mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2202110 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | MARVILLE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée sous le n°2202110 le 28 janvier 2022 et un mémoire, enregistré le 23 juin 2022, la société KAAS, représentée par Me Marville, demande au tribunal d'annuler la décision du 9 septembre 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge une contribution spéciale d'un montant de 54 750 euros, pour l'emploi de trois travailleurs étrangers démunis d'autorisation de travail, et une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement des trois étrangers dans leur pays d'origine d'un montant de 6 372 euros, et de la décharger de l'obligation de payer ces sommes.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas tardive, car son courrier du 18 octobre 2021, auquel l'OFII a répondu le 29 octobre 2021, n'était pas un recours gracieux contre la décision du 9 septembre 2021, mais une réponse au courrier de l'OFII du 20 juillet 2021 ; son recours gracieux a été formé le 4 novembre 2021 ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- les manquements visés par la lettre de l'OFII du 20 juillet 2021, qui ont conduit à lui infliger les contributions spéciale et forfaitaire par la décision du 9 septembre 2021, ne sont pas identiques aux infractions constatées par la direction de la sécurité de la proximité de l'agglomération parisienne lors du contrôle du 1er mai 2021 ;
- elle était de bonne foi car elle n'a pas omis intentionnellement de procéder à la déclaration préalable à l'embauche d'un des salariés, et ignorait que deux d'entre eux étaient en situation irrégulière et n'avaient pas l'autorisation de travailler ;
- l'application de ces sanctions, compte-tenu de leur importance, risquerait d'entraîner sa fermeture définitive.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut à l'irrecevabilité de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté.
La requête a été communiquée au ministre de l'intérieur et des outre-mer qui n'a pas produit d'observations en défense.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'application aux infractions sanctionnées par la décision du 9 septembre 2021 de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024 qui a abrogé l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur la contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français de l'étranger en situation irrégulière.
Par une ordonnance du 14 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 11 juin 2024.
II. Par une requête, enregistrée sous le n°2215099 le 15 juillet 2022, la société KAAS, représentée par Me Marville, demande au tribunal d'annuler le titre de perception d'un montant de 54 750 euros, émis à son encontre par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne le 16 novembre 2021.
Elle soutient que :
- le titre de perception est illégal du fait de l'illégalité de la décision de l'OFII du 9 septembre 2021 mettant à sa charge la contribution spéciale pour l'emploi de trois travailleurs étrangers dépourvus d'autorisation de travail.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut à l'irrecevabilité de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté.
La requête a été communiquée au ministre de l'intérieur et des outre-mer qui n'a pas produit d'observations en défense.
Par une ordonnance du 30 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu à la date de l'audience, soit après que les parties ou leurs mandataires ont formulé leurs observations orales, soit, si ces parties sont absentes ou ne sont pas représentées, après l'appel de leur affaire.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marcus,
- et les conclusions de Mme Ménéménis, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société KAAS exploite une boucherie, à l'enseigne " Boucherie des berges ", située au 38, rue de Patay dans le 13e arrondissement à Paris. Le 1er mai 2021, les services de police ont procédé à un contrôle de l'établissement et ont constaté la présence en situation de travail de trois ressortissants étrangers, dépourvus de titre de séjour et d'autorisation de travail. Par une décision du 9 septembre 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à la charge de la société KAAS une contribution spéciale d'un montant de 54 750 euros, pour l'emploi de trois étrangers sans autorisation de travail, et une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement des étrangers dans leur pays d'origine d'un montant de 6 372 euros. Le 16 novembre 2021, la direction départementale des finances publiques de l'Essonne a émis à l'encontre de la société KAAS un titre de perception d'un montant de 54 750 euros pour le recouvrement de la contribution spéciale. Par la requête n°2202110, la société KAAS demande au tribunal d'annuler la décision de l'OFII du 9 septembre 2021 et de la décharger de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge. Par la requête n°2215099, la société KAAS demande au tribunal d'annuler le titre de perception du 16 novembre 2021. Ces requêtes présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir opposée par l'OFII :
2. Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". L'exercice d'un recours gracieux dans le délai de recours contentieux ouvert à l'encontre d'une décision administrative proroge ce délai qui ne recommence à courir à l'encontre de la décision initiale qu'à compter du rejet du recours administratif.
