jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2201556 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ANDRE MADRID (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 20 janvier 2022 et le 12 octobre 2022, Mme B A, représentée par Me Madrid, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits, pénalités et amendes, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des années 2011 à 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- ses réclamations préalables sont recevables :
- l'administration fiscale n'établit pas la transmission des pièces afférentes aux procédures ;
- c'est à tort que l'administration fiscale a retenu un résultat imposable de 114 002 euros ;
- c'est à tort que l'administration fiscale a retenu que l'ensemble de son activité était assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée.
Par trois mémoires en défense, enregistrés le 4 juillet 2022, 10 janvier 2024 et 23 janvier 2024, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au non-lieu à statuer partiel, au rejet comme irrecevables des conclusions relatives à l'année 2011 et au rejet au fond du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- il a procédé à un dégrèvement en cours d'instance des amendes pour non déclaration infligée au titre des années 2012 et 2013 ;
- les conclusions à fin de décharge des impositions au titre de l'année 2011 sont tardives ;
- les conclusions relatives à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux et au rehaussement du bénéfice relèvent de la compétence territoriale du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Coz,
- et les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, qui exerce l'activité de conseil en immobilier et apporteuse d'affaires, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les années 2011 et 2013. A l'issue des opérations de vérification, l'administration fiscale a notifié à Mme A des propositions de rectification datée du 18 décembre 2014 au titre de l'année 2011 et du 30 mars 2015 au titre des années 2012 et 2013, selon une procédure contradictoire s'agissant des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu pour 2011 et 2012, et selon la procédure de taxation d'office s'agissant de l'année 2013 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée. Par un avis de mise en recouvrement du 15 juillet 2015, l'administration fiscale a mis à sa charge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour un montant total, en droit, pénalités et amendes, de 62 979 euros. Des suppléments d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux ont, par ailleurs, été mis en recouvrement par le pôle de recouvrement spécialisé des Hauts-de-Seine. Mme A a adressé le 11 août 2018 une réclamation, rejetée le 15 décembre 2021. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations d'impôts sur le revenu et prélèvements sociaux et des rappels de TVA mis à sa charge ainsi que des pénalités correspondantes et de l'amende qui lui a été infligée sur le fondement de l'article 1759 D du code général des impôts pour défaut de présentation de la comptabilité selon les modalités prévues au I de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales.
Sur la compétence du tribunal administratif de Paris :
2. Aux termes de l'article R. 312-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée. " Les cotisations d'impôts sur le revenu ayant été mises à la charge de Mme A par la Direction départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine, les conclusions à fin de décharge de ces cotisations relèvent du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, lequel a été saisi par Mme A par une requête enregistrée le 5 février 2021 sous le numéro 2101881. Dans ces conditions, les conclusions de la présente requête doivent être regardées comme uniquement dirigées contre les rappels de taxe sur la valeur ajoutée et les majorations et amendes dont ils ont été assortis.
Sur l'étendue du litige :
3. Il résulte de l'instruction, notamment du mémoire en défense de l'administration fiscale, que celle-ci a, postérieurement à l'introduction de la requête, procédé à un dégrèvement d'office des sommes correspondant aux amendes infligées sur le fondement de l'article 1729 D du code général des impôts pour les années 2012 et 2013. Par suite, les conclusions tendant à la décharge de cette somme n'ont pas conservé leur objet. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
4. Aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction en vigueur en 2014 : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu ou une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification. "
5. Le service a transmis l'avis de vérification adressé à Mme A le 6 août 2014, auquel était joint la charte des droits et obligations du contribuable vérifié, et a également produit la preuve de sa présentation aux deux adresses indiquées, l'un des courriers ayant été retourné car la destinataire était inconnue à cette adresse, l'autre ayant été avisé et non réclamé.
6. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ".
7. Le service a produit les avis de passage établissant que les propositions de rectification ont été présentées à Mme A le 23 décembre 2014 et le 1er avril 2015 et n'ont pas été réclamées ou ont été retournées, la destinataire étant inconnue à l'adresse indiquée.
8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure d'imposition pour défaut de notification régulière de l'avis de vérification et de la proposition de rectification doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
9. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". L'article R* 193-1 du même livre précise : " dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ". Les impositions en litige ont été à établies d'office dans le cadre de la procédure prévue à l'article L. 66 3° du même livre, faute pour Mme A d'avoir déposé dans le délai légal les déclarations qu'elle était tenue de souscrire en sa qualité de redevable. Par suite, il incombe à la requérante, qui ne conteste pas cette absence de déclaration, d'établir le caractère exagéré de ces impositions.
10. Si la requérante soutient que l'administration n'établit pas que l'ensemble des opérations réalisées étaient assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée, elle ne fournit aucun élément précis sur la nature de ces opérations et n'établit pas le caractère exagéré de ces impositions.
11. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin de décharge présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que les conclusions tendant à ce que soient mis à la charge de l'administration les dépens et les frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge des amendes fiscales infligées à Mme A au titre des années 2012 et 2013.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024 à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
M. Coz, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
Le rapporteur,
Y. COZ
Le président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./2-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517378
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant malien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'ancienneté et de la stabilité de l'insertion professionnelle du requérant, qui justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2519184
Le Tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant un titre de séjour et imposant une obligation de quitter le territoire à M. B..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que la décision était entachée d'une erreur de droit, notamment en méconnaissant l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 7 de l'accord franco-algérien, en ne tenant pas compte de la situation professionnelle ancienne et régulière du requérant. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
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Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus de renouvellement d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la fixation du pays de renvoi. Le requérant invoquait notamment des vices de procédure, une incompétence de l'autorité signataire, une insuffisance de motivation et une méconnaissance de ses droits au titre de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté la demande de communication du dossier médical, estimant qu'elle relevait d'une procédure distincte, et a annulé les trois décisions attaquées pour vice de procédure, en raison de l'absence de communication au requérant de l'avis médical sur lequel elles se fondaient, méconnaissant ainsi les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur un recours en excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant la reconduite à la frontière d'un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que, l'intéressé n'ayant pas obtenu la reconnaissance de la nationalité française par le tribunal judiciaire, le refus de titre de séjour était légalement fondé. Toutefois, elle a annulé la décision pour erreur de droit, considérant que le préfet n'avait pas examiné la demande à l'aune des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, qui prévoient une admission exceptionnelle au séjour pour motifs humanitaires.
07/04/2026