles et réseaux divers sont bien entendu compris dans les prix remis par l’entreprise. ». Enfin, aux termes de l’article 10.1 du cahier des clauses et conditions générales applicables aux marchés de travaux passés par la SNCF (CCCG) : « Contenu des prix » : « 10.11 Les prix sont réputés comprendre toutes les dépenses résultant de l'exécution des travaux, y compris les frais généraux, impôts et taxes, et assurer à l'entrepreneur une marge pour risques et bénéfice. Ils sont indiqués dans le marché hors taxe sur la valeur ajoutée (TVA). A l'exception des seules sujétions mentionnées dans le marché comme n'étant pas couvertes par les prix, ceux-ci sont réputés tenir compte de toutes les sujétions d'exécution des travaux qui sont normalement prévisibles à la remise des offres et dans les conditions de temps et de lieu où s'exécutent ces travaux, telles que : (…) les contraintes liées à la présence de canalisations, conduites et câbles de toute nature, ainsi qu'aux chantiers nécessaires au déplacement ou à la transformation de ces installations (…).
9. La société NGE Fondations soutient qu’elle a dû modifier le tracé de la piste d’accès au chantier en raison de la présence d’un réseau de fibre optique à une profondeur de plus de 80 centimètres du terrain naturel et qu’elle a dû déporter vers l’aval du talus sa piste d’accès afin de ne pas occasionner de dommage au câble. Elle indique que la position réelle du câblage n’a pas été communiquée dans le dossier de consultation des entreprises indiquant à tort qu’une artère câble était soutenue par des poutrelles métalliques reposant sur des plots, qu’elle ne pouvait la visualiser lors de la visite du site préalable à l’établissement de son offre compte tenu de la présence de broussailles et que ce n’est qu’après une fouille manuelle qu’elle a découvert le positionnement réel de la fibre optique. Elle soutient ainsi que SNCF Réseau a commis une faute en omettant de communiquer avec précision la position de ce câble dans le dossier de consultation des entreprises et demande à être indemnisée de la somme de 79 535,90 euros correspondant aux coûts de modification du tracé de la piste d’accès consécutive à la découverte du positionnement du câble de la fibre optique. Toutefois, en application des stipulations précitées, il appartenait à l’entreprise de s’assurer, avant la réalisation des travaux, de la localisation précise du câble commun télécom SNCF mentionné dans la notice descriptive, le surcoût lié aux contraintes tenant à la présence de ce câble étant par ailleurs inclus dans les prix du marché. Ainsi, la société requérante n’établit pas que SNCF Réseau aurait commis une faute en ne lui communiquant pas la position exacte du câble de la fibre optique. Au surplus, pour les mêmes motifs, les travaux de réalisation de la piste d’accès prévus au marché ne peuvent être considérés comme des travaux supplémentaires. Par suite, la société NGE Fondations n’est pas fondée à demander le versement de la somme de 79 535,90 euros en raison de la modification du tracé de la piste d’accès.
10. En troisième lieu, aux termes de l’article 43 du CCCG : « 43.1 Hygiène et sécurité des chantiers » : « 43.11 L'entrepreneur est tenu d'observer toutes les prescriptions d'hygiène et de sécurité du travail de l'autorité compétente. Il doit, en conséquence, prendre sur ses chantiers toutes les mesures d'ordre et de sécurité propres à éviter des accidents, tant à l'égard du personnel qu'à l'égard des tiers. Il assure notamment l'éclairage et le gardiennage de ses chantiers, ainsi que leur signalisation tant intérieure qu'extérieure. Il assure également, en tant que de besoin, la clôture de ses chantiers. Il doit prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter que les travaux ne présentent un danger pour les tiers, notamment lorsque la circulation publique n'a pas été déviée. Les points de passage pouvant présenter un danger, le long et à la traversée des voies de communication, doivent être protégés par des garde-corps provisoires ou par tout autre dispositif approprié ; ils doivent être éclairés et, au besoin, gardés. (…) 43.13 Toutes les mesures d'ordre, d'hygiène et de sécurité, prescrites ci-avant, sont à la charge et aux frais de l'entrepreneur. 43.14 En cas d'inobservation par l'entrepreneur des prescriptions des paragraphes 11 à 13 du présent article, et sans préjudice des pouvoirs des autorités compétentes, le maître d'œuvre peut prendre, aux frais de l'entrepreneur, les mesures nécessaires après mise en demeure restée sans effet. En cas d'urgence ou de danger, ces mesures peuvent être prises sans mise en demeure préalable. L'intervention des autorités compétentes ou du maître d'œuvre ne dégage pas la responsabilité de l'entrepreneur. ».
