mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2120625 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | NOMBRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 septembre 2021, M. B A, représenté par
Me Nombret, demande au tribunal :
1°) de prononcer l'annulation de la décision du 21 juillet 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a cessé ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'OFII de rétablir rétroactivement ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire et de désigner Me Nombret comme avocat ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative ou, en l'absence de bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de cette seule dernière disposition.
Le requérant soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en fait, le motif avancé étant vague et imprécis ;
-Il n'a pas bénéficié de l'entretien personnel prévu par l'article L.522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en méconnaissance de l'article D. 551-18 du même code, en l'absence de possibilité de faire valoir ses observations ;
-Il appartient à l'OFII de prouver qu'il ne se serait pas présenté aux autorités en ne se rendant pas à des convocations ;
-Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle car il justifie présenter un état psychique très dégradé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2024, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Une décision du 5 avril 2022 a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Grossholz.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 10 avril 1995 à Nangarhar, ressortissant d'Afghanistan, a sollicité l'asile en France. Il a accepté le 7 décembre 2020 le bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par une décision en date du 21 juillet 2021, la directrice territoriale de l'OFII de Paris a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait sur le fondement de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif que l'intéressé se serait abstenu de se présenter aux autorités. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Le bureau d'aide juridictionnelle a prononcé la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A le 5 avril 2022. Par suite, la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire présentée par l'intéressé doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. Lorsque la décision est motivée par la circonstance que le demandeur a dissimulé ses ressources financières, a fourni des informations mensongères sur sa situation familiale ou a présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes, elle entraîne la restitution des montants indûment versés au titulaire de l'allocation ".
4. En premier lieu, la décision attaquée indique, à titre de motif, " vous n'avez pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en vous abstenant de vous présenter aux autorités ". Dans les circonstances de l'espèce, dès lors notamment qu'il ressort des pièces du dossier que M. A a omis de déférer à la convocation qu'il avait reçue le 15 février 2021 de se présenter à la préfecture de police les 23 et 24 juin 2021, entraînant l'annulation de son vol à destination de Vienne, en Autriche, le moyen tiré de l'insuffisante motivation en fait de la décision attaquée doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le 21 juillet 2021, un pli a été distribué à M. A qui contenait un courrier de la directrice territoriale de l'OFII de Paris invitant ce dernier à présenter ses observations sur l'intention de cette autorité de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil qu'elle lui avait accordées. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance de la garantie tenant à ce que le demandeur soit mis en mesure de présenter ses observations, prévue par les dispositions précitées, ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L.522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables () ".
7. Il ressort des pièces du dossier, particulièrement des pièces jointes par le directeur général de l'OFII à son mémoire en défense, que M. A a certifié, le 7 décembre 2020, avoir été évalué par l'OFII dans une langue qu'il comprend avec le concours d'un interprète professionnel. Le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas bénéficié de l'évaluation prévue par les dispositions précitées doit, dans les circonstances de l'espèce, être écarté comme manquant en fait.
8. En quatrième lieu, en produisant une convocation établie le 15 février 2021 et signée par M. A indiquant que ce dernier devait se présenter à la préfecture de police notamment les 23 et 24 juin 2021 et des documents émanant du ministère de l'intérieur et de la préfecture de police, dont le requérant ne conteste pas la valeur probante, indiquant que le vol prévu pour ce dernier à destination de Vienne en Autriche le 25 juin 2021 avait été annulé parce que l'intéressé n'avait pas déféré à ses convocations, le directeur général de l'OFII doit être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme établissant les absences reprochées au requérant. Il en résulte que le moyen doit être écarté.
9. En dernier lieu, si M. A établit, par un certificat médical en date du 31 août 2021 indiquant qu'il présente " un syndrome dépressif majeur intense associé à une anxiété, une insomnie et une anorexie " et l'introduction d'un " traitement antidépresseur et anxiolytique ", présenter un " état psychique dégradé ", il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'eu égard aux circonstances de l'espèce et notamment de la méconnaissance par l'intéressé de ses obligations, mentionnée au point précédent, que la directrice territoriale de l'OFII aurait entaché la décision litigieuse d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur général de l'OFII.
Délibéré après l'audience du 15 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Grossholz, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 29 mai 2024.
La rapporteure,
C. GROSSHOLZ
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026