LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2202182

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2202182

lundi 22 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2202182
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 2e Chambre
Avocat requérantBOUHIZA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2022, M. A D, représenté par Me Bouhiza, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande de reconnaissance du statut d'apatride ;

2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui accorder le statut d'apatride ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il a établi son identité ainsi que le refus des autorités mauritaniennes de le reconnaître comme ressortissant mauritanien.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2022, l'Office français de protection des refugies et apatrides conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 5 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juillet 2023.

Par décision du 10 décembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande présentée par M. D.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides publiée par le décret n° 60-1066 du 4 octobre 1960 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Berland,

- et les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Après avoir indiqué être né le 31 décembre 1992 de parents mauritaniens, M. A D a demandé l'asile en France. Par une décision du 8 octobre 2019, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 11 décembre 2020. M. D a, par la suite, demandé à l'OFPRA, le 19 mai 2021, la reconnaissance de la qualité d'apatride par application des stipulations de la convention de New York du 28 septembre 1954. Par une décision du 3 septembre 2021, dont M. D demande l'annulation, le directeur général de l'OFPRA a rejeté sa demande.

2. En premier lieu, par une décision du 3 mai 2021 du directeur général de l'OFPRA, régulièrement mise en ligne sur le site de l'OFPRA le 4 mai suivant, Mme C B, cheffe du bureau des apatrides, a reçu délégation afin de signer tous actes individuels pris en application de l'article L. 582-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, le rattachement fonctionnel du bureau des apatrides à la division " Europe / Moyen Orient " de l'OFPRA est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que ce bureau est compétent pour toutes les demandes d'apatridie. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention. " Aux termes de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides : " () le terme apatride désigne une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. "

4. Il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve de ce qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'État de la nationalité duquel elle se prévaut a refusé de donner suite à ses démarches.

5. Pour rejeter la demande de reconnaissance de la qualité d'apatride formulée par M. D, le directeur général de l'OFPRA a notamment considéré que les identité et état civil de l'intéressé ne pouvaient être tenus pour établis, qu'à supposer qu'il soit né de l'union de deux Mauritaniens, il entrait dans le champ d'application de la loi n° 1961-112 du 12 juin 1961 portant code de la nationalité mauritanienne modifiée en 2010, et qu'il n'avait pas apporté d'élément probant quant à ses démarches pour être enrôlé lors de la campagne de recensement débutée en 2011.

6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que pour établir son identité et son état civil, M. D a produit devant l'OFPRA une copie d'un acte de naissance, qui n'est pas produite à l'instance, ainsi que le témoignage d'un réfugié mauritanien se déclarant son demi-frère. Toutefois, ces éléments sont insuffisants pour établir son identité et son état-civil. En outre, si M. D produit devant le tribunal un extrait d'acte de naissance obtenu le 10 janvier 2022 auprès du " centre d'accueil des citoyens : France " de l'agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés, cette circonstance, postérieure à la décision attaquée, est sans incidence sur sa légalité. D'autre part, au soutien de l'affirmation que les autorités mauritaniennes refusent de le reconnaître comme un ressortissant mauritanien, alors que, si ses allégations sont établies, il devrait posséder la nationalité mauritanienne en application de la loi n° 1961-112 du 12 juin 1961 portant code de la nationalité mauritanienne modifiée en 2010, M. D se prévaut d'une copie d'attestation de non-recensement, délivrée par l'agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés le 13 août 2020 à Nouakchott, et de démarches qu'il aurait effectuées postérieurement à la décision attaquée. Toutefois, en produisant la seule attestation de non-recensement, M. D n'établit pas avoir effectué des démarches répétées et assidues en vue de se voir reconnaître la nationalité mauritanienne, ni que la Mauritanie aurait refusé, après examen de sa demande, de reconnaître M. D comme son ressortissant. Au demeurant, la cour nationale du droit d'asile a relevé, dans sa décision du 11 décembre 2020, que " l'attestation de non-recensement qu'il verse, en l'absence d'indications sur sa condition d'obtention, ne présente aucune garantie suffisante d'authenticité particulièrement au regard de la date de production de ce document postérieure à son départ de Mauritanie. Par conséquent, elle doit être regardée comme dépourvue de force probante. ". En outre, postérieurement à la décision attaquée, M. D a obtenu de l'agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés un acte de naissance délivré le 10 janvier 2022. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a refusé à M. D le statut d'apatride doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à l'Office français de protection des refugies et apatrides.

Délibéré après l'audience du 8 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Roux, présidente,

Mme Barruel, première conseillère,

Mme Berland, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2024.

La rapporteure,

F. BERLAND

La présidente,

M.-O. LE ROUX La greffière,

F. RAJAOBELISON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

2/4-

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417280

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé les décisions du ministre de la justice refusant un changement de nom. Le juge a estimé que la requérante justifiait d'un intérêt légitime exceptionnel, fondé sur des motifs affectifs, pour porter le nom de son père biologique et affectif, et ce malgré l'existence d'une filiation paternelle légalement établie à l'égard d'un autre homme. La décision s'appuie sur l'article 61 du code civil, qui n'assujettit pas l'intérêt légitime à changer de nom à l'existence d'un lien de filiation avec le porteur du nom sollicité.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402737

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler les arrêtés d'expulsion et de fixation du pays de destination. La juridiction a estimé que le ministre de l'intérieur avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que les condamnations et le comportement agressif de l'intéressé, évoluant vers des menaces à caractère terroriste, constituaient une menace grave pour l'ordre public et portaient atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État. Le tribunal a également jugé que l'arrêté fixant le Maroc comme pays de destination ne méconnaissait pas l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504315

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant chinois condamné pour meurtre, qui demandait l'annulation de son arrêté d'expulsion du 5 décembre 2024. Le tribunal a jugé que le préfet de police était compétent pour signer l'arrêté et que la motivation de la décision, qui invoquait une menace grave pour l'ordre public, était suffisante au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (article L. 631-1) et du code des relations entre le public et l'administration. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, faute d'urgence démontrée.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406377

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Habitat Cavaignac visant à annuler l'arrêté municipal du 17 janvier 2024 refusant la transformation d'un local commercial en meublé de tourisme. La juridiction a jugé que le refus de la Maire de Paris était légal, car il était justifié par la nécessité de protéger l'environnement urbain et l'équilibre entre les fonctions de la ville, conformément au règlement municipal adopté sur le fondement du code du tourisme (articles L. 324-1-1 et R. 324-1-5). La demande d'injonction et de condamnation pécuniaire à l'encontre de la Ville a également été rejetée.

23/03/2026

← Retour aux décisions