vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2122933 |
| Type | Décision |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | FERRANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 27 octobre 2021, 26 juillet et 21 octobre 2022 et 22 octobre 2023, la société Léonard Immobilier, représentée par Me Ferrandini, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés auxquels elle a été assujettie à hauteur, respectivement, de 110 771 euros et de 22 126 euros au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
S'agissant de la régularité de la procédure d'imposition :
- en l'absence de preuve de la notification de l'avis de mise en recouvrement selon les modalités prévues par l'article L. 256 du livre des procédures fiscales, la procédure d'imposition est irrégulière ;
- l'obligation déclarative ayant été respectée du fait de la souscription le 15 juin 2015 de la déclaration CA3, le service ne pouvait pas mettre en œuvre la procédure de taxation d'office sur le fondement de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales ;
S'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée :
- contrairement à ce qu'a estimé le service, la prestation facturée à la société Global Investment Holding Company, qui concerne une cession à cette dernière de l'intégralité des parts sociales de la société New York Fresnel, société civile immobilière (SCI) propriété de la société MIDAS, porte ainsi sur des biens meublés et non sur des immeubles et n'entre pas, de ce fait, dans le champ d'application du 2° de l'article 259 A du code général des impôts ; s'agissant de la définition des prestations de service se rapportant à un immeuble, elle se prévaut de la doctrine administrative BOI-TVA-CHAMP-20-50-30 n° 120 et suivants ;
- à titre subsidiaire, contrairement à ce qu'a estimé le service, la SCI New York Fresnel, dont les parts sociales ont été vendues, n'est pas une société transparente mais une société translucide en ce qu'elle ne confère à son détenteur de parts aucun droit réel immobilier sur l'immeuble qu'elle détient, qu'on se place sur le terrain de l'article 1655 ter du code général des impôts ou sur celui des doctrines administratives BOI-RFPI-CHAMP-30-20 n° 20 et suivants et BOI-ENR-AVS-40-20 ;
S'agissant de l'impôt des sociétés :
- le rejet du déficit de 45 901 euros imputé sur le résultat de l'exercice clos en 2015 n'est pas justifié ; il n'est pas établi qu'elle a provisionné la somme totale de 16 160 euros à titre de charges en 2013 ; si, du fait du comportement de son comptable, elle ne peut justifier par des pièces des charges relatives à l'exercice 2014 d'un montant total de 29 200 euros, les dépenses engagées y correspondant ont, de par leur caractère professionnel, le caractère de charges déductibles.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 avril 2022 et 3 octobre 2023, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Medjahed, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Léonard Immobilier, qui exerce une activité de transaction sur les immeubles et les fonds de commerces, la fourniture aux mandants de services complémentaires à ceux du mandat destinés à améliorer l'efficacité et le confort des visites et à les aider lors de leur installation dans le bien acquis, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité dont les opérations se sont déroulées pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016, étendue en matière de taxe sur la valeur ajoutée jusqu'au 31 octobre 2017. L'administration fiscale a notifié une proposition de rectification datée du 17 juillet 2018 au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 dans le cadre de la procédure contradictoire pour l'impôt sur les sociétés et en ce qui concerne les mois de mai à août, novembre et décembre 2015 et janvier à décembre 2016 pour la taxe sur la valeur ajoutée et dans le cadre de la procédure de taxation d'office en ce qui concerne les mois de janvier à avril, septembre et octobre 2015 pour la taxe sur la valeur ajoutée. Par la présente requête, la société Léonard Immobilier demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés auxquels elle a été assujettie à hauteur, respectivement, de 110 771 euros et de 22 126 euros.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales : " Un avis de mise en recouvrement est adressé par le comptable public compétent à tout redevable des sommes, droits, taxes et redevances de toute nature dont le recouvrement lui incombe lorsque le paiement n'a pas été effectué à la date d'exigibilité. / () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 256-6 du même livre : " La notification de l'avis de mise en recouvrement comporte l'envoi au redevable, soit au lieu de son domicile, de sa résidence ou de son siège, soit à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître au service compétent de la direction générale des finances publiques ou au service des douanes et droits indirects compétent, de l'"ampliation" prévue à l'article R. 256-3 ". Les modalités de notification des avis de mise en recouvrement ainsi prévues constituent une garantie pour le contribuable. Les avis de mise en recouvrement doivent être envoyés à l'adresse que le contribuable a donnée à l'administration. Le contribuable ne peut toutefois être regardé comme privé de cette garantie, lorsque le pli contenant l'avis de mise en recouvrement a été envoyé à une autre adresse, si ce pli lui est effectivement parvenu.
