LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2125228

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2125228

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2125228
TypeDécision
PublicationC
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantOLLEON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Sous le n° 2125228, par une requête et des mémoires, enregistrés les 26 novembre 2021, 27 juillet 2022, 15 avril 2023, 23 juin 2023 et 20 mars 2024, la société d'édition de Canal Plus demande au tribunal de prononcer la restitution d'une somme totale de 68 919 461 euros au titre de la taxe sur les éditeurs et distributeurs de services de télévision qu'elle a acquittée pour les années 2017, 2018 et 2019.

La société d'édition de Canal Plus soutient que :

- le produit des abonnements qu'elle encaisse relève de l'assiette définie au a) du 2° de l'article L. 115-7 du code du cinéma et de l'image animée, et la part de ces produits relative au service de presse en ligne qu'elle commercialise ne saurait être incluse dans cette assiette dès lors qu'il ne s'agit pas de service de télévision ;

- si elle devait, en tout état de cause, être regardée comme un distributeur offrant l'accès à des services de communications électroniques au sens du b) du 2° de l'article L. 115-7 du code du cinéma et de l'image animée, elle devrait alors bénéficier d'un abattement de 66 % ;

- subsidiairement, la notion d'opération complexe unique en matière de taxe sur la valeur ajoutée, dont le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) entend faire application, conduit à considérer que les abonnements qu'elle a perçus échappent à la taxe sur les éditeurs et distributeurs de services de télévision.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 avril 2022, 6 décembre 2022, 1er février 2023, 25 avril 2023 et 25 juillet 2023, le CNC conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par la société d'édition de Canal Plus ne sont pas fondés.

II. Sous le n° 2125230, par une requête et des mémoires, enregistrés les 26 novembre 2021, 31 août 2022, 15 avril 2023 et 23 juin 2023, la société Groupe Canal Plus demande au tribunal de prononcer la restitution d'une somme totale de 18 408 543 euros au titre de la taxe sur les éditeurs et distributeurs de services de télévision qu'elle a acquittée pour les années 2017, 2018 et 2019.

La société Groupe Canal Plus soutient que :

- le produit des abonnements qu'elle encaisse relève de l'assiette définie au a) du 2° de l'article L. 115-7 du code du cinéma et de l'image animée, et la part de ces produits relative au service de presse en ligne qu'elle commercialise ne saurait être incluse dans cette assiette dès lors qu'il ne s'agit pas de service de télévision ;

- si elle devait, en tout état de cause, être regardée comme un distributeur offrant l'accès à des services de communications électroniques au sens du b) du 2° de l'article L. 115-7 du code du cinéma et de l'image animée, elle devrait alors bénéficier d'un abattement de 66 % ;

- subsidiairement, la notion d'opération complexe unique en matière de taxe sur la valeur ajoutée, dont le CNC entend faire application, conduit à considérer que les abonnements qu'elle a perçus échappent à la taxe sur les éditeurs et distributeurs de services de télévision.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 avril 2022, 6 décembre 2022, 1er février 2023, 25 avril 2023 et 25 juillet 2023, le CNC conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par la société Groupe Canal Plus ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du cinéma et de l'image animée ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Maréchal, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Lambrecq, rapporteure publique,

- les observations de Me Olléon représentant la société d'édition de Canal Plus et la société Groupe Canal Plus,

- et les observations de M. A représentant le centre national du cinéma et de l'image animée.

Considérant ce qui suit :

1. La société d'édition de Canal Plus a demandé, les 27 décembre 2018, 26 décembre 2019 et 15 décembre 2020, au Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) la restitution de sommes d'un montant de 19 764 718 euros, 25 495 889 euros et 23 658 854 euros au titre de la taxe sur les éditeurs et distributeurs de services de télévision qu'elle a acquittée pour les années 2017, 2018 et 2019. La société Groupe Canal Plus a, pour sa part, demandé, les 27 décembre 2018, 26 décembre 2019 et 14 décembre 2020, au CNC la restitution de sommes d'un montant de 6 067 684 euros, 5 903 814 euros et 6 437 045 euros au titre de la même taxe, qu'elle a acquittée pour les années 2017, 2018 et 2019. Ces réclamations ont toutes été implicitement rejetées. La société d'édition de Canal Plus et la société Groupe Canal Plus demandent au tribunal de prononcer la restitution de ces sommes.