11. La société NGE Fondations soutient que le nouveau coordonnateur sécurité et protection de la santé (SPS) lui a demandé de mettre en œuvre des dispositifs complémentaires et qu’elle a notamment dû installer une ligne de vie en crête de talus ce qui a impliqué de modifier la méthode des travaux de débroussaillement en optant pour une méthode dite acrobatique. Elle demande à être indemnisée du préjudice de 12 200 euros correspondant au surcoût généré par ce changement de méthode qui résulte du changement fautif de coordonnateur SPS par SNCF Réseau et porte sur les frais liés à l’amenée et au repli de moyens complémentaires et à la fourniture et à la pose d’une ligne de vie pour travaux en méthode acrobatique. Il résulte du compte rendu de chantier du 11 juillet 2019 que la pose d’une ligne de vie a été exigée par le nouveau coordonnateur SPS pour des raisons de sécurité. Or, en application des stipulations de l’article 43 du CCCG précitées, toutes les mesures de sécurité sont à la charge et aux frais de l’entrepreneur. Par suite, et alors que la société NGE Fondations ne démontre pas en quoi le changement de coordonnateur SPS serait fautif, la société requérante n’est pas fondée à demander le versement de la somme de 12 200 euros en raison du changement de méthode de débroussaillement généré par la désignation d’un nouveau coordonnateur SPS.
12. En dernier lieu, la société NGE Fondations soutient que l’introduction d’un référé préventif par SNCF Réseau a eu pour conséquence un allongement de la durée d’exécution des travaux, que SNCF Réseau a reconnu sa responsabilité en allongeant de 77 jours la durée du marché par ordre de service n° 1 du 12 août 2019 et que cet allongement a généré un surcoût de 24 942 euros hors taxe correspondant aux frais de location et d’entretien de la base vie jusqu’au 31 janvier 2020 et aux frais de participation à des réunions. Toutefois, d’une part, la requérante n’établit pas qu’un délai supplémentaire de 35 jours était nécessaire pour l’exécution des travaux en raison de l’engagement du référé préventif, alors que SNCF Réseau a déjà fait droit à sa demande d’allongement de la durée des travaux de 77 jours. D’autre part, alors que la réalité de ce préjudice est contestée par SNCF Réseau, la société NGE Fondations ne produit pas d’élément de nature à établir que le maintien de la base vie aurait généré un surcoût de 21 432,06 euros. Par ailleurs, s’agissant de la participation à des réunions en novembre et décembre 2019, la seule production de plusieurs billets de train au nom de Mme B... sans autre précision ne suffit pas à établir que la société NGE Fondations aurait participé à plusieurs réunions supplémentaires en novembre et décembre 2019, générant un surcoût de 3 510 euros. Par suite, la société requérante n’est pas fondée à demander le versement de la somme de 24 942 euros hors taxe correspondant au surcoût lié à l’allongement du chantier en raison de l’introduction d’un référé préventif.
S’agissant de la demande de rémunération des surcoûts liés aux dommages permanents de travaux publics :
13. Dans le cas où un ouvrage public, par sa seule présence, cause un dommage permanent à une propriété, il ne saurait être demandé réparation du dommage qu'au seul maître de cet ouvrage.
14. En outre, aux termes de l’article 43.4 du CCCG intitulé « Sujétions spéciales pour les travaux exécutés en certains lieux » stipule que « Sans préjudice de l'application des dispositions législatives et réglementaires, lorsque les travaux sont exécutés à proximité de lieux habités ou fréquentés, ou méritant une protection au titre de la sauvegarde de l'environnement, l'entrepreneur doit prendre à ses frais et risques les dispositions nécessaires pour réduire, dans toute la mesure du possible, les gênes imposées aux usagers et aux voisins, notamment celles qui peuvent être causées par les difficultés d'accès, le bruit des engins, les vibrations, les fumées et les poussières ». De plus, aux termes de l’article 1.4.7 de la notice descriptive : « L’entreprise doit également se conformer aux restrictions de circulation diverses qui pourraient lui être imposées par les autorités compétentes, notamment : voiries interdites, itinéraires imposés, limitation de tonnage ou de gabarit, limitation du bruit… ».
