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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2120585

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2120585

mardi 6 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2120585
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET SELARL D'AVOCATS COURTOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 28 septembre 2021 et le 10 juillet 2023, M. A D et Mme B D, agissant tant en leur nom propre qu'en leur qualité de représentants légaux de leur fille mineure, C D, représentés par la SELARL Coubris, Courtois et associés, demandent au tribunal :

1°) de condamner l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) à verser à titre provisionnel une somme de 100 000 euros à leur fille, C D, et une somme de 30 000 euros à chacun d'entre eux en réparation des préjudices subis consécutifs à la prise en charge de leur fille le 13 octobre 2015 à l'hôpital Armand Trousseau ;

2°) de mettre à la charge l'AP-HP la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Ils soutiennent que :

- l'AP-HP a commis une faute lors de la prise en charge C D réalisée le 13 octobre 2015 à l'hôpital Armand Trousseau, dès lors qu'un cathéter veineux central a été posé par erreur dans l'artère fémorale, ce qui a causé une ischémie du membre inférieur droit, et que la prise en charge de cette ischémie a été tardive ;

- cette faute est de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP ;

- en l'absence de consolidation de son état de santé, C D a subi les préjudices temporaires suivants résultant de la faute commise :

- 17 700 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire au titre de la période du 25 octobre 2015 au 5 février 2021 ;

- 45 000 euros au titre des souffrances endurées ;

- 20 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

- 2 753,81 euros au titre des dépenses de santé actuelles ;

- 40 937,67 euros au titre des frais d'assistance à tierce personne jusqu'au 5 février 2021 ;

- ils ont subi un préjudice moral qui doit être réparé à hauteur de 30 000 euros chacun.

Par un mémoire, enregistré le 12 juin 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne, demande au tribunal :

1°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 184 342,73 euros en remboursement de ses débours provisoires, somme assortie des intérêts au taux légal à compter de la première demande en justice ;

2°) de condamner l'AP-HP à lui verser l'indemnité forfaire de gestion ;

3°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, dans l'hypothèse où la responsabilité de l'AP-HP serait retenue, elle est fondée à demander le remboursement de ses débours provisoires et de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2023, l'Assistance publique - hôpitaux de Paris, représentée par son directeur général, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que les demandes des consorts D soient réduites à de plus justes proportions.

Elle soutient que :

- elle n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;

- à titre subsidiaire, les demandes présentées par les consorts D seront rejetées ou réduites à de plus justes proportions.

Par ordonnance du 10 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil,

- le code de la santé publique,

- le code de la sécurité sociale,

- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Deniel,

- les conclusions de M. Thulard, rapporteur public,

- et les observations de Me Voitellier, représentant M. et Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. C D, née le 26 juin 2015, a été admise au sein du service des urgences pédiatriques de l'hôpital Armand Trousseau, établissement relevant de l'Assistance publique -hôpitaux de Paris (AH-HP), le 10 octobre 2015 en raison de la persistance des symptômes d'une bronchiolite traitée par voie médicamenteuse. Après une consultation, elle est sortie de l'hôpital avec une poursuite de la surveillance à domicile. En raison de l'aggravation des symptômes respiratoires, elle a de nouveau été admise le lendemain à l'hôpital Armand Trousseau, où le diagnostic de détresse respiratoire aigüe liée à une bronchiolite de forme grave a été posé. Elle a été mise sous aérosol et oxygénothérapie. En raison de la survenue de signes de défaillance hémodynamique, elle a été transférée en réanimation pédiatrique. Dans le cadre de la mise en place d'une ventilation mécanique impliquant son intubation, il a été décidé, le 14 octobre 2015, de poser un cathéter veineux central au niveau fémoral droit. Une ischémie aiguë du membre inférieur droit est rapidement apparue et a conduit à une amputation de l'avant-pied droit et à une greffe cutanée. Le 30 novembre 2015, les parents de l'enfant C D, M. et Mme D, estimant qu'une faute médicale avait été commise, ont présenté à l'AP-HP une demande indemnitaire. L'AP-HP a reconnu sa responsabilité et, en l'absence de consolidation de l'état de santé de l'intéressée, a versé à titre provisionnel les sommes de 33 987,37 euros à C D et de 15 000 euros à ses parents. Le 6 janvier 2020, M. et Mme D ont saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux d'Ile-de-France qui, le 12 mai 2021, a rendu un avis au terme duquel la réparation du préjudice subi par C D incombait à l'AP-HP et que cette dernière devait, en l'absence de consolidation de l'état de santé de l'enfant, indemniser à titre provisionnel un certain nombre des préjudices subis. Par un courrier du 30 juillet 2021, l'AP-HP a informé les requérants de ce qu'elle n'entendait pas suivre l'avis de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux. M. et Mme D demandent au tribunal de condamner l'AP-HP à verser à titre provisionnel la somme de 100 000 euros à leur fille, C D, et la somme de 30 000 euros à chacun d'entre eux en réparation des préjudices subis du fait des fautes commises lors de prise en charge en octobre 2015 à l'hôpital Armand Trousseau.

