jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2202255 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MARCHESSEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 31 janvier 2022 et le 2 août 2022, la SASU AD Expertise et Conseil, représentée par Me Marchesseau, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, respectivement, au titre des années 2017 et 2018 et pour la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société AD Expertise et Conseil soutient que la vérification de comptabilité s'est prolongée au-delà de la durée légale de trois mois.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 août 2022 et 1er juin 2023, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société AD Expertise et Conseil ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Coz,
- les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique.
- et les observations de Me Marchesseau, représentant la société AD Expertise et Conseil.
Considérant ce qui suit :
1. La SASU AD Expertise et Conseil, qui exerce l'activité de conseil en affaires et autres conseils de gestion a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices 2017 et 2018 pour l'impôt sur les sociétés et la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018 pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). L'administration fiscale a rehaussé ses résultats imposables et a mis à sa charge des suppléments d'impôts sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour des montants totaux, en droit et pénalités, respectivement de 23 846 et 40 287 euros. Par la présente requête, la société AD Expertise et Conseil demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur les sociétés et des rappels de TVA ainsi mis à sa charge.
2. Aux termes de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " I. -Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : 1° Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les limites prévues au I de l'article 302 septies A du code général des impôts ; ". Il est constant que le chiffre d'affaires de la société AD Expertise et Conseil est inférieur à la limite de 238 000 euros fixée par l'article 302 septies A du code général des impôts et que, par suite, la durée de vérification sur place des livres ou documents comptables ne pouvait s'étendre sur une durée supérieure à trois mois.
3. Ces dispositions, qui ont notamment pour objet d'alléger les contraintes que fait peser le contrôle fiscal sur la gestion des petites et moyennes entreprises, définissent, au bénéfice des contribuables qu'elles mentionnent, une garantie qui s'oppose à ce que le vérificateur poursuive, au-delà de trois mois à compter du début du contrôle, la vérification des livres ou documents comptables au sein de l'entreprise vérifiée ou, lorsqu'ils ont été apportés par le contribuable ou ont été emportés par le vérificateur avec l'accord du contribuable, dans les locaux de l'administration.
4. Il résulte de l'instruction que la procédure de vérification sur place a débuté le 11 février 2020 et qu'en application de l'article 10 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, le délai ayant été suspendu du 12 mars 2020 au 23 août 2020 inclus, ce délai expirait le 23 octobre 2020. Par un courriel adressé le 5 novembre 2020, faisant suite à une demande initiale des relevés bancaires du 14 septembre 2020 puis à une demande de certains d'entre eux qui n'avaient pas été produits, adressée le 20 octobre 2020, la vérificatrice a de nouveau demandé la production des relevés manquants et précisé qu'elle communiquerait " après instruction de votre réponse " les premières conclusions du contrôle. En procédant ainsi, l'administration a poursuivi la vérification de comptabilité au-delà du délai de trois mois et méconnu l'article L. 52 du livre des procédures fiscales.
5. Il résulte de ce qui précède que la requérante est fondée à obtenir la décharge des cotisations d'impôts sur les sociétés et des rappels de TVA mis à sa charge.
6. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à la société AD Expertise et Conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La société AD Expertise et Conseil est déchargée des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018.
Article 2 : L'Etat versera à la société AD Expertise et Conseil la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SASU AD Expertise et Conseil et à la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
M. Coz, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le rapporteur,
Y. COZ
Le président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./2-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517378
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant malien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'ancienneté et de la stabilité de l'insertion professionnelle du requérant, qui justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2519184
Le Tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant un titre de séjour et imposant une obligation de quitter le territoire à M. B..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que la décision était entachée d'une erreur de droit, notamment en méconnaissant l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 7 de l'accord franco-algérien, en ne tenant pas compte de la situation professionnelle ancienne et régulière du requérant. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
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Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus de renouvellement d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la fixation du pays de renvoi. Le requérant invoquait notamment des vices de procédure, une incompétence de l'autorité signataire, une insuffisance de motivation et une méconnaissance de ses droits au titre de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté la demande de communication du dossier médical, estimant qu'elle relevait d'une procédure distincte, et a annulé les trois décisions attaquées pour vice de procédure, en raison de l'absence de communication au requérant de l'avis médical sur lequel elles se fondaient, méconnaissant ainsi les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur un recours en excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant la reconduite à la frontière d'un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que, l'intéressé n'ayant pas obtenu la reconnaissance de la nationalité française par le tribunal judiciaire, le refus de titre de séjour était légalement fondé. Toutefois, elle a annulé la décision pour erreur de droit, considérant que le préfet n'avait pas examiné la demande à l'aune des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, qui prévoient une admission exceptionnelle au séjour pour motifs humanitaires.
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