jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2202499 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | LERAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er février 2022 et 22 mai 2023,
M. A B, représenté par Me Lerat, demande au Tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir et sous astreintes de 150 euros par jour de retard, la somme totale de 18 120 euros, avec intérêts, en réparation des préjudices que lui ont causé la décision illégale du ministre chargé du budget en date du 15 juin 2015 ainsi que les erreurs de l'administration dans la gestion de son dossier ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'illégalité fautive de la décision 15 juin 2015 qui a fixé, entre 2011 et 2018 les taux d'IPP (incapacité permanente partielle) pour le calcul de son allocation temporaire d'invalidité (ATI) ainsi que les erreurs de régularisation de sa situation et les retards de traitement de la gestion de son dossier ont occasionné des préjudices dont il demande la réparation ;
- son préjudice financier doit être évalué à 5000 euros, ses frais de procédures à 3120 euros et enfin son préjudice moral et ses troubles dans les conditions d'existences à 10 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 avril 2023 et 20 octobre 2023, le ministre de l'économie, des finances et de souveraineté industrielle et numérique, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, les prétentions pécuniaires requérant ayant déjà été satisfaites par le jugement n°1807134 du tribunal administratif de Montreuil du 19 mars 2021 ;
- qu'en tout état de cause, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Feghouli,
- les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique,
- et les observations de Me Sanches, représentant M. B.
Une note en délibéré a été enregistrée le 18 janvier 2024 pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, gardien de la paix depuis le 1er mars 2005, a subi les 7 novembre 2006, 22 novembre 2008, 24 novembre 2010 et 10 janvier 2012 quatre accidents dont l'imputabilité au service a été reconnue. Par un avis en date du 10 mars 2015, la commission de réforme a fixé le taux global d'IPP à 16 % pour la période du 11 septembre 2009 au 10 mai 2011, 19 % pour la période du 11 mai 2011 au 30 juin 2013 et 21 % pour la période du 1er juillet 2013 au 30 juin 2018. Par un arrêté en date du 15 juin 2015, le ministre chargé du budget a retenu les mêmes taux d'IPP pour la détermination de l'ATI attribuée à
M. B pour la période du 11 septembre 2009 au 30 juin 2018. Par un jugement n°1807134 du tribunal administratif de Montreuil en date du 19 mars 2021, cette décision a été annulée et il a été enjoint aux ministres compétents de procéder au réexamen de la situation du requérant. Par la suite, l 'administration a rejeté ses demandes préalables visant à l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de la gestion de son dossier. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 18 120 euros en réparation des préjudices que lui ont causé la décision illégale du ministre chargé du budget en date du 15 juin 2015 ainsi que les erreurs de l'administration dans la gestion de son dossier.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2.Si l'administration oppose une fin de non-recevoir tirée de l'exception de recours parallèle en relevant que le requérant a déjà obtenu la révision de son allocation suite au jugement du tribunal administratif de Montreuil en date du 19 mars 2021, force est de constater que par la présente requête, M. B invoque d'autres postes de préjudice qui n'ont pas donné lieu à indemnisation par l'administration. Dès lors, la fin de non-recevoir invoquée ne peut pas être accueillie.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Il résulte des termes de la requête de M. B, qu'il entend se prévaloir de trois fautes distinctes à savoir, d'une part, l'illégalité fautive de la décision du 15 juin 2015, d'autre part, les erreurs de régularisation de sa situation depuis le 30 juin 2018 et enfin les retards de traitement dans la gestion de son dossier suite au jugement précité du 19 mars 2021.
S'agissant de l'illégalité fautive de la décision du 15 juin 2015 :
4. En principe, toute illégalité commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain.
5.Il résulte de l'instruction et notamment du jugement n°1807134 du tribunal administratif de Montreuil en date du 19 mars 2021 que le ministre de l'intérieur et le ministre de l'économie, des finances et de la relance ont commis une illégalité fautive dans la détermination du taux global d'IPP applicable au requérant pour la période du 11 mai 2011 au 30 juin 2018. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral de M. B, qui n'établit pas avoir subi un autre préjudice financier en lien direct et certain avec cette illégalité, en l'évaluant à la somme de 2000 euros.
