lundi 22 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2200290 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MYRIAM BOUSSOUM AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 6 janvier 2022 et le 23 novembre 2023, Mme A, représentée par Me Boussoum, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 octobre 2021 du directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) en tant qu'elle porte non-renouvellement de son contrat de travail après le 31 décembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'AP-HP de lui accorder un contrat à durée indéterminée à compter du 1er janvier 2022, et ce sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 2 292 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 9 de la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 et de l'article 41-3 du décret n°91-155 du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière modifié ; l'AP-HP aurait dû lui proposer un contrat à durée indéterminée ;
- la décision de ne pas renouveler son contrat ne reposant pas sur un motif tiré de l'intérêt du service, elle doit être regardée comme une sanction disciplinaire déguisée et est constitutive d'une discrimination fondée sur son état de santé.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2023, le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°91-155 du 6 février 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Abdat,
- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public,
- et les observations de Me Lejars-Riccardi, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, a été recrutée par l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) en tant qu'assistante de recherche clinique senior, à compter du 1er janvier 2016, par divers contrats à durée déterminée jusqu'au 31 décembre 2021. Par une décision du 22 octobre 2021, le directeur-général de l'AP-HP n'a pas renouvelé son dernier contrat, dont le terme était fixé au 31 décembre 2021. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 9 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, alors en vigueur : " Par dérogation à l'article 3 du titre Ier du statut général, les emplois permanents mentionnés au premier alinéa de l'article 2 peuvent être occupés par des agents contractuels lorsque la nature des fonctions ou les besoins du service le justifient, notamment lorsqu'il n'existe pas de corps de fonctionnaires hospitaliers susceptibles d'assurer ces fonctions ou lorsqu'il s'agit de fonctions nouvellement prises en charge par l'administration ou nécessitant des connaissances techniques hautement spécialisées () ". Aux termes de l'article 9-1 de la même loi : " I. - Les établissements peuvent recruter des agents contractuels pour assurer le remplacement momentané de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un congé annuel, d'un congé de maladie, de grave ou de longue maladie, d'un congé de longue durée, d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service, d'un congé pour maternité ou pour adoption, d'un congé parental, d'un congé de présence parentale, d'un congé de solidarité familiale, de l'accomplissement du service civil ou national, du rappel ou du maintien sous les drapeaux ou de leur participation à des activités dans le cadre des réserves opérationnelle, de sécurité civile ou sanitaire ou en raison de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière. / Le contrat est conclu pour une durée déterminée. Il est renouvelable, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence de l'agent à remplacer () "
3. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent non titulaire dont la manière de servir ne donne pas satisfaction. Dès lors qu'elles sont de nature à caractériser un intérêt du service justifiant le non renouvellement du contrat, la circonstance que des considérations relatives à la personne de l'agent soient par ailleurs susceptibles de justifier une sanction disciplinaire ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'une décision de non renouvellement du contrat soit légalement prise, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations. Par ailleurs, il appartient à l'autorité administrative, lorsque l'agent soutient que la décision de non renouvellement n'a pas été prise dans l'intérêt du service, d'indiquer, s'ils ne figurent pas dans la décision, les motifs pour lesquels son contrat à durée déterminée n'a pas été renouvelé. Enfin, une décision de non-renouvellement à son terme d'un contrat à durée déterminée d'un agent public, même prise pour des raisons tirées de la manière de servir de l'intéressé, n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées, sauf à revêtir le caractère d'une mesure disciplinaire.
4. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que la requérante, qui a été recrutée pour l'ensemble de ses contrats sur le fondement de l'alinéa 1 de l'article 9-1 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986, ne bénéficiait d'aucun droit au renouvellement de son contrat, a fortiori sous la forme d'un contrat à durée indéterminée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 9 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 doit être écarté. En tout état de cause, d'une part, il n'est pas établi que les missions successivement exercées par la requérante correspondraient en réalité à un emploi permanent au sens de ces dispositions, et, d'autre part, quand bien-même il faudrait regarder ses engagements contractuels comme fondés sur les dispositions du III de l'article 9-1 de la loi du 9 janvier 1986, l'AP-HP aurait été tenue d'y mettre un terme, de tels engagements ne pouvant dépasser la durée maximale de douze mois.
