jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2122701 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | TABET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 25 octobre 2021 et 15 septembre 2023, les associations Rouler libre by UDELCIM, Fédération union parisienne et Comité Marais Paris, représentées par Me Tabet, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la maire de Paris a implicitement rejeté leur demande tendant à la communication de la copie des frais de restauration qu'elle et son cabinet ont exposés en 2020, ainsi que la copie de tous les autres frais de représentation qu'elle a exposés au titre de cette même année 2020, et tendant à la communication des " comptes détaillés du fonctionnement de la Ville de Paris " ;
2°) d'enjoindre à la maire de Paris de leur communiquer les documents dont elles ont demandé la communication, dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du présent jugement et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris le versement d'une somme globale de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les associations soutiennent que :
- les documents dont elles demandent la communication sont communicables sur le fondement des dispositions des articles L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration et L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales, de sorte que le refus de les communiquer est illégal ;
- la communication de documents intervenue en cours d'instance est incomplète dès lors que n'ont pas été communiqués les justificatifs relatifs aux frais de restauration et de déplacement de la maire de Paris, et dès lors que les noms des convives des membres du cabinet de la maire ne sont pas mentionnés, de sorte qu'il y a toujours lieu de statuer sur leur requête.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, la Ville de Paris conclut au non-lieu à statuer.
La Ville de Paris soutient qu'elle a communiqué en cours d'instance les documents demandés aux associations requérantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maréchal, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Lambrecq, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tabet pour les associations requérantes.
La Ville de Paris a produit une note en délibéré le 11 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 mai 2021, les associations Rouler libre by UDELCIM, Fédération union parisienne et comité Marais Paris ont demandé à la maire de Paris de leur communiquer la copie des frais de restauration qu'elle et son cabinet ont exposés en 2020, ainsi que la copie de tous les autres frais de représentation qu'elle aurait exposés au titre de cette même année. Elles ont également sollicité la communication des comptes détaillés du fonctionnement de la Ville de Paris. En l'absence de réponse, elles ont saisi la commission d'accès aux documents administratifs qui a émis, le 2 septembre 2021, un avis favorable à la communication de ces documents. Par la présente requête, les associations demandent l'annulation de la décision par laquelle la maire de Paris a implicitement rejeté leur demande de communication.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
En ce qui concerne les frais engagés par la maire de Paris :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. () ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". Enfin, le premier alinéa de l'article L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales, qui institue un régime spécial de communication, dispose que : " Toute personne physique ou morale a le droit de demander communication () des budgets et des comptes de la commune () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 2123-18 du code général des collectivités territoriales : " Les fonctions de maire () donnent droit au remboursement des frais que nécessite l'exécution des mandats spéciaux. / Les frais ainsi exposés peuvent être remboursés forfaitairement dans la limite du montant des indemnités journalières allouées à cet effet aux fonctionnaires de l'Etat. / Les dépenses de transport effectuées dans l'accomplissement de ces missions sont remboursées selon des modalités fixées par délibération du conseil municipal. / Les autres dépenses liées à l'exercice d'un mandat spécial peuvent être remboursées par la commune sur présentation d'un état de frais et après délibération du conseil municipal. S'agissant des frais de garde d'enfants ou d'assistance aux personnes âgées, handicapées ou à celles qui ont besoin d'une aide personnelle à leur domicile, le remboursement ne peut excéder, par heure, le montant horaire du salaire minimum de croissance ".
4. Enfin, l'article L. 2123-19 du même code dispose que : " Le conseil municipal peut voter, sur les ressources ordinaires, des indemnités au maire pour frais de représentation ".
5. Il ressort des délibérations du conseil de Paris " 2014 SGCP 1004 " et " 2020 DDCT 43 ", publiées sur le site internet de la Ville de Paris et librement accessibles, que ce conseil a accordé à la maire de Paris, tant pour la mandature 2014-2020 que pour la mandature 2020-2026, une indemnité pour frais de représentation d'un montant forfaitaire annuel de 19 720 euros.
6. Les associations requérantes ont demandé la communication des documents relatifs aux frais de restauration et aux autres frais de représentation engagés par la maire de Paris au titre de l'année 2020.
7. La Ville de Paris fait valoir qu'elle a communiqué l'ensemble des documents relatifs aux frais de représentation de la maire de Paris et que cette dernière n'a pas engagé de frais de restauration.
