vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2200616 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | MAURY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 janvier 2022 et le 25 juillet 2023, M. A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le directeur général de la caisse des dépôts et consignation (CDC) sur sa demande du 13 septembre 2021 tendant à l'octroi de la nouvelle bonification indiciaire (NBI), de l'indemnité compensatrice mise en œuvre par le décret n° 2020-907 du 24 juillet 2020 et de l'indemnité compensatrice de rémunération prévue par l'accord cadre CDC 2019-2021 ;
2°) d'enjoindre à la CDC, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui attribuer la NBI du 1er septembre 2017 au 31 juillet 2020, l'indemnité compensatrice prévue à l'article 7 du décret du 24 juillet 2020 à compter du 1er août 2020 et l'indemnité compensatrice de perte de rémunération prévue à l'article 2.1.3 de l'accord cadre CDC 2019-2021 à compter du 15 février 2021 et de lui verser les sommes correspondantes, assorties des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) avant-dire droit, de demander à la CDC de produire les entretiens professionnels annuels et toutes données relatives à l'évaluation de trois agents ainsi que les contrats par lesquels deux de ces agents ont été recrutés en qualité de salariés de droit privé ;
4°) de mettre une somme de 500 euros à la charge de la CDC sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- en refusant de lui verser la NBI pour la période du 1er septembre 2017 au 31 juillet 2020 alors qu'il exerçait les fonctions de juriste spécialisé y ouvrant droit, la CDC a commis une erreur manifeste d'appréciation et une erreur de droit en violant le principe d'égalité ; en application de l'article 34 de la loi n° 96-452 du 28 mai 1996, il a nécessairement été recruté en qualité de juriste spécialisé ; il n'est pas contesté que les deux personnes qui l'ont remplacé ont été recrutées en cette qualité ; il se prévaut à cet égard de l'article 3 de leur contrat et la circonstance qu'elles ont été recrutées dans le cadre de contrats de droit privé ne lui est pas opposable pour caractériser une différence de situation entraînant une différence de traitement ;
- en refusant de lui verser l'indemnité compensatrice prévue à l'article 7 du décret du 24 juillet 2020 à compter du 1er août 2020 et pour une durée de trois ans alors qu'il y avait droit par voie de conséquence de son droit à la NBI, la CDC a commis une erreur de droit ;
- subsidiairement, en refusant de lui verser l'indemnité compensatrice de perte de rémunération prévue à l'article 2.1.3 de l'accord cadre CDC 2019-2021 à compter du 15 février 2021 alors que son détachement au ministère de la culture s'est accompagné d'une perte de rémunération égale à la somme représentative de la NBI et à la part variable sur objectif, la CDC a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2023, la CDC, représentée par son directeur général, représenté par Me Olivia Maury, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code monétaire et financier ;
- la loi n° 83- 634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- la loi n° 96-452 du 28 mai 1996 ;
- le décret n° 92-1293 du 1er décembre 1992 ;
- le décret n° 98-596 du 13 juillet 1998 ;
- le décret n° 2020-907 du 24 juillet 2020 ;
- l'arrêté du 1er décembre 1992 fixant les conditions d'attribution de la nouvelle bonification indiciaire dans les services de la Caisse des dépôts et consignations ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Julinet, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public,
- les observations de M. B et celles de Me Maury, représentant la CDC.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 15 janvier 1987, titulaire d'un master 2 recherche de droit, mention droit comparé, spécialité droit pénal et politique criminelle en Europe depuis 2010 et du certificat d'aptitude à la profession d'avocat depuis 2013, a été, à l'issue de sa scolarité à l'institut régional d'administration de Metz, nommé et titularisé attaché d'administration de l'Etat à compter du 1er septembre 2017 par un arrêté du directeur général de la caisse des dépôts et consignation (CDC) du 19 septembre 2017 et affecté à compter de la même date au service contentieux de la direction juridique et fiscale de la caisse sur un emploi de juriste expert contentieux puis, à compter du 1er août 2019, au département social et fonction publique de la même direction sur un emploi de juriste. Le 15 février 2021, il a été détaché au ministère de la culture et affecté à la délégation générale au théâtre de la direction générale de la création artistique en qualité de chargé de mission