mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2200294 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BAZIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2022, Mme A B, demande au tribunal d'annuler la décision du 15 novembre 2021 par laquelle la Caisse des écoles du 17ème arrondissement de Paris a rejeté sa demande de versement d'allocations pour perte d'emploi.
Elle soutient que :
- elle a activement recherché un emploi ;
- la décision du 17 juin 2020, qui constitue une décision créatrice de droit, lui a accordé le bénéfice de l'allocation pour perte d'emploi ;
- la décision attaquée a un caractère rétroactif ;
- son contrat de travail n'a pas été expressément renouvelé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2024, la Caisse des écoles du 17ème arrondissement de Paris, représentée par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 15 novembre 2021 en tant qu'elle informe la requérante de l'engagement d'une procédure de recouvrement constitue une mesure préparatoire insusceptible de recours ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 26 février 2024.
Un mémoire présenté par Mme B a été enregistré le 28 février 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marchand,
- les conclusions de M. Halard, rapporteur public,
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agente de restauration contractuelle sous contrat à durée déterminée, a été recrutée par la Caisse des écoles du 17ème arrondissement à compter du 1er septembre 2016. Son contrat a été renouvelé du 1er décembre 2016 au 31 août 2017, du 1er septembre 2017 au 31 août 2018, du 1er septembre 2018 au 31 août 2019 et du 1er septembre 2019 au 31 août 2020. En raison de son abandon de poste, Mme B a été radiée des cadres à compter du 2 septembre 2019. Par une décision du 15 novembre 2021, la Caisse des écoles du 17ème arrondissement a refusé la demande d'ouverture aux allocations chômage de la requérante et l'a informée de l'ouverture d'une procédure de recouvrement en raison d'indemnisation journalières indues. Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur les droits au revenu de remplacement des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 5424-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / () 2° Les agents non titulaires des collectivités territoriales et les agents non statutaires des établissements publics administratifs autres que ceux de l'Etat et ceux mentionnés au 4° ainsi que les agents non statutaires des groupements d'intérêt public () ". Aux termes de l'article L. 5424-2 du même code : " Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance () ". Aux termes de l'article L. 5422-20 du code du travail : " Les mesures d'application des dispositions du présent chapitre, à l'exception des articles de la présente section, du 5° de l'article L. 5422-9, des articles L. 5422-10, L. 5422-14 à L. 5422-16 et de l'article L. 5422-25, font l'objet d'accords conclus entre les organisations représentatives d'employeurs et de salariés. / Ces accords sont agréés dans les conditions définies par la présente section. / En l'absence d'accord ou d'agrément de celui-ci, les mesures d'application sont déterminées par décret en Conseil d'Etat. "
4. D'autre part, aux termes de l'article 46 bis de l'annexe A du décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage : " Les catégories de cas mentionnées à l'article 46 sont celles mentionnées aux §1 à §7. / § 1 - Cas de départ volontaire d'un emploi précédemment occupé / Une ouverture de droit aux allocations ou un rechargement ou une reprise des droits peut être accordé au salarié qui a quitté volontairement son emploi ou au salarié démissionnaire en cessation d'inscription comme demandeur d'emploi au moment du contrôle prévu au II de l'article L. 5426-1-2 du code du travail, et dont l'état de chômage se prolonge contre sa volonté, sous réserve que les conditions suivantes soient réunies : / a) L'intéressé doit avoir quitté l'emploi au titre duquel les allocations lui ont été refusées, depuis au moins 121 jours ou, lorsqu'il s'agit d'une demande de rechargement des droits au titre de l'article 28, avoir épuisé ses droits depuis au moins 121 jours ; / b) Il doit remplir toutes les conditions auxquelles est subordonnée l'ouverture d'une période d'indemnisation, à l'exception de celle prévue au e de l'article 4 ; / c) Il doit apporter des éléments attestant ses recherches actives d'emploi, ainsi que ses éventuelles reprises d'emploi de courte durée et ses démarches pour entreprendre des actions de formation () ".
5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que les agents visés au 2° de l'article L. 5424-1 du code du travail ayant quitté volontairement leur emploi et dont l'état de chômage se prolonge contre leur volonté, en dépit de démarches actives de recherche d'emploi, ont droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi dès lors qu'ils satisfont à l'ensemble des conditions prévues aux a), b) et c) des stipulations du paragraphe 1 de l'accord précité.
