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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2123011

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2123011

vendredi 17 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2123011
TypeDécision
PublicationC
Formation5e Section - 4e Chambre
Avocat requérantSANCHEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 octobre 2021, la société civile immobilière (SCI) Les Clos de l'Entre Deux, représentée par Me Sanchez, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2017 et de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2017 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée :

- les crédits de taxe sur la valeur ajoutée qu'elle a cumulés justifient le remboursement d'un crédit de taxe d'un montant total de 188 025 euros ;

- les rappels de taxe sur la valeur ajoutée collectée ne sont pas justifiés ; pour les ventes réalisées, l'administration ne démontre pas que la livraison a eu lieu en même temps que la vente ; la pièce qu'elle produit démontre que sa situation était créditrice entre 2014 et 2018 ;

- l'administration qui a validé une taxe sur la valeur ajoutée déductible d'un montant de 40 749 euros ne peut pas, en vertu du principe de l'intangibilité du bilan d'ouverture du premier exercice non prescrit au 1er janvier 2017, invoquer l'absence de dépôt des déclarations CA12 antérieures à cette date ;

S'agissant de l'impôt sur les sociétés :

- en vertu du principe de l'intangibilité du bilan d'ouverture du premier exercice non prescrit au 1er janvier 2017, l'administration ne peut pas remettre en cause l'existence à cette date d'un stock valorisé d'un montant total de 1 530 106 euros correspondant, à hauteur de 682 899 euros, à des stocks et, à hauteur de 824 237 euros, à des immobilisations soldées par transfert vers les stocks et remettre en cause une charge déductible correspondant à ce dernier montant ;

- n'ayant pas été rattachée par l'administration à l'exercice clos en 2017, la charge d'un montant de 14 426 euros rejetée comme n'étant pas justifiée, ne peut pas être remise en cause ;

- l'administration ne peut prendre en compte le loyer correspondant à la mise à disposition gratuite d'une villa inachevée à un salarié à titre de recettes sans admettre corrélativement une charge déductible de même montant ;

S'agissant de l'amende :

- en l'absence de revenus distribués l'application de l'amende prévue par l'article 117 du code général des impôts n'est pas fondée ;

S'agissant des pénalités :

- la décharge des pénalités est demandée par voie de conséquence des décharges devant être prononcées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2022, le directeur national des vérifications de situations fiscales conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Aubert, présidente-rapporteure ;

- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière (SCI) Les Clos de l'Entre Deux, qui exerce l'activité de marchand et de gestionnaire de biens immobiliers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité ayant porté sur les exercices clos en 2015, 2016 et 2017 au terme de laquelle l'administration lui a notifié, dans le cadre de la procédure de taxation d'office prévue par l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2017 et une cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2017, augmentés des majorations prévues par l'article 1728 du code général des impôts, et a mis à sa charge l'amende prévue par l'article 1759 du même code. Par la présente requête, elle demande la décharge de l'ensemble de ces suppléments d'imposition.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée :

S'agissant du crédit de taxe sur la valeur ajoutée :

2. En se bornant à soutenir que la déclaration relative à la taxe sur la valeur ajoutée et taxes assimilées qu'elle a déposée au titre de la période commençant le 1er janvier 2014 justifie, compte tenu des crédits de taxe cumulés, le remboursement de la somme de 188 025 euros, la société requérante n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé.

S'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée :

3. Aux termes de l'article 257 du code général des impôts : " I.- Les opérations concourant à la production ou à la livraison d'immeubles sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée () ". Aux termes de l'article 269 du même code : " 1. Le fait générateur de la taxe se produit : / a) Au moment où la livraison, l'acquisition intracommunautaire du bien ou la prestation de service est effectuée ; / () / 2. La taxe est exigible : / a) Pour les livraisons et les achats visés au a du 1 () lors de la réalisation du fait générateur () ". Pour l'application de ces dispositions, la livraison d'un immeuble est réputée intervenir à la date de la signature de l'acte authentique de vente.

4. Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée dont la société requérante conteste le bien-fondé correspondent à la taxe sur la valeur ajoutée à la marge due au titre de trois ventes de terrains à bâtir pour lesquelles les contrats de vente ont été respectivement conclus les 10 février, 28 mars et 16 juin 2017 et à la taxe sur la valeur ajoutée due au titre de deux ventes d'immeubles bâtis pour lesquelles ils ont été respectivement conclus les 29 mars et 4 avril 2017. La société Les Clos de l'Entre Deux, qui ne soutient pas et n'apporte aucun élément de nature à établir que ces contrats de vente stipulaient une date de livraison différente de celle de la conclusion du contrat, et que la livraison n'a pas eu lieu au cours de la période du 1er janvier au 31 décembre 2017, n'est pas fondée à soutenir que, faute d'avoir été exigible à la date de la livraison de chacun des immeubles vendus, la taxe sur la valeur ajoutée n'est pas due au titre de cette période. En outre, pour le même motif que celui mentionné au point 2 du présent jugement, elle ne se prévaut pas utilement d'un crédit de taxe d'un montant de 188 025 euros au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2018.

