LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2202719

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2202719

jeudi 18 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2202719
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET PETAT, FLORY (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 février et 21 décembre 2022, Mme C I, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de ses enfants mineurs, Mme J I, M. E I et M. F I, Mme D I, fille de Mme C I devenue majeure en cours d'instance, et Mme B A, représentées par Me Flory, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs conclusions :

1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) à verser à Mme I, en son personnel et au nom de ses enfants, à titre principal, la somme totale de 715 606,50 euros et, à titre subsidiaire, la somme de 702 563,13 euros, assortie des intérêts au taux légal, à compter du 6 octobre 2021, et de la capitalisation ;

2°) de condamner l'AP-HP à verser à Mme A, à titre principal, la somme totale de 54 619,87 euros et, à titre subsidiaire, la somme de 54 291,88 euros, assortie des intérêts au taux légal, à compter du 6 octobre 2021, et de la capitalisation ;

3°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 7 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elles soutiennent que :

- l'AP-HP a commis une faute en raison du défaut de prise en charge de M. I par l'hôpital Bichat le 16 février 2019 ayant conduit à son décès par embolie pulmonaire massive ;

- l'AP-HP a également commis une faute à raison d'un défaut d'information ;

- la perte de chance d'éviter le décès de M. I devra être fixée à 100 % ;

- à titre principal, le préjudice économique du foyer peut être évalué à 501 120,15 euros, dont 410 137,29 euros s'agissant de la part revenant à Mme C I, 15 423,66 euros s'agissant des pertes de revenus du foyer qui auraient été consacrés à l'éducation et à l'entretien de Mme D I, 18 227,45 euros s'agissant des pertes de revenus du foyer qui auraient été consacrés à l'éducation et à l'entretien de Mme J I, 25 215,88 euros s'agissant des pertes de revenus du foyer qui auraient été consacrés à l'éducation et à l'entretien de M. E I et 29 417,36 euros s'agissant des pertes de revenus du foyer qui auraient été consacrés à l'éducation et à l'entretien de M. F I ;

- à titre subsidiaire, le préjudice économique du foyer peut être évalué à 497 670,15 euros, dont 399 388,40 euros s'agissant de la part revenant à Mme C I, 15 022,80 euros s'agissant des pertes de revenus du foyer qui auraient été consacrés à l'éducation et à l'entretien de Mme D I, 17 753,73 euros s'agissant des pertes de revenus du foyer qui auraient été consacrés à l'éducation et à l'entretien de Mme J I, 24 560,53 euros s'agissant des pertes de revenus du foyer qui auraient été consacrés à l'éducation et à l'entretien de M. E I et 28 652,81 euros s'agissant des pertes de revenus du foyer qui auraient été consacrés à l'éducation et à l'entretien de M. F I ;

- le préjudice économique de Mme B A peut être évalué à 12 619,87 euros à titre principal et 12 291,88 euros à titre subsidiaire ;

- le préjudice pour les frais d'obsèques, en tant qu'ils incluent les frais de rapatriement aux Comores, s'élève à 3 786,86 euros ;

- les frais de transports exposés entre le 1er et le 13 mars 2019 pour se rendre aux Comores, dans le prolongement du décès de M. I, s'élèvent à 3 398 euros ;

- le préjudice d'affection peut être évalué pour chacun à 40 000 euros ;

- le préjudice d'impréparation peut être évalué pour chacun à 2 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, l'AP-HP conclut :

1°) à ce que le taux de perte de chance soit évalué à 75 %, à ce que les prétentions de Mme I et de Mme A soient ramenées à de plus justes proportion et à ce que les sommes demandées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soient réduites ;

2°) au rejet de la demande formulée par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris au titre du remboursement du capital décès.

