LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2124149

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2124149

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2124149
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET ROBERT & MORDEFROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 novembre 2021, 5 janvier et 17 mai 2023, la société coopérative agricole et viticole Bourgogne du sud, représentée par Me Robert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la société SNCF Réseau à lui verser la somme de 955 769,87 euros HT, majorée des intérêts, en réparation du préjudice découlant de la suspension de l'activité ferroviaire sur le tronçon de Châlon-sur-Saône à Verdun-sur-le-Doubs, à compter du 17 novembre 2017 ;

2°) de mettre à la charge de SNCF Réseau la somme de 5 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- SNCF Réseau a manqué à ses obligations contractuelles nées de la convention de financement du 24 octobre 2011, qui prévoyaient qu'une fois l'ouvrage d'art de Chauvort remis en état, aucun gros travaux ne serait à envisager pendant une durée de dix ans, de sorte que l'exploitation de la ligne litigieuse avait vocation à être maintenue au moins jusqu'en 2021 ;

- elle a également méconnu la convention de raccordement du 11 octobre 2001, qui prévoyait que les jours et heures de desserte ne pouvaient être modifiés que par entente entre elle et l'exploitant ferroviaire, en ne prévenant de la suspension de l'activité que le 14 novembre 2017 ;

- à supposer que la SNCF Réseau n'ait pas commis de faute en modifiant unilatéralement le contrat, en présence d'un motif d'intérêt général qui reste à démontrer, elle avait en tout état de cause droit à se voir indemniser du préjudice grave et spécial qu'elle a subi ;

- elle a subi un préjudice économique de 955 769,87 euros HT du fait de ces fautes.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 mars 2022 et 19 juin 2023, la société SNCF Réseau, représentée par Me Hansen, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen qui, étant d'ordre public, doit être relevé d'office et tiré de ce que la juridiction administrative est incompétente pour statuer sur un litige opposant le gestionnaire d'un service public industriel et commercial à un de ses usagers.

Par un mémoire enregistré le 8 novembre 2024, la requérante a répondu au moyen d'ordre public. Elle fait valoir que le litige est né d'un contrat entraînant occupation du domaine public, emportant ainsi la compétence de la juridiction administrative.

Par un mémoire enregistré le 13 novembre 2024, la société SNCF Réseau a répondu au moyen d'ordre public. Elle fait valoir que le litige est administratif dès lors que :

- la requérante n'est pas usagère, mais utilisatrice, du service public ;

- les litiges nés de refus de raccordement au réseau relèvent des contentieux de travaux publics ;

- en tout état de cause, le dommage éventuel est né d'une décision relative à l'organisation du service, qui est de nature administrative ;

- à titre subsidiaire, les conventions conclues emportant autorisation d'occupation du domaine public, elles sont de nature administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des transports ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Grandillon, rapporteur public,

- et les observations de Me Robert, pour la société coopérative agricole et viticole Bourgogne du sud et de Me Triquet Le Bœuf, pour SNCF Réseau.

Considérant ce qui suit :

1. La société coopérative agricole et viticole Bourgogne du sud exploite des silos à grain situés en gare de Verdun-sur-le-Doubs. En vue de maintenir une desserte ferroviaire de ces installations, elle a conclu le 1er septembre 1994 avec la société nationale des chemins de fer (SNCF) une convention de raccordement l'autorisant à exploiter cette installation terminale embranchée, qui est la seule desservie par le tronçon de voie ferrée situé entre Crissey et Verdun-sur-le-Doubs. Par une convention du 11 octobre 2001, Réseau ferré de France est venu aux droits de la SNCF. Le 24 octobre 2011, la société requérante a conclu avec cet établissement public une convention de financement par laquelle elle s'engageait à verser la somme forfaitaire de 70 000 euros HT au titre de sa participation à la rénovation du pont-rail de Chauvort (remplacement des 140 longrines bois de cet ouvrage d'art) et à accroître le trafic sur cette branche de 19 kilomètres, cette convention indiquant en outre qu'aucun gros travaux ne serait à envisager pendant une durée de dix ans. Toutefois, le 14 novembre 2017, la société requérante a été avertie qu'en raison de l'état de la ligne, des considérations de sécurité imposaient de suspendre son exploitation à compter du 17 novembre 2017. Par un courrier du 28 février 2018, dont il a été accusé réception mais qui est resté sans réponse, la société requérante a demandé à SNCF Réseau, venue aux droits de Réseau ferré de France, de l'indemniser du préjudice économique résultant de cette suspension d'exploitation. Par la présente requête, la société coopérative agricole et viticole Bourgogne du sud demande, dans le dernier état de ses écritures, la condamnation de SNCF Réseau à lui verser la somme de 955 769,87 euros HT en réparation de ce préjudice, à titre principal, en raison des fautes contractuelles commises et, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité sans faute.

