mercredi 22 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2124325 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET WTAP AVOCATS (F.WEYL - E.TAULET - M.AROUI - E.PIRE) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2021, M. D C, représenté par Me Taulet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 30 avril 2021 par laquelle la Ville de Paris a rejeté sa demande indemnitaire ;
2°) de condamner la Ville de Paris à lui verser la somme de 10 041,43 euros en réparation de l'ensemble des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision du 2 juin 2016 rejetant sa demande de dérogation à la carte scolaire, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé à l'encontre de cette décision ;
3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'État allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire en date du 30 avril 2021 est insuffisamment motivée ;
- la responsabilité de la Ville de Paris doit être engagée du fait de l'illégalité de la décision du 2 juin 2016 par laquelle elle lui a refusé la dérogation à la carte scolaire sollicitée pour son fils A et de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé à l'encontre de cette décision ;
- il a subi, du fait de cette décision, un préjudice matériel estimé à 2 041,43 euros et un trouble dans ses conditions d'existence estimé à 8 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, la Ville de Paris conclut, à titre principal, à sa mise hors de cause et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'elle doit être mise hors de cause dès lors que les conditions d'admission d'un enfant dans une école publique relèvent de la compétence exclusive de l'État et, qu'en tout état de cause, aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Khansari, rapporteur,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique,
- et les observations de Me Taulet, pour M. C, et de M. de E, pour la Ville de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, a sollicité une demande de dérogation à la carte scolaire afin que son fils A soit inscrit, à titre dérogatoire, pour l'année scolaire 2016-2017, dans l'école maternelle Balard du 15ème arrondissement, au lieu de l'école Porte Brancion, son école de rattachement. Par une décision du 2 juin 2016, le maire du 15ème arrondissement a rejeté sa demande de dérogation. M. C a formé un recours gracieux contre ce refus qui a été rejeté implicitement le 13 septembre 2016. Par un jugement n°1701712 du 6 décembre 2017, le tribunal administratif de Paris a rejeté son recours en annulation contre les décisions du 2 juin et du 13 septembre 2016. Par un arrêt n°18PA02383 du 24 avril 2019, la cour administrative d'appel de Paris a annulé ce jugement ainsi que les décisions du 2 juin et du 13 septembre 2016. Par un courrier du 30 avril 2021, reçu le 7 mai 2021, M. C a demandé à la Ville de Paris l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'illégalité de ces décisions, à hauteur de 10 041,43 euros. Une décision implicite de rejet de sa demande est née le 7 juillet 2021. Par la présente requête, M. C sollicite la réparation de son préjudice.
Sur la mise hors de cause de la Ville de Paris :
2. Aux termes de l'article L. 212-7 du code de l'éducation : " Dans les communes qui ont plusieurs écoles publiques, le ressort de chacune de ces écoles est déterminé par délibération du conseil municipal. () ". Aux termes de l'article L. 131-5 du même code : " () Lorsque le ressort des écoles publiques a été déterminé conformément aux dispositions de l'article L. 212-7, l'inscription des élèves, dans les écoles publiques ou privées, se fait sur présentation d'un certificat d'inscription sur la liste scolaire prévue à l'article L. 131-6. Ce certificat est délivré par le Maire, qui y indique l'école que l'enfant doit fréquenter () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'il prend une décision d'admission ou de refus d'admission dans une école particulière de la commune, en fonction de la sectorisation scolaire mise en place, le maire agit au nom de la commune.
3. La décision de refus de dérogation à la carte scolaire à l'origine de la présente requête relève de la compétence du maire, agissant au nom de la commune. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de mise hors de cause présentée par la Ville de Paris.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de rejet de la demande indemnitaire préalable :
4. En formulant des conclusions indemnitaires, M. C a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit du requérant à percevoir la somme qu'il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle la ville de Paris a implicitement rejeté sa demande indemnitaire préalable doivent être rejetées.
Sur la responsabilité de la Ville de Paris :
5. Par l'arrêt n°18PA02383 du 24 avril 2019 mentionné au point 1, la cour administrative d'appel de Paris a jugé que la décision du 2 juin 2016 portant refus de dérogation à la carte scolaire, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé à l'encontre de cette décision étaient illégales. Cette décision de justice est devenue définitive. L'illégalité fautive ainsi constatée est de nature à engager la responsabilité de la Ville de Paris.
Sur l'indemnisation des préjudices :
En ce qui concerne le préjudice matériel :
6. M. C soutient qu'il a été contraint d'inscrire ses deux enfants dans l'établissement privé Les Saints Anges à la suite de la décision du 2 juin 2016 par laquelle le maire du 15ème arrondissement de Paris a refusé d'inscrire son fils A au sein de l'école Balard et demande la réparation de son préjudice matériel, qu'il estime à un montant de 2 041,43 euros, correspondant aux frais acquittés pour la scolarité des enfants A et B dans cet établissement privé et à l'achat de leur tablier scolaire. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'au moins sept établissements publics étaient situés à proximité du domicile du requérant au 2 juin 2016, date du refus d'inscription opposé à son fils A. L'intéressé aurait donc pu effectuer une nouvelle demande de dérogation pour inscrire son fils dans un autre établissement que l'école Balard voire le maintenir dans l'école de secteur, l'inscription de son enfant dans un établissement privé ne constituant pas le seul choix dont il disposait à la suite de ce refus. Au demeurant, si le requérant sollicite le remboursement des frais de scolarité de sa fille B, il est constant que le refus d'inscription à l'origine de la demande indemnitaire en litige ne concernait que l'enfant A. Dans ces conditions, M. C ne peut être regardé comme établissant l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre le refus d'inscription de son fils A au sein de l'école Balard et le préjudice matériel qu'il estime avoir subi.
En ce qui concerne les troubles dans les conditions d'existence :
7. M. C demande la réparation des troubles dans ses conditions d'existence résultant du refus d'inscription de son fils A au sein de l'école Balard, qu'il évalue à un montant de 8 000 euros. Il soutient que le montant élevé des frais acquittés pour la scolarité de ses enfants dans un établissement privé l'a empêché de les inscrire à la cantine scolaire, de financer le voyage scolaire de sa fille B et de partir en vacances d'été. Toutefois, ces circonstances ne peuvent être regardées comme la conséquence de la décision de refus du 2 juin 2016, dès lors qu'elles résultent du choix de M. C d'inscrire ses enfants au sein d'un établissement privé. Si l'intéressé fait également valoir qu'il a dû formuler une demande de relogement pour que ses enfants dépendent d'un autre établissement scolaire et que leurs conditions de vie dans le nouveau logement seraient peu satisfaisantes, le requérant n'établit pas non plus de lien de causalité direct entre cette circonstance et le refus d'inscription de son fils A au sein de l'école Balard.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la ville de Paris, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Taulet et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Grossholz, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2023.
Le rapporteur,
A. KHANSARI
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pour à l'exécution de la présente décision.
No 2124325/1-12
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026