5. En deuxième lieu, si la requérante se prévaut des dispositions de l'article 41-3 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n°86-33 du 9 janvier 1986, celles-ci concernent les conditions de licenciement d'un agent contractuel recruté pour répondre à un besoin permanent, et ne trouvent donc pas à s'appliquer à la situation d'un non-renouvellement de contrat.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de renouveler le contrat de la requérante, l'administration s'est d'abord fondée sur l'extinction du fonds subventionnel lié à la convention n°2019-0768 entre le GHU Sorbonne Université et l'Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille sur les filières FILNEMUS, qui arrivait à échéance le 31 décembre 2021, et à laquelle était adossé le financement de ses contrats. Elle s'est ensuite fondée sur une transformation des besoins du service, le dernier poste d'assistante de recherche senior occupé par la requérante ayant été remplacé par un poste d'ingénieur d'étude pour lequel une offre de poste a été mise en ligne le 2 février 2022 avec prise de poste souhaitée au 1er avril 2022 pour une période de douze mois, et dont la requérante convient qu'il a été pourvu. Si elle affirme détenir les qualifications nécessaires à la prise de ce poste, il ressort toutefois des fiches de poste comparées versées au dossier par l'AP-HP que les missions d'un ingénieur de recherche, qui comportent des missions de publication et de réalisation d'études, diffèrent de celles d'un assistant de recherche qu'a pu exercer la requérante. En outre, ce poste requiert un niveau de compétence plus élevé, correspondant à un chargé de mission recherche de niveau 4, titulaire de cinq années d'études supérieures. Enfin, l'administration indique s'être fondée sur des considérations tenant à la personne de la requérante, dont l'absence, non prévue, entre le 15 mars 2021 et le 4 juin 2021 a été une source de désorganisation pour le service.
7. Pour contester ces allégations, la requérante soutient dans un premier temps que la décision attaquée revêt un caractère disciplinaire, et révèle une volonté de sanctionner cette absence. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision de ne pas renouveler le contrat de Mme A, à laquelle aucune faute n'a été reprochée, constituerait, en réalité, une sanction déguisée. Elle soutient dans un second temps qu'elle serait constitutive d'une discrimination liée à son état de santé, la décision étant intervenue durant un congé de maladie ordinaire. Toutefois, elle n'apporte aucun élément de nature à faire présumer une telle discrimination.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision de ne pas renouveler le contrat de Mme A ait été fondée sur un motif ne relevant pas de l'intérêt du service.
9. En dernier lieu, la décision de non-renouvellement du contrat de la requérante ne revêtant pas, ainsi qu'il a été dit au point 7, le caractère d'une mesure disciplinaire, elle ne figure pas au nombre des décisions qui doivent être motivées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du directeur général de l'AP-HP en date du 22 octobre 2021. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées, ainsi que celles qu'elle a présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 8 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2024.
La rapporteure,
G. ABDATLe président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200290/2-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512599
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral du 14 janvier 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que le droit d'être entendu, garanti par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, n'imposait pas une nouvelle audition dans ce cas, la décision d'éloignement découlant nécessairement du rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile. La juridiction a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 611-1.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400857
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête d'un agent du SIAAP demandant la révision de son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) et l'indemnisation de préjudices. Le tribunal juge que le taux d'IPP, fixé à 34% selon le barème légal, ne peut être modifié en raison de l'existence éventuelle d'une faute de l'employeur. Concernant l'indemnisation, le tribunal rappelle que le régime des accidents de service et maladies professionnelles des fonctionnaires, régi par la loi du 13 juillet 1983 et le décret du 2 mai 2005, répare forfaitairement certains préjudices, mais n'exclut pas une action en responsabilité pour faute visant à réparer d'autres chefs de préjudice.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401146
Le Tribunal administratif de Paris a annulé une sanction disciplinaire (un jour d'exclusion temporaire de fonction) infligée par l'AP-HP à un infirmier. La juridiction a estimé que la sanction, fondée sur une simple "suspicion d'inhalation de kalinox", ne reposait pas sur des faits établis, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint à l'administration d'effacer la sanction du dossier de l'agent et l'a condamnée à lui verser 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401760
**Sujet principal** : Contestation par une société de rappels de TVA et d'une majoration, concernant le taux applicable (taux réduit de 5,5% pour la vente de livres ou taux normal de 20% pour des prestations de voyance). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société. Il estime que l'activité principale constitue une prestation immatérielle de voyance taxable au taux normal et que, de toute façon, la société n'a pas apporté la preuve permettant d'isoler la part éventuelle de son chiffre d'affaires relevant de la vente de livres. **Textes appliqués** : Articles 278 et 278-0 bis A-3° du code général des impôts (taux normal et taux réduit de TVA).
30/03/2026