6. Pour refuser à Mme B le rechargement de ses droits à l'allocation de retour à l'emploi à compter de sa demande du 23 septembre 2021, la caisse des écoles du 17ème arrondissement s'est fondée, dans sa décision du 15 novembre 2021, sur le fait que la requérante, dont il n'est pas contesté qu'elle a été radiée des cadres à compter du 2 septembre 2019 en raison d'un abandon de poste, ne justifiait pas d'une recherche active d'emploi depuis la cessation de son activité. Si Mme B soutient qu'elle a produit des justificatifs et qu'un dépôt de deux candidatures n'a pas été pris en compte par la Caisse des écoles, le seul courrier de candidature à la mairie de Clichy, la preuve d'un suivi de formation du 8 au 23 novembre 2021 et de rendez-vous avec Pôle emploi sont insuffisants pour justifier au jour de sa demande d'une recherche active d'emploi au sens des dispositions du 2° de l'article L. 5424-1 du code du travail et ce en dépit du contexte de la crise sanitaire. Par ailleurs, si la requérante soutient que par une décision du 17 janvier 2020, la caisse des écoles du 17ème arrondissement a fait droit à sa demande d'ouverture de droit et qu'elle ne pouvait ainsi lui réclamer les indemnités relatives à la période du 22 février 2016 au 31 août 2017 versées entre le 1er février 2020 et le 30 juin 2021, il résulte de l'instruction que la caisse des écoles a décidé de ne pas recouvrer ces sommes réclamées. En tout état de cause, la décision du 17 janvier 2020 se prononce uniquement sur l'ouverture de droits à la suite de l'abandon de poste de la requérante et ne créée pas de droits concernant la période indemnisée du 22 février 2016 au 31 août 2017. Dans ces conditions, c'est à bon droit que la caisse des écoles du 17ème arrondissement a refusé à Mme B qui ne remplissait pas les conditions de rechargement de ses droits, l'allocation d'aide au retour à l'emploi qu'elle sollicitait.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de Mme B doit être rejetée.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par la Caisse des écoles du 17ème arrondissement de Paris au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la Caisse des écoles du 17ème arrondissement de Paris au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la Caisse des écoles du 17ème arrondissement de Paris.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
Mme Marchand, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
La rapporteure,
A. MARCHAND
La présidente,
J. EVGENAS La greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au préfet d'Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400082
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Le Printemps immobilier, qui demandait une réduction de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2021. La juridiction a jugé que la société, sur laquelle pesait la charge de la preuve en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, n'avait pas démontré le caractère exagéré de l'imposition. Elle n'a pas établi que la surface réelle de ses locaux était inférieure à celle déclarée, ni que l'administration avait fait une application erronée des règles de calcul, notamment celles de l'article 1518 A du code général des impôts.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504630
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. C... visant à annuler la décision de la Ville de Paris de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée. Le juge rappelle qu'un agent en CDD n'a pas de droit au renouvellement, mais que l'administration doit agir dans l'intérêt du service, ce qui peut inclure des considérations sur la manière de servir. Il écarte les moyens soulevés (incompétence du signataire, défaut de motivation, absence d'entretien préalable et de communication du dossier), estimant que la décision contestée n'avait pas le caractère d'une sanction disciplinaire et que les procédures spécifiques à celle-ci ne s'appliquaient donc pas. La décision s'appuie sur les principes généraux du droit de la fonction publique.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2314176
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... qui contestait son imposition en France sur ses revenus d'enseignement perçus de 2019 à 2021. La juridiction a jugé que, conformément à la convention fiscale franco-allemande du 21 juillet 1959, ses revenus salariaux étaient imposables en France, lieu où l'activité professionnelle était exercée, et non en Allemagne où elle résidait. Le tribunal a ainsi validé le principe d'imposition des revenus d'emploi dans l'État où le travail est effectué, tel que prévu par ladite convention et le code général des impôts.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324985
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par la société Camille Fournet, qui contestait une sanction administrative pour non-respect des délais de paiement inter-entreprises. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que l'amende de 13 000 euros et sa publication étaient légales et proportionnées au regard des manquements constatés. La décision s'appuie sur les articles L. 441-10 et L. 441-11 du code de commerce relatifs aux délais de paiement.
07/04/2026