lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2127812 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | BIAGINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 23 décembre 2021 et 15 février 2022 et des mémoires en réplique enregistrés les 3 et 6 juin 2022, M. B A, représenté par Me Biagini, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre de l'année 2016 pour un montant de 95 993 euros et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2015 et du 1er janvier au 31 décembre 2016 pour un montant de 15 515 euros ;
2°) de maintenir, en cas de rejet de ses conclusions à fin de décharge, le bénéfice du sursis de paiement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière, à défaut de réclamation formelle des relevés de son compte particulier et de débat oral contradictoire après le revirement du service sur les redressements opérés, en méconnaissance des droits de la défense ;
- la proposition de rectification notifiée le 26 juillet 2018 est insuffisamment motivée ;
- l'administration fiscale ne pouvait mettre en recouvrement les sommes correspondant aux rehaussements qu'elle avait expressément abandonnés ;
- les chèques émis par une étude notariale n'ont pas de lien avec son activité professionnelle ;
- le chèque de Mme C a été déposé par erreur sur son compte personnel, mais son montant a déjà été intégré dans le chiffre d'affaires et a supporté la taxe sur la valeur ajoutée ;
- il n'y avait pas lieu de faire figurer la taxe sur la valeur ajoutée sur la facture adressée à l'ambassade du Nigéria, s'agissant d'une prestation de services effectuée dans le cadre de relations diplomatiques ;
- il n'y avait pas lieu de faire figurer la taxe sur la valeur ajoutée sur la facture du 14 septembre 2016 adressée à un avocat exerçant en Suisse et représentant un résident saoudien, la prestation ne pouvant se rattacher à une opération immobilière en France ;
- il n'y avait pas lieu de faire figurer la taxe sur la valeur ajoutée sur la facture adressée à la société Sita Négoce, s'agissant d'honoraires d'avocats et traducteurs implantés au Maroc ;
- il n'y a pas lieu d'intégrer au bénéfice non commercial de son activité des sommes provenant de son compte personnel ni de prononcer des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en conséquence de cette intégration dès lors que les virements effectués depuis ce compte avaient pour seul objet de réduire le découvert sur son compte professionnel ;
- il n'y a pas lieu d'appliquer une majoration pour manquement délibéré.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 24 mai 2022 et 5 juin 2023, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arnaud, conseillère,
- et les conclusions de Mme Abdat, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a fait l'objet, du 31 mai 2018 au 25 juillet 2018, d'une vérification de comptabilité sur son activité d'avocat, portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016. A l'issue de ce contrôle, par une proposition de rectification notifiée le 26 juillet 2018, l'administration fiscale lui a notifié des rehaussements du bénéfice non commercial et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, selon la procédure de rectification contradictoire, et a appliqué une majoration pour manquement délibéré. Par un courrier du 24 septembre 2018, M. A a refusé les rehaussements proposés. Par un courrier du 8 octobre 2018, l'administration fiscale a partiellement confirmé ces rehaussements. Par un courrier du 23 octobre 2018, M. A a sollicité la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, qui s'est prononcée en faveur d'un abandon d'une partie des rehaussements, par un avis notifié au contribuable le 16 mai 2019. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2019 s'agissant de l'impôt sur le revenu, pour un montant de 95 993 euros, et le 31 mai 2019 s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée, pour un montant de 15 515 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par son mémoire du 6 juin 2022 enregistré ce jour, le requérant a expressément abandonné les moyens tirés du défaut de motivation de la proposition de rectification et du défaut de débat contradictoire au titre des documents obtenus dans le cadre d'un droit de communication.
3. En second lieu, si M. A soutient que l'administration fiscale a mis en recouvrement des sommes correspondant à des rectifications qu'elle avait abandonnées par un courrier du 9 août 2018, il résulte de l'instruction que, par ce courrier, l'administration fiscale a seulement constaté que les chèques provenant de la SCI 28 avenue Reine Hortense n'étaient pas liés à son activité d'avocat et précisé que, parmi les chèques inscrits au crédit de son compte personnel, seuls ceux émis par une étude notariale et ceux émis par Mme C suscitaient toujours des interrogations du service. Or, il n'est ni établi ni même allégué que l'administration fiscale aurait intégré aux résultats de son activité des montants correspondant à d'autres chèques inscrits au crédit de ce compte. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration fiscale aurait mis en recouvrement des sommes correspondant à des rectifications qu'elle avait abandonnées.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
S'agissant des chèques encaissés sur le compte mixte du requérant :
4. En premier lieu, si M. A conteste l'intégration aux résultats de son activité professionnelle de chèques émis par une étude notariale pour un montant de 2 871,68 euros, l'administration fiscale fait valoir, sans être contredite sur ce point par le requérant, qu'à la suite de justifications produites par le contribuable, les rectifications liées à ces chèques ont été abandonnées, et il ne résulte pas de l'instruction que ces rectifications auraient été maintenues. Par suite, le moyen tiré de ce que ces chèques ne seraient pas liés à l'activité professionnelle du requérant est inopérant et doit, pour ce motif, être écarté.