Sur la responsabilité de l'AP-HP :

2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

3. D'une part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 11 mars 2021, que le 14 octobre 2015, lors de la tentative de mise en place d'un cathéter central dans la veine fémorale droite de l'enfant C D, qui était alors hospitalisée au sein de l'hôpital Armand Trousseau, l'artère fémorale a été lésée, ce qui a entraîné la formation d'un hématome et la survenue d'une ischémie aigue du membre inférieur droit. Si, dans son mémoire en défense, l'AP-HP fait valoir que les experts ont indiqué que l'état de santé C D justifiait la pose d'un cathéter veineux central et que l'apparition d'une ischémie aigue sur un cathéter artériel relevait de l'aléa thérapeutique, elle ne conteste pas que l'implantation du cathéter dans l'artère fémorale résulte d'une erreur dans la réalisation du geste technique et qu'en l'espèce, la pose d'un cathéter artériel n'était pas indiquée. En revanche, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date de la prise en charge C D, les bonnes pratiques recommandaient, pour la pose d'un cathéter veineux central, de privilégier l'abord supra-claviculaire échoguidé de la veine brachio-céphalique, ni de réaliser la pose par voie fémorale sous échographie. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que les soins dispensés à leur fille C à l'occasion de la pose d'un cathéter veineux central n'ont pas été conformes aux bonnes pratiques médicales.

4. D'autre part, il résulte également de l'instruction, notamment de la feuille de transmission versée au dossier, que, dès le 14 octobre 2015 à 19 heures, l'infirmière du service a relevé que le pied droit du nourrisson était froid avec un pouls faible et a constaté une absence de signal de saturation transcutanée en oxygène. Lorsque le cathéter a été finalement retiré à 23 heures 40, le pied était violet avec un temps de recoloration cutanée supérieur à 3 secondes. Alors qu'il résulte de l'instruction, notamment des articles médicaux versés au dossier, que le diagnostic de l'ischémie est essentiellement clinique avec une étiologie simple à identifier et des diagnostics différentiels faibles et que le médecin doit, dans les plus brefs délais, pratiquer des examens de nature à confirmer ou infirmer la présence d'une thrombose et ainsi à intervenir le cas échéant en temps utile, une tentative de revascularisation devant intervenir le plus tôt possible après les premiers signes cliniques d'ischémie et, dans tous les cas, au cours des six premières heures d'évolution, le traitement par héparinothérapie n'a débuté que le 15 octobre 2015 à 11 heures et l'échodoppler suivi d'un angioscanner, qui ont confirmé l'ischémie du membre inférieur droit, n'ont été réalisés que dans l'après-midi. Il résulte de l'instruction que le retard dans la prise en charge de l'ischémie a empêché la réalisation d'une thrombolyse en raison d'un délai supérieur à six heures à compter de l'apparition des signes cliniques créant un risque de complication hémorragique important. Dans ces conditions, quand bien même il résulte du rapport des experts désignés par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, et n'est d'ailleurs pas contesté par les requérants, que les soins dispensés à C D postérieurement au diagnostic d'ischémie n'ont pas été fautifs, le retard de diagnostic de l'ischémie a entraîné une prise en charge tardive.