L'AP-HP soutient que :

- elle n'entend pas contester sa responsabilité quant aux manquements qui lui sont reprochés dans le cadre de la prise en charge de M. I ;

- il convient de retenir un taux de perte de chance d'éviter le décès de 75 % ;

- aucune faute ne peut imputée à l'AP-HP à raison d'un défaut d'information en l'absence de tout élément permettant de l'établir ;

- une somme de 379 618,53 euros pourra être allouée à la famille de M. I au titre du préjudice économique du foyer ;

- une somme de 2 839,50 pourra être allouée à la famille de M. I au titre du des frais d'obsèques ;

- une somme de 25 000 euros pourra être allouée à chacun des ayants droit de M. I au titre de leur préjudice d'affection ;

- aucune somme ne pourra leur être versée au titre du préjudice d'impréparation dès lors qu'aucune preuve d'un défaut d'information n'est apportée ;

- la demande formulée par la CPAM de Paris au titre du capital décès versé à M. I sera rejetée dès lors qu'aucun élément ne permet de justifier que l'intéressé pouvait y prétendre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, la CPAM de Paris demande au tribunal :

1°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 3 450 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa demande, et capitalisation des intérêts ;

2°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pény,

- les conclusions de M. Cicmen, rapporteur public,

- et les observations de Me Nicolas, se substituant à Me Flory, pour Mme C I, Mme D I et Mme B A.

Considérant ce qui suit :

1. M. I, né le 26 avril 1974, s'est rendu, le 11 février 2019, chez son médecin traitant au sein du Centre médical Europe à Paris (75009), à la suite de vertiges associés à des palpitations. Le 16 février, alors qu'il s'y rendait à nouveau en raison de la persistance de palpitations, il a été victime d'un malaise nécessitant l'intervention de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris et a été transporté aux urgences de l'hôpital Bichat de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP). A l'issue des examens réalisés, M. I a été autorisé à quitter l'établissement, à 20 heures 38. Le lendemain, 17 février 2019 au matin, il a été victime d'un nouveau malaise avec arrêt cardio-respiratoire, qui a conduit à une nouvelle intervention de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, puis à celle de la structure mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) de l'hôpital Lariboisière. En dépit des tentatives de réanimation de l'équipe médicale du SMUR, M. I est décédé le 17 février 2019, à 5 heures 20, en raison d'une embolie pulmonaire bilatérale massive.

2. Par une ordonnance du vice-président du tribunal du 2 juin 2021, le Dr G, anesthésiste réanimateur, a été désigné pour procéder à une expertise. L'expert a remis son rapport le 15 mars 2021. Mme C I, épouse de M. I, a adressé à l'AP-HP une demande préalable, réceptionnée le 6 octobre 2021. Cette demande a été implicitement rejetée. Par la présente requête, Mme I, agissant en son nom propre et en ceux de ses enfants mineurs, Mme J I, née le 14 février 2007, M. E I, né le 6 mai 2011, et M. F I, né le 3 mars 2014, Mme D I, née le 31 août 2004, mineure au moment de l'introduction de l'instance et devenue majeure au cours de celle-ci, et Mme B A, fille de Mme I née le 18 juillet 2002 et vivant au sein du foyer, demandent l'indemnisation de leurs préjudices à raison des fautes commises par l'AP-HP ayant conduit au décès de leur mari, père et beau-père.

Sur la responsabilité de l'AP-HP :

En ce qui concerne le défaut de prise en charge et de diagnostic :

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". En vertu de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales () ".

4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du Dr G, qu'au cours de la prise en charge de M. I à l'hôpital Bichat le 16 février 2019, l'électrocardiogramme alors réalisé s'est révélé anormal, sans pour autant donner lieu à la réalisation d'un bilan sanguin avec dosage des D-dimères et de la troponine ni d'un angioscanner thoracique. Ce même rapport relève que le médecin urgentiste a uniquement contacté un cardiologue par téléphone, sans que ce dernier ne prenne connaissance de l'électrocardiogramme, et que le diagnostic d'embolie pulmonaire n'ayant pas été envisagé en raison de la mauvaise interprétation de cet examen, le décès était " inévitable ". Au regard de ces éléments, les requérantes sont fondées à soutenir que l'AP-HP a commis une faute diagnostique dans le cadre de la prise en charge de M. I à l'hôpital Bichat. Cette faute présentant un lien direct et certain avec le décès de M. I, elles sont également fondées à soutenir que la responsabilité de l'AP-HP est engagée.

En ce qui concerne le défaut d'information :

5. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. ".

