vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2128077 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | MARCEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 décembre 2021, 19 janvier 2022, 15 décembre 2023, 3 avril 2024 et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 5 avril 2024, M. B, représenté par Me Marcel, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2021 à raison d'un bien situé 86, rue de la Chapelle à Paris (75018) ;
2°) d'enjoindre à l'administration de prononcer le dégrèvement dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'appartement situé 86, rue de la Chapelle est impropre à l'usage d'habitation ;
- l'administration l'a, à tort, regardé comme ayant sa résidence principale dans cet appartement, qui ne constitue qu'une adresse de domiciliation ;
- il a bénéficié d'une exonération totale de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années précédentes du fait de l'insalubrité de son appartement.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 mars et 2 mai 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions aux fins de décharge des cotisations de taxes foncières sur les propriétés bâties dues au titre des années 2012 à 2020 ainsi que de décharge des cotisations de taxes d'habitation au titre des années 2012 et à 2021 sont irrecevables, faute de réclamation préalable ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables, dès lors que M. B n'a pas déposé de demande préalable et n'est pas assisté d'un avocat, outre que sa demande doit être portée dans une requête distincte ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 13 mai 2024.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 janvier 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux,
- et les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire d'un appartement situé 86, rue de la Chapelle dans la ville de Paris, à raison duquel il a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2021. Par une réclamation du 21 décembre 2021, il a sollicité l'exonération de cette taxe, demande rejetée par une décision du 27 décembre 2021. En demandant le dégrèvement de l'imposition primitive puis l'injonction de prononcer ce dégrèvement, M. B doit être regardé comme vous demandant la décharge de la cotisation de la taxe foncière sur les propriétés bâties mise à sa charge au titre de l'année 2021.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1415 de ce code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ". Aux termes de l'article 1393 du même code : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés non bâties de toute nature sises en France, à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Il résulte de ces dispositions qu'un immeuble devenu impropre à toute utilisation dans son ensemble ne constitue pas une propriété bâtie soumise à la taxe foncière sur les propriétés bâties en application de l'article 1380 du code général des impôts mais doit être assujetti à la taxe foncière sur les propriétés non bâties, en application de l'article 1393 du même code.
3. M. B fait valoir que l'appartement situé 86, rue de la Chapelle est devenu impropre à l'habitation car affecté de nombreux désordres. Il produit, à l'appui de ses allégations, des constats d'huissier mentionnant notamment la présence de fissures, de traces de moisissure, un défaut de planéité du sol ou encore un mauvais état général de l'immeuble. Toutefois, ces seuls documents ne permettent pas d'établir que le gros-œuvre de l'immeuble serait atteint rendant l'appartement impropre, non seulement à l'habitation, mais également à toute autre utilisation. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que son appartement ne peut être regardé comme une propriété bâtie au sens de l'article 1380 du code général des impôts.
4. En second lieu, aux termes de l'article 1389 du code général des impôts : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. () ".
5. M. B soutient que l'appartement situé 86, rue de la Chapelle à Paris ne constitue pas sa résidence principale. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'ensemble des documents produits mentionnent une domiciliation de M. B au 86, rue de la Chapelle. Si le requérant soutient qu'il s'agit d'une simple adresse de domiciliation postale, il n'en justifie pas alors que l'avis de situation déclarative à l'impôt sur le revenu mentionne bien comme résidence principale de M. B, un local situé 86, rue de la Chapelle et qu'il ne précise, d'ailleurs, aucune autre adresse de résidence. Dans ces conditions, l'appartement en cause ne peut qu'être regardé comme étant la résidence principale de M. B. Par suite, l'immeuble en cause ne saurait être regardé comme une maison normalement destinée à la location au sens des dispositions précitées de l'article 1389 du code général des impôts. Au surplus, alors que le rapport d'expertise est déposé depuis 2017, M. B n'a fait procéder à aucun commencement de travaux depuis cette date, attendant l'issue de la procédure engagée devant les juridictions judiciaires à l'encontre de la personne lui ayant cédé l'appartement. L'appartement ne saurait, dès lors, constituer un local vacant pour une cause indépendante de la volonté de M. B. Par suite, ce dernier n'est pas fondé à solliciter le bénéfice des dispositions du I de l'article 1389 du code général des impôts.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
6. Aux termes de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal ; elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi. () ".
7. En se prévalant des décisions de dégrèvement accordées au titre des années précédentes, M. B doit être regardé comme invoquant les dispositions précitées de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales. Toutefois, une décision de dégrèvement, non motivée, prise par l'administration portant sur la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle le requérant a été assujetti au titre des années précédentes ne constitue pas une prise de position formelle de l'administration sur l'appréciation d'une situation de fait au regard du texte fiscal de nature à entraîner, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, l'octroi au requérant, pour l'année 2021, du bénéfice de l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties prévue par l'article 1389 du code général des impôts. Par suite, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir d'une prise de position formelle au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, ces dispositions étant, au demeurant, inapplicables en l'absence de rehaussement d'une imposition primitive.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties mise à la charge de M. B au titre de l'année 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
9. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
M-O LE ROUX
L'assesseure la plus ancienne,
C. MADE
La greffière,
F. RAJAOBELISON
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2/4-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417280
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé les décisions du ministre de la justice refusant un changement de nom. Le juge a estimé que la requérante justifiait d'un intérêt légitime exceptionnel, fondé sur des motifs affectifs, pour porter le nom de son père biologique et affectif, et ce malgré l'existence d'une filiation paternelle légalement établie à l'égard d'un autre homme. La décision s'appuie sur l'article 61 du code civil, qui n'assujettit pas l'intérêt légitime à changer de nom à l'existence d'un lien de filiation avec le porteur du nom sollicité.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402737
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler les arrêtés d'expulsion et de fixation du pays de destination. La juridiction a estimé que le ministre de l'intérieur avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que les condamnations et le comportement agressif de l'intéressé, évoluant vers des menaces à caractère terroriste, constituaient une menace grave pour l'ordre public et portaient atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État. Le tribunal a également jugé que l'arrêté fixant le Maroc comme pays de destination ne méconnaissait pas l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504315
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant chinois condamné pour meurtre, qui demandait l'annulation de son arrêté d'expulsion du 5 décembre 2024. Le tribunal a jugé que le préfet de police était compétent pour signer l'arrêté et que la motivation de la décision, qui invoquait une menace grave pour l'ordre public, était suffisante au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (article L. 631-1) et du code des relations entre le public et l'administration. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, faute d'urgence démontrée.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406377
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Habitat Cavaignac visant à annuler l'arrêté municipal du 17 janvier 2024 refusant la transformation d'un local commercial en meublé de tourisme. La juridiction a jugé que le refus de la Maire de Paris était légal, car il était justifié par la nécessité de protéger l'environnement urbain et l'équilibre entre les fonctions de la ville, conformément au règlement municipal adopté sur le fondement du code du tourisme (articles L. 324-1-1 et R. 324-1-5). La demande d'injonction et de condamnation pécuniaire à l'encontre de la Ville a également été rejetée.
23/03/2026