5. Il résulte de ce qui précède, ainsi que l'a au demeurant reconnu l'AP-HP dans son courrier du 12 février 2016, que les consorts D sont fondés à soutenir que la prise en charge C D par les services de l'hôpital Armand Trousseau a été fautive.

Sur la réparation :

6. L'absence de consolidation, impliquant notamment l'impossibilité de fixer définitivement un taux d'incapacité permanente, ne fait pas obstacle à ce que soient mises à la charge du responsable du dommage des dépenses médicales dont il est d'ores et déjà certain qu'elles devront être exposées à l'avenir, ainsi que la réparation de l'ensemble des conséquences déjà acquises de la détérioration de l'état de santé de l'intéressé résultant de l'accident médical.

7. En l'espèce, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'ischémie aigue de son membre inférieur droit, C D a souffert d'une nécrose des orteils, de la voute plantaire et du talon du pied droit. Elle a subi une amputation de l'avant-pied droit ainsi qu'une excision des tissus nécrosés avec deux greffes cutanées et elle présente une inégalité importante de longueur des membres inférieurs. Les experts ont relevé qu'à la date de l'expertise, le 5 février 2021, son état n'était pas consolidé. Si eu égard au jeune âge de la victime, le préjudice global et définitif n'est pas connu dans toute son ampleur, certains préjudices temporaires peuvent être identifiés et doivent être indemnisés.

En ce qui concerne les droits C D :

S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :

Quant aux dépenses de santé :

8. M. et Mme D justifient avoir conservé à leur charge l'achat d'une prothèse totale du pied droit en silicone réalisée le 27 septembre 2018 pour un montant de 2 524,99 euros et des frais d'achats de crèmes cicatrisantes et hydratantes non remboursés par l'assurance maladie, dont la nécessité résulte du rapport d'expertise, pour un montant de 228,82 euros. Le total des dépenses de santé exposées par les requérants s'élève, par suite, à la date du 5 février 2021, à 2 753,81 euros.

Quant aux frais d'assistance par tierce personne :

9. D'une part, lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

10. D'autre part, en vertu des principes qui régissent l'indemnisation par une personne publique des victimes des dommages dont elle doit répondre, il y a lieu de déduire de l'indemnisation allouée à la victime d'un dommage corporel au titre des frais d'assistance par une tierce personne le montant des prestations dont elle bénéficie par ailleurs et qui ont pour objet la prise en charge de tels frais. Il en est ainsi alors même que les dispositions en vigueur n'ouvrent pas à l'organisme qui sert ces prestations un recours subrogatoire contre l'auteur du dommage. La déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement au bénéficiaire s'il revient à meilleure fortune.

11. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'avis de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, que l'enfant C D a nécessité depuis l'âge de deux ans jusqu'à la date de réalisation des opérations d'expertise, l'assistance d'une tierce personne à raison d'une heure par jour. Les besoins C D doivent ainsi être évalués, du 26 juin 2017 au 5 février 2021, à 1 321 heures. Il résulte de l'instruction qu'une telle évaluation se limite à quantifier l'assistance nécessaire du fait du handicap dont est atteinte l'enfant, laquelle est entièrement imputable à la faute dont elle a été victime. Par ailleurs, il ne ressort d'aucun élément versé au dossier que l'aide nécessaire devrait être spécialisée. Si les requérants soutiennent que le tarif horaire doit être fixé à 20 euros, ce montant ne correspond pas au coût réel de l'emploi d'une aide non spécialisée destinée à accompagner les gestes de la vie quotidienne. En retenant un montant horaire égal au salaire minimum interprofessionnel de croissance augmenté des cotisations sociales, sur la base d'une année de 412 jours pour tenir compte des congés payés et des jours fériés, soit 15 euros en moyenne sur la période considérée, le préjudice indemnisable C D au titre du besoin d'assistance par une tierce personne jusqu'à la date de l'expertise, peut être fixé à la somme de 19 815 euros. Il résulte de l'instruction que les requérants n'ont commencé à percevoir l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé qu'à compter du 1er juin 2022. Il n'y a donc pas lieu de soustraire à la somme de 19 815 euros une somme en raison de la perception de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé, qui n'a pas été versée sur la période en cause.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux temporaires :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