6. Lorsque l'acte médical envisagé, même accompli conformément aux règles de l'art, comporte des risques connus de décès ou d'invalidité, le patient doit en être informé dans des conditions qui permettent de recueillir son consentement éclairé. Si cette information n'est pas requise en cas d'urgence, d'impossibilité, de refus du patient d'être informé, la seule circonstance que les risques ne se réalisent qu'exceptionnellement ne dispense pas les praticiens de leur obligation. Un manquement des médecins à leur obligation d'information engage la responsabilité de l'hôpital dans la mesure où il a privé le patient d'une chance de se soustraire au risque lié à l'intervention en refusant qu'elle soit pratiquée. C'est seulement dans le cas où l'intervention était impérieusement requise, en sorte que le patient ne disposait d'aucune possibilité raisonnable de refus, que l'existence d'une perte de chance peut ne pas être reconnue.

7. Le principe selon lequel la souffrance morale endurée par un patient ouvre droit à réparation lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences d'une intervention dont le risque de réalisation n'a pas été porté à sa connaissance, ne trouve à s'appliquer qu'à la suite de la méconnaissance par les médecins de leur obligation d'information résultant des dispositions de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique citées ci-dessus. Tel n'est pas le cas lorsqu'un praticien, à la suite d'un retard de prise en charge ou d'une erreur de diagnostic, n'informe pas un patient d'une situation dont, en raison de cette erreur, il n'avait pas connaissance. L'erreur ainsi commise constitue une faute médicale et non une méconnaissance de l'obligation d'information. Par suite, les conclusions des requérantes tendant à l'indemnisation du préjudice d'impréparation de M. I, à la suite de la méconnaissance par l'AP-HP de son devoir d'information, ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne la perte de chance :

8. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou du traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

9. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'absence de diagnostic d'une embolie pulmonaire explique le décès ultérieur de M. I, même si l'évolution de son état était difficile à anticiper dans l'hypothèse d'une prise en charge conforme. L'AP-HP fait valoir que l'absence de douleurs thoraciques, relevée par la brigade de sapeurs-pompiers dans son compte rendu d'intervention du 16 février 2019, l'âge et le profil du patient ainsi que la symptomatologie initiale de vertiges, ne permettaient pas de suspecter une embolie pulmonaire. Il résulte cependant de l'instruction, d'une part, que l'électrocardiogramme réalisé aux urgences de l'hôpital Bichat présentait un caractère anormal, et que sa correcte interprétation aurait dû donner lieu, dans le cadre d'une prise en charge adaptée, à la réalisation d'un bilan sanguin avec dosage des D-dimères et de la troponine et d'un angioscanner thoracique et, d'autre part, que l'avis cardiologique externe effectué par voie téléphonique, sans lecture directe de l'examen, n'a pas non plus permis de détecter les troubles cardiaques de M. I. Si les requérantes demandent qu'aucun taux de perte de chance ne soit appliqué en l'espèce, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit, que l'évolution de l'état de santé de M. I, même en cas de prise en charge conforme, présentait une incertitude. Toutefois, en l'absence d'état antérieur, M. I ne présentant pas d'antécédent pathologique cardiovasculaire connu, et au regard du défaut de prise en charge caractérisé dont il a été victime, il y a lieu de retenir un taux de perte de chance non pas de 75 % comme le demande l'AP-HP, mais de 95 %.

Sur les préjudices :

10. En application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction résultant de la loi du 21 décembre 2006 relative au financement de la sécurité sociale, le juge saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et du recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime ou, le cas échéant, de ce que cette responsabilité n'est engagée que dans la limite d'une perte de chance pour la victime d'obtenir une amélioration ou d'éviter une aggravation de son état. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale.

11. Les ayants droit de M. I, et Mme A, ainsi qu'il a été dit au point 4, ont droit à la réparation de leurs préjudices. Il y a donc lieu de statuer poste par poste sur ces préjudices et sur les droits des victimes indirectes, conformément aux dispositions précitées. Il y a également lieu de statuer sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux des victimes indirectes :

S'agissant des frais d'obsèques :

12. Mme C I demande l'indemnisation des frais de transfert de la dépouille de son époux vers les Comores, où celui-ci a été inhumé. Ces frais étant justifiés par une facture établie le 26 février 2019 pour un montant de 3 786,86 euros acquitté par Mme C I, il y a lieu de condamner l'AP-HP à verser à celle-ci, en son nom propre, la somme de 3 597,52 euros après application du taux de perte de chance.

