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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2128235

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2128235

vendredi 20 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2128235
TypeDécision
PublicationC
Formation3e Section - 1re Chambre - R.222-13
Avocat requérantCABINET FRANCK COHEN AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 décembre 2021 et le 3 mars 2022, Mme B A C, représentée par Me Cohen, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 septembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour défaut de points et lui a enjoint de le restituer ainsi que la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux du 20 octobre 2021;

2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a retiré des points de son permis de conduire à la suite des infractions des 4 avril 2019, 4 mai 2019, 13 mai 2019, 7 septembre 2019, 27 août 2020, 15 février 2021 et 17 mars 2021 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de réaffecter un capital de douze points à son permis de conduire ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A C soutient que :

- la réalité des infractions n'est pas établie, alors qu'elle a fait des réclamations pour les infractions des 4 avril 2019, 13 mai 2019, 27 août 2020 et 15 février 2021 ;

- elle n'a pas reçu l'information relative au permis à points au moment de la constatation des infractions en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- elle n'est pas l'auteur des infractions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître du moyen tiré de l'imputabilité d'une infraction à un usager de la route ;

-les autres moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Paris pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Paris a présenté son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C a commis, les 4 avril 2019, 4 mai 2019, 13 mai 2019, 7 septembre 2019, 27 août 2020, 15 février 2021 et 17 mars 2021, diverses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de la totalité des points affectés à son permis de conduire. Par une décision en date du 15 septembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a notifié à Mme A C le dernier retrait de points et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, qu'elle avait perdu le droit de conduire. Mme A C demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions, ainsi la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux du 19 octobre 2021 à l'encontre des décisions susmentionnées.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

S'agissant du moyen tiré de l'imputabilité des infractions commises le 15 février 2021 :

2. L'appréciation de l'imputabilité à l'intéressée des infractions à raison desquelles des points ont été retirés au capital de points affecté à son permis de conduire relève de l'office du juge judiciaire dans le cadre de la procédure pénale. Par suite, la contestation de cette imputabilité ne constitue pas un moyen susceptible d'être invoqué devant le juge administratif à l'encontre des décisions de retraits de points prises par le ministre de l'intérieur.

S'agissant du moyen tiré du défaut d'information préalable :

3. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, lesquelles constituent une garantie essentielle en ce qu'elles mettent l'intéressé en mesure de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.

Quant à l'infraction du 17 mars 2021 :

4. Il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En conséquence, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

5. L'infraction commise le 17 mars 2021 a été constatée par un radar automatique. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral, que la requérante a payé l'amende forfaitaire dans les délais indiqués, ce qui démontre qu'elle a reçu l'avis de contravention relatif à cette contravention. Dans ces conditions, le ministre doit être regardé comme établissant que la requérante a reçu les informations requises par les dispositions précitées du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.

Quant aux infractions des 4 avril 2019, 27 août 2020 et 15 février 2021 :

6. Il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que, lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte non seulement les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire, mais aussi une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Enfin, lorsque le contrevenant, après avoir reçu le titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, ne forme pas de réclamation dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale ou s'acquitte spontanément de cette amende forfaitaire majorée, sans élever d'objection, il doit être regardé comme renonçant à contester la majoration de l'amende forfaitaire dont il devait s'acquitter dans le délai en reconnaissant que le délai dont il disposait, en vertu du formulaire unique d'avis de contravention décrit ci-dessus qui lui a alors nécessairement été remis, pour s'acquitter de cette amende forfaitaire, était expiré. Ainsi, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique au modèle et dont il est établi, notamment dans les conditions décrites ci-dessus, qu'il a payé sans objection l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction ou n'a formé aucune réclamation à son encontre, a nécessairement reçu le formulaire unique d'avis de contravention décrit ci-dessus. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.

7. Les infractions commises les 27 août 2020 et 15 février 2021 ont été constatées au moyen d'un assistant numérique personnel donnant lieu à un procès-verbal de constatation de l'infraction. Le ministre soutient que les données des infractions ont ensuite été télétransmises au centre national de traitement de Rennes et que des avis de contravention comportant l'ensemble des informations prescrites par les textes ont été envoyés automatiquement par courrier au domicile de la requérante. Toutefois, il ressort du relevé d'information intégral de Mme A C qu'elle a fait l'objet de titres exécutoire d'amende forfaitaire majorée concernant ces infractions Si le ministre produit un modèle d'avis de contravention vierge qui comporte les informations prescrites par l'article L. 223-3 du code de la route, il ne peut pas être regardé comme apportant la preuve, en l'absence de paiement de l'amende forfaitaire, que la requérante a reçu des avis de contravention identiques. Par suite, les décisions de retrait de 1 et 4 points consécutives aux infractions commises les 27 août 2020 et 15 février 2021 sont entachées d'illégalité et doivent être annulées.

8. Il résulte de l'instruction que l'infraction commise le 4 avril 2019 a été relevée par l'intermédiaire d'un radar automatique. Le ministre de l'intérieur produit notamment une attestation de paiement émise par le trésorier du contrôle automatisé, concernant cette infraction. Mme A C, qui a ainsi payé l'amende forfaitaire majorée afférente à cette infraction en litige, doit dès lors être regardée comme ayant été destinataire de l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut de délivrance de l'information préalable concernant cette infraction doit être écarté.

Quant aux infractions des 13 mai 2019, 4 mai 2019 et 7 septembre 2019 :

9. Aux termes du II de l'article R. 49-1 du code de procédure pénale : " Sans préjudice de l'article R. 249-9, le procès-verbal peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique. ". Aux termes de l'article A. 37-15 du même code : " Lorsque, conformément aux dispositions du troisième alinéa du I de l'article R. 49-1 ou du dernier alinéa de l'article R. 49-10, la contravention est constatée par l'agent verbalisateur dans des conditions ne permettant pas l'édition immédiate de l'avis de contravention et de la carte de paiement, notamment parce que le procès-verbal de constatation est dressé avec l'appareil prévu par l'article A. 37-19, il est adressé par voie postale au domicile du contrevenant ou, lorsque son identité n'a pu être établie, au domicile du titulaire du certificat d'immatriculation les documents suivants : / -un avis de contravention ; / -une notice de paiement ; / -un formulaire de requête en exonération sur un feuillet distinct, lorsque les informations relatives aux modalités de contestation et de recours ne figurent pas sur l'avis de contravention. / Les caractéristiques de ces documents sont fixées par les articles A. 37-16 à A. 37-18 / () ". Aux termes de l'article A. 37-16 du même code : " L'avis de contravention adressé par voie postale au contrevenant ou, lorsque son identité n'a pu être établie, au titulaire du certificat d'immatriculation comprend : / I.-Les mentions relatives au service verbalisateur, à la nature, au lieu et à la date de la contravention, les références des textes réprimant ladite contravention, les éléments d'identification du véhicule et l'identité du contrevenant ou, lorsque celle-ci n'a pu être relevée, celle du titulaire du certificat d'immatriculation. / II.-Le montant de l'amende forfaitaire encourue ainsi que le montant de cette amende en cas de minoration ou de majoration en considération du délai ou du mode de paiement. / III.-Une rubrique intitulée " Retrait de point(s) du permis de conduire " où est indiqué si la contravention poursuivie est susceptible d'entraîner un retrait de point(s) du permis de conduire et comportant les mentions prévues au III de l'article A. 37-9, le cas échéant dans un ordre différent. Les dispositions du présent alinéa ne sont toutefois pas applicables s'il s'agit d'une contravention n'entraînant pas retrait de points du permis de conduire. / IV.-Le cas échéant, une rubrique relative à l'obligation de procéder à l'échange du permis de conduire. / V.-Une information sur les droits du destinataire de cet avis et sur les modes d'exercice des recours concernant : / -le traitement automatisé des données à caractère personnel ; / -le droit d'accès au cliché éventuellement pris par des appareils de contrôle automatiques / () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'une infraction a donné lieu à l'établissement d'un procès-verbal électronique, l'avis de contravention est envoyé au domicile du contrevenant ou à celui du titulaire du certificat d'immatriculation et le paiement de l'amende n'intervient qu'après réception de cet avis.

10. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral relatif à la situation de Mme A C, et d'une attestation de paiement émanant du trésorier du contrôle automatisé que l'intéressée a payé l'amende forfaitaire majorée au titre de l'infraction, constatée le 13 mai 2019 par un procès-verbal dématérialisé au moyen d'un appareil électronique sécurisé. Elle doit ainsi être regardée comme ayant nécessairement reçu à son domicile l'avis afférent à cette infraction, et, par suite, les informations requises en vertu des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dès lors qu'elle n'établit ni même n'allègue avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.

11. S'agissant des infractions constatées les 4 mai 2019 et 7 septembre 2019 constatées par procès-verbal électronique, le ministre de l'intérieur produit un double des procès-verbaux, signés par la requérante, qui comportent l'ensemble des informations légalement prescrites. Par suite, le ministre doit être regardé comme apportant la preuve, qui lui incombe, de la remise à l'intéressée de l'ensemble des informations prescrites par le code de la route pour ces infractions. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité des infractions :

12. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le nombre de points affecté au permis de conduire est réduit de plein droit lorsqu'est établie, par le paiement d'une amende forfaitaire, l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive, la réalité de l'infraction donnant lieu à retrait de points.

13. Il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral, extrait du système national du permis de conduire, que l'infraction commise le 17 mars 2021

a donné lieu à une amende forfaitaire devenue définitive. Mme A C ne fait état d'aucun élément qui serait de nature à remettre en cause l'exactitude de ces mentions. Dans ces conditions, la réalité de l'infraction en litige doit être regardée comme établie.

14. Eu égard aux mentions du relevé intégral d'information, relatif à la situation du requérant, extrait du système national du permis de conduire, versé au dossier par le ministre de l'intérieur, et en l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute leur exactitude, il doit être tenu pour établi que des titres exécutoires ont été émis pour recouvrement des amendes forfaitaires majorées encourues à raison du non-paiement des amendes forfaitaires afférentes aux infractions commises les 4 avril 2019, 4 mai 2019 et 13 mai 2019. Si Mme A C soutient avoir formé des réclamations auprès de l'officier du ministère public près le tribunal de police compétent à l'encontre des amendes forfaitaires majorées relatives à ces infractions, et joint à sa requête copie de ses courriers de réclamation, elle n'établit ni avoir formé ces réclamations dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale ni que ces réclamations aient été déclarées recevables par le ministère public de telle sorte que le juge judiciaire ait à se prononcer sur la responsabilité pénale de l'intéressée. Ainsi le moyen tiré de ce que la réalité des infractions ne serait pas établie doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que Mme A C est fondé à soutenir que les décisions relatives aux infractions des 27 août 2020 et 15 février 2021 par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré un et quatre points de son permis de conduire doivent être annulées. En revanche il n'est pas fondé à soutenir que les décisions relatives aux autres infractions seraient entachées d'illégalité, ni par suite, à en demander l'annulation.

16. La décision du ministre chargé de l'intérieur du 15 septembre 2015 constatant la perte de validité du permis de conduire de Mme A C fait état de décisions de retrait de points dont l'illégalité a été constatée par le présent jugement. Aux termes des dispositions précitées du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. Tel n'est plus le cas en l'espèce, la décision référencée " 48 SI " du 15 septembre 2021 ne pouvant dès lors légalement s'appuyer sur ces décisions pour retirer cinq points du capital de points de Mme A C et par voie de conséquence invalider son titre de conduite, qu'il suit de là que la décision du 15 septembre 2021 doit être annulée en tant qu'elle invalide le permis litigieux, ensemble la décision implicite de son recours gracieux à son encontre.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

17. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".

18. Le présent jugement implique nécessairement que l'administration restitue à Mme A C les un et quatre points qui lui ont été irrégulièrement retirés à la suite des infractions commises les 27 août 2020 et 15 février 2021.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme que Mme A C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé au retrait d'un et quatre points du capital de points affecté au permis de conduire de Mme A C, à la suite de des infractions du 27 août 2020 et 15 février 2021 sont annulées.

Article 2 : La décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du15 septembre 2021, en tant qu'elle constate que le permis de conduire de Mme A C a perdu sa validité, est annulée, ensemble la décision rejetant son recours gracieux à l'encontre de cette dernière.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, les cinq points illégalement retirés par les décisions annulées à l'article 1er, dans la limite du capital de points affecté à son permis de conduire et sous réserve des infractions non prises en compte à la date de la décision attaquée.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.

Le magistrat désigné,

A. PARIS Le greffier,

Y. FADEL La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2128235

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