3. En l'espèce, s'il résulte de l'instruction que la société Léonard Immobilier a changé d'adresse à compter du 1er août 2019 et doit être regardée comme en ayant informé l'administration fiscale, ainsi que l'attestent notamment sa déclaration de TVA du mois de septembre 2019 et une attestation de régularité fiscale délivrée par l'administration fiscale le 17 février 2020 mentionnant sa nouvelle adresse, et que l'avis de mise en recouvrement du 16 mars 2020 a été envoyé à son ancienne adresse, cet avis a cependant été envoyé par courrier recommandé avec accusé de réception et distribué à son destinataire contre signature le 12 mai 2020. La société requérante n'allègue pas que le signataire de l'avis de réception n'était pas un de ses préposés ou mandataires. Il résulte au demeurant de l'instruction qu'à la suite de cet avis de mise en recouvrement, elle a adressé à l'administration fiscale, par un courrier du 29 juin 2020 réceptionné le 1er juillet suivant, une réclamation contestant les impositions en litige. Dans ces conditions, l'avis de mise en recouvrement du 16 mars 2020 doit être regardé comme lui ayant été effectivement parvenu. Par suite, elle ne peut être regardée comme ayant été privée d'une garantie. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : / () /3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes ". Aux termes de l'article 287 du code général des impôts : " 1. Tout redevable de la taxe sur la valeur ajoutée est tenu de remettre au service des impôts dont il dépend et dans le délai fixé par arrêté une déclaration conforme au modèle prescrit par l'administration. / 2. Les redevables soumis au régime réel normal d'imposition déposent mensuellement la déclaration visée au 1 indiquant, d'une part, le montant total des opérations réalisées, d'autre part, le détail des opérations taxables. La taxe exigible est acquittée tous les mois. / () ".
5. Il résulte de l'instruction que, pour chacune des périodes vérifiées entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2016, la société Léonard Immobilier, qui exerce une activité de prestataire de services et a par conséquent la qualité de redevable de la TVA, a dégagé un chiffre d'affaires excédant le seuil prévu à l'article 302 septies A du code général des impôts. Relevant en conséquence du régime réel normal d'imposition, elle était tenue, en vertu du 2 de l'article 287 du même code, de remettre au service des impôts dont elle dépend les déclarations mensuelles de TVA alors même qu'elle estimait qu'elle n'était pas redevable de la TVA pour la prestation en litige d'un montant de 500 000 euros. La société requérante ne produit aucune pièce de nature à établir qu'elle a remis ces déclarations pour les mois de janvier à avril, septembre et octobre 2015. Dans ces conditions, le service pouvait à bon droit faire application de la procédure de taxation d'office prévue au 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales pour les mois en cause. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la procédure est irrégulière. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 259 du code général des impôts relatif à la détermination du lieu d'imposition à la taxe sur la valeur ajoutée des opérations de prestations de services : " Le lieu des prestations de services est situé en France : / 1° Lorsque le preneur est un assujetti agissant en tant que tel et qu'il a en France : / a) Le siège de son activité économique, sauf lorsqu'il dispose d'un établissement stable non situé en France auquel les services sont fournis ; / b) Ou un établissement stable auquel les services sont fournis ; / c) Ou, à défaut du a ou du b, son domicile ou sa résidence habituelle ; / 2° Lorsque le preneur est une personne non assujettie, si le prestataire : / a) A établi en France le siège de son activité économique, sauf lorsqu'il dispose d'un établissement stable non situé en France à partir duquel les services sont fournis ; / b) Ou dispose d'un établissement stable en France à partir duquel les services sont fournis ; / c) Ou, à défaut du a ou du b, a en France son domicile ou sa résidence habituelle. ". Aux termes de l'article 259 A du même code : " Par dérogation à l'article 259, est situé en France le lieu des prestations de services suivantes : / () / 2° Les prestations de services se rattachant à un bien immeuble situé en France, y compris les prestations d'experts et d'agents immobiliers, la fourniture de logements dans le cadre du secteur hôtelier ou de secteurs ayant une fonction similaire tels que des camps de vacances ou des sites aménagés pour camper, l'octroi de droits d'utilisation d'un bien immeuble et les prestations tendant à préparer ou à coordonner l'exécution de travaux immobiliers, telles que celles fournies par les architectes et les entreprises qui surveillent l'exécution des travaux ; / () ". Relèvent des prestations de service se rattachant à un bien immeuble au sens de ces prévisions celles qui présentent un lien suffisamment direct avec un bien immeuble.
7. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
8. Pour imposer à la taxe sur la valeur ajoutée la prestation de services d'intermédiation fournie par la société Léonard Immobilier à la société Global Investment Holding Company relative à l'opération de cession à cette dernière de l'intégralité des parts sociales de la société Midas dans la société civile immobilière (SCI) New York Fresnel, l'administration fiscale a considéré que cette prestation se rattachait à un immeuble au sens du 2° de l'article 259 A du code général des impôts.