S'agissant des erreurs de régularisation de sa situation depuis le 30 juin 2018 :
6. Il résulte de l'instruction, d'une part, que contrairement à ce que soutient le requérant, le jugement n°1807134 du tribunal administratif de Montreuil en date du
19 mars 2021 portant annulation des taux d'IPP retenus par l'administration pour la période du 11 mai 2011 au 30 juin 2018, n'impliquait pas nécessairement un réexamen des taux fixés postérieurement par l'administration et non contestés par M. B. D'autre part, en se bornant à faire valoir que l'administration aurait dû retenir un taux d'IPP de 36% à compter du 1er juillet 2018, sans l'établir, notamment par les pièces versées au dossier, le requérant ne démontre aucune faute de l'administration de nature à engager sa responsabilité.
S'agissant des retards de traitement de la gestion de son dossier et l'exécution du jugement du 19 mars 2021 :
7. En l'espèce, l'administration fait valoir sans être sérieusement contredite que la détermination de la situation médicale du requérant a nécessité de très nombreuses expertises et la réunion à plusieurs reprises de la commission de réforme afin de fixer son taux d'incapacité permanente partielle et la détermination de son allocation temporaire d'invalidité pour la période en cause. Il résulte également de l'instruction que suite au jugement n°1807134 du tribunal administratif de Montreuil en date du 19 mars 2021, le requérant a bénéficié d'une nouvelle allocation temporaire d'invalidité dès le 2 août 2021, laquelle a été mise en paiement le 14 septembre de la même année. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant fait preuve, au regard des difficultés rencontrées, de diligences suffisantes dans la gestion du dossier du requérant et dans l'exécution du jugement n°1807134 du 19 mars 2021. Par suite, aucune inertie fautive de l'administration ne peut être retenue. Il en résulte que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'Etat a commis à ce titre une faute de nature à engager sa responsabilité.
S'agissant des honoraires d'avocat engagés :
8.Les frais de justice, s'ils ont été exposés en conséquence directe d'une faute de l'administration, sont susceptibles d'être pris en compte dans le préjudice résultant de l'illégalité fautive imputable à l'administration. Toutefois, lorsque l'intéressé a fait valoir devant le juge une demande fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le préjudice est intégralement réparé par la décision que prend le juge sur ce fondement. Il n'en va autrement que dans le cas où le demandeur ne pouvait légalement bénéficier de ces dispositions.
9. En l'espèce, M. B ayant pu bénéficier des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cadre de l'instance qui a conduit au jugement précité du tribunal administratif de Paris n°1807134 du 19 mars 2021, sa demande d'indemnisation des frais de justice doit être rejetée en tant qu'elle a trait aux frais engagés à l'occasion de cette précédente procédure contentieuse, alors même qu'il estime que l'ensemble des frais n'a pas été remboursé par la somme attribuée par ce jugement.
10.Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à M. B la somme de 2000 euros en réparation des préjudices nés de l'illégalité de la décision du 15 juin 2015.
Sur les intérêts :
11. La somme de 2000 susvisée portera intérêts au taux légal à compter du 29 septembre 2021, date de réception par de la réclamation préalable adressée par M. B.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement à M. B de la somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser M. B la somme de 2 000 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 29 septembre 2021.
Article 2 : L'Etat versera à M. B et la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
Le rapporteur, Le président,
M. C
La greffière,
C. CHAKELIAN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2311393
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'obligation de verser une indemnité forfaitaire suite à sa démission de la police nationale. Le tribunal a jugé que le requérant ne démontrait pas l'existence de difficultés personnelles graves l'ayant contraint à démissionner, au sens de l'article 9 du décret du 9 mai 1995. Il a considéré que M. B... n'avait pas établi que sa situation familiale et financière rendait impossible la conciliation avec ses obligations professionnelles ou justifiait une dispense de cette indemnité de rupture d'engagement.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418264
Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur trois requêtes d'un agent d'AgroParisTech concernant un titre exécutoire pour redevance de logement de fonction, une demande indemnitaire liée à un transfert, et un licenciement. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation du titre exécutoire, considérant que le logement n'était pas une concession par nécessité absolue de service justifiant la gratuité, en application du code général de la propriété des personnes publiques. Les autres conclusions ont également été rejetées.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431599
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. Le juge a estimé que la décision du préfet de police, fondée sur l'article L. 432-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers, était régulière, suffisamment motivée et ne méconnaissait pas l'article 8 de la CEDH. Il a considéré que le requérant, en raison de son casier judiciaire et de ses signalements, constituait une menace grave pour l'ordre public justifiant le refus.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504435
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante marocaine, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et que la requérante, sollicitant un titre au titre du travail, ne pouvait se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, celles-ci étant écartées par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 qui régit spécifiquement cette matière. Le tribunal a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation et n'avait pas méconnu l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
26/03/2026