vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2200628 |
| Type | Décision |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET COLL |
Vu les procédures suivantes :
I°) Par une requête n° 2200628, enregistrée le 11 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Anne-Constance Coll, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de police du 4 novembre 2021 rejetant sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait et en droit ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ; il n'a été ni invité à prendre connaissance de son dossier ni informé de la possibilité de se faire entendre par la commission de réforme et de la date de réunion de celle-ci ; la commission de réforme était irrégulièrement composée, en l'absence notamment de la présence d'un ou plusieurs médecins spécialistes ;
- l'avis de la commission de réforme n'a pas été joint à la décision attaquée ;
- le préfet de police s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ses problèmes de santé sont en lien direct avec la situation professionnelle dans laquelle il a été placé par son administration et à l'absence de réponse de celle-ci à ses nombreuses demandes ;
- elle méconnaît le principe de non-rétroactivité des actes administratifs ; elle revient sur une situation acquise et ne lui reconnaît aucun droit ; sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle réceptionnée le 11 juin 2019 étant complète, il doit être considéré comme ayant été placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à l'issue des délais d'instruction applicables dans le silence de l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
II°) Par une requête n° 2225561 et des mémoires, enregistrés les 10 et 23 décembre 2022 et les 4 et 19 mars 2024, M. A B, représenté par Me Jean Le Gloan puis par Me Pauline Saada-Dusart, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du préfet de police du 12 octobre 2022 rejetant sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui accorder un congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 22 mars 2022, date de réception de sa demande de maladie professionnelle ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner avant dire droit une expertise confiée à un médecin neuropsychiatre avec pour mission de donner au tribunal tous les éléments de nature à apprécier si sa pathologie dépressive présente un lien direct et certain avec l'exercice de ses fonctions ou avec ses conditions de travail et de fixer son taux d'incapacité ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ; l'administration ne s'est pas prononcée sur l'imputabilité au service dans les délais impartis de sorte qu'il aurait dû bénéficier du congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire ; la décision n'a pas été précédée de l'examen par un médecin agréé, de la saisine de la commission de réforme, de la réalisation d'une expertise médicale, de l'information du service de médecine préventive et de la remise d'un rapport à cette instance en application des articles 47-4, 47-6 et 47-7 du décret du 14 mars 1986 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ; il a demandé la reconnaissance d'une nouvelle pathologie, un syndrome anxiodépressif, sa demande antérieure concernant d'autres pathologies ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa nouvelle pathologie, dont l'apparition, la persistance et l'aggravation ne résultent pas d'un état antérieur, est en lien direct avec la situation professionnelle dans laquelle il a été placé par son administration et à l'absence de réponse de celle-ci à ses nombreuses demandes et qu'il remplit donc les critères d'attribution du congé pour invalidité temporaire imputable au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 janvier 2023.
III°) Par une requête n° 2308766 et des mémoires, enregistrés les 18 avril et 23 mai 2023 et 23 février 2024, M. A B, représenté par Me Pauline Saada-Dusart, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 30 décembre 2022 par laquelle le préfet de police l'a placé en disponibilité d'office pour raison de santé du 18 octobre 2022 au 17 avril 2023 à l'expiration de ses congés de longue maladie ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation, de le placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service ou, à tout le moins, dans une position régulière et de reconstituer sa carrière à compter du 18 octobre 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ; il n'a été ni invité à prendre connaissance de son dossier ni informé de la possibilité de faire entendre un médecin de son choix par le comité médical ou de présenter ses observations ; le comité médical interdépartemental ne s'étant pas prononcé sur le dossier qui lui était soumis, aucune des mentions " favorable " ou " défavorable " n'ayant été entouré, son avis est irrégulier ; cet avis n'est pas motivé ; il n'a pas été invité préalablement à présenter, s'il le souhaitait, une demande de reclassement ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'à la date du 30 décembre 2022, il était apte à reprendre son travail ;
- il aurait dû bénéficier d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service, une première fois, à compter du 12 août 2019 et, une seconde fois, à compter du 23 mai 2022, et les décisions refusant la reconnaissance de la maladie professionnelle sont illégales ; il ne pouvait donc pas légalement être regardé comme ayant épuisé ses droits à congé durant toutes ces périodes ;
- la décision de placement en disponibilité d'office, qui n'a pu être prise qu'en raison des décisions refusant la reconnaissance de la maladie professionnelle, doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie ;
- le délai anormalement long de vingt-huit mois pour traiter sa situation est fautif ;
- la décision attaquée s'inscrit dans un contexte de discrimination et de harcèlement moral dont il a été victime.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mars 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 septembre 2024 :
- le rapport de M. Medjahed, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a intégré les cadres de la police nationale en 1998, en qualité de gardien de la paix. Promu brigadier en 2009, puis brigadier-chef en 2015, il a été affecté à la brigade de réseaux franciliens (BRF) à compter de 2009 et a exercé ses fonctions au sein des unités d'accueil et de sécurisation de la gare de Lyon, entre les 1er janvier et 31 décembre 2016, et de la gare de Châtelet-les-Halles, entre les 1er janvier 2017 et 6 septembre 2019. Le 7 septembre 2019, il a été affecté au commissariat des 5ème et 6ème arrondissements de Paris. Du 7 septembre 2017 au 6 septembre 2019, il a été placé en congé de longue maladie, puis en congé de longue maladie fractionné à raison de deux jours par semaine du 7 septembre 2019 au 17 janvier 2021, avant d'être de nouveau placé en congé de longue maladie du 18 janvier 2021 au 17 octobre 2022. Il a enfin été placé, à l'épuisement de ses droits à congé de longue maladie, en disponibilité d'office pour raisons de santé du 18 octobre 2022 au 17 avril 2023. Il est constant qu'il a repris ses fonctions le 18 avril 2023. Le 7 juin 2019, il a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service de pathologies physiques comportant une lombalgie et des douleurs d'allure neuropathique des membres inférieurs ainsi que d'une pathologie mentale caractérisée par un stress post traumatique. Par une décision du 4 novembre 2021, le préfet de police a rejeté sa demande du 7 juin 2019. Le 21 mars 2022, M. B a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un syndrome anxiodépressif. Par une décision du 12 octobre 2022, le préfet de police a rejeté sa demande du 21 mars 2022. Par ses requêtes n° 2200628 et n° 2225561, M. B demande l'annulation de ces deux décisions. Il demande également par sa requête n° 2308766 l'annulation de la décision du 30 décembre 2022 par laquelle le préfet de police l'a placé en disponibilité d'office pour raison de santé du 18 octobre 2022 au 17 avril 2023 à l'expiration de ses congés de longue maladie.