5. En second lieu, si M. A, qui reconnaît que le chèque de 2 450 euros émis par Mme C correspond à des recettes professionnelles et prétend que celui-ci aurait été encaissé par erreur sur son compte mixte, soutient que le montant correspondant à ce chèque a été comptabilisé au titre de son activité professionnelle et soumis à la taxe sur la valeur ajoutée, il ne l'établit pas, alors que l'administration fiscale conteste cette comptabilisation et qu'il est le seul à pouvoir en apporter la preuve. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a réintégré le montant correspondant à ce chèque aux résultats de son activité et a prononcé en conséquence un rehaussement de l'impôt sur le revenu et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée.
S'agissant des trois factures litigieuses :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. - Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel () ". Aux termes de l'article 259 de ce code : " Le lieu des prestations de services est situé en France : / 1° Lorsque le preneur est un assujetti agissant en tant que tel et qu'il a en France : / a) Le siège de son activité économique, sauf lorsqu'il dispose d'un établissement stable non situé en France auquel les services sont fournis ; () 2° Lorsque le preneur est une personne non assujettie, si le prestataire : a) A établi en France le siège de son activité économique, sauf lorsqu'il dispose d'un établissement stable non situé en France à partir duquel les services sont fournis () ". En outre, aux termes de l'article 151 de la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée : " 1. Les États membres exonèrent les opérations suivantes : a) les livraisons de biens et les prestations de services effectuées dans le cadre des relations diplomatiques et consulaires (). 2. Dans les cas où les biens ne sont pas expédiés ou transportés en dehors de l'État membre où la livraison de ces biens est effectuée, de même que pour les prestations de services, le bénéfice de l'exonération peut être accordé selon une procédure de remboursement de la TVA. "
7. Il résulte de ces dispositions que les livraisons de biens et les prestations de service effectuées par un assujetti d'un Etat membre au profit d'une mission diplomatique ou consulaire située sur le territoire d'un autre Etat membre sont exonérées de taxe sur la valeur ajoutée. S'agissant des cas où les opérations sont réalisées dans un seul Etat membre, le 2 de l'article 151 de cette directive prévoit que le bénéfice de l'exonération peut être accordé selon une procédure de remboursement de la taxe.
8. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a notifié au requérant un rappel de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 667 euros se rapportant à une facture d'honoraires de 4 000 euros adressée par M. A à l'ambassade du Nigéria qui ne faisait pas figurer cette taxe. Pour contester l'assujettissement de ces honoraires à la taxe sur la valeur ajoutée, M. A se prévaut de l'article 151 de la directive du 28 novembre 2006 et fait valoir que la prestation était destinée à l'Etat nigérian et était à ce titre exonérée de taxe sur la valeur ajoutée. Toutefois, s'il soutient que la prestation de service se rapportait aux droits de survol des avions du Nigeria au-dessus de l'Afrique francophone et bénéficiait à l'Etat nigérian ou à des institutions étatiques ne résidant pas en France, ainsi qu'à un litige relatif à une salariée sous statut diplomatique, et était facturée à l'ambassade nigériane en France pour le compte de l'Etat nigérian, il n'apporte aucun élément de nature à établir que les prestations n'étaient pas réalisées pour l'ambassade du Nigeria alors que, au demeurant, le litige professionnel à l'origine de la prestation en cause portait sur une agente salariée de l'ambassade du Nigéria en France. Dès lors, les prestations de services doivent être regardées comme ayant été effectuées au profit de l'ambassade du Nigéria en France et M. A n'est pas fondé à soutenir qu'elles doivent être exonérées de taxe sur la valeur ajoutée.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 259 A du code général des impôts : " Par dérogation à l'article 259, est situé en France le lieu des prestations de services suivantes : () 2° Les prestations de services se rattachant à un bien immeuble situé en France, y compris les prestations d'experts et d'agents immobiliers, la fourniture de logements dans le cadre du secteur hôtelier ou de secteurs ayant une fonction similaire tels que des camps de vacances ou des sites aménagés pour camper, l'octroi de droits d'utilisation d'un bien immeuble et les prestations tendant à préparer ou à coordonner l'exécution de travaux immobiliers, telles que celles fournies par les architectes et les entreprises qui surveillent l'exécution des travaux ; () ". Aux termes de l'article 259 B du même code : " Par dérogation à l'article 259, le lieu des prestations de services suivantes est réputé ne pas se situer en France lorsqu'elles sont fournies à une personne non assujettie qui n'est pas établie ou n'a pas son domicile ou sa résidence habituelle dans un Etat membre de la Communauté européenne : () 4° Prestations des conseillers, ingénieurs, bureaux d'études dans tous les domaines y compris ceux de l'organisation de la recherche et du développement ; prestations des experts-comptables () ".