2. Les requêtes n°s 2125228, 2125230 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

3. Aux termes de l'article L. 115-6 du code du cinéma et de l'image animée alors en vigueur : " Il est institué une taxe due par tout éditeur de services de télévision, au sens de l'article 2 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, qui est établi en France et qui a programmé, au cours de l'année civile précédente, une ou plusieurs œuvres audiovisuelles ou cinématographiques éligibles aux aides financières du Centre national du cinéma et de l'image animée, ainsi que par tout distributeur de services de télévision au sens de l'article 2-1 de la même loi établi en France. / Tout éditeur de services de télévision, redevable à ce titre de la taxe mentionnée au présent article, et dont le financement fait appel à une rémunération de la part des usagers et qui encaisse directement le produit des abonnements acquittés par ces usagers, est en outre redevable de cette taxe au titre de son activité de distributeur de services de télévision () ". Aux termes de l'article L. 115-7 du même code dans sa version applicable en 2017 : " La taxe est assise sur le montant hors taxe sur la valeur ajoutée : () / 2° Pour les distributeurs de services de télévision : / a) Des abonnements et autres sommes acquittés par les usagers en rémunération d'un ou plusieurs services de télévision. Le produit de ces abonnements et autres sommes fait l'objet d'une déduction de 10 % ; / b) Des abonnements et autres sommes acquittés par les usagers en rémunération de services souscrits dans le cadre d'offres destinées au grand public, composites ou de toute autre nature, donnant accès à des services de communication au public en ligne ou à des services de téléphonie, dès lors que la souscription à ces services permet de recevoir, au titre de cet accès, des services de télévision. Le produit de ces abonnements et autres sommes fait l'objet d'une déduction de 66 % ". Aux termes du même article dans sa version applicable en 2018 et 2019 : " La taxe est assise sur le montant hors taxe sur la valeur ajoutée : () / 2° Pour les distributeurs de services de télévision : / a) Des abonnements et autres sommes acquittés par les clients en rémunération d'un ou plusieurs services de télévision. Le produit de ces abonnements et autres sommes fait l'objet d'une déduction de 10 % ; / b) Des abonnements et autres sommes acquittés par les clients en rémunération d'une offre destinée au grand public, composée ou non de plusieurs autres offres, qui comprend l'accès à un réseau de communications électroniques au sens du 2° de l'article L. 32 du code des postes et des communications électroniques, dès lors que cet accès permet de recevoir des services de télévision. Le produit de ces abonnements et autres sommes fait l'objet d'une déduction de 66 % ".

4. Il résulte des dispositions du a) du 2° de l'article L. 115-7 du code du cinéma et de l'image animée que les produits des abonnements souscrits par les clients en rémunération d'un service de télévision font, dans leur ensemble, partie de l'assiette de la taxe sur les éditeurs et distributeurs de services de télévision, lorsque l'abonnement ouvre droit, de manière indissociable et sans possibilité pour le client d'y renoncer, à d'autres services.

5. En premier lieu, d'une part, en sa qualité d'éditeur de services de télévision qui encaisse directement le produit d'abonnements, la société d'édition de Canal Plus, qui n'est pas un opérateur proposant l'accès à des services de communication au public ou à des réseaux de communications électroniques, a la qualité de distributeur dont le produit des abonnements fait partie de l'assiette de la taxe sur les services de télévision au titre du a) du 2° de l'article L. 115-7 du code du cinéma et de l'image animée.

6. D'autre part, la société Groupe Canal Plus, qui distribue des services de télévision, et qui n'est pas un opérateur proposant l'accès à des services de communication au public ou à des réseaux de communications électroniques, a également la qualité de distributeur dont le produit des abonnements fait partie de l'assiette de la taxe sur les services de télévision au titre du a) du 2° de l'article L. 115-7 du code du cinéma et de l'image animée.

7. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les abonnements aux services de télévision que les sociétés requérantes commercialisent donnent un accès à un service de presse en ligne, accessible de plein droit aux abonnés sur la plateforme " MyCanal ", sans démarche supplémentaire de leur part. Il résulte également de l'instruction qu'il n'existe pas de formule d'abonnement, permettant au client de souscrire à un abonnement moins onéreux, qui n'inclurait pas ce service de presse. Il résulte enfin de l'instruction que l'abonnement fait l'objet d'une unique facturation, faisant seulement apparaître les chaînes de télévision. Il s'ensuit que ce service de presse en ligne doit être regardé comme indissociable du service de télévision. Par suite, les produits de ces abonnements relèvent du a) du 2° de l'article L. 115-6 du code du cinéma et de l'image animée pour leur totalité.

8. En troisième lieu, compte tenu de ce qui précède, dès lors que les produits de ses abonnements sont inclus dans l'assiette de la taxe sur les éditeurs et distributeurs de services de télévision au titre du a) du 2° de l'article L. 115-6 du code du cinéma et de l'image animée, les sociétés requérantes ne sont pas fondées à soutenir subsidiairement que ces produits seraient compris dans le champ du b) du 2° du même article, dont elles ne relèvent pas.

9. En dernier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le CNC aurait entendu faire application de la notion d'opération complexe unique en matière de taxe sur la valeur ajoutée pour inclure dans l'assiette la totalité des produits des abonnements qui relèvent bien, en tout état de cause, ainsi qu'il a été dit au point 7, du a) du 2° de l'article L. 115-6 du cinéma et de l'image animée. Par suite, ce moyen doit également être écarté.

10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les requêtes de la société d'édition de Canal Plus et de la société Groupe Canal Plus doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de la société d'édition de Canal Plus et de la société Groupe Canal Plus sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société d'édition de Canal Plus, à la société Groupe Canal Plus et au Centre national du cinéma et de l'image animée.

Copie en sera adressée à la ministre de la culture.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Ho Si Fat, président,

Mme Lamarche, première conseillère,

M. Maréchal, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

Le rapporteur,

M. MaréchalLe président,

F. Ho Si FatLa greffière,

V. Lagrède

La République mande et ordonne à la ministre de la culture, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°s 2125228 - 2125230

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2226519

Le Tribunal administratif de Paris rejette la demande indemnitaire de la société Le Quasimodo Notre-Dame, qui réclamait près de 1,74 million d'euros à l'État pour les préjudices économiques liés à l'incendie de la cathédrale. La juridiction estime que la société, exploitant un restaurant à proximité, n'était pas usagère de l'ouvrage public et n'a pas subi de dommage accidentel direct causé par celui-ci. Le jugement applique les principes de la responsabilité administrative sans faute pour dommages de travaux publics, mais les écarte en l'espèce.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2312358

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un agent public demandant l'annulation du refus de sa nomination à un poste d'expert juridique. Le tribunal a jugé que cette décision de rejet constituait une simple mesure d'ordre intérieur, car elle ne portait pas atteinte aux droits statutaires, à la rémunération ou aux perspectives de carrière de l'agent. Par conséquent, le recours pour excès de pouvoir a été déclaré irrecevable.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2313750

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un gardien de la paix contestant son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. La juridiction a jugé la requête irrecevable car elle ne contenait aucun exposé de moyens, et ce défaut n'a pas été régularisé dans les délais. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative relatives aux conditions de saisine.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2326202

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté ministériel portant tableau d'avancement à l'échelon spécial du grade de pharmacien général de santé publique. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 septembre 2023, considérant que l'administration avait méconnu les conditions posées par l'article 15 du décret n° 92-1432 du 30 décembre 1992, en y inscrivant des agents ne remplissant pas les critères statutaires requis pour cet avancement. Par voie de conséquence, les décisions individuelles de nomination prises sur le fondement de ce tableau sont également illégales.

02/04/2026

← Retour aux décisions