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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2200424

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2200424

lundi 22 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2200424
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 2e Chambre
Avocat requérantPOISSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 janvier et 7 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Poisson, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013, 2014 et 2015 ainsi que des prélèvements sociaux mis à sa charge au titre de l'année 2015 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, en ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition en litige :

- il a apporté la preuve du paiement des intérêts d'emprunt ; ces charges sont donc déductibles de son revenu foncier ;

- il a justifié de la déductibilité du revenu foncier des autres charges constituées de frais de gestion, taxes foncières et travaux divers.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Par ordonnance du 29 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 18 décembre suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Barruel,

- et les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces concernant leur impôt sur le revenu au titre des années 2013 à 2015. Par une proposition de rectification en date du 6 décembre 2016, le service vérificateur leur a notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des trois années vérifiées et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2015. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'en prononcer la décharge, en droits et pénalités.

Sur le bien-fondé des impositions litigieuses :

2. Aux termes de l'article 13 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice ou revenu imposable est constitué par l'excédent du produit brut, y compris la valeur des profits et avantages en nature, sur les dépenses effectuées en vue de l'acquisition et de la conservation du revenu ". Aux termes de l'article 28 du même code : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété ". Selon l'article 31-I du même code : " Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; () b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement () ; c) Les impositions, autres que celles incombant normalement à l'occupant, perçues, à raison desdites propriétés () ; / d) Les intérêts de dettes contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration des propriétés () ". Ces dépenses ne peuvent être déduites du revenu foncier brut que dans la mesure où, notamment, les charges alléguées sont dûment justifiées, se rapportent à des immeubles dont les revenus sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers, sont effectivement supportées par le propriétaire et sont engagées en vue de l'acquisition ou de la conservation du revenu.

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le service vérificateur a notamment remis en cause la déductibilité du revenu foncier des époux B des intérêts d'emprunt pour un montant de 30 965 euros en 2013, 31 129 euros en 2014 et 44 831 euros en 2015. Pour justifier de la déductibilité de ces montants, M. B produit le tableau d'amortissement d'un emprunt souscrit auprès du Crédit foncier de France en 2007 faisant état, pour les trois années en litige, du remboursement de 1 747,41 euros d'intérêts mensuel ainsi que six relevés bancaires établissant le prélèvement des sommes mentionnées sur ce tableau aux mois d'août, novembre et décembre 2013, décembre 2014, janvier et août 2015. Or, alors qu'il soutient que ses deux propriétés situées en Guadeloupe, et dont les revenus sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers, ont été acquises grâce à des prêts, le tableau d'amortissement produit mentionne un seul prêt travaux. De plus, le requérant ne produit pas le contrat de prêt correspondant. Ainsi il n'établit pas que cet emprunt aurait été contracté en vue de l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration de ces propriétés. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander la déduction de son revenu foncier de ces intérêts d'emprunt.

4. En second lieu, si M. B soutient justifier de la déductibilité des autres frais rejetés par le service vérificateur, lesquels correspondraient selon ses déclarations à des frais de gestion, de taxes foncières et de travaux divers, il n'apporte aucune précision ni pièce justificative à l'appui de cette allégation.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 à 2015 et de prélèvements sociaux mis à sa charge au titre de l'année 2015 ainsi que des pénalités correspondantes.

Sur les frais liés au litige :

6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

7. Ces dispositions font obstacle à ce soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.

Délibéré après l'audience du 8 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Roux, présidente,

Mme Barruel, première conseillère,

Mme Berland, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2024.

La rapporteure,

L. BARRUELLa présidente,

M-O. LE ROUX

La greffière,

F. RAJAOBELISON

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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