15. La société NGE Fondations soutient que le maître d’ouvrage est responsable des troubles résultant de dommages permanents de travaux publics et que les surcoûts provoqués par la modification des conditions d’exécution du marché du fait des nuisances sonores causées aux riverains évalués à 17 330 euros hors taxe doivent donc être réparés par SNCF Réseau. Elle indique que M. A..., riverain, s’est plaint de vibrations excessives au sein de sa propriété, qu’elle a été convoquée à une réunion d’expertise le 24 septembre 2019, que malgré l’absence de constat de désordre et afin d’éviter toute nuisance sonore, elle a dû utiliser des engins de capacité inférieure et générant moins de vibrations et a limité la vitesse de circulation des pelles et chargeurs à l’approche des zones pavillonnaires ce qui a occasionné un retard de 14 jours sur le planning initial. Elle demande ainsi le versement des sommes de 12 650 euros correspondant au surcoût lié à la réalisation de travaux à proximité de riverains et de 4 680 euros correspondant à l’achat de matériel supplémentaire. Toutefois, il ne résulte pas de l’instruction que les vibrations et nuisances sonores causées aux riverains en raison des travaux réalisés par la société NGE auraient un caractère permanent. Par ailleurs, il résulte des stipulations précitées que l'entrepreneur doit prendre à ses frais et risques les dispositions nécessaires pour réduire le bruit des engins et les vibrations. Au surplus, aucun justificatif du surcoût et de l’allongement de la durée du chantier consécutif à l’utilisation de matériel moins bruyant n’est produit. Par suite, la société NGE Fondations n’est pas fondée à demander le versement d’une indemnité de 17 330 euros hors taxe correspondant aux surcoûts provoqués par la modification des conditions d’exécution du marché du fait des vibrations et nuisances sonores causés aux riverains.
En ce qui concerne les pénalités de retard :
16. Aux termes de l’article 3.2 du CCCG : « Les études et travaux doivent être exécutés dans un délai de 233 jours calendaires comprenant les jours d’intempéries fixés à l’article 3.4. du présent CPS, à partir de la date fixée à la commande ou par ordre de service. A titre indicatif, et sans que cela ne constitue un engagement opposable au Maître de l'ouvrage, il est prévu que la date d’effet de l’ordre de service de commencer les travaux soit fixée vers le 12/11/2018. Aux termes de l’article 3.4. « Intempéries » En application de l'article 20.22 du CCCG travaux, le nombre de journées d'intempéries prévisibles est fixé à 5 jours ouvrés. Au-delà de ce nombre de journées d’intempéries prévisibles, et par dérogation à l'article 20.22 du CCCG Travaux, le délai contractuel de réalisation des travaux ne pourra être prolongé que du nombre de journées, au-delà du nombre de jours précité, pour lesquelles le travail a été totalement arrêté et ayant fait l’objet d’une constatation contradictoire entre la maitrise d’œuvre et l’Entrepreneur. Les journées d’intempéries ne pourront pas donner droit à un délai supplémentaire. Les mesures à mettre en œuvre seront alors définies en accord avec la maîtrise d’ouvrage. (…) ». Aux termes de l’article 22.1 du CCCG : « En cas de retard dans l'exécution des travaux, tranches de travaux, ouvrages, parties d'ouvrages, ou ensembles de prestations pour lesquelles un délai d'exécution partiel ou une date limite ont été fixés, des pénalités journalières sont appliquées, sans mise en demeure préalable. Il en est de même, dans le cas d'un marché sur ordres ou ouvert sur ordres, si le délai non observé résulte d'un ordre d'exécution ». Par ailleurs, aux termes de l’article 6.7 du CPS : « Documents à fournir » : « 6.7.1 Programme d’exécution Dans un délai de 10 jours de calendrier à partir de la date de la notification du marché, l'Entrepreneur doit établir et soumettre au visa du Maître d'œuvre un programme d'exécution précisant la durée de chaque phase de travaux.6.7.2 Documents à fournir avant le début d’exécution des travaux Ces documents sont listés ci-après : - le Plan Assurance Qualité (PAQ) est à fournir dans un délai de 10 jours de calendrier à partir de la date de la notification du marché. (…). Aux termes de l’article 12 de ce cahier : « Pénalités » : « Les pénalités des points ci-dessous sont cumulables et non révisables. Les pénalités indiquées au présent article seront appliquées à l’Entrepreneur, d’office et sans mise en demeure préalable et ce, dès le premier jour ou heure de retard ou manquement constaté ». L’article 12.1 de ce cahier prévoit qu’en cas de non-respect du délai global (études et travaux), une pénalité de 500 euros par jour de retard est appliquée, qu’en cas de retard dans la remise du programme d’exécution (PAE), une pénalité de 150 euros par jour de retard est appliquée et qu’en cas de retard dans la remise du plan assurance qualité (PAQ), une pénalité de 200 euros par jour de retard est appliquée.
