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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2125921

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2125921

jeudi 16 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2125921
TypeDécision
PublicationC
Formation3e Section - 1re Chambre - R.222-13
Avocat requérantCABINET FRANCK COHEN AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 décembre 2021 et le 19 avril 2022, M. A B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a retiré des points sur son permis de conduire à la suite des infractions des 27 mai 2008, 24 mars 2010, 3 mars 2011, 7 juin 2011, 28 juillet 2014, 20 mai 2018 et 20 août 2019, ainsi que la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux du 10 août 2021 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de rétablir son capital de points et de lui restituer son permis de conduire ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- les décisions de retrait de points ne lui ont pas été notifiées ;

- il n'a pas reçu la notification de la décision d'invalidation de son titre de conduite ;

- la réalité des infractions n'est pas établie, alors qu'il a fait des réclamations pour les infractions du 20 mai 2018 et 20 août 2019 ;

- il n'a pas reçu l'information relative au permis à points au moment de la constatation des infractions en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- le relevé d'information intégral ne comporte pas de décision constatant l'invalidation du permis de conduire de l'intéressé pour solde de points nul, que les mentions relatives à l'infraction du 27 mai 2008 ne comportent plus de retrait de point, que les infractions des 7 juin 2011 et 20 mai 2018 ont été supprimées de son dossier et que M. B dispose d'un solde positif de points ; les conclusions du requérant à l'encontre desdits retraits de points et de la décision 48 SI sont donc sans objet ;

- le moyen tiré du défaut de notification des décisions de retrait de points est inopérant ;

- les autres moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Paris pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Paris a présenté son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a commis, les 27 mai 2008, 24 mars 2010, 3 mars 2011, 7 juin 2011, 28 juillet 2014, 20 mai 2018 et 20 août 2019, diverses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait des 12 points affectés à son permis de conduire. Par une décision 48SI, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, qu'il avait perdu le droit de conduire. M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions, ensemble le rejet de son recours gracieux à l'encontre desdits retraits de points.

Sur l'étendue du litige :

2. Il résulte du relevé d'information intégral relatif à la situation du requérant en date du 21 mars 2022, produit par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, que ce document ne comporte pas de décision constatant l'invalidation du permis de conduire de l'intéressé pour solde de points nul, que les mentions relatives à l'infraction du 27 mai 2008 ne comportent plus de retrait de point, que les infractions des 7 juin 2011 et 20 mai 2018 ont été supprimées de son dossier et que M. B dispose d'un solde positif de points. Par suite, dès lors que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de ces décisions, qui doivent être regardées comme ayant été retirées par le ministre de l'intérieur et des outre-mer postérieurement à l'introduction de la requête, sont devenues sans objet, il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. Il résulte également de l'instruction que les points retirés du capital de points affectés au permis de conduire de M. B à la suite des infractions des 24 mars 2010, 3 mars 2011, du 28 juillet 2014 et du 20 août 2019 ont été réattribués antérieurement à l'introduction de la requête de M. B enregistrée le 2 décembre 2021. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation des décisions relatives à ces retraits, dépourvues d'objet, sont en conséquence irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

4. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".

5. Le présent jugement, qui prononce un non-lieu partiel, et rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48SI et des décisions de retrait de points relatives aux infractions des 27 mai 2008, 7 juin 2011 et 20 mai 2018.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête sont rejetés.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

A. PARIS Le greffier,

P. TARDY-PANIT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2125921/3-1

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