vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2125089 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | BONNIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 novembre 2021 et le 23 juin 2023, M. C B, représenté par Me Clément Bonnin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 juin 2019 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de pension de victime civile de guerre ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de lui attribuer une pension de victime civile de guerre sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- sa demande de pension n'est pas irrecevable comme tardive dès lors qu'il a déposé une demande le 23 octobre 1992, antérieurement à l'entrée en vigueur de la loi du 13 juillet 2018 ;
- la décision est entachée d'incompétence en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 113-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre dès lors qu'il a subi de graves dommages physiques du fait d'un accident survenu en Algérie en 1958 provoqué par un véhicule de l'armée française conduit par un officier de l'armée française et dès lors constitutif de violences en relation avec la guerre d'Algérie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, il est demandé au tribunal de substituer au motif de la décision attaquée le motif tiré de ce que sa demande était tardive.
Un mémoire, présenté par le ministre des armées, a été enregistré le 17 juillet 2023 et n'a pas été communiqué.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Julinet, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;
- et les observations de Me Bonnin, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, né le 21 août 1950 à Beni-Ouassine (Algérie), demande l'annulation de la décision du 14 juin 2019 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de pension de victime civile de guerre.
2. En premier lieu, M. D A, sous-directeur des pensions, a reçu délégation de signature, par décision du 8 février 2019 régulièrement publiée au Journal officiel de la République française du 10 février 2019, à l'effet de signer au nom du ministre des armées tous actes et décisions, à l'exclusion des décrets, dans les limites des attributions de la sous-direction. Par suite, il était compétent pour signer au nom du ministre des armées la décision du 14 juin 2019 rejetant la demande de pension de victime civile de guerre de M. B.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 113-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, résultant du I de l'article 49 de la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense : " Les personnes ayant subi en Algérie entre le 31 octobre 1954 et le 29 septembre 1962 des dommages physiques, du fait d'attentats ou de tout autre acte de violence en relation avec la guerre d'Algérie, bénéficient des pensions de victimes civiles de guerre. () / () ". Aux termes de l'article L. 124-11 du même code, dans sa version applicable au litige : " Pour l'application des dispositions de l'article L. 113-6 relatif à la réparation des dommages physiques subis en relation avec la guerre d'Algérie, ouvrent droit à pension les infirmités ou le décès résultant : / 1° De blessures reçues ou d'accidents subis du fait d'attentats ou de tout autre acte de violence en relation avec cette guerre ;() ". Enfin, aux termes de l'article L 124-20 dudit code : " Il appartient aux postulants de faire la preuve de leurs droits à pension en établissant que l'infirmité invoquée a bien son origine dans une blessure ou dans une maladie causée par l'un des faits prévus aux sections 1 et 2 du présent chapitre ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au postulant victime civile de guerre de faire la preuve de ses droits à pension en établissant notamment que les infirmités qu'il invoque ont leur origine dans une blessure ou une maladie causée par l'un des faits de guerre énoncés aux articles L. 124-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre.
4. Il résulte de l'instruction que le 13 mars 1958, M. B, alors âgé de sept ans, a été renversé en Algérie par un véhicule militaire de l'armée française conduit par un militaire français et qu'il a été hospitalisé à Maghnia du 13 mars au 19 mai 1958. Toutefois, cette circonstance, alors que l'Algérie était à cette date constituée de départements français et qu'au surplus le camion transportait des céréales, ne suffit pas à établir que le déplacement du véhicule, alors même qu'il s'agissait d'un véhicule militaire conduit par un officier de l'armée française et, par suite, cet accident soit en relation avec la guerre d'Algérie. Dès lors, M. B ne peut être regardé comme établissant que les dommages physiques qu'il a subis résultent d'un acte de violence en relation avec cette guerre.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Clément Bonnin et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
Mme Massiou, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
Le rapporteur,
S. JULINET
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
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25/09/2025