17. Les pénalités de retard prévues par les clauses d'un marché public ont pour objet de réparer forfaitairement le préjudice qu'est susceptible de causer au pouvoir adjudicateur le non-respect, par le titulaire du marché, des délais d'exécution contractuellement prévus. Elles sont applicables au seul motif qu'un retard dans l'exécution du marché est constaté, et alors même que le pouvoir adjudicateur n'aurait subi aucun préjudice ou que le montant des pénalités mises à la charge du titulaire du marché qui résulte de leur application serait supérieur au préjudice subi. Lorsque le cocontractant n'est que partiellement responsable d'un retard dans l'exécution du contrat, les pénalités applicables doivent être calculées seulement d'après le nombre de jours de retard imputables au cocontractant lui-même.
18. En premier lieu, la société NGE Fondations conteste la pénalité qui lui a été infligée pour dépassement du délai global des travaux de 105 jours. Elle soutient qu’un retard de 154 jours est en réalité imputable au maître d’ouvrage et indique que la non-installation de deux inclinomètres pendant les travaux lui a causé un retard de 20 jours, la réalisation d’un masque drainant lui a causé un retard de 10 jours, la modification des matériaux de remblaiement lui a causé un retard de 28 jours, la modification de la piste d’accès liée à la présence d’un câble de fibre optique lui a causé un retard de 8 jours, la prise en compte des inquiétudes des riverains lui a causé un retard de 14 jours, l’introduction d’un référé préventif lui a causé un retard de 35 jours, le changement de coordonnateur SPS lui a causé un retard de 28 jours et qu’elle a subi 11 jours d’intempéries. Toutefois, il résulte de l’instruction que SNCF Réseau a déjà prolongé le marché de 77 jours en raison de l’introduction du référé préventif, de 20 jours pour la réalisation du masque drainant et comptabilisé 5 jours d’intempérie conformément à l’article 3.4 du CPS. Or il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 15 du présent jugement, que la société NGE ne démontre pas qu’un nombre de jours de retard supérieur à ceux déjà compatibilisés serait imputable à SNCF Réseau et aurait dû être comptabilisé. En outre, s’agissant des intempéries, la société NGE Fondations n’apporte pas la preuve que le travail aurait été totalement arrêté durant six jours supplémentaires en produisant les constatations contradictoires faites entre la maitrise d’œuvre et l’entrepreneur. Par suite, elle n’est pas fondée à contester la pénalité de 52 500 euros mise à sa charge en raison du dépassement du délai global d’exécution des travaux de 105 jours.
19. En second lieu, il résulte de l’instruction qu’alors que le marché a été notifié le 16 novembre 2018, le PAE et le PAQ ont été transmis par courriel du 15 mars 2019 avec 109 jours de retard. Par suite, la société NGE n’est pas fondée à contester les pénalités respectives de 21 800 euros et de 16 350 euros mises à sa charge en raison de la remise tardive du PAQ et du PAE.
20. Il résulte de ce qui précède que les réclamations pécuniaires présentées par la société NGE Fondations doivent être rejetées.
Sur le solde du marché :
21. L’ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution d'un marché de travaux publics est compris dans un compte dont aucun élément ne peut être isolé et dont seul le solde arrêté lors de l'établissement du décompte définitif détermine les droits et obligations définitifs des parties. Il appartient au juge du contrat, en l’absence de décompte général devenu définitif, comme en l’espèce, de statuer sur les réclamations pécuniaires présentées par chacune des deux parties et de déterminer ainsi le solde de leurs obligations contractuelles respectives.
22. Il résulte de tout ce qui précède que le montant du décompte général doit être maintenu à la somme de 440 821,32 euros hors taxe et le solde du marché en faveur de la société NGE Fondations à la somme de 27 355,50 euros hors taxe soit 32 826,60 euros toutes taxes comprises, après déduction des acomptes de 413 465,82 euros déjà versés par la société SNCF Réseau. Il y lieu de condamner la société SNCF Réseau à verser cette somme à la société NGE Fondations.
