LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2121077

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2121077

jeudi 21 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2121077
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantMOUTOT NOCE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 4 octobre 2021, le 25 septembre 2022 et le 14 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Moutot Noce, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) à lui verser la somme de 224 958,17 euros en réparation des préjudices que lui a causés sa prise en charge le 22 juillet 2010 à l'Hôtel Dieu à Paris ou, à titre subsidiaire, d'organiser une nouvelle expertise concernant les pertes de gains postérieures au dépôt du rapport d'expertise ;

2°) de surseoir à statuer sur les pertes de gains professionnels après consolidation à compter du mois de mars 2021 ;

3°) de déclarer le jugement commun à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Hauts-de-Seine ;

4°) de mettre à la charge de l'ONIAM les dépens ;

5°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- elle a été victime le 22 juillet 2020 d'un accident médical non fautif qui lui ouvre droit à une indemnisation par l'ONIAM ;

- ses préjudices peuvent être évalués aux sommes de 681,46 euros au titre des dépenses de santé avant consolidation, 6 752,20 euros au titre des dépenses de santé après consolidation, 22 848,57 euros au titre des frais d'assistance à tierce personne, 38 014,87 euros au titre de la perte de revenus avant la consolidation de son état de santé, 6 661,07 euros au titre de la perte de revenus après la consolidation de son état de santé, le poste de préjudice étant réservé à compter du mois de mars 2021 et 150 000 euros au titre de l'incidence professionnelle.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 mai et 14 octobre 2022, l'ONIAM, représenté par Me Welsch, demande au tribunal de ramener les indemnités sollicitées par Mme A à de plus justes proportions et de rejeter ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'entend pas contester le principe de l'indemnisation des préjudices de Mme A en lien avec l'accident médical dont elle a été victime le 22 juillet 2020 ;

- les indemnités sollicitées par Mme A doivent être ramenées à de plus justes proportions.

Par une ordonnance du 15 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Deniel,

- les conclusions de M. Cicmen, rapporteur public,

- et les observations de Me Moutot Noce, représentant Mme A.

Une notre en délibéré, enregistrée le 8 décembre 2023, a été présentée pour Mme A par Me Moutot Noce.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, née le 25 novembre 1977, a subi le 22 juillet 2010 à l'Hôtel Dieu à Paris, relevant de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), une opération de kératoplastie lamellaire profonde de l'œil gauche justifiée par un leucome étendu résultant d'infections herpétiques. En raison de la survenue d'un glaucome malin, une lensectomie et une vitrectomie ont a été réalisées le 4 août 2010. Mme A a saisi le 12 août 2015 la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) d'Île-de-France, qui a ordonné une expertise, et un rapport a été remis le 22 octobre 2015. Par un avis du 25 mai 2016, la CCI a considéré que Mme A avait été victime d'un accident médical non fautif et que l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) devait assurer la réparation des préjudices subis, au titre de la solidarité nationale. Par un courrier du 11 octobre 2016, l'ONIAM a présenté une offre d'indemnisation partielle portant sur plusieurs préjudices extrapatrimoniaux, que Mme A a acceptée. Par un courrier du 17 juin 2021, l'ONIAM a transmis à l'intéressée un protocole d'indemnisation transactionnelle définitif lequel a été refusé par la requérante. Mme A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'ONIAM à lui verser la somme de 224 958,17 euros en réparation de ses préjudices.

Sur les conclusions à fin d'appel en déclaration de jugement commun :

2. Aux termes du huitième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " L'intéressé ou ses ayants droit doivent indiquer, en tout état de la procédure, la qualité d'assuré social de la victime de l'accident ainsi que les caisses de sécurité sociale auxquelles celle-ci est ou était affiliée pour les divers risques. Ils doivent appeler ces caisses en déclaration de jugement commun ou réciproquement. A défaut du respect de l'une de ces obligations, la nullité du jugement sur le fond pourra être demandée pendant deux ans, à compter de la date à partir de laquelle ledit jugement est devenu définitif, soit à la requête du ministère public, soit à la demande des caisses de sécurité sociale intéressées ou du tiers responsable, lorsque ces derniers y auront intérêt. () ".

3. L'indemnisation par l'ONIAM, au titre de la solidarité nationale, des conséquences d'un accident médical ne lui conférant pas la qualité d'auteur responsable des dommages, le recours subrogatoire des tiers payeurs ne peut dans ce cas être exercé contre lui. Par suite, les conclusions de Mme A à fin d'appel en déclaration de jugement commun de la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine ne peuvent qu'être rejetées.

Sur le droit à indemnisation au titre de la solidarité nationale :

4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " () / II. Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : / 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; / 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence ".

5. Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1 du code de la santé publique. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement.

6. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise diligentée par la CCI, que Mme A souffrait à l'œil gauche d'un leucome inesthétique et gênant la vision avec une acuité visuelle fluctuant entre 1 et 4/10ème. L'expert a relevé que la prise en charge de l'intéressée à l'Hôtel Dieu à Paris avait été conforme aux règles de l'art et aux données de la science et que la survenue du dommage à la suite de l'intervention chirurgicale du 22 juillet 2010, tenant à une acuité visuelle de l'œil gauche limitée et inutilisable en raison d'une aphakie non corrigée, d'une photophobie et d'exotropie, résultait d'un accident médical non fautif, qualifié de " rare ", lié à la survenue d'un glaucome malin. L'expert a conclu que le déficit fonctionnel ophtalmologique dont souffrait Mme A avant l'acte litigieux était de 12 %, qu'elle pouvait espérer une évolution à 3 % après la greffe de cornée mais qu'en raison de la survenue du glaucome malin, ce déficit était désormais de 23 %. Dans ces conditions, l'intervention du 22 juillet 2010 a entraîné pour Mme A des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles elle aurait été exposée de manière suffisamment probable en l'absence de traitement.

7. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme A a été placée en arrêt de travail en raison de son intervention chirurgicale du 22 juillet 2010 jusqu'au 12 octobre 2011, soit pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs.

8. Il résulte de ce qui précède, et il n'est d'ailleurs pas contesté par l'ONIAM, que Mme A remplit les conditions de gravité et d'anormalité au sens des dispositions du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique pour bénéficier d'une indemnisation au titre de la solidarité nationale.

Sur la réparation :

En ce qui concerne les dépenses de santé :

S'agissant des dépenses de santé actuelles :

9. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté, que des frais de consultation, d'actes d'imagerie, d'exploration et de biologie, de soins infirmiers et de rééducation et de frais d'optique sont restés à la charge de Mme A pour un montant de 681,46 euros. Il y a dès lors lieu de condamner l'ONIAM à lui verser cette somme.

S'agissant des dépenses de santé futures :

10. Il résulte de l'instruction que si le médecin expert a estimé nécessaire pour Mme A de porter des lunettes et de bénéficier de trois consultations ophtalmologiques par an, il a indiqué que tel était le cas " habituellement après greffe ". Dans ces conditions, le lien de causalité entre les dépenses de santé futures dont l'indemnisation est demandée par la requérante tenant au reste à charge de trois consultations ophtalmologiques annuelles et du renouvellement de lunettes tous les trois ans, et le dommage survenu en raison d'un glaucome malin suivant la greffe de cornée subie, n'est pas établi.

En ce qui concerne les frais d'assistance par une tierce personne :

11. Au vu du rapport de l'expert, il sera fait une juste appréciation du besoin de Mme A en aide humaine non spécialisée compte tenu des douleurs ressenties et de leurs conséquences sur son état général, en le fixant à deux fois deux heures par semaine. Il n'est pas contesté que cette aide lui a été apportée par les membres de sa famille. En revanche, cette aide ne peut être regardée comme ayant été nécessaire durant les périodes d'hospitalisation, soit du 22 au 26 juillet 2010, du 1er au 7 août 2010 et du 10 au 11 février 2011. Si Mme A soutient que le tarif horaire ne saurait être inférieur à 16 euros, ce montant ne correspond pas au coût réel de l'emploi d'une aide non spécialisée destinée à accompagner les gestes de la vie quotidienne. En retenant un montant horaire égal au salaire minimum interprofessionnel de croissance augmenté des cotisations sociales, sur la base d'une année de 412 jours pour tenir compte des congés payés et des jours fériés, soit 13 euros en moyenne sur la période considérée, le préjudice indemnisable de Mme A au titre du besoin d'assistance par une tierce personne jusqu'à la date de consolidation le 11 juin 2015, peut être fixé à la somme de 15 000 euros.

En ce qui concerne les frais divers :

12. Mme A demande l'indemnisation des heures de garde de son enfant, alors âgé d'un an, pour se rendre aux consultations nécessitées par son état de santé. Toutefois, dès lors que Mme A et le père de l'enfant exerçaient avant l'accident médical une activité professionnelle nécessitant un mode de garde pour leur enfant, le lien de causalité direct entre les frais de garde dont elle demande l'indemnisation et l'accident dont elle a été victime n'est pas établi.

En ce qui concerne la perte de gains professionnels actuelle et future :

13. Il résulte de l'instruction que Mme A exerçait une activité de préparatrice en pharmacie au sein d'une officine depuis 2004 et a perçu au cours des six mois précédents son accident un salaire net mensuel d'environ 1 900 euros.

