jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2201948 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | BIROLINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 janvier 2022, Mme A C, représentée par Me Birolini, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision révélée le 26 novembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a refusé l'accès, la rectification et l'effacement des données à caractère personnel sur le fichier des personnes recherchées (FPR) ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à l'effacement de ses données à caractère personnel du FPR ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, en l'absence de procédure contradictoire préalable ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article 2 du décret n°2010-569 du 28 mai 2010, en l'absence de toute information sur le motif de l'inscription de Mme C au FPR ;
- elle viole les stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que l'absence de toute information la prive de la possibilité d'un recours effectif ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle empêche sa cellule familiale de se réunir.
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a présenté des observations le 2 juin 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions concernant les données intéressant la sûreté de l'Etat sont présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par un courrier du 14 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que le courrier du 26 novembre 2021 ne fait pas grief à la requérante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ;
- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Doan,
- et les conclusions de M. Cicmen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est l'épouse de M. B C, ressortissant afghan bénéficiaire du statut de réfugié et résidant en France, lequel a saisi le préfet de l'Oise d'une demande de regroupement familial afin d'obtenir l'autorisation de la faire venir sur le territoire français. Par une décision du 21 janvier 2021, le préfet de l'Oise a refusé sa demande au motif que Mme C faisait l'objet d'une fiche active au FPR. Par un courrier du 22 mars 2021, Mme C a saisi le ministère de l'intérieur d'une demande d'accès et de rectification au FPR, et par un courrier du 25 mai 2021, elle a saisi la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) d'une demande d'accès indirect aux informations susceptibles de la concerner et figurant au FPR. Par un courrier du 26 novembre 2021, dont Mme C demande l'annulation, la CNIL lui a indiqué ne pas pouvoir lui communiquer plus d'informations, en raison de l'opposition du ministre de l'intérieur, gestionnaire du FPR.
2. La requête de Mme C est expressément dirigée contre le courrier du 26 novembre 2021 par lequel la CNIL l'a informée ne pas pouvoir lui communiquer les informations sollicitées, en raison de l'opposition du ministre de l'intérieur. Ce courrier ne présente toutefois qu'un caractère purement informatif, et qui ne fait pas ainsi grief à la requérante. Par suite, il ne constitue pas une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir et les conclusions tendant à son annulation sont irrecevables.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la commission nationale de l'informatique et des libertés.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Delesalle, président,
- Mme Deniel, première conseillère,
- M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
R. Doan
Le président,
H. Delesalle La greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2201948/6-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525597
**Sujet principal** : La requérante, une ressortissante salvadorienne, demande l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour et l'injonction au préfet de police de lui délivrer un titre. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (6e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requête dirigée contre un rejet implicite est irrecevable, car un refus exprès (un arrêté du 25 mars 2025) avait déjà été notifié. Le tribunal considère que les moyens au fond, invoquant notamment les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du CESEDA, ne sont pas de nature à justifier la délivrance d'un titre. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4, ainsi que le code de justice administrative.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524412
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait les décisions du préfet du Val-de-Marne l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour douze mois. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui était entré et séjournait irrégulièrement en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la Convention européenne des droits de l'homme et l'accord franco-algérien de 1968.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2414908
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en excès de pouvoir concernant la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris pour une infection nosocomiale survenue après une intervention chirurgicale. La juridiction a reconnu la responsabilité de l'établissement et a procédé à une évaluation des préjudices du requérant, en se fondant notamment sur une expertise médicale ordonnée par le tribunal. La décision implicite de rejet de la demande d'indemnisation est annulée, et l'AP-HP est condamnée à verser une indemnité, dont le montant est déterminé par le tribunal en application des principes de responsabilité administrative.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419249
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. La juridiction a jugé que le recours contre la décision implicite de rejet était devenu sans objet, une décision expresse de rejet ayant été prise avant l'introduction de la requête et le recours contre cette dernière ayant fait l'objet d'un désistement. Le tribunal s'est fondé sur les règles de procédure du code de justice administrative pour constater l'irrecevabilité, sans avoir à examiner le fond du litige.
19/03/2026