12. Il résulte de l'instruction que le déficit fonctionnel temporaire de la jeune C D a été total du 25 octobre 2015 au 23 février 2016, période durant laquelle elle été hospitalisée, qu'il a été de 15 % du 24 février 2016 au 15 décembre 2016 avant l'acquisition de la marche et de 28 % du 16 décembre 2016 au jour de l'expertise. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire dont a souffert C D du 25 octobre 2015, date de son amputation de l'avant pied droit au 5 février 2021, date de réalisation des opérations d'expertise, en lui allouant, sur la base de 20 euros par jour pour un déficit fonctionnel temporaire total, une indemnité d'un montant de 11 800 euros.

S'agissant des souffrances endurées :

13. Il résulte de l'instruction que la jeune C D a dû subir une amputation, deux greffes cutanées ainsi que de très nombreuses séances de rééducation motrice et de kinésithérapie. Par ailleurs, son état de santé nécessite le port d'une prothèse du membre inférieur à l'origine de lésions cutanées récurrentes. L'ensemble des souffrances endurées par l'enfant C D en raison des fautes commises par l'AP-HP dans sa prise en charge peuvent être évaluées, selon les experts, à un degré au minimum de 2 sur une échelle de 1 à 7 et selon la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux à 5 sur 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice à la date du 5 février 2021, date de l'expertise, en l'évaluant à hauteur de 12 000 euros.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

14. Il résulte du rapport d'expertise que le préjudice esthétique temporaire de la jeune C D peut être évalué à 2 sur 7 en raison d'une amputation de l'avant pied droit et d'une inégalité de longueur des membres inférieurs qui s'établit au jour de l'expertise à 7 centimètres. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice à la date du 5 février 2021 en l'évaluant à hauteur de 7 000 euros.

15. Il résulte de ce qui précède que le préjudice temporaire subi par l'enfant C D doit être évalué à hauteur de 53 368,81 euros. Il y a lieu de déduire de cette somme, les sommes déjà versées par l'AP-HP à titre provisionnel représentant un total de 33 987,37 euros.

En ce qui concerne le préjudice personnel de M. et Mme D :

16. Il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence subis par M. et Mme D, du fait notamment du bouleversement dans leurs conditions de vie lié au handicap dont est atteinte leur fille ainsi que du préjudice d'affection lié à cet état, en leur allouant, à chacun, une somme de 10 000 euros à ce titre. Il y a lieu de déduire de cette somme, les sommes déjà versées par l'AP-HP à titre provisionnel représentant un total de 15 000 euros.

17. Compte tenu de ce qui précède, M. et Mme D sont fondés à demander que l'AP-HP leur verse, en leur qualité de représentants légaux de leur fille mineure, C D, une somme de 19 381,44 euros, et, en leur nom propre, une somme de 5 000 euros.

Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne :

18. Il n'est pas contesté que la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne a exposé un montant de dépenses en lien avec l'accident médical dont a été victime C D s'élevant à un total de 184 342,73 euros conformément à l'attestation d'imputabilité du 8 juin 2023 produite. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 12 juin 2023, date d'enregistrement du mémoire présenté par la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne.

19. L'AP-HP versera en outre à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale pour un montant de 1 191 euros.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne les dépens :

20. Aucuns dépens n'ayant été exposés dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :

21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP une somme globale de 2 000 euros à verser conjointement à M. et Mme D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne présentée sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris est condamnée à verser à M. et Mme D une somme de 24 381,44 euros, dont 19 381,44 euros en leur qualité de représentants légaux de leur fille C D.

Article 2 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris est condamnée à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne la somme de 184 342,73 euros avec intérêts au taux légal à compter du 12 juin 2023.

Article 3 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 4 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à M. et Mme D une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Mme B D, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Essonne et à l'Assistance publique - hôpitaux de Paris.

Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Marzoug, présidente,

Mme Lambert, première conseillère,

Mme Deniel, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.

La rapporteure,

C. Deniel

La présidente,

S. Marzoug

La greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2120585/6-

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