2. Lorsqu'un établissement public tient de la loi la qualité d'établissement public industriel et commercial, les litiges nés de ses activités relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire, à l'exception de ceux relatif à celles de ses activités qui, telles la réglementation, la police ou le contrôle, ressortissent par leur nature de prérogatives de puissance publique.

3. Il résulte de la version de l'article L. 2111-9 du code des transports dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision en cause, le 14 novembre 2017, que SNCF Réseau constituait alors un établissement public industriel et commercial.

4. La maintenance de l'infrastructure du réseau ferré nationale, confiée à SNCF Réseau par l'article L. 2111-9 du code des transports dans sa rédaction alors en vigueur, ne ressortit pas, en elle-même, de prérogatives de puissance publique. La décision de suspendre la circulation sur la portion de ligne située entre Crissey et Verdun-sur-le Doubs et qui dessert l'installation terminale embranchée de la société requérante constitue une mesure conservatoire, prise au titre de l'exploitation et de la maintenance du réseau. Elle ne met pas en œuvre une prérogative de police administrative, ni ne porte sur la consistance du réseau. Elle ne traduit ainsi pas la mise en œuvre d'une prérogative de puissance publique.

5. Ainsi, la société coopérative agricole et viticole, titulaire d'une convention de raccordement qui l'autorise à exploiter une installation terminale embranchée reliée au réseau ferroviaire national en contrepartie du paiement d'une redevance annuelle de raccordement, étant un usager du service public du transport ferroviaire, de la navigation, il n'appartient pas aux tribunaux de l'ordre administratif de connaître du litige qui l'oppose à SNCF Réseau, même si le dommage est imputable à un vice dans l'entretien d'une voie ferrée, ouvrage public concourant au fonctionnement du service public industriel et commercial.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'une des parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société coopérative agricole et viticole Bourgogne du sud est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Les conclusions présentées par SNCF Réseau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié aux sociétés coopérative agricole et viticole Bourgogne du sud et SNCF Réseau.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Anne Seulin, présidente,

M. Gaël Raimbault, premier conseiller,

Mme Paule Desmoulière, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.

Le rapporteur,

G. ALa présidente,

A. SeulinLa greffière,

L. Thomas

La République mande et ordonne à la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320047

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Janus visant à annuler un arrêté de sursis à statuer opposé par la maire de Paris à une déclaration préalable pour un changement de destination de locaux en hébergement touristique. La juridiction a jugé que le sursis à statuer, fondé sur l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, était légal car le projet était susceptible de compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU) en cours d'élaboration. Les moyens soulevés, notamment l'incompétence, le vice de procédure et l'erreur de droit, ont été écartés.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320316

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par une association d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler un arrêté municipal de mise en demeure avec astreinte, concernant des travaux réalisés sans autorisation d'urbanisme. Le tribunal a rejeté la requête de l'association, considérant que la motivation de l'arrêté attaqué était suffisante et que la procédure suivie, notamment l'établissement d'un procès-verbal d'infraction, était régulière. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'urbanisme, en particulier celles relatives aux mises en demeure et aux astreintes.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2520263

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et ordonnant son éloignement. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que le préfet avait procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de l'intéressé, notamment au regard de son état de santé et de son intégration. Les textes appliqués incluent le code des relations entre le public et l'administration et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2527910

Le Tribunal administratif de Paris a annulé un arrêté préfectoral refusant le renouvellement du titre de séjour d'une ressortissante tunisienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet avait commis une erreur de droit en appliquant le code de l'entrée et du séjour des étrangers, alors que la situation de l'intéressée, épouse d'un Français, devait être examinée exclusivement au regard des dispositions de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois et a condamné l'État à lui verser 1 200 euros au titre des frais exposés.

19/02/2026

← Retour aux décisions