3. En l'espèce, la société KAAS a contesté par un courrier du 18 octobre 2021 le procès-verbal établi à la suite du contrôle de son établissement le 1er mai 2021, puis a formé un recours gracieux contre la décision du 9 septembre 2021 par un courrier du 4 novembre 2021. L'OFII a répondu au premier courrier de la société par un courrier du 29 octobre 2021, reçu par celle-ci le 4 novembre 2021. Si l'office soutient que la requête est tardive car elle a été enregistrée au-delà du délai de deux mois suivant la réception de ce courrier, qui doit être regardé comme le rejet d'un recours gracieux formé par la requérante contre la décision initiale, il ne résulte pas de l'instruction que les délais ni les voies de recours contre les décisions du 9 septembre 2021 et 29 octobre 2021 ont été mentionnés dans les notifications de ces décisions, qui ne sont pas produites à l'instance. Par suite, la fin de non-recevoir ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de l'OFII du 9 septembre 2021 :
4. En premier lieu, il appartient au juge administratif, statuant comme juge de plein contentieux sur une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de faire application, même d'office, d'une loi répressive nouvelle plus douce entrée en vigueur entre la date à laquelle l'infraction a été commise et celle à laquelle il statue.
5. Aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France () " et de l'article L. 5221-8 du même code : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 ". L'article L. 8253-1 dudit code, dans sa rédaction en vigueur à la date des faits sanctionnés, antérieure à la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, prévoyait que : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger sans titre de travail, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. /L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat selon des modalités définies par convention. ". L'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date des faits sanctionnés, prévoyait, dans le cas où le travailleur étranger est en situation de séjour irrégulier, l'application à l'employeur d'" une contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français de cet étranger ".
6. D'une part, l'article 34 de la loi du 26 janvier 2024 a modifié l'article L. 8253-1 du code du travail, en substituant, à la contribution spéciale infligée par l'OFII, une amende administrative prononcée par le ministre chargé de l'immigration contre l'auteur d'un manquement à l'article L. 8251-1. L'article L. 8253-1 du code du travail prévoit, dans sa nouvelle rédaction issue de la loi du 26 janvier 2004, que le ministre prend en compte, pour déterminer le montant de l'amende, " les capacités financières de l'auteur d'un manquement, le degré d'intentionnalité, le degré de gravité de la négligence commise et les frais d'éloignement du territoire français du ressortissant étranger en situation irrégulière ", que " le montant de l'amende est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12 ", qu'il " peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux ", et enfin que " l'amende est appliquée autant de fois qu'il y a d'étrangers concernés ". Ces dispositions remplacent la contribution spéciale par une amende administrative, qui a le même objet, un montant plafond identique et qui peut être majoré dans les mêmes conditions, sans toutefois prévoir, comme les dispositions précédemment en vigueur, une possibilité de minoration de son montant. Elles ne peuvent être regardées comme des dispositions répressives moins sévères. D'autre part, l'article 34 de la loi du 26 janvier 2024 a abrogé l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fixant la contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français du travailleur étranger en situation irrégulière. La suppression de la contribution forfaitaire constitue une loi nouvelle plus douce. Il s'ensuit que les dispositions de l'article L. 8253-1 du code du travail s'appliquent à l'espèce dans leur rédaction en vigueur à la date des faits sanctionnés, citée au point 5, mais que celles de l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile fixant la contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement de l'étranger en situation irrégulière du territoire français ne s'appliquent pas à l'espèce. Dès lors, le directeur général de l'OFII n'a pu légalement mettre à la charge de la société KAAS la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement des étrangers dans leur pays d'origine d'un montant de 6 372 euros.