10. Il résulte de ces dispositions que si le lieu des prestations de services réalisées par un avocat est réputé ne pas se situer en France lorsque les prestations sont fournies à une personne non assujettie qui n'est pas établie dans un Etat membre de l'Union européenne, le lieu d'une telle prestation est en revanche situé en France lorsque celle-ci se rattache par un lien suffisamment direct à un bien immeuble situé en France.
11. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a notifié à M. A des rappels de taxe sur la valeur ajoutée se rapportant à une facture d'honoraires de 10 000 euros en date du 14 septembre 2016, adressée à un avocat installé en Suisse pour le compte d'un résident saoudien. Le requérant soutient que la prestation ne peut être taxée en France en vertu des dispositions précitées de l'article 259 B, 4° du code général des impôts, le preneur n'étant pas installé en France, et fait valoir que la facture a pour objet une consultation concernant l'application d'une disposition du code de la construction et de l'habitation et ne peut donc être rattachée à un immeuble en particulier. Toutefois, il n'apporte aucun élément propre à établir la nature précise de ces prestations, alors qu'il reconnaît que la consultation se rapportait à un projet d'acquisition d'un local à Paris et qu'il n'est pas contesté, ainsi que le soutient le service en défense, que la facture portait un libellé faisant référence à des prestations de conseil et d'assistance attachées à une opération immobilière concernant un bien sis à Paris. En outre, il résulte de l'instruction que le requérant a représenté le preneur de la prestation dans le cadre de la signature en qualité de bénéficiaire, le 8 septembre 2016, d'une promesse de vente portant sur un immeuble situé à Paris. Dans ces circonstances, la prestation de service en litige doit être regardée comme se rattachant par un lien suffisamment étroit à un bien immeuble situé en France et doit par suite y être imposée. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à contester les rappels de taxe sur la valeur ajoutée correspondant à cette facture.
12. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a notifié à M. A un rappel de taxe sur la valeur ajoutée correspondant à une facture d'honoraires adressée à la société Sita Négoce en date du 12 octobre 2015. Si M. A soutient que les honoraires concernés ne peuvent être soumis à la taxe sur la valeur ajoutée en raison du fait que la prestation a été réalisée par des avocats et traducteurs résidant au Maroc, et que les plaidoiries ont eu lieu dans ce pays, cette circonstance est sans incidence dès lors qu'il n'est pas contesté que la société à laquelle est adressée la facture, et dont il est constant qu'elle était la bénéficiaire de la prestation juridique réalisés par M. A, est domiciliée en France, Etat où cette prestation doit ainsi être regardée comme ayant eu lieu en application des dispositions du a) du 1° de l'article 259 du code général des impôts précitées. Par suite, le moyen tiré de ce que le lieu de la prestation de service facturée à la société Sita Négoce n'est pas situé en France doit être écarté.