théâtres nationaux et théâtres privés. Par un arrêté du 5 juillet 2023, il a été réintégré à la CDC le 1er juillet 2023. Par un courrier du 13 septembre 2021, il a demandé au directeur des ressources humaines de la CDC le versement de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) pour la période du 1er septembre 2017 au 31 juillet 2020, de l'indemnité compensatrice prévue par le décret du 24 juillet 2020 pour la période du 1er août 2020 au 15 février 2021 et de l'indemnité compensatrice de rémunération prévue par l'accord cadre CDC 2019-2021 à compter du 15 février 2021 et jusqu'au 15 février 2024. Par sa requête, il demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur cette demande par le directeur général de la CDC.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) :
2. D'une part, aux termes du I de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales : " La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret ". Aux termes de l'article 1 du décret du 1er décembre 1992 instituant la nouvelle bonification indiciaire dans les services de la Caisse des dépôts et consignations : " Une nouvelle bonification indiciaire, prise en compte et soumise à cotisation pour le calcul de la pension de retraite, peut être versée mensuellement, dans la limite des crédits disponibles, aux fonctionnaires titulaires et stagiaires des services de la Caisse des dépôts et consignations exerçant une des fonctions figurant en annexe au présent décret ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Le bénéfice du versement de la nouvelle bonification indiciaire est lié à l'exercice des fonctions y ouvrant droit. / () ". Aux termes de l'article 4 dudit décret : " Le montant de la nouvelle bonification indiciaire et le nombre d'emplois bénéficiaires pour chaque fonction mentionnée en annexe sont fixés par arrêté conjoint des ministres chargés de l'économie, du budget et de la fonction publique ". Au nombre des cinquante-deux fonctions figurant en annexe, est mentionnée celle de juriste spécialisé. Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 1er décembre 1992 fixant les conditions d'attribution de la nouvelle bonification indiciaire dans les services de la Caisse des dépôts et consignations : " La nouvelle bonification indiciaire prévue à l'article 1er du décret du 1er décembre 1992 susvisé est attribuée dans les conditions fixées par le tableau ci-joint ". Il résulte de ce tableau, dans sa version modifiée en dernier lieu par l'article 1 de l'arrêté du 24 janvier 2018 modifiant l'arrêté du 1er décembre 1992 fixant les conditions d'attribution de la nouvelle bonification indiciaire dans les services de la Caisse des dépôts et consignations, que dans les services de la CDC, à compter du 1er juillet 2017, un emploi de juriste spécialisé est éligible à la NBI pour un montant de trente points d'indice majoré.
3. D'autre part, aux termes de l'article 34 de la loi du 28 mai 1996 portant diverses mesures d'ordre sanitaire, social et statutaire : " Le personnel de la Caisse des dépôts et consignations comprend des agents régis par le statut général de la fonction publique de l'Etat et des agents contractuels de droit public. / La Caisse des dépôts et consignations est en outre autorisée à employer, sous le régime des conventions collectives, des agents contractuels lorsqu'ils ont été recrutés avant la date de promulgation de la présente loi par le Groupement d'intérêt économique Bureau des techniques d'actuariat et de management (G.I.E. B.E.T.A.M.) et affectés avant cette date dans ses services. Elle est également autorisée à recruter dans les mêmes conditions des agents contractuels lorsque les exigences particulières de l'organisation de certains services ou la spécificité de certaines fonctions le justifient. / () / Un décret en Conseil d'Etat détermine, en tant que de besoin, les modalités d'application du présent article et en particulier les catégories d'emplois susceptibles d'être occupés par les agents mentionnés à la deuxième phrase du deuxième alinéa du présent article. () / () ". Aux termes de l'article 1 du décret du 13 juillet 1998 relatif aux conditions de recrutement d'agents contractuels sous le régime des conventions collectives par la Caisse des dépôts et consignations et aux instances de concertation propres à cet établissement : " Les catégories d'emplois susceptibles d'être occupés par les agents contractuels mentionnés à la deuxième phrase du deuxième alinéa de l'article 34 de la loi du 28 mai 1996 susvisée sont constituées d'emplois d'encadrement dans les fonctions ou métiers suivants : / a) Actuaire, analyste financier, assistant à maîtrise d'ouvrage informatique, auditeur informatique, cadre commercial pour