lundi 9 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2202034 |
| Type | Décision |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | COLMANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 janvier 2022 et 2 mai 2023, M. D C, représenté par Me Colmant, demande au tribunal :
1°) d'annuler la convention d'occupation du domaine public signée le 30 juin 2021 entre la ville de Paris et M. B A pour l'emplacement n° 16-F, 43, avenue du maréchal Fayolle, dans le 16ème arrondissement de Paris ;
2°) de condamner la ville de Paris à lui verser la somme de 650 000 euros en réparation de son préjudice ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la ville de Paris a manqué à ses obligations de publicité et de mise en concurrence en s'abstenant de contrôler les capacités techniques, financières et professionnelles de M. A ;
- la convention contestée a été établie en méconnaissance du principe d'égalité entre les candidats dès lors que la ville de Paris a procédé à une sélection irrégulière en s'abstenant de contrôler les documents requis lors de l'attribution d'une concession sur le domaine public ; l'attributaire a été retenu alors que son projet méconnaît l'article 1.2 du règlement de la consultation ; le dossier de l'attributaire méconnaît l'article 5.1.2 du règlement de la consultation ;
- il n'a été informé que tardivement, par lettre du 23 novembre 2021, du rejet de sa candidature et de la signature de la convention entre l'attributaire et la ville de Paris le 30 juin 2021 ;
- la lettre de rejet de candidature ne mentionne ni les motivations de ce choix, ni son classement, ni le nom de l'attributaire ;
- les critères d'évaluation des offres sont entachés d'une imprécision manifeste ;
- la ville a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des critères retenus et la notation des offres présentées ;
- il est fondé à obtenir réparation de ses préjudices à hauteur de la somme de 650 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2023, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'indemnisation de la requête sont irrecevables, faute de demande préalable adressée à la ville de Paris ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à M. A qui n'a pas présenté d'observations.
Par ordonnance du 11 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 23 juin 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions de M. C, agissant en son nom propre, à fin d'annulation de la convention attaquée sont irrecevables, faute pour le requérant d'avoir qualité à agir dès lors que la SAS C était titulaire de l'emplacement litigieux et candidate à l'attribution de cet emplacement. La qualité de gérant de M. C E C, qui a été liquidée, ne lui donne pas non plus intérêt à agir. En tant qu'associé E C, qui a été liquidée, M. C n'établit pas avoir été personnellement lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par la conclusion de la convention contestée.
Le 23 septembre 2023, M. C a présenté des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Berland,
- les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique,
- et les observations de Me Montal, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C a été autorisé, par convention conclue avec la ville de Paris le 1er octobre 2015 pour une durée de cinq ans, à occuper un blockhaus situé dans le bois de Boulogne, 43, avenue du maréchal Fayolle, dans le 16e arrondissement de Paris, à des fins de stockage de matériels et de produits destinés à la vente. La ville de Paris a lancé, le 2 novembre 2020, un avis d'appel à candidature aux fins d'attribution de 30 emplacements durables destinés à une exploitation économique sur son domaine public, parmi lesquels le blockhaus situé 43, avenue du maréchal Fayolle. M. C s'est porté candidat pour l'attribution de ce local, qu'il occupait alors. Par arrêté du 9 février 2021, la ville de Paris a autorisé M. C, gérant E C, à occuper à titre provisoire ce blockhaus du 1er octobre 2020 au 30 avril 2021. Par un courrier du 23 novembre 2021, la ville de Paris a informé M. C du rejet de sa candidature. La convention d'occupation du domaine public concernant cet emplacement a été conclue le 30 juin 2021 entre la ville de Paris et M. B A, et l'avis d'attribution a été publié au journal officiel de la ville de Paris le 25 novembre 2021. Par la présente requête, M. C, candidat évincé, demande au tribunal d'annuler la convention d'occupation du domaine public du 30 juin 2021, et de condamner la ville de Paris à lui verser la somme de 650 000 euros en réparation de son préjudice résultant des irrégularités commises au cours de la procédure de sélection des candidats.