S'agissant de l'intégration des sommes provenant du compte mixte du requérant au bénéfice non commercial :
13. Il résulte de l'instruction que M. A a encaissé au crédit du compte bancaire de son activité professionnelle, enregistrés avec pour contrepartie un crédit au compte de l'exploitant, des montants dont l'administration fiscale soutient qu'ils s'analysent comme des recettes professionnelles et qu'ils doivent être intégrés au chiffre d'affaires de son activité. Le requérant soutient qu'il a transféré les sommes en litige depuis son compte personnel afin de combler un découvert de son compte professionnel. A cet égard, la circonstance que le découvert allégué serait lié à la fin programmée de son activité professionnelle, qui aurait eu pour effet de réduire ses recettes alors que ses charges demeuraient inchangées, est sans incidence. Si M. A soutient que ces sommes sont issues de revenus fonciers et mobiliers et ne peuvent être intégrées au résultat de son activité dès lors qu'elles auraient déjà été imposées, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations, alors qu'il est le seul à pouvoir justifier de la provenance de ces sommes et de la régularité de leur comptabilisation. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a rehaussé son bénéfice non commercial et a prononcé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en conséquence de la prise en compte de ces transferts dans le chiffre d'affaires de son activité.
En ce qui concerne la pénalité :
14. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ".
15. Pour justifier l'application d'une majoration pour manquement délibéré, l'administration fiscale, qui supporte la charge de la preuve sur ce point, souligne l'importance des montants non déclarés, eu égard notamment à la circonstance que les insuffisances de déclaration s'agissant de l'année 2016 ont conduit le requérant à bénéficier d'une restitution de 290 euros, alors que le montant imposable aurait dû s'élever à 66 762 euros. Elle fait en outre valoir que le requérant étant avocat et assisté par un cabinet comptable et une association de gestion agréée, il ne pouvait ignorer que ses recettes encaissées devaient être déclarées et enregistrées en comptabilité. Si le requérant se prévaut de la circonstance que la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires s'est prononcée en faveur d'un abandon d'une partie des rehaussements, cette circonstance est sans incidence. En outre, s'il soutient que la comptabilisation de seulement trois frais a été remise en cause par l'administration fiscale, d'une part il résulte de l'instruction que d'autres manquements ont été constatés, et d'autre part cette circonstance, à la supposer établie, est sans incidence eu égard au montant des suppléments d'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge à l'issue du contrôle. Enfin, il ne peut utilement se prévaloir du fait qu'il a été assisté d'un cabinet comptable, qui constituerait selon lui une garantie contre un éventuel manquement délibéré, pour remettre en cause l'existence d'un tel manquement. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a appliqué la majoration pour manquement délibéré.
16. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander la décharge des impositions en litige.
Sur les conclusions aux fins de maintien du sursis de paiement :
17. Le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions de la requête tendant au maintien du sursis de paiement des impositions contestées se trouvent privées d'objet.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 13 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.
La rapporteure,
B. ARNAUDLe président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512599
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral du 14 janvier 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que le droit d'être entendu, garanti par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, n'imposait pas une nouvelle audition dans ce cas, la décision d'éloignement découlant nécessairement du rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile. La juridiction a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 611-1.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400857
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête d'un agent du SIAAP demandant la révision de son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) et l'indemnisation de préjudices. Le tribunal juge que le taux d'IPP, fixé à 34% selon le barème légal, ne peut être modifié en raison de l'existence éventuelle d'une faute de l'employeur. Concernant l'indemnisation, le tribunal rappelle que le régime des accidents de service et maladies professionnelles des fonctionnaires, régi par la loi du 13 juillet 1983 et le décret du 2 mai 2005, répare forfaitairement certains préjudices, mais n'exclut pas une action en responsabilité pour faute visant à réparer d'autres chefs de préjudice.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401146
Le Tribunal administratif de Paris a annulé une sanction disciplinaire (un jour d'exclusion temporaire de fonction) infligée par l'AP-HP à un infirmier. La juridiction a estimé que la sanction, fondée sur une simple "suspicion d'inhalation de kalinox", ne reposait pas sur des faits établis, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint à l'administration d'effacer la sanction du dossier de l'agent et l'a condamnée à lui verser 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401760
**Sujet principal** : Contestation par une société de rappels de TVA et d'une majoration, concernant le taux applicable (taux réduit de 5,5% pour la vente de livres ou taux normal de 20% pour des prestations de voyance). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société. Il estime que l'activité principale constitue une prestation immatérielle de voyance taxable au taux normal et que, de toute façon, la société n'a pas apporté la preuve permettant d'isoler la part éventuelle de son chiffre d'affaires relevant de la vente de livres. **Textes appliqués** : Articles 278 et 278-0 bis A-3° du code général des impôts (taux normal et taux réduit de TVA).
30/03/2026