vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2200744 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | MAURY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 janvier 2022, M. C B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) sur sa demande du 7 septembre 2021 tendant à l'octroi de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) pour la période du 1er septembre 2017 au 20 avril 2020 ;
2°) d'enjoindre au directeur général de la CDC de lui octroyer A pour la période concernée, la somme correspondante étant assortie des intérêts au taux légal capitalisés, dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de la CDC la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions du décret n° 92-1293 du 1er décembre 1992 instituant A au sein de la CDC, les fonctions de juriste spécialisé qu'il a occupées du 1er septembre 2017 au 20 avril 2020 étant au nombre de celles visées par ce texte comme ouvrant droit au bénéfice de cette bonification ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît le principe d'égalité, un autre juriste de la CDC exerçant ses fonctions au sein de la même direction s'étant vu octroyer le bénéfice de A à la suite du jugement
n° 1719424/5-2 rendu par le tribunal administratif de Paris.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 avril 2023, la CDC, prise en la personne de son directeur général en exercice et représentée par Me Maury, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n° 92-1293 du 1er décembre 1992 ;
- l'arrêté du 1er décembre 1992 fixant les conditions d'attribution de A dans les services de la CDC ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Massiou, première conseillère ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;
- et les observations de Me Maury, représentant la CDC.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B a été recruté à compter du 1er septembre 2017 dans le corps des attachés d'administration de l'Etat pour occuper les fonctions de juriste au secteur Bancaire Financement et Marchés de capitaux de la direction juridique et fiscale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), avant de changer de poste le 21 avril 2020. Par un courrier du
7 septembre 2021, il a demandé à la CDC le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) pour la période du 1er septembre 2017 au 20 avril 2020. Il demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le directeur général de la CDC sur cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 27 de la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales : " I. - La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret. / () ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 92-1293 du
1er décembre 1992 instituant A dans les services de la CDC : " Une nouvelle bonification indiciaire, prise en compte et soumise à cotisation pour le calcul de la pension de retraite, peut être versée mensuellement, dans la limite des crédits disponibles, aux fonctionnaires titulaires et stagiaires des services de la Caisse des dépôts et consignations exerçant une des fonctions figurant en annexe au présent décret ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Le bénéfice du versement de la nouvelle bonification indiciaire est lié à l'exercice des fonctions y ouvrant droit. / () ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " Le montant de la nouvelle bonification indiciaire et le nombre d'emplois bénéficiaires pour chaque fonction mentionnée en annexe sont fixés par arrêté conjoint des ministres chargés de l'économie, du budget et de la fonction publique ". Au nombre des fonctions figurant en annexe est mentionnée celle de juriste spécialisé. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 1er décembre 1992 fixant les conditions d'attribution de A dans les services de la CDC : " La nouvelle bonification indiciaire prévue à l'article 1er du décret du 1er décembre 1992 susvisé est attribuée dans les conditions fixées par le tableau ci-joint ". Il résulte de ce tableau, dans sa version en vigueur, que dans les services de la CDC, à compter du 1er juillet 2017, un emploi de juriste spécialisé est éligible à A pour un montant de trente points d'indice majoré.
3. Il ressort des pièces du dossier que les juristes affectés à la direction juridique et fiscale de la CDC exercent leurs fonctions dans des domaines spécialisés du droit. Ainsi, M. B, directement placé sous l'autorité du responsable du secteur Bancaire Financement et Marchés de capitaux, a exercé entre le 1er septembre 2017 et le 20 avril 2020 les fonctions de juriste en financement de projets. Si la CDC fait valoir en défense, sans contester sérieusement la technicité particulière des fonctions qu'il a exercées décrite par M. B, que l'intitulé de son poste tel qu'il ressort, notamment, de sa fiche de poste et de ses comptes rendus annuels d'entretien professionnel, est celui de juriste et correspond à l'emploi repère de juriste, cette circonstance est sans incidence sur la qualification de juriste spécialisé au sens et pour l'application des dispositions relatives à A citées au point 2 du présent jugement dès lors que le bénéfice du versement de cette bonification n'est pas lié à l'intitulé du poste ou à l'ancienneté mais à l'exercice, apprécié in concreto, de fonctions comportant une responsabilité ou une technicité particulières, et qu'il n'est au surplus pas soutenu en défense que le référentiel des emplois et des compétences de la CDC comporterait un emploi repère de juriste spécialisé.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. A l'occasion d'un litige portant sur le versement d'une somme d'argent, les conclusions ayant trait au principal et celles ayant trait aux intérêts sont de même nature. Il en résulte que, lorsqu'un requérant est recevable à demander, par la voie du recours pour excès de pouvoir, l'annulation de la décision administrative qui l'a privé de cette somme, il est également recevable à demander, par la même voie, l'annulation de la décision qui l'a privé des intérêts qui y sont attachés. Lorsque le principal est dû, les intérêts sont dus de plein droit, à condition d'être demandés. Il en résulte que, dans l'hypothèse où le requérant demande l'annulation pour excès de pouvoir de la décision qui l'a privé d'une somme, il est recevable, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, à demander que soit enjoint, pour l'exécution de cette annulation, le versement des intérêts dus à compter de la réception de sa demande préalable à l'administration ou, à défaut, de l'enregistrement de sa requête introductive d'instance.
6. Eu égard au motif d'annulation retenu il y a lieu d'enjoindre à la CDC d'octroyer à
M. B le bénéfice de A à hauteur de 30 points d'indice pour la période du 1er septembre 2017 au 20 avril 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. M. B a droit aux intérêts au taux légal de la somme correspondante à compter du 12 janvier 2022, date d'enregistrement de sa requête introductive d'instance, ces intérêts étant eux-mêmes capitalisés à compter du 12 janvier 2023 ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la CDC la somme de 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du directeur général de la CDC née du silence gardé sur la demande formée par M. B le 7 septembre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la CDC d'attribuer rétroactivement à M. B A à hauteur de 30 points d'indice pour la période du 1er septembre 2017 au 20 avril 2020 et de lui verser la somme correspondante, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 12 janvier 2022, ces intérêts étant capitalisés à compter du 12 janvier 2023 et à chaque échéance annuelle.
Article 3 : La CDC versera à M. B la somme de 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
Délibéré après l'audience du 15 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
Mme Massiou, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
La rapporteure,
B. MASSIOU
La présidente,
S. AUBERT La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025