7. En deuxième lieu, en application des articles L. 211-2 et L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, la décision par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration sanctionne un employeur en lui infligeant la contribution spéciale, doit être motivée et est soumise au respect d'une procédure contradictoire.
8. En l'espèce, la décision contestée mentionne les articles L. 8251-1, L. 8253-1, R. 8253-2 et R. 8253-4 du code du travail. Ces articles relatifs à la contribution spéciale définissent le manquement, la sanction encourue et son mode de calcul. En outre, la décision fait référence au procès-verbal établi le 1er mai 2021 par les services de police pour constater l'infraction, précise que la contribution spéciale est appliquée à la société requérante pour l'emploi irrégulier de trois travailleurs et indique, en annexe, le nom des salariés concernés. Ainsi, la décision contestée comporte bien l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle est entachée d'insuffisance de motivation.
9. En outre, par une lettre du 20 juillet 2021, l'OFII a informé la société KAAS de son intention de lui appliquer la contribution spéciale pour l'emploi de trois travailleurs démunis de titres autorisant l'exercice d'une activité salariée et le séjour sur le territoire national, constaté lors d'un contrôle effectué le 1er mai 2021 par les services de police de Paris, et l'a invitée à présenter ses observations sur la sanction envisagée dans un délai de quinze jours. Le compte-rendu d'enquête après identification, établi par les services de police à la suite du contrôle, et la demande de mise en application de la contribution forfaitaire, qu'ils ont adressée à l'OFII, mentionnent que le contrôle de la boucherie, exploitée par la société KAAS, a permis de constater qu'elle employait trois bouchers en situation irrégulière sur le territoire français et démunis d'autorisation de travail. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les manquements mentionnés dans la lettre du 20 juillet 2021 ne sont pas identiques à ceux constatés lors du contrôle du 1er mai 2021.
10. En troisième lieu, il résulte des dispositions du code du travail, citées au point 5, que la contribution spéciale a pour objet de sanctionner les faits d'emploi d'un travailleur étranger séjournant irrégulièrement sur le territoire français ou démuni de titre l'autorisant à exercer une activité salariée, sans qu'un élément intentionnel soit nécessaire à la caractérisation du manquement. Toutefois, un employeur ne saurait être sanctionné sur le fondement de ces dispositions, lorsque tout à la fois, d'une part, et sauf à ce que le salarié ait justifié avoir la nationalité française, il s'est acquitté des obligations qui lui incombent en vertu de l'article L. 5221-8 du code du travail et, d'autre part, il n'était pas en mesure de savoir que les documents qui lui étaient présentés revêtaient un caractère frauduleux ou procédaient d'une usurpation d'identité. En outre, lorsqu'un salarié s'est prévalu lors de son embauche de la nationalité française ou de sa qualité de ressortissant d'un Etat pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée, l'employeur ne peut être sanctionné s'il s'est assuré que ce salarié disposait d'un document d'identité de nature à en justifier et s'il n'était pas en mesure de savoir que ce document revêtait un caractère frauduleux ou procédait d'une usurpation d'identité.
11. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les trois ressortissants étrangers, contrôlés le 1er mai 2021, étaient en situation de travail dans l'établissement de la société requérante, et qu'ils ne disposaient pas de titres de séjour valides les autorisant à travailler. La société requérante admet, dans ses écritures, qu'elle connaissait la situation au regard du droit du séjour de l'un des salariés, frère du gérant. Si elle soutient qu'elle ignorait la situation des deux autres salariés, qui lui ont présenté de faux papiers d'identité, dont elle n'avait aucun moyen de vérifier l'authenticité, il résulte du rapport de synthèse de l'enquête diligentée par les services de police et des procès-verbaux d'audition du gérant de la boucherie et des salariés contrôlés, que l'un des salariés a envoyé au gérant par l'application WhatsApp la photographie d'une fausse carte d'identité portugaise et lui a également présenté sa carte d'admission à l'aide médicale d'Etat, réservée aux ressortissants étrangers en situation irrégulière, que l'autre salarié a présenté au gérant la photocopie d'une fausse carte d'identité française, et que les deux salariés ont spontanément déclaré que le gérant connaissait leur véritable situation administrative. Dans ces conditions, la société requérante, qui par ailleurs ne soutient pas avoir respecté les obligations découlant de l'article L. 5221-8 du code du travail, ne peut utilement soutenir qu'elle n'était pas en mesure de savoir que les documents d'identité présentés revêtaient un caractère frauduleux. Elle n'est donc pas fondée à invoquer sa prétendue bonne foi. En outre, si elle soutient que l'application de la sanction, compte-tenu de son montant, risquerait d'entraîner la fermeture définitive de la boucherie, elle n'apporte aucune précision ni début de preuve au soutien de cette allégation. Dès lors, le directeur général de l'OFII a pu légalement mettre à la charge de la société KAAS la contribution spéciale pour l'emploi de trois travailleurs étrangers démunis d'autorisation de travail et non autorisés à séjourner en France d'un montant de 54 750 euros.