14. D'une part, Mme A a été placée en arrêt de travail du 21 juillet 2010 au 12 octobre 2011 puis du 13 octobre 2011 au 17 novembre 2011. Elle a repris en mi-temps thérapeutique du 18 novembre 2011 jusqu'au 18 mars 2012. L'expert ayant relevé que l'incapacité liée à sa complication avait débuté au 25 juillet 2010, Mme A a droit à l'indemnisation de sa perte de revenus en raison des conséquences du glaucome malin survenu à la suite de sa greffe de cornée, à compter de cette date jusqu'à la fin de son temps partiel thérapeutique le 18 mars 2012. L'indemnité due à ce titre est égale à la différence entre le salaire net qu'elle aurait perçu représentant la somme de 39 103,24 et, d'une part, son salaire net des contributions sociales tel qu'il ressort des bulletins de paie produits soit un montant de 16 404,77 euros et, d'autre part, les indemnités journalières perçues pendant la même période, prises après déduction des contributions sociales auxquelles elles ont été soumises, soit un montant de 22 033,93 euros. A cet égard, il n'est pas contesté qu'au titre de la contribution sociale généralisée et de la contribution au remboursement de la dette sociale, les indemnités journalières versées ont été soumises, ainsi que l'indique la requérante, à un taux de prélèvement de 6,7 %. Il s'ensuit qu'il sera fait une exacte appréciation de la perte de revenus subie en lui allouant une indemnité d'un montant total de 664,54 euros au titre de la période du 25 juillet 2010 au 18 mars 2012.

15. D'autre part, Mme A sollicite également l'indemnisation de sa perte de gains professionnels à compter du 19 mars 2012 jusqu'à sa reprise en temps partiel thérapeutique en septembre 2017. Toutefois, s'il résulte de l'instruction que Mme A a travaillé à temps partiel du 19 mars 2012 au mois d'août 2016, elle n'apporte aucun élément, notamment d'ordre médical, de nature à établir que la réduction de son temps de travail est en lien avec les symptômes résultant de l'accident médical non fautif qu'elle a subi, en se bornant à soutenir que " son employeur ne pouvant lui augmenter ses heures tout en faisant des aménagements d'horaires ". Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une nouvelle expertise médicale, Mme A n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation d'une perte de gains professionnels au titre de la période du 19 mars 2012 jusqu'au mois de septembre 2017.

En ce qui concerne l'incidence professionnelle :

16. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté par l'ONIAM, que si Mme A a été en capacité de travailler à compter du 17 novembre 2011, avec une adaptation de son temps de travail jusqu'au 18 mars 2012, les douleurs et brûlures oculaires subies ont augmenté la pénibilité de son emploi, notamment en raison de sa fatigabilité. En revanche, si Mme A soutient qu'elle subit une dévalorisation sur le marché du travail compte tenu de ce que tout poste qu'elle serait amenée à occuper nécessite d'être aménagé, il ne résulte pas de l'instruction que ces besoins d'aménagement, à les supposer même établis, sont en lien avec l'accident médical qu'elle a subi. Il y a lieu, dès lors, d'évaluer l'incidence professionnelle subie par Mme A du fait de la complication qu'elle a présentée en le fixant à la somme de 20 000 euros.

17. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il appartienne au juge administratif de " mettre en mémoire " un poste de préjudice, ni de donner acte de réserves relatives à des préjudices futurs qui ne sont qu'éventuels, que Mme A est seulement fondée demander la condamnation de l'ONIAM à lui verser la somme totale de 36 346 euros en réparation de ses préjudices.

Sur les dépens :

18. Il ne résulte pas de l'instruction que la présente instance ait donné lieu à des dépens. Les conclusions que Mme A a présentées tendant à ce que les dépens de l'instance soient mis à la charge de l'ONIAM ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM le versement d'une somme de 1 500 euros à verser à Mme A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'ONIAM est condamné à verser à Mme A la somme de 36 346 euros.

Article 2 : L'ONIAM versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Delesalle, président,

- Mme Deniel, première conseillère,

- M. Doan, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.

La rapporteure,

C. Deniel

Le président,

H. Delesalle

La greffière,

A. Cardon

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2121077/6-3

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525597

**Sujet principal** : La requérante, une ressortissante salvadorienne, demande l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour et l'injonction au préfet de police de lui délivrer un titre. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (6e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requête dirigée contre un rejet implicite est irrecevable, car un refus exprès (un arrêté du 25 mars 2025) avait déjà été notifié. Le tribunal considère que les moyens au fond, invoquant notamment les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du CESEDA, ne sont pas de nature à justifier la délivrance d'un titre. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4, ainsi que le code de justice administrative.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524412

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait les décisions du préfet du Val-de-Marne l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour douze mois. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui était entré et séjournait irrégulièrement en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la Convention européenne des droits de l'homme et l'accord franco-algérien de 1968.

19/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2414908

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en excès de pouvoir concernant la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris pour une infection nosocomiale survenue après une intervention chirurgicale. La juridiction a reconnu la responsabilité de l'établissement et a procédé à une évaluation des préjudices du requérant, en se fondant notamment sur une expertise médicale ordonnée par le tribunal. La décision implicite de rejet de la demande d'indemnisation est annulée, et l'AP-HP est condamnée à verser une indemnité, dont le montant est déterminé par le tribunal en application des principes de responsabilité administrative.

19/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419249

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. La juridiction a jugé que le recours contre la décision implicite de rejet était devenu sans objet, une décision expresse de rejet ayant été prise avant l'introduction de la requête et le recours contre cette dernière ayant fait l'objet d'un désistement. Le tribunal s'est fondé sur les règles de procédure du code de justice administrative pour constater l'irrecevabilité, sans avoir à examiner le fond du litige.

19/03/2026

← Retour aux décisions