vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2122929 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARENTS, TRENNEC (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 octobre 2021, M. B A, représenté par Me Trennec demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en indemnisation des préjudices subis du fait de l'illégalité du tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l'année 2019 et du fait de l'illégalité des arrêtés individuels de nomination à ce grade dont il a demandé l'annulation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté portant tableau d'avancement attaqué est illégal dès lors qu'il ne respecte pas les dispositions du décret n° 82-451 du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives paritaires ; lors de la séance de la commission administrative paritaire nationale, des suppléants ont pris part aux débats ;
- la commission a statué en formation plénière et non en formation restreinte comme l'exigent les dispositions de l'article 34 du décret précité ;
- l'élaboration du tableau d'avancement n'a pas donné lieu à un examen approfondi de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des intéressés ;
- le tableau d'avancement est entaché d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de ses mérites comparés à ceux de ses collègues concurrents ;
- il porte atteinte au principe d'égalité des fonctionnaires appartenant à un même corps ;
- les arrêtés de nomination sont illégaux par voie de conséquence et par voie d'exception d'illégalité du tableau d'avancement ;
- l'illégalité du tableau d'avancement attaqué et des nominations critiquées sont de nature à engager la responsabilité de l'Etat pour faute et justifient qu'au titre de la perte de chance d'être inscrit au tableau 2019 et au titre de son préjudice moral et des troubles subis dans ses conditions d'existence, l'Etat soit condamné à lui verser la somme de 5 000 euros à titre de dommages-intérêts.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 février 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que compte tenu de l'identité d'objet, de cause et de parties entre la présente instance et l'instance jugée sous le n° 1914190/5-1, l'exception d'autorité de la chose jugée s'oppose à l'examen des prétentions de l'intéressé.
Par ordonnance du 11 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 25 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère ;
- et les conclusions de Mme Lambrecq, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'illégalité du tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l'année 2019 ainsi que, par voie de conséquence, de l'illégalité des arrêtés individuels de nomination à ce grade.
2. Par un jugement n° 1914190/5-1 du 4 février 2022, postérieur à l'introduction de la requête, le tribunal a annulé l'arrêté du 2 août 2019 relatif au tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l'année 2019 ainsi que l'ensemble des mesures individuelles de nomination intervenues en exécution de ce tableau et qui ne sont pas devenues définitives. En outre, il a condamné l'Etat à verser à M. A la somme de 1 500 euros au titre des préjudices (matériel et moral) subis par ce dernier résultant de l'illégalité du tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l'année 2019. Ce jugement frappé d'appel est devenu définitif, la Cour administrative d'appel de Paris ayant dans son arrêt n° 22PA01516 du 31 mars 2023 rejeté les conclusions indemnitaires, formées à titre incident par M. A tendant à obtenir l'indemnisation du préjudice matériel et moral qui a résulté, pour lui, de l'illégalité fautive de l'arrêté du 2 août 2019.
3. Le présent litige présentant une identité de parties, d'objet et de cause avec les instances précitées, l'autorité de la chose jugée qui s'attache au dispositif du jugement du tribunal du 4 février 2022, devenu définitif, ainsi qu'à ses motifs qui en sont le support nécessaire, condamnant l'Etat à verser à M. A la somme de 1 500 euros en indemnisation de son préjudice matériel et moral du fait de l'illégalité du tableau d'avancement en cause, fait obstacle à ce que, le tribunal se prononce à nouveau sur cette demande. Par suite, les conclusions de la requête de M. A ne peuvent qu'être rejetées, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ho Si Fat, président,
Mme Kanté, première conseillère,
M. Hélard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
La rapporteure,
C. KantéLe président,
F. Ho Si Fat
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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