les activités bancaires et du dépositaire, comptable spécialisé, contrôleur de gestion, fiscaliste, gestionnaire d'actifs, gestionnaire de personnels sous convention collective, juriste spécialisé, spécialiste en ingénierie financière, spécialiste en communication ; / () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que les juristes affectés à la direction juridique et fiscale de la caisse des dépôts et consignations exercent leurs fonctions dans des domaines spécialisés du droit. Ainsi, M. B, directement placé sous la responsabilité du responsable du secteur contentieux puis du responsable du département social et fonction publique, a d'abord exercé les fonctions de juriste expert en contentieux puis de juriste en droit social et de la fonction publique. Si la caisse fait valoir en défense, sans contester sérieusement la technicité particulière des fonctions qu'il a exercées décrite par M. B, que l'intitulé de son poste tel qu'il ressort, notamment, de ses fiches de postes et de ses comptes rendus annuels d'entretien professionnel est celui de juriste et correspond à l'emploi repère de juriste, cette circonstance est sans incidence sur la qualification de juriste spécialisé au sens et pour l'application des dispositions relatives à la NBI citées au point 2 des emplois occupés par M. B dès lors que le bénéfice du versement de la NBI n'est pas lié à l'intitulé du poste mais à l'exercice, apprécié in concreto, de fonctions comportant une responsabilité ou une technicité particulières et que le référentiel des emplois et des compétences de la caisse ne comporte d'ailleurs pas d'emploi repère de juriste spécialisé.
5. En outre, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté en défense que la caisse a recruté pour reprendre les fonctions de M. B des agents contractuels de droit privé qui ne peuvent occuper, en application des dispositions cités au point 3, que des emplois de juriste spécialisé.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner la mesure d'instruction demandée, que M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée, en tant qu'elle lui refuse le bénéfice de la NBI, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et doit, pour ce motif, être annulée.
S'agissant de l'indemnité compensatrice prévue à l'article 7 du décret n° 2020-907 du 24 juillet 2020 :
7. Aux termes de l'article 7 du décret du 24 juillet 2020 instituant la nouvelle bonification indiciaire dans les services de la Caisse des dépôts et consignations, applicable, en application de son article 9, à compter du 1er août 2020 : " Par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 3, les agents qui, au titre de l'application des dispositions du présent décret, n'exercent plus les fonctions ouvrant droit à la nouvelle bonification indiciaire bénéficient d'une indemnité compensatrice versée annuellement ".
8. Il résulte de ce qui est dit ci-dessus que M. B exerçait des fonctions ouvrant droit à la NBI avant l'entrée en vigueur, le 1er août 2020, du décret du 24 juillet 2020. Dès lors, le directeur général de la CDC, en lui refusant le bénéfice de l'indemnité compensatrice de la NBI qu'elles prévoient à compter du 1er août 2020, a méconnu les dispositions précitées. Par suite, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle lui refuse le bénéfice de cette indemnité.
S'agissant de l'indemnité compensatrice de perte de rémunération prévue à l'article 2.1.3 de l'Accord cadre CDC 2019-2021 :
9. L'article 2.1.3. de l'accord cadre CDC 2019-2021 prévoit, pour accompagner financièrement les mobilités de l'ensemble des agents de la caisse, quel que soit leur statut, la mise en œuvre de quatre dispositifs dont deux sont applicables aux mobilités en dehors des cas de réorganisation, d'une part, l'indemnité compensatrice de rémunération, visant à compenser la perte d'éléments permanents de rémunération, calculée sur la base de la rémunération annuelle brute intégrant, à l'exclusion de tout autre élément, pour tous les agents de droit public, le traitement indiciaire brut, le cas échéant le supplément familial de traitement et la somme représentative de la NBI et le régime indemnitaire et, d'autre part, l'indemnité compensatrice de part variable d'objectifs (PVO) visant à compenser, pour les seuls agents effectuant une mobilité interne à l'établissement, la perte ou la diminution de cet élément variable de rémunération. Il en résulte que la PVO, élément variable de la rémunération, n'entre pas dans la base de calcul de la perte de rémunération pour le calcul de l'indemnité compensatrice de rémunération mais fait l'objet d'une indemnité compensatrice spécifique bénéficiant aux seuls agents qui effectuent une mobilité interne à l'établissement.