12. Il résulte de ce qui précède que la décision de l'OFII du 9 septembre 2021 doit être annulée en tant seulement qu'elle inflige à la société KAAS la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement des étrangers dans leur pays d'origine, et la société KAAS doit être déchargée de la somme correspondante de 6 372 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation du titre de perception du 16 novembre 2021 :
13. Aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision de l'OFII du 9 septembre 2021 en tant qu'elle a mis à la charge de la requérante la contribution spéciale n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité du titre de perception en raison de l'illégalité de la décision lui infligeant la contribution spéciale doit être écarté.
14. Il résulte ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du titre de perception du 16 novembre 2021 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de l'OFII du 9 septembre 2021 est annulée en tant qu'elle a infligé à la société KAAS la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement des étrangers dans leur pays d'origine.
Article 2 : La société KAAS est déchargée de la somme de 6 372 euros correspondant à la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement des étrangers dans leur pays d'origine.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société KAAS, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
M. Marthinet, premier conseiller,
Mme Marcus, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
L. Marcus
La présidente,
P. Bailly
Le greffier,
Y. Fadel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2215099/3-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609180
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... C... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger. Le tribunal a jugé que la déclaration de candidature, bien que déposée par courriel avant l'heure limite, n'avait été effectivement reçue et enregistrée par le consulat qu'après cette échéance, constituant ainsi un dépôt hors délai. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article 19 de la loi n°2013-659 du 22 juillet 2013, qui fixe les conditions et délais de dépôt des candidatures.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609330
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de Mme C... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger. Le tribunal a jugé que l'ambassadeur, en situation de compétence liée par la loi du 22 juillet 2013, devait refuser le récépissé définitif car la déclaration de candidature, déposée après l'heure limite locale (18h) et incomplète, ne satisfaisait pas aux conditions impératives de l'article 19 de cette loi. Les moyens invoqués par la requérante, notamment sur la confusion horaire ou les circonstances exceptionnelles, n'ont pas été retenus comme de nature à affecter cette appréciation légale.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609315
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger en Algérie. Le tribunal a jugé que le consul général, agissant en situation de compétence liée, devait légalement refuser l'enregistrement car le dossier complet et conforme a été reçu après l'heure limite de dépôt fixée à 18h par l'article 19 de la loi du 22 juillet 2013. Les moyens invoqués par le requérant, notamment une erreur matérielle dans l'envoi, n'ont pas été retenus pour faire échec à cette obligation de rejet.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609178
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en plein contentieux visant l'annulation du refus d'enregistrement d'une liste candidate aux élections des conseillers des Français de l'étranger pour la circonscription de Monaco. Le tribunal a annulé la décision du chef de poste consulaire, considérant que ce dernier avait excédé son pouvoir de contrôle en vérifiant des conditions non prévues par la loi, telle que l'inscription sur la liste électorale consulaire. La décision s'appuie sur l'article 19 de la loi n°2013-659 du 22 juillet 2013, qui limite strictement les motifs de refus d'enregistrement d'une candidature.
28/03/2026