Sur les intérêts :
23. En premier lieu, aux termes de l'article 13.11 du CCCG applicable : « Le paiement est effectué 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, selon le mode stipulé au marché, sous réserve de la vérification des mentions de la facture et de l'exécution des travaux (…) / Si les sommes dues à l'entrepreneur au titre de son marché ne sont pas réglées dans le délai contractuel de paiement, l'entrepreneur a droit à des intérêts de retard à hauteur de trois fois le taux d'intérêt légal. Ces intérêts sont calculés à compter du jour suivant l'expiration du délai contractuel de paiement. ». Aux termes de l'article 11.4 du cahier des prescriptions spéciales du marché en litige : « Par dérogation à l'article 13.11 alinéa 3 du CCCG, le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. Les intérêts moratoires courent à compter du jour suivant l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse. ». Aux termes de l'article 13.34 du CCCG applicable : « Le décompte général est signé par la personne responsable du marché et notifié à l'entrepreneur par ordre de service avant la plus tardive des deux dates ci-après : / -quatre-vingt-dix jours après la date de réception, par le maître d'œuvre, du projet de décompte final ;(…). / Au vu du décompte général qui lui est notifié, l'entrepreneur émet la facture pour solde du montant résultant du calcul établi par le maître d'œuvre et la transmet à celui-ci qui l'adresse, à son tour, à la personne responsable du marché. ». Aux termes de l’article 13.35 de ce cahier : « L'entrepreneur dispose d'un délai de quarante-cinq jours pour signer et renvoyer au maître d'œuvre ce décompte général, sans ou avec réserves. / Si la signature est donnée sans réserve, cette acceptation lie définitivement les parties, sauf en ce qui concerne les intérêts moratoires ; ce décompte devient ainsi le décompte général et définitif du marché. / Si la signature est donnée avec réserves, l'entrepreneur doit motiver ces réserves dans un mémoire de réclamation joint au renvoi du décompte qui précise le montant des sommes dont il revendique le paiement (…) ».
24. Il résulte de ces stipulations que, dès lors que le titulaire du marché le demande, le défaut de mandatement du solde d’un marché de travaux régi par les stipulations précitées du cahier des clauses et conditions générales dans le délai de soixante jours courant à compter de la réception de la facture pour solde de l’entrepreneur, ou, comme en l’espèce, de la réception de son mémoire de réclamation sur le décompte général, fait courir au bénéfice de ce dernier des intérêts moratoires calculés au taux prévu par les stipulations du marché.
25. La société NGE Fondations a droit aux intérêts moratoires contractuels, définis à l'article 11.4 du cahier des prescriptions spéciales du marché, sur la somme de 32 826,60 euros toutes taxes comprises, à compter de l’expiration du délai de soixante jours suivant la réception, le 21 décembre 2020, de son mémoire en réclamation, soit le 19 février 2021.
26. En second lieu, aux termes de l’article 1343-2 du code civil : « Les intérêt échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. ». Pour l'application des dispositions précitées, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande prend toutefois effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée et pourvu qu'à cette date il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière.
27. En l’espèce, il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts à la date du 19 février 2022, à laquelle ils étaient dus pour au moins une année entière, puis à chaque échéance annuelle.
Sur les conclusions à fin d’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :
28. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société SNCF Réseau, qui n’est pas, pour l’essentiel, la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société NGE Fondations demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la société demanderesse la somme de 1 500 euros à verser à la société SNCF Réseau en application de ces dispositions.
Sur les dépens :
29. La présente instance n’ayant donné lieu à aucun dépens, la demande présentée à ce titre par la société NGE Fondations doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Le solde du marché est maintenu à la somme de 32 826,60 euros toutes taxes comprises.
Article 2 : La société SNCF Réseau versera la somme de 32 826,60 euros toutes taxes comprises à la société NGE Fondations avec intérêts moratoires à compter du 19 février 2021. Les intérêts échus à la date du 19 février 2022 seront capitalisés à cette date puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la société NGE Fondations est rejeté.
Article 4 : La société NGE Fondations versera à la société SNCF Réseau la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société NGE Fondations et à la société SNCF Réseau.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Salzmann, présidente,
M. Marthinet, premier conseiller,
Mme Madé, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
C. MADÉ
La présidente,
M. SALZMANN
Le greffier,
Y. FADEL
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des transports auprès de la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.