10. Il ressort des pièces du dossier que la rémunération perçue par M. B à compter de son détachement au ministère de la culture le 15 février 2021 correspondait exactement à celle qu'il percevait à la CDC, à l'exclusion de la PVO.
11. En premier lieu, il résulte de ce qui est dit ci-dessus au point 8 que M. B avait droit à l'indemnité compensatrice de la NBI avant son détachement au ministère de la culture. Dès lors, il est fondé à soutenir qu'il a subi une perte de rémunération correspondant à la somme représentative de cette bonification et, par suite, qu'il avait droit à l'indemnité compensatrice de rémunération à ce titre.
12. En second lieu, il résulte de ce qui est dit ci-dessus au point 9 que, contrairement à ce que soutient M. B, la PVO n'entre pas dans la base de calcul de la perte de rémunération pour le calcul de cette indemnité. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il y avait droit à ce titre. En outre, il en résulte également que l'indemnité compensatrice de PVO bénéficie aux seuls agents qui effectuent une mobilité interne à la CDC. Ayant effectué une mobilité externe à la caisse par détachement au ministère de la culture, M. B n'avait pas droit à cette indemnité.
13. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée, en tant qu'elle lui refuse le bénéfice de l'indemnité compensatrice de perte de rémunération, qu'en tant qu'elle lui refuse la somme représentative de la NBI.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la décision attaquée doit être annulée en tant qu'elle refuse à M. B le bénéfice de la NBI, de l'indemnité compensatrice prévue par l'article 7 du décret n° 2020-907 du 24 juillet 2020 et de l'indemnité compensatrice de perte de rémunération en tant qu'elle se rapporte à la NBI.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. En raison des motifs qui la fonde, l'annulation partielle de la décision attaquée implique nécessairement que la CDC attribue rétroactivement à M. B une NBI de 30 points d'indice pour la période du 1er septembre 2017 au 31 juillet 2020, l'indemnité compensatrice prévue à l'article 7 du décret n° 2020-907 du 24 juillet 2020 pour la période du 1er août 2020 au 14 février 2021 et l'indemnité compensatrice de perte de rémunération prévue à l'article 2.1.3 de l'Accord cadre CDC 2019-2021 pour la période du 15 février 2021 au 30 juin 2023, d'un montant correspondant à la somme représentative de la NBI à laquelle il avait droit jusqu'au 14 février 2021. Sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre à la CDC de verser à M. B la somme correspondant à ces indemnités, assortie des intérêts au taux légal à compter du 11 janvier 2022 et de leur capitalisation à compter du 11 janvier 2023, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la CDC une somme de 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur général de la CDC née du silence gardé sur la demande de M. B du 13 septembre 2021 est annulée en tant qu'elle lui refuse le bénéfice de la NBI, de l'indemnité compensatrice prévue par l'article 7 du décret n° 2020-907 du 24 juillet 2020 et de l'indemnité compensatrice de perte de rémunération en tant qu'elle se rapporte à la NBI.
Article 2 : Il est enjoint à la CDC d'attribuer rétroactivement à M. B une NBI de 30 points d'indice pour la période du 1er septembre 2017 au 31 juillet 2020, l'indemnité compensatrice de la NBI prévue à l'article 7 du décret n° 2020-907 du 24 juillet 2020 pour la période du 1er août 2020 au 14 février 2021 et l'indemnité compensatrice de perte de rémunération prévue à l'article 2.1.3 de l'Accord cadre CDC 2019-2021 pour la période du 15 février 2021 au 30 juin 2023, d'un montant correspondant à la somme représentative de la NBI à laquelle il avait droit jusqu'au 14 février 2021, et de lui verser la somme correspondant à ces indemnités, assortie des intérêts au taux légal à compter du 11 janvier 2022 et de leur capitalisation à compter du 11 janvier 2023, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La CDC versera à M. B une somme de 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse des dépôts et consignations (CDC).
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
M. Medjahed, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.
Le rapporteur,
S. JULINET
La présidente,
S. AUBERTLa greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025