mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2125381 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET POMMIER, COHEN & ASSOCIES (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2021, la société par actions simplifiée Michael Zingraf Real Estate, représentée par Me Marlier-Pommier :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014 relatives au rejet de la déduction d'une provision pour dépréciation de créance, à hauteur de 71 329 euros en droits et pénalités ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le prêt consenti à la société Opiom Gallery relève d'une gestion commerciale normale et constitue une aide à caractère commercial.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2022, le directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 8 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Khansari,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Michael Zingraf Real Estate est spécialisée dans l'immobilier de prestige, essentiellement dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. À l'issue de la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet sur les années 2013 et 2014, le service lui a notamment notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2014 relatives au rejet d'une provision pour dépréciation de créance envers la société Opiom Gallery. Le 23 septembre 2021, l'administration a rejeté la réclamation de la société requérante, qui demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des seules cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014 relatives au rejet de la déduction de cette provision.
2. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : () / 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice. () / 13. Sont exclues des charges déductibles pour l'établissement de l'impôt les aides de toute nature consenties à une autre entreprise, à l'exception des aides à caractère commercial. () ".
3. Une entreprise ne peut valablement porter en provision et déduire des bénéfices imposables d'un exercice des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement par elle, qu'à la condition que ces pertes soient subies ou ces charges soient supportées à la suite d'opérations se rattachant à la gestion normale de l'entreprise. Constitue un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt. Il appartient, en règle générale, à l'administration, qui n'a pas à se prononcer sur l'opportunité des choix de gestion opérés par une entreprise, d'établir les faits sur lesquels elle se fonde pour invoquer ce caractère anormal.
4. Il ressort des énonciations de la proposition de rectification du 24 octobre 2016 que la société Michael Zingraf Real Estate a inscrit à l'actif de son bilan une créance envers la société Opiom Gallery, dont elle détient 10 % des parts et qui est détenue à 80 % par les dirigeants de la société requérante, d'un montant de 251 743,79 euros en 2013, porté à 435 466,98 euros en 2014. La société requérante a ensuite constaté une dépréciation de cette créance, à hauteur de
200 365 euros au 31 décembre 2014, correspondant à 65 % de la créance existant au
1er janvier 2014 et 20 % de la créance apportée en 2014. La société Michael Zingraf Real Estate a donc continué à consentir des avances à la société Opiom Gallery au cours de l'année 2014, alors même qu'elle avait constaté que la créance existant au 1er janvier 2014 présentait une probabilité de non-recouvrement importante, et ce sans contrepartie. Si la société requérante soutient que ces avances relèvent d'une gestion normale, dès lors que la société Opiom Gallery exploite une galerie d'art située dans le même immeuble que son agence immobilière localisée à
Opio (Alpes-Maritimes) et que le développement de cette galerie contribue à sa propre activité en lui apportant de nouveaux clients, les éléments produits par la société requérante ne sont pas de nature à établir l'existence actuelle ou les perspectives de développement de la relation commerciale alléguée. Il suit de là que la créance en litige correspond à des avances qui n'ont pas été consenties dans l'intérêt de l'entreprise et qui ne peuvent pas être rattachées à une gestion commerciale normale. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a considéré que la provision pour dépréciation de cette créance ne saurait être déduite du bénéfice imposable de la société Michael Zingraf Real Estate.
5. Il résulte de ce qui précède que la société Michael Zingraf Real Estate n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés en litige. Sa requête doit donc être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Michael Zingraf Real Estate est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Société Michael Zingraf Real Estate et au directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Grossholz, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.
Le rapporteur,
A. KHANSARI
La présidente,
S. VIDAL La greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026