S'agissant des frais de transport :

13. Mme C I demande l'indemnisation des frais de transport qu'elle a exposés pour se rendre aux Comores par avion avec ses enfants afin d'assister à l'inhumation de son époux pour un montant total de 3 200 euros, ainsi que de trajets en train entre Paris et Nice liés au décès de celui-ci pour un montant total de 198 euros. Toutefois, si elle produit des factures de billet d'avion pour des montants respectifs de 770 euros, 800 euros et 890 euros, celle de ce dernier montant de 890 euros concerne le voyage d'une dénommée Amina Kaou, sans justification du déplacement de cette personne, d'une part, et elle n'apporte aucun élément de nature à établir le lien entre le décès de son époux et les trajets entre Paris et Nice, d'autre part. Il n'y a donc lieu de condamner l'AP-HP à indemniser Mme C I qu'à hauteur de la somme de 1 570 euros, soit 1 491,50 euros après application du taux de perte de chance.

S'agissant de la perte de revenus pour la période jusqu'à la date du jugement :

14. Le préjudice économique subi, du fait du décès d'un patient, par les ayants droit appartenant au foyer de celui-ci, est constitué par la perte des revenus de la victime qui étaient consacrés à l'entretien de chacun d'eux, en tenant compte du montant, évalué à la date du décès, de leurs propres revenus éventuels, à moins que l'exercice de l'activité professionnelle dont ils proviennent ne soit la conséquence de cet événement, et, enfin, des prestations à caractère indemnitaire susceptibles d'avoir été perçues par les membres survivants du foyer en compensation du préjudice économique qu'ils subissent. En outre, l'indemnité allouée aux enfants de la victime décédée est déterminée en tenant compte de la perte de la fraction des revenus de leur parent décédé qui aurait été consacrée à leur entretien jusqu'à ce qu'ils aient atteint au plus l'âge de vingt-cinq ans.

15. Il résulte de l'instruction que M. I avait perçu un revenu de référence de 18 568 euros en 2017 et de 18 792 euros en 2018, soit une moyenne de 18 680 euros. Pour les mêmes années, les revenus annuels de Mme C I se sont établis à une moyenne de 14 730 euros. Le montant moyen des revenus des époux atteignait donc 33 410 euros au cours de cette période. Il y a lieu de déduire de ce montant la part d'autoconsommation de la victime, qui peut en l'espèce être fixée à 15 %, soit 5 011,50 euros. La perte de revenus s'établit par suite à la somme de 28 398,50 euros, de laquelle il convient de déduire les revenus moyens de Mme I sur la période. La perte de revenus du foyer peut ainsi être évaluée à la somme de 13 668,50 euros par an, soit, après prise en compte du taux de perte de chance, 12 985 euros. Dès lors, pour la période allant de février 2019 au 31 décembre 2023, il y a lieu d'évaluer l'indemnité à verser aux ayants droit de M. I et à Mme A, fille de Mme I qui vivait au sein de leur foyer depuis dix-sept ans, à une somme arrondie de 63 843 euros, correspondant au préjudice économique du foyer. Par ailleurs, les sommes versées par le groupe Klesia au titre de rentes d'éducation, ne revêtent pas un caractère indemnitaire, et peuvent être acquises indépendamment des réparations dues par l'auteur de l'accident et n'ont donc pas à être déduites du montant de l'indemnité due aux victimes indirectes. Dès lors il n'y a pas lieu de déduire de ce poste de préjudice ces rentes d'éducation.

16. La part de Mme I étant fixée à 50 % et celle des quatre enfants de M. I, ainsi que sa belle-fille, Mme A, à 10 %, le préjudice subi par Mme C I est égal à 31 921,45 euros et celui de chacun des enfants du défunt et de Mme A, à 6 384,30 euros, au titre de cette période.