S'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée déductible :

5. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. - 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. " Aux termes de l'article 208 de l'annexe II au même code : " I. - Le montant de la taxe déductible doit être mentionné sur les déclarations déposées pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée. Toutefois, à condition qu'elle fasse l'objet d'une inscription distincte, la taxe dont la déduction a été omise sur cette déclaration peut figurer sur les déclarations ultérieures déposées avant le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'omission. Les régularisations prévues à l'article 207 doivent également être mentionnées distinctement sur ces déclarations. () ".

6. Il résulte de l'instruction, notamment de la proposition de rectification du 8 novembre 2019, que la taxe sur la valeur ajoutée d'un montant total de 40 749 euros dont le service a refusé la déduction au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2017 correspond à de la taxe déductible au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2015 à hauteur de 10 746, 71 euros et au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2016 à hauteur de 26 079 euros que la société Les Clos de l'Entre Deux n'a pas mentionnée sur ses déclarations de taxe sur la valeur ajoutée et qui n'a pas fait l'objet d'inscriptions distinctes sur ses déclarations ultérieures déposées au plus tard, respectivement, les 31 décembre 2017 et 31 décembre 2018, ainsi que l'exige l'article 208 de l'annexe II au code général des impôts. Contrairement à ce que soutient la société requérante, le refus de lui accorder le bénéfice de la déduction de cette taxe, qui est fondé sur le non-respect de ses obligations déclaratives en matière fiscale et non sur ses écritures comptables, n'est pas contraire au principe d'intangibilité du bilan d'ouverture du premier exercice non prescrit lequel n'est au surplus invocable qu'en matière d'impôts directs.

En ce qui concerne l'impôt sur les sociétés :

S'agissant de la variation des stocks :

7. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " / () / 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. / 3. Pour l'application des 1 et 2, les stocks sont évalués au prix de revient ou au cours du jour de la clôture de l'exercice, si ce cours est inférieur au prix de revient. Les travaux en cours sont évalués au prix de revient. / () ".

8. Il résulte de l'instruction, notamment de la proposition de rectification du 8 novembre 2019, que la société Les Clos de l'Entre Deux, dont le compte 238 " Immobilisations en cours " présentait un solde débiteur de 824 237 euros à la clôture de l'exercice 2016 au 31 décembre 2016 et qui avait, à cette date, constaté l'existence d'un stock d'une valeur de 682 899 euros, a décidé de solder au 1er janvier 2017 le compte 238 en virant les immobilisations en cours que comportait ce compte sur le compte de stock dont le montant total s'est alors établi à 1 507 136 euros et qui a été augmenté au cours de l'exercice 2017 de la somme de 249 718 euros correspondant aux dépenses engagées pour continuer de construire les immeubles d'une valeur de 824 237 euros requalifiés en stocks, atteignant ainsi une valeur totale de 1 756 856 euros à la clôture de cet exercice. Le service a remis en cause le transfert des immobilisations augmentées des dépenses y afférentes au motif que les immeubles qui les constituent ne sont pas destinés à être revendus mais à être exploités de sorte qu'ils ne peuvent pas faire partie du stock.

9. En premier lieu, le compte 238 " Immobilisations en cours " ayant été soldé le 1er janvier 2017, soit au cours de l'exercice 2017 et non antérieurement, le moyen tiré de l'opposabilité à l'administration, en vertu du principe de l'intangibilité du bilan d'ouverture du premier exercice non prescrit au 1er janvier 2017, d'un stock d'un montant total de 1 507 136 euros au 31 décembre 2016 manque en fait.

10. En deuxième lieu, il résulte de la réponse aux observations du contribuable du 8 juillet 2020, qui ne sont pas contestées sur ce point, que, par un courriel du 29 août 2019, la société requérante a demandé au service si elle devait comptabiliser dans les immobilisations ou dans les stocks deux immeubles qu'elle ne souhaitait pas vendre et il est constant que ces deux immeubles sont ceux dont la valeur a été transférée du compte 238 " Immobilisations en cours " au compte de stock. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que l'administration n'établit pas que ces deux immeubles n'étaient pas destinés à la vente et ne pouvaient, de ce fait, être comptabilisés dans les stocks.

11. En dernier lieu, ces deux immeubles d'une valeur initiale de 824 237 euros ne devant pas faire partie du stock, le seul fait que la variation du stock est une charge déductible ne permet pas, ainsi que le soutient la société requérante, de déduire cette somme, au titre d'une telle charge.

S'agissant des charges déductibles :

12. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature () ". Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive. En vertu de ces principes, lorsqu'une entreprise a déduit en charges une dépense réellement supportée, conformément à une facture régulière relative à un achat de prestations ou de biens dont la déductibilité par nature n'est pas contestée par l'administration, celle-ci peut demander à l'entreprise qu'elle lui fournisse tous éléments d'information en sa possession susceptibles de justifier la réalité et la valeur des prestations ou biens ainsi acquis. La seule circonstance que l'entreprise n'aurait pas suffisamment répondu à ces demandes d'explication ne saurait suffire à fonder en droit la réintégration de la dépense litigieuse, l'administration devant alors fournir devant le juge tous éléments de nature à étayer sa contestation du caractère déductible de la dépense. Le juge de l'impôt doit apprécier la valeur des explications qui lui sont respectivement fournies par le contribuable et par l'administration.

13. Il est constant que la charge de 14 426 euros déduite du bénéfice réalisé au cours de l'exercice 2017 n'est appuyée d'aucun justificatif. Il suit de là que la société requérante n'est pas fondée à contester la réintégration de cette somme dans le bénéfice imposable.

S'agissant des recettes :

14. En vertu des dispositions combinées des articles 38 et 209 du code général des impôts, le bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l'entreprise, à l'exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion normale. Constitue un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt.

15. Il résulte de l'instruction, notamment de la proposition de rectification, que la somme totale de 9 800 euros, que le service a réintégrée dans le bénéfice imposable au motif que la société requérante a commis un acte anormal de gestion en renonçant aux recettes que constitue le versement d'un loyer de 1 400 euros par mois du 1er juin au 31 décembre 2017 au titre de la location d'une villa lui appartenant, correspond à la mise à disposition gratuite de cette villa par la société DIOI à l'un de ses salariés, stipulée dans le contrat de travail conclu entre eux. Ce contrat de travail ayant été conclu avec ce salarié par une société tierce et non par la société requérante, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que la recette qu'elle n'a pas comptabilisée correspond à une charge qu'elle supporte ce qui neutralise l'opération d'un point de vue comptable et il ne résulte pas de l'instruction que la mise à disposition gratuite de la villa a eu pour elle une contrepartie. Il suit de là que, par les éléments sur lesquels elle s'est fondée, l'administration apporte la preuve qui lui incombe de l'acte anormal de gestion dont elle se prévaut.

16. Il résulte de ce qui est dit aux points 2 à 15 du présent jugement que la société Les Clos de l'Entre Deux n'est pas fondée à demander la décharge en droits des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2017 et de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2017.

En ce qui concerne l'amende prévue par l'article 117 du code général des impôts :

17. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices ". Aux termes de l'article 117 du même code : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. / En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759 ". Aux termes de l'article 1759 du même code : " Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées. Lorsque l'entreprise a spontanément fait figurer dans sa déclaration de résultat le montant des sommes en cause, le taux de l'amende est ramené à 75 % ".

18. L'amende prévue par l'article 117 du code général des impôts a été appliquée aux rectifications résultant de la réintégration dans le bénéfice imposable de la charge de 14 426 euros et des recettes correspondant aux loyers non perçus d'un montant de 9 800 euros. Il résulte de ce qui est dit aux points 12 à 15 du présent jugement que ces redressements sont justifiés. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à demander par voie de conséquence la décharge de cette amende.

En ce qui concerne l'application de majorations :

19. Aux termes du 1 de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai. / b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; () ".

20. Le présent jugement ne prononçant pas la décharge totale ou partielle des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés contestés, la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge, par voie de conséquence, de la majoration de 10 % appliquée aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de la majoration de 40 % appliquée à la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés en application des dispositions précitées de l'article 1728 du code général des impôts.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions y compris celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Les Clos de l'Entre Deux est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière (SCI) Les Clos de l'Entre Deux et au directeur national des vérifications de situations fiscales

Délibéré après l'audience du 3 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Aubert, présidente,

M. Julinet, premier conseiller,

M. Medjahed, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.

La présidente-rapporteure,

S. AUBERT

L'assesseur le plus ancien

S. JULINET

La greffière,

A. LOUART

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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