9. Il résulte de l'instruction que la prestation de services facturée 500 000 euros que la société Léonard Immobilier a réalisée pour la société Global Investment Holding Company, dont le siège social se situe en Arabie saoudite et qui ne dispose pas d'un établissement stable en France, a consisté en l'accompagnement, le conseil et la négociation de la cession à son client de la totalité des parts sociales de la société Midas au sein de la SCI New York Fresnel. Il est constant que cette SCI a pour unique associée la société Midas et n'est propriétaire que d'un seul immeuble situé en France. Il résulte par ailleurs des statuts de la SCI New York Fresnel qu'elle a pour objet l'acquisition et la propriété de tous terrains ou immeubles, la gestion, l'administration, l'exploitation et la mise en valeur de ces biens ainsi que toutes opérations pouvant se rattacher, directement ou indirectement à cet objet et que les parts sociales de la société Midas lui confèrent un droit " dans les bénéfices de la société et dans tout l'actif social " ce qui inclut nécessairement l'immeuble dont est propriétaire la SCI. Ainsi, la cession des parts sociales de la SCI New York doit être regardée comme emportant indissociablement la cession de l'immeuble dont elle est propriétaire. Dans ces conditions, la prestation de services réalisée par la société Léonard Immobilier, qui constitue une prestation unique, présente un lien suffisamment direct avec l'immeuble cédé à son client. La circonstance que cette SCI ait ou non une personnalité distincte de ses membres au sens et pour l'application de l'article 1655 ter du code général des impôts, ce qui ne constitue pas en l'espèce un critère d'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée, est sans incidence sur l'appréciation du lien suffisamment direct des prestations réalisées par la société requérante avec un bien immeuble situé en France et, par voie de conséquence, sur l'application des dispositions du 2° de l'article 259 A du même code. Par suite, le preneur n'étant pas assujetti en France à la taxe sur la valeur ajoutée, le service a à bon droit assujetti la société requérante à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en France en application de ces dispositions. Dès lors, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que cette prestation n'était pas taxable en France.
10. En second lieu, la société Léonard immobilier ne peut se prévaloir de la doctrine administrative énoncée au BOI-TVA-CHAMP-20-50-30 n° 120 et suivants, au BOI-RFPI-CHAMP-30-20 n° 20 et suivants et au BOI-ENR-AVS-40-20 qui ne peut être regardée comme comportant une interprétation différente de la loi fiscale dont il a été fait application ci-dessus. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés :
11. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature () ". Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive. En vertu de ces principes, lorsqu'une entreprise a déduit en charges une dépense réellement supportée, conformément à une facture régulière relative à un achat de prestations ou de biens dont la déductibilité par nature n'est pas contestée par l'administration, celle-ci peut demander à l'entreprise qu'elle lui fournisse tous éléments d'information en sa possession susceptibles de justifier la réalité et la valeur des prestations ou biens ainsi acquis. La seule circonstance que l'entreprise n'aurait pas suffisamment répondu à ces demandes d'explication ne saurait suffire à fonder en droit la réintégration de la dépense litigieuse, l'administration devant alors fournir devant le juge tous éléments de nature à étayer sa contestation du caractère déductible de la dépense. Le juge de l'impôt doit apprécier la valeur des explications qui lui sont respectivement fournies par le contribuable et par l'administration.
12. Aux termes du I de l'article 209 du code général des impôts relatif à la détermination de la base de l'impôt sur les sociétés : " I. / () / en cas de déficit subi pendant un exercice, ce déficit est considéré comme une charge de l'exercice suivant et déduit du bénéfice réalisé pendant ledit exercice dans la limite d'un montant de 1 000 000 € majoré de 50 % du montant correspondant au bénéfice imposable dudit exercice excédant ce premier montant. Si ce bénéfice n'est pas suffisant pour que la réduction puisse être intégralement opérée, l'excédent du déficit est reporté dans les mêmes conditions sur les exercices suivants. () ".
13. En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Pour l'application des dispositions de l'article 209 du code général des impôts citées au point 12, il appartient, dès lors, au contribuable de justifier l'existence d'un déficit reportable et son montant. Il s'acquitte de cette obligation par la production d'une comptabilité régulière et probante ou, à défaut, par toute autre preuve extracomptable suffisamment probante. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation en produisant une comptabilité, il incombe alors à l'administration, si elle s'y croit fondée, soit de critiquer les écritures ayant conduit à la constatation d'un déficit, soit de demander au contribuable de justifier de la régularité de ces écritures. Il appartient alors au juge de l'impôt d'apprécier la valeur des explications qui lui sont respectivement fournies par le contribuable et par l'administration.
14. L'administration a rejeté comme charge déductible le déficit de 45 901 euros de l'exercice imputé sur l'exercice 2015 en l'absence d'élément probant de nature à établir la réalité de ce déficit, cette preuve ne pouvant résulter comme en l'espèce d'une comptabilité reconstituée en 2018 laquelle est dénuée selon elle de toute valeur probante, et la somme de 16 160 euros de l'exercice clos le 31 décembre 2014, cette somme figurant déjà dans des charges comptabilisées en 2013 dans le montant des charges à payer de 29 200 euros comptabilisé au 1er janvier 2014 au compte 438 " organismes sociaux ". La société requérante n'a produit aucune pièce de nature à remettre en cause les constatations opérées par l'administration. Par suite, le service a estimé à bon droit que ces sommes ne pouvaient être regardées comme des charges déductibles. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Léonard Immobilier est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Léonard Immobilier et à la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 30 août 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
M. Medjahed, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.
Le rapporteur,
N. MEDJAHED
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025