vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2127070 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 15 décembre 2021, 9 mai 2023 et
10 octobre 2023, M. C B, représenté par Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception d'un montant de 8 823,05 euros émis à son encontre le 23 février 2021 pour un trop-perçu de rémunération et la décision du directeur général des douanes et droits indirects du 19 octobre 2021 rejetant son recours administratif préalable obligatoire formé contre ce titre ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer la somme correspondante ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- les décisions attaquées ont été prises par des autorités dont la compétence n'est pas établie ;
- le titre de perception attaqué n'est pas signé ;
- il ne mentionne pas les bases de liquidation de la créance ;
- la situation ayant conduit à ce que ce titre soit émis à son encontre est imputable à une inertie de l'administration, qui a tardé à saisir le comité médical à l'issue de l'année qu'il a passée en congé de maladie ordinaire, les bases de liquidation étant, dès lors, erronées ; les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation et reposent sur des faits matériellement inexacts ;
- l'administration a tenté de l'évincer irrégulièrement de son poste ; il lui a été indiqué qu'il aurait dû reprendre son service le 11 juin 2020 ;
- il appartiendra au juge de demander, dans le cadre de ses pouvoirs d'instruction, la production du rapport d'expertise du docteur A dans son intégralité ;
- la sanction disciplinaire dont il a fait l'objet est entachée de vices de procédure.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 juin 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Massiou, première conseillère ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;
- et les observations de Me Boukheloua, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, agent de constatation principal des douanes de première classe affecté au bureau de la garantie des métaux précieux à Paris, a été placé en congé de maladie ordinaire durant un an à compter du 11 juin 2019. A la date de reprise de ses fonctions, le
31 octobre 2020, il a été exclu temporairement de ses fonctions à titre disciplinaire pour une durée de six mois en application d'une sanction disciplinaire dont il avait auparavant fait l'objet par une décision du 19 juillet 2019. Un plein traitement lui ayant été versé pour la période du 11 juin au 30 novembre 2020, un titre de perception a été émis à son encontre le 23 février 2021 en vue du recouvrement d'un trop-perçu de rémunération. M. B a formé une réclamation préalable contre ce titre, qui a été rejetée le 19 octobre 2021 par le directeur général des douanes et droits indirects. Il demande au tribunal l'annulation de ce titre de perception et de la décision du
19 octobre 2021 et la décharge de l'obligation de payer la créance correspondante.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " La liquidation a pour objet de déterminer montant de la dette des redevables. / (). Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
3. Il résulte de l'instruction que le titre de perception émis à l'encontre de M. B le
23 février 2021 comporte comme objet " indu sur rémunération issu de paye de décembre 2020 cf. détail infra " puis détaille la somme à payer en différents postes tels que " recouvrement sur cotisations " ou " indemnité de résidence " comportant à chaque fois le " montant initial de la dette " et " restes à recouvrer ". Si le ministre fait valoir que cet indu de rémunération résulte du versement par erreur au requérant de son plein traitement pour une période durant laquelle il aurait dû, soit être à demi-traitement, se trouvant alors dans l'attente d'une éventuelle décision de reprise à l'issue d'une période de congé de maladie ordinaire, soit ne pas percevoir de traitement du fait de la mise en œuvre d'une mesure de suspension disciplinaire, aucune de ces indications n'apparaît, en droit ou en fait, dans le titre exécutoire attaqué. Ce titre ne comporte pas, dès lors, de mention des bases de liquidation de la créance concernée et la circonstance, postérieure à sa notification, que le directeur général des douanes et droits indirects a précisé ces bases dans la décision du 19 octobre 2021 de rejet de la réclamation préalable formée par M. B n'est pas utilement invoquée. Par suite, et alors qu'aucun des moyens soulevés n'est susceptible de remettre en cause le bien-fondé de la créance, le requérant est fondé à demander l'annulation tant du titre de perception émis à son encontre le 23 février 2021 que, par voie de conséquence, de la décision du 19 octobre 2021 portant rejet de sa réclamation dirigée contre celui-ci.
Sur les conclusions à fin de décharge :
4. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre.
5. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.
6. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre ; statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
7. En l'espèce, aucun des moyens de nature à justifier le prononcé de la décharge n'étant fondé, les conclusions à fin de décharge présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre de perception d'un montant de 8 823,05 euros émis à l'encontre de M. B le 23 février 2021 est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à la direction régionale des finances publiques Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
Mme Massiou, première conseillère,
M. Medjahed, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
La rapporteure,
B. MASSIOU
La présidente,
S. AUBERT La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025