2. Tout tiers à une convention d'occupation du domaine public, susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses, est recevable à former, devant le juge du contrat, un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. Si le représentant de l'Etat dans le département et les membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné, compte tenu des intérêts dont ils ont la charge, peuvent invoquer tout moyen à l'appui du recours ainsi défini, les autres tiers ne peuvent invoquer que des vices en rapport direct avec l'intérêt lésé dont ils se prévalent ou ceux d'une gravité telle que le juge devrait les relever d'office. Un concurrent évincé peut ainsi invoquer, outre les vices d'ordre public dont serait entaché le contrat, les manquements aux règles applicables à la passation de ce contrat qui sont en rapport direct avec son éviction.
3. M. C, qui a introduit la requête en son nom propre, se prévaut de ses qualités de précédent titulaire de l'emplacement litigieux et de concurrent évincé. Toutefois, il résulte de l'instruction que par arrêté du 9 février 2021, la ville de Paris a délivré à M. C, gérant E C, une autorisation provisoire d'occupation du blockhaus litigieux. Le précédent titulaire de l'emplacement est donc la SAS C, qui, en tant que société commerciale, jouit de la personnalité morale, et constitue une personnalité juridique distincte de M. C. En outre, il résulte de l'instruction que, dès lors que le dossier de candidature pour l'emplacement litigieux a été déposé au nom de M. C, mais que l'extrait d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés joint au dossier, ainsi que les contrats de travail des employés produits au dossier de candidature sont au nom E C, cette candidature doit être regardée comme émanant E C. Par suite, M. C ne peut se prévaloir d'un intérêt à agir en tant que précédent titulaire de l'emplacement litigieux ou de concurrent évincé.
4. En outre, si M. C se prévaut de sa qualité de gérant de la société SAS C, il est constant qu'il a introduit le présent recours en son nom propre, et non en celui de sa société, et ne justifie pas que la passation de la convention en litige lèserait ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine, alors, au demeurant, que cette société a été placée en liquidation judiciaire.
5. Enfin, M. C ne fait état d'aucun élément permettant de caractériser une lésion de ses intérêts patrimoniaux au titre de sa qualité d'associé E C.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la convention d'occupation du domaine public conclue le 30 juin 2021 présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables. Par suite, ses conclusions à fin d'indemnisation, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à la ville de Paris et à M. B A.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2023.
La rapporteure,
F. BERLAND
La présidente,
M.-O. LE ROUX La greffière,
S. RAHMOUNI
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417280
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé les décisions du ministre de la justice refusant un changement de nom. Le juge a estimé que la requérante justifiait d'un intérêt légitime exceptionnel, fondé sur des motifs affectifs, pour porter le nom de son père biologique et affectif, et ce malgré l'existence d'une filiation paternelle légalement établie à l'égard d'un autre homme. La décision s'appuie sur l'article 61 du code civil, qui n'assujettit pas l'intérêt légitime à changer de nom à l'existence d'un lien de filiation avec le porteur du nom sollicité.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402737
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler les arrêtés d'expulsion et de fixation du pays de destination. La juridiction a estimé que le ministre de l'intérieur avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que les condamnations et le comportement agressif de l'intéressé, évoluant vers des menaces à caractère terroriste, constituaient une menace grave pour l'ordre public et portaient atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État. Le tribunal a également jugé que l'arrêté fixant le Maroc comme pays de destination ne méconnaissait pas l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504315
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant chinois condamné pour meurtre, qui demandait l'annulation de son arrêté d'expulsion du 5 décembre 2024. Le tribunal a jugé que le préfet de police était compétent pour signer l'arrêté et que la motivation de la décision, qui invoquait une menace grave pour l'ordre public, était suffisante au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (article L. 631-1) et du code des relations entre le public et l'administration. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, faute d'urgence démontrée.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406377
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Habitat Cavaignac visant à annuler l'arrêté municipal du 17 janvier 2024 refusant la transformation d'un local commercial en meublé de tourisme. La juridiction a jugé que le refus de la Maire de Paris était légal, car il était justifié par la nécessité de protéger l'environnement urbain et l'équilibre entre les fonctions de la ville, conformément au règlement municipal adopté sur le fondement du code du tourisme (articles L. 324-1-1 et R. 324-1-5). La demande d'injonction et de condamnation pécuniaire à l'encontre de la Ville a également été rejetée.
23/03/2026