S'agissant des pertes de revenus futurs :

17. Il y a lieu d'allouer à Mme C I, à compter du 11 janvier 2024, en réparation des pertes de revenus du foyer et jusqu'à l'âge légal de départ à la retraite qui aurait été applicable en l'absence de décès de M. I, notamment en tenant compte de l'évolution future de la législation, une rente annuelle dont le montant sera calculé sur la base d'un salaire mensuel net qui peut être évalué à 1 600 euros, soit un revenu annuel de 19 200 euros. Compte tenu des revenus annuels de Mme I, d'un montant de 16 674 euros en 2021, les revenus annuels du foyer auraient pu être évalués, à compter de 2024, à la somme de 35 874 euros. Il convient de déduire la part d'autoconsommation de la victime, évaluée à 15 %, soit 5 381 euros. La perte de revenus annuels s'établit, par suite, à 30 493 euros, de laquelle il convient de déduire les revenus de Mme I en 2021. La perte de revenus du foyer peut ainsi être évalué à 13 819 euros par an, soit 13 128 euros après prise en compte du taux de perte de chance. Après application de l'euro de rente temporaire applicable dans le cas d'un homme qui aurait été âgé de 49 ans au 1er janvier 2024, et qui aurait pris sa retraite à l'âge de 65 ans, soit 15,247 selon le barème de capitalisation 2022 de la " Gazette du Palais ", le préjudice de l'ensemble du foyer est égal à la somme arrondie de 200 163 euros pour la période courant à compter du 1er janvier 2024, de laquelle il convient de déduire de ce montant le capital-décès de 3 450 euros versé par la CPAM. Le montant du préjudice économique du foyer s'établit donc à 196 713 euros.

18. S'agissant du préjudice économique propre à Mme B A, née le 18 juillet 2002, et qui a vécu au sein du foyer formé par sa mère et son beau-père pendant près de dix-sept ans, il doit être évalué, depuis la date du présent jugement et jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge de vingt-cinq ans, selon la part fixée à 10 % de consommation des revenus annuels du foyer, soit 1 312,80 euros par an, et par référence à l'euro de rente temporaire applicable, soit 3,998. Le préjudice économique personnel de Mme B A s'élève, par suite, à la somme de 5 248,57 euros.

19. S'agissant du préjudice économique propre à Mme D I, née le 31 août 2004, il doit être évalué, depuis la date du présent jugement et jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge de vingt-cinq ans, selon la part fixée à 10 % de consommation des revenus annuels du foyer, soit 1 312,80 euros par an, et par référence à l'euro de rente temporaire applicable, soit 5,996. Le préjudice économique personnel de Mme D I s'élève, par suite, à la somme de 7 871,54 euros.

20. S'agissant du préjudice économique propre à Mme J I, née le 14 février 2007, il doit être évalué, depuis la date du présent jugement et jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge de vingt-cinq ans, selon la part fixée à 10 % de consommation des revenus annuels du foyer, soit 1 312,80 euros par an, et par référence à l'euro de rente temporaire applicable, soit 8,993. Le préjudice économique personnel de Mme J I s'élève, par suite, à la somme de 11 806 euros.

21. S'agissant du préjudice économique propre à M. E I, né le 6 mai 2011, il doit être évalué, depuis la date du présent jugement et jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de vingt-cinq ans, selon la part fixée à 10 % de consommation des revenus annuels du foyer, soit 1 312,80 euros par an, et par référence à l'euro de rente temporaire applicable à l'âge atteint par l'intéressé en 2024, née le 6 mai 2011, soit 12,975. Le préjudice économique personnel de M. E I s'élève, par suite, à la somme de 17 033 euros.

22. S'agissant du préjudice économique propre à M. F I, né le 3 mars 2014, il doit être évalué, depuis la date du présent jugement et jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de vingt-cinq ans, selon la part fixée à 10 % de consommation des revenus annuels du foyer, soit 1 312,80 euros par an, et par référence à l'euro de rente temporaire applicable, soit 15,972. Le préjudice économique personnel de M. F I s'élève, par suite, à la somme de 20 968 euros.

23. S'agissant, enfin, du préjudice économique propre à Mme C I, il doit être fixé à la somme de 133 785,89 euros, résultant de la déduction des sommes arrêtées aux points 18 à 22 de la somme de 196 713 euros déterminée au point 17.