8. Il ressort des pièces du dossier que la Ville de Paris a communiqué aux associations requérantes, le 1er septembre 2023, les factures, établies au nom de la maire de Paris, correspondant aux dépenses engagées au cours de l'année 2020 à hauteur de 16 881,72 euros et que la maire de Paris a reversé la somme de 2 838,24 euros au titre du reliquat de son indemnité de frais de représentation pour l'année 2020. Par ailleurs, la Ville de Paris soutient que la maire de Paris n'ayant pas engagé de frais de restauration pour l'année 2020, elle se trouve dans l'impossibilité de produire des justificatifs à ce titre. Dès lors, la demande des associations requérantes est devenue sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
9. S'agissant enfin de la demande des associations requérantes relatives à la communication des documents relatifs aux frais de déplacement, non distingués des frais de représentation, la communication de l'intégralité des documents relatifs aux frais de représentation engagés par la maire de Paris au titre de l'année 2020 a satisfait à cette demande. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
En ce qui concerne les frais engagés par les membres du cabinet de la maire de Paris :
10. Les associations requérantes ont demandé la communication des documents relatifs aux frais de restauration des membres du cabinet de la maire de Paris ainsi que les noms des éventuels convives des membres de son cabinet.
11. Il ressort des pièces du dossier que la Ville de Paris a communiqué, le 11 septembre 2023, aux associations requérantes la copie de factures de restauration établies au nom des membres du cabinet de la maire et couvrant l'ensemble de l'année 2020, ainsi que des " certificats administratifs " par lesquels des membres de ce cabinet ont sollicité le remboursement de frais de restauration. Ces documents détaillent le nom des établissements, les dates et les montants dont il était demandé le remboursement, ainsi que les noms des membres du cabinet. S'il est constant que ces factures et certificats ne comportent pas le nom des éventuels convives, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration une obligation de cette nature. Dès lors, la demande des associations requérantes est devenue sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur le bien-fondé du surplus des conclusions aux fins d'annulation :
12. Aux termes de l'article L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () / Le droit à communication ne s'exerce plus lorsque les documents font l'objet d'une diffusion publique. () ".
13. Il est constant que les comptes de la Ville de Paris, qui intègrent les dépenses de fonctionnement, ont été mis en ligne sur le site internet de la Ville de Paris et font l'objet d'une diffusion publique. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions précédemment citées que la maire de Paris a pu rejeter la demande présentée à ce titre par les associations requérantes.
Sur le bien-fondé du surplus des conclusions aux fins d'injonction :
14. Le présent jugement n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par les associations requérantes doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par les associations Rouler libre by UDELCIM, Fédération union parisienne et Comité Marais Paris et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de rejet de la demande de communication des documents portant sur les frais de représentation et de restauration de la maire de Paris pour l'année 2020 ainsi que sur les conclusions à fin d'injonction présentées à ce titre.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de rejet de la demande de communication des documents portant sur les frais de restauration des membres du cabinet de la maire de Paris au titre de l'année 2020 ainsi que sur les conclusions à fin d'injonction présentées à ce titre.
Article 3 : La Ville de Paris versera aux associations Rouler libre by UDELCIM, Fédération union parisienne et Comité Marais Paris la somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association Rouler libre by UDELCIM, première requérante dénommée, pour l'ensemble des requérants et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Ho Si Fat, président,
Mme Lamarche, première conseillère,
M. Maréchal, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
M. MaréchalLe président,
F. Ho Si FatLa greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2226519
Le Tribunal administratif de Paris rejette la demande indemnitaire de la société Le Quasimodo Notre-Dame, qui réclamait près de 1,74 million d'euros à l'État pour les préjudices économiques liés à l'incendie de la cathédrale. La juridiction estime que la société, exploitant un restaurant à proximité, n'était pas usagère de l'ouvrage public et n'a pas subi de dommage accidentel direct causé par celui-ci. Le jugement applique les principes de la responsabilité administrative sans faute pour dommages de travaux publics, mais les écarte en l'espèce.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2312358
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un agent public demandant l'annulation du refus de sa nomination à un poste d'expert juridique. Le tribunal a jugé que cette décision de rejet constituait une simple mesure d'ordre intérieur, car elle ne portait pas atteinte aux droits statutaires, à la rémunération ou aux perspectives de carrière de l'agent. Par conséquent, le recours pour excès de pouvoir a été déclaré irrecevable.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2313750
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un gardien de la paix contestant son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. La juridiction a jugé la requête irrecevable car elle ne contenait aucun exposé de moyens, et ce défaut n'a pas été régularisé dans les délais. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative relatives aux conditions de saisine.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2326202
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté ministériel portant tableau d'avancement à l'échelon spécial du grade de pharmacien général de santé publique. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 septembre 2023, considérant que l'administration avait méconnu les conditions posées par l'article 15 du décret n° 92-1432 du 30 décembre 1992, en y inscrivant des agents ne remplissant pas les critères statutaires requis pour cet avancement. Par voie de conséquence, les décisions individuelles de nomination prises sur le fondement de ce tableau sont également illégales.
02/04/2026