2. Les présentes requêtes sont relatives à la situation d'un même agent public, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.
Sur la requête n° 2200628 :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
3. En se bornant à informer M. B que sa demande de reconnaissance de l'imputabilité de sa maladie au service a été examinée par la commission de réforme du 12 octobre 2021 et de la teneur de l'avis de cette commission sans s'en approprier les termes, le préfet de police doit être regardé comme s'étant cru en situation de compétence liée au regard de cet avis. Par suite, M. B est fondé à soutenir qu'il a méconnu l'étendue de sa compétence et ainsi entaché sa décision d'une erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du préfet de police du 4 novembre 2021 doit être annulée.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur la requête n° 2225561 :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
7. La décision attaquée, qui se borne à indiquer que " les membres de [la commission de réforme] ont émis un avis défavorable à cette reconnaissance au motif que [sa] pathologie n'a pas de lien avec [son] activité professionnelle " sans mentionner les textes qui en constituent le fondement, est entachée d'un défaut de motivation en droit.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du préfet de police du 12 octobre 2022 doit être annulée.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :
9. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que la demande de M. B du 21 mars 2022 tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service du syndrome anxiodépressif qu'il a déclaré soit réexaminée. Par suite, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de cette demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Saada-Dusart, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit d'une somme 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur la requête n° 2308766 :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
11. Aux termes de l'article L. 514-1 du code général de la fonction publique : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors son administration d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite ". Aux termes de l'article L. 514-2 de ce code : " La disponibilité d'un fonctionnaire est prononcée soit à la demande de l'intéressé, soit d'office au terme des congés pour raisons de santé prévus au chapitre II du titre II du livre VIII ". Aux termes de l'article L. 822-7 du même code : " La durée maximale des congés de longue maladie dont peut bénéficier le fonctionnaire est de trois ans ". Aux termes de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 : " I. Les conseils médicaux () sont consultés pour avis sur : / () / 5° La mise en disponibilité d'office pour raison de santé, son renouvellement et la réintégration à l'issue d'une période de disponibilité pour raison de santé ; / () ". Aux termes de l'article 12 du même décret : " Au moins dix jours ouvrés avant la date à laquelle son dossier sera examiné, le secrétariat du conseil médical informe le fonctionnaire concerné de cette date et de son droit à : / 1° Consulter son dossier ; / 2° Présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux ; / 3° Etre accompagné ou représenté, s'il le souhaite, par une personne de son choix à toutes les étapes de la procédure. / Dans tous les cas, le fonctionnaire concerné et l'administration peuvent faire entendre le médecin de leur choix par le conseil médical. S'il le juge utile, le conseil médical entend le fonctionnaire concerné ". Aux termes de l'article 15 de ce décret : " L'avis du conseil médical est motivé dans le respect du secret médical. / () ".
12. En premier lieu, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
13. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. B a été invité à prendre connaissance de son dossier, informé de la possibilité de faire entendre un médecin de son choix par le comité médical ou de présenter ses observations. Par suite, M. B, qui a été privé, en l'espèce, des garanties prévues à l'article 12 du décret du 14 mars 1986, est fondé à soutenir que la décision du 30 décembre 2022 le plaçant en disponibilité d'office est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière.
14. En second lieu, l'avis du comité médical interdépartemental du 4 octobre 2022 se borne à faire état de la situation antérieure de M. B en mentionnant sa position de congé de longue maladie depuis le 18 janvier 2021 sans se prononcer sur son aptitude ou son inaptitude à reprendre ses fonctions à l'expiration de ses droits à congé de longue maladie. Dans ces conditions, cet avis est insuffisamment motivé en méconnaissance de l'article 15 du décret du 14 mars 1986. Par suite, M. B est également fondé à soutenir que la décision attaquée a été édictée sur la base d'un avis irrégulier du conseil médical.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du préfet de police du 30 décembre 2022 doit être annulée.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :
16. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que la situation de M. B soit réexaminée. Par suite, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de la réexaminer dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Saada-Dusart, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit d'une somme 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du préfet de police du 4 novembre 2021, du 12 octobre 2022 et du 30 décembre 2022 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de réexaminer la demande de M. B du 21 mars 2022 ainsi que sa situation au regard des droits à congés de maladie dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Articles 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : L'Etat versera à Me Pauline Saada-Dusart, conseil de M. B, une somme totale de 3 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir les sommes correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des requêtes est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de police et Me Saada-Dusart.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
M. Medjahed, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le rapporteur,
N. MEDJAHED
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2200628, 2225561 et 2308766
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025