S'agissant du préjudice de retraite :

24. Mme I demande que le préjudice économique subi par le foyer soit indemnisé pour la période postérieure à la date à laquelle la victime aurait perçu une pension de retraite. Toutefois, d'une part, eu égard au caractère éloigné de la date de retraite de son mari, qui était âgé de 45 ans à la date de son décès, ainsi qu'à l'âge de Mme I, à la date du présent jugement, il n'apparaît pas possible, en l'état de l'instruction de déterminer le montant de la pension de retraite auquel M. I aurait pu prétendre. D'autre part, étant donné l'incertitude quant au montant de la pension de retraite que percevra Mme I, il n'est pas non plus possible, en l'état de l'instruction, de déterminer avec suffisamment de précision l'étendue de ce poste de préjudice à la date du présent jugement. Dans ces conditions, il y a lieu de réserver ce poste de préjudice jusqu'à la date de retraite de Mme I.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux des victimes indirectes :

S'agissant du préjudice d'affection :

25. D'une part, eu égard au caractère traumatisant du décès et au manquement imputable à l'AP-HP dans la prise en charge de M. I, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de Mme I, et de ses enfants mineurs, Mme K, M. E I et M. F I, ainsi que de sa fille désormais majeure, Mme D I, en l'évaluant à la somme de 30 000 euros pour chacun, soit 28 500 euros après application du taux de perte de chance.

26. D'autre part, pour les mêmes motifs, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par Mme B A, fille de Mme I, et qui a vécu au sein du foyer formé par sa mère et son beau-père pendant près de dix-sept ans ainsi qu'il a déjà été indiqué, en évaluant à 25 000 euros la somme destinée à le réparer, soit 23 750 euros après application du taux de perte de chance.

S'agissant du préjudice d'impréparation :

27. Ainsi qu'il a été dit au point 7, en l'absence de méconnaissance de l'obligation d'information, les requérantes ne sont pas fondées à demander la réparation d'un préjudice d'impréparation.

28. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'AP-HP à verser à Mme C I, en son nom propre, la somme arrondie de 199 296 euros, à Mme C I au nom de ses enfants mineurs Mme J I, M. E I et M. F I, les sommes arrondies respectives de 46 690 euros, 51 917 euros et 55 852 euros, à Mme D I la somme arrondie de 42 756 euros et à Mme B A la somme arrondie de 35 383 euros, et de réserver, jusqu'à la date de retraite de Mme C I, le préjudice économique de celle-ci correspondant à d'éventuelles pertes de droits à pension du fait du décès de son mari.

Sur les droits de la CPAM de Paris :

29. Il résulte de l'instruction que la CPAM de Paris justifie avoir versé à Mme I un capital décès de 3 450 euros, soit 3 277,50 euros, après application du taux de perte de chance. Par suite, la CPAM de Paris est fondée à obtenir le remboursement de cette somme.

Sur les intérêts :

30. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

31. D'une part, les sommes allouées aux requérantes par le présent jugement porteront intérêt au taux légal à compter du 6 octobre 2021, date de réception de la première demande préalable. Les intérêts de cette somme échus à la date du 6 octobre 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

32. D'autre part, il y a lieu de faire droit aux conclusions de la CPAM de Paris tendant à ce que la somme qui lui a été allouée porte intérêts au taux légal à compter du 21 novembre 2022, date d'enregistrement de son mémoire. Les intérêts de cette somme échus à la date du 21 novembre 2023, puis à chaque échéance annuelle éventuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

33. En vertu de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () / Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. / () / En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. / () ". En vertu de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale, le montant maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion est de 1 191 euros.

34. La CPAM de Paris obtenant le remboursement, par le présent jugement, de la somme de 3 277,50 euros, il y a lieu, par suite, de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 1 092,50 euros en application de ces dispositions.

Sur les frais d'expertise :

35. Par une ordonnance du 2 juin 2021 du vice-président du tribunal, les frais et honoraires de l'expertise ont été liquidés et taxés à la somme de 1 950 euros. Ces frais doivent être mis à la charge définitive de l'AP-HP.

Sur les frais liés au litige :

36. Il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 2 000 euros au bénéfice de Mme C I, Mme D I et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme C I, en son nom propre, la somme de 199 296 euros. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 6 octobre 2021. Ces sommes seront capitalisées à compter du 6 octobre 2022.

Article 2 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme C I, au nom de Mme J I, la somme de 46 690 euros. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 6 octobre 2021. Ces sommes seront capitalisées à compter du 6 octobre 2022.

Article 3 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