mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2123348 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CLAVEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 octobre 2021 et 29 mars 2022, la société Goldenkeyz, représentée par Me Clavez demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions du 14 décembre 2020, du 30 avril 2021 et du 1er avril 2021 par lesquelles le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes d'aide exceptionnelle pour les mois de novembre 2020 et de janvier et février 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris de lui verser une somme de 30 000 euros, correspondant au total des aides qu'elle aurait dû percevoir, assortie des intérêts moratoires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a eu connaissance de ses dettes de TVA, relatives aux deuxième et troisième trimestres 2019 que très tardivement et a rapidement conclu des plans de règlement pour les rembourser ;
- ignorant l'existence de ces dettes, c'est en toute bonne foi qu'elle a attesté sur l'honneur, dans ses demandes d'aides pour les mois de novembre 2020, janvier 2021 et février 2021, n'avoir aucune dette fiscale au 31 décembre 2019 ;
- la conclusion d'un plan de règlement postérieurement à la demande d'aide ne saurait altérer le bien-fondé de la demande lorsque l'existence de la dette était inconnue à la date de la demande.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-705 du 10 juin 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;
- le code de justice administrative.
Par une ordonnance en date du 2 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 juin 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Laforêt,
- les conclusions de M. Mazeau, rapporteur public,
- et les observations de Me Fabro, représentant la société Goldenkeyz.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la société Goldenkeyz, qui exerce une activité de transport de voyageur par véhicule de tourisme avec chauffeur et de conciergerie de luxe, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation des décisions du 14 décembre 2020, du 30 avril 2021 et du 1er avril 2021 par lesquelles le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes d'aide exceptionnelle pour les mois de novembre 2020, janvier 2021 et février 2021 au titre du premier volet du fonds de solidarité, institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa rédaction applicable au litige : " Il est institué, jusqu'au 31 août 2021, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. () ". L'article 3 de la même ordonnance dispose : " Un décret fixe le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds () ". L'article 3-14 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, concernant le mois de novembre 2020 dispose : " I.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de novembre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : () / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 () IV.-La demande d'aide au titre du présent article est réalisée par voie dématérialisée au plus tard le 31 janvier 2021 () / La demande est accompagnée des justificatifs suivants : / -une déclaration sur l'honneur attestant que l'entreprise remplit les conditions prévues par le présent décret et l'exactitude des informations déclarées, ainsi que l'absence de dette fiscale ou sociale impayée au 31 décembre 2019, à l'exception de celles qui, à la date de dépôt de la demande d'aide prévue par le présent décret, ont été réglées ou sont couvertes par un plan de règlement. Il n'est pas tenu compte des dettes fiscales inférieures ou égales à un montant total de 1 500 euros ni de celles dont l'existence ou le montant font l'objet au 1er septembre 2020 d'un contentieux pour lequel une décision définitive n'est pas intervenue ". En vertu de l'article 3-19 du même décret, relatif à l'aide concernant le mois de janvier 2021, le délai pour présenter une demande d'aide expire le 31 mars 2021 et l'entreprise doit également attester de l'absence de dette fiscale ou sociale impayée au 31 décembre 2019 à l'exception de celles qui, à la date de dépôt de la demande d'aide prévue par le présent décret, ont été réglées ou sont couvertes par un plan de règlement. Enfin, l'article 3-22 du même décret prévoit que la demande d'aide pour le mois de février 2021 doit être réalisée au plus tard le 30 avril 2021 et que l'entreprise doit faire une déclaration sur l'honneur attestant de l'absence de dette fiscale dans les mêmes conditions que pour les aides sollicitées au titre des mois de novembre 2020 et janvier 2021.
3. Il ressort des pièces du dossier que la société Goldenkeyz était, à la date de ses demandes d'aides relatives au mois de novembre 2020, janvier 2021 et février 2021, redevable d'une somme de 4 188 euros correspondant à une dette de TVA relative au 3ème trimestre 2019. Si elle soutient qu'elle ignorait l'existence de cette dette jusqu'au mois de mars 2021, elle se borne à affirmer que, du fait d'un changement de domiciliation, elle n'avait pas reçu le courrier de l'administration fiscale qui l'en informait, sans justifier d'éventuelles démarches qu'elle aurait accomplies pour informer l'administration en temps utile de son changement d'adresse. En outre, si un plan de règlement a été conclu le 5 mai 2021 pour apurer cette dette, à cette date, les délais prévus par le décret du 30 mars 2020 modifié pour présenter une demande étaient expirés. Dès lors, la société Goldenkeyz n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a considéré qu'elle avait une dette fiscale non couverte par un plan de règlement à la date de ses demandes d'aides et a, pour ce motif, rejeté ses demandes. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation présentées par la société requérante doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement, qui rejette les conclusions présentées par la société Goldenkeyz, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés à l'instance :
5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société Goldenkeyz doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Goldenkeyz est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Goldenkeyz et au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris, pôle juridictionnel administratif.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
M. Halard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
La rapporteure,
L. LAFORÊT
La présidente,
J. EVGENAS
La greffière,
M-C. POCHOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2123348/2-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400082
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Le Printemps immobilier, qui demandait une réduction de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2021. La juridiction a jugé que la société, sur laquelle pesait la charge de la preuve en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, n'avait pas démontré le caractère exagéré de l'imposition. Elle n'a pas établi que la surface réelle de ses locaux était inférieure à celle déclarée, ni que l'administration avait fait une application erronée des règles de calcul, notamment celles de l'article 1518 A du code général des impôts.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504630
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. C... visant à annuler la décision de la Ville de Paris de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée. Le juge rappelle qu'un agent en CDD n'a pas de droit au renouvellement, mais que l'administration doit agir dans l'intérêt du service, ce qui peut inclure des considérations sur la manière de servir. Il écarte les moyens soulevés (incompétence du signataire, défaut de motivation, absence d'entretien préalable et de communication du dossier), estimant que la décision contestée n'avait pas le caractère d'une sanction disciplinaire et que les procédures spécifiques à celle-ci ne s'appliquaient donc pas. La décision s'appuie sur les principes généraux du droit de la fonction publique.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2314176
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... qui contestait son imposition en France sur ses revenus d'enseignement perçus de 2019 à 2021. La juridiction a jugé que, conformément à la convention fiscale franco-allemande du 21 juillet 1959, ses revenus salariaux étaient imposables en France, lieu où l'activité professionnelle était exercée, et non en Allemagne où elle résidait. Le tribunal a ainsi validé le principe d'imposition des revenus d'emploi dans l'État où le travail est effectué, tel que prévu par ladite convention et le code général des impôts.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324985
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par la société Camille Fournet, qui contestait une sanction administrative pour non-respect des délais de paiement inter-entreprises. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que l'amende de 13 000 euros et sa publication étaient légales et proportionnées au regard des manquements constatés. La décision s'appuie sur les articles L. 441-10 et L. 441-11 du code de commerce relatifs aux délais de paiement.
07/04/2026