jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2128362 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 30 décembre 2021, 9 mai 2022,
16 février 2023 et 22 mai 2023, M. A B, représenté par Me Iosca et en dernier lieu par Me Samson, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 29 novembre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié l'ensemble des retraits de points affectant son permis de conduire et l'interdiction de conduire ;
2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré respectivement 4 et 6 points de son permis de conduire à la suite des infractions des 9 novembre 2017 et 6 mai 2021.
Il soutient que :
- la réalité de l'infraction du 6 mai 2021 n'est pas établie ;
- il n'a pas reçu l'information relative au permis à points au moment de la constatation des infractions en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale,
- le code de la route,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Paris pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Paris a présenté son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a commis les 9 novembre 2017 et 6 mai 2021 diverses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de 9 points affectés à son permis de conduire. Par une décision en date du 29 novembre 2019, le ministre de l'intérieur a notifié à M. B le dernier retrait de points et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, qu'il avait perdu le droit de conduire. M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
2. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, lesquelles constituent une garantie essentielle en ce qu'elles mettent l'intéressé en mesure de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.
3. Il résulte de l'instruction que s'agissant de l'infraction du 9 novembre 2017 constatée par procès-verbal électronique, si le ministre de l'intérieur et des outre-mer produit un double du procès-verbal électronique dressé à l'encontre de M. B, ce document ne comporte pas l'intégralité des informations légalement exigées. Le relevé d'information intégral, extrait du système national du permis de conduire produit par le ministre de l'intérieur et des outre-mer établit que M. B n'a pas acquitté l'amende forfaitaire et qu'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée a été émis. Par suite, le ministre de l'intérieur ne rapporte pas la preuve, dont la charge lui incombe, que le requérant a effectivement reçu l'avis de contravention dont le double n'est pas versé au dossier et qu'il aurait, dès lors, pris connaissance des informations que ce document comporte sur les conséquences du paiement de l'amende forfaitaire sur le capital de points affecté à son permis de conduire. Si le ministre fait valoir qu'il aurait bénéficié à l'occasion d'autres infractions similaires de l'ensemble des informations légalement exigées, il est toutefois constant que le requérant n'a reçu aucune information sur la qualification de l'infraction commise à ces dates, information déterminante pour connaître le nombre de points en jeu, ce qui a eu pour effet de le priver d'une garantie substantielle instituée par la loi. Il suit de là que la décision de retrait de points correspondant à cette infraction doit être regardée comme étant intervenue au terme d'une procédure irrégulière et doit être annulée.
4. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. () ".
5. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 225-1 du code de la route et des articles 529 et suivants du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
6. Il résulte de l'instruction que l'infraction au code de la route relevée le 6 mai 2021 a donné lieu à l'émission le 29 juillet 2021 d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée à l'encontre de M. B. Ce dernier produit la décision du 28 avril 2023, par laquelle l'officier du ministère public près le tribunal de police de Paris a annulé l'amende forfaitaire majorée dont il s'agit et classé sans suite l'affaire. Dans ces conditions, et alors que le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'a pas contesté la matérialité de cette décision de classement, la réalité de l'infraction du 6 mai 2021 ne peut être regardée comme établie et le retrait correspondant de six points du permis de conduire du requérant est illégale.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à soutenir que les décisions relatives à ces infractions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a retiré neuf points de son permis de conduire sont entachées d'illégalité, et par suite, à en demander l'annulation.
En ce qui concerne la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 29 novembre 2019 en tant qu'elle constate la perte de validité du permis du requérant et lui enjoint sa restitution :
8. La décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer constatant la perte de validité du permis de conduire de M. B fait état de décisions de retrait de points annulées par le présent jugement. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. Le solde de points du permis de M. B n'est pas nul du fait de l'annulation de ces décisions de retrait de points. Ainsi la décision ministérielle en date du 29 novembre 2019, en tant qu'elle invalide le permis litigieux, doit être annulée.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé au retrait des points affectés au permis de conduire de M. B, à la suite des infractions commises les 9 novembre 2017 et 6 mai 2021 sont annulées.
Article 2 : La décision du 29 novembre 2019 du ministre de l'intérieur et des outre-mer, en tant qu'elle constate que le permis de conduire de M. B a perdu sa validité, est annulée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
A. PARIS
Le greffier,
P. TARDY-PANIT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2128362/3-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505413
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser Mme A... pour sa carence fautive à exécuter une décision de la commission de médiation la reconnaissant prioritaire pour un relogement d'urgence. Le tribunal a retenu la responsabilité de l'État sur le fondement des articles L. 441-2-3 et suivants du code de la construction et de l'habitation, et a alloué à la requérante une somme de 2 000 euros au titre des troubles dans ses conditions d'existence et de son préjudice moral. Il a également mis à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par son avocate, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505460
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser une requérante pour carence fautive dans son relogement. La juridiction a retenu la responsabilité de l'État, fondée sur l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, pour ne pas avoir exécuté une décision de la commission de médiation reconnaissant le caractère prioritaire de la demande. Elle a alloué à la requérante une somme de 1 500 euros en réparation de ses préjudices et a mis à la charge de l'État des frais de procédure au bénéfice de son avocat.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505576
Le Tribunal Administratif de Paris a jugé une demande d'indemnisation pour défaut de relogement suite à une décision de priorité de la commission de médiation. Il a retenu la responsabilité de l'État pour carence fautive, fondée sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal a condamné l'État à verser 600 euros au requérant pour préjudice et 1200 euros à son avocate au titre des frais irrépétibles.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505602
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser un demandeur pour carence fautive dans son relogement. Le requérant, reconnu prioritaire par une commission de médiation, n'avait reçu aucune offre de logement dans le délai légal de six mois. Le tribunal a alloué 4 000 euros en réparation des troubles dans ses conditions d'existence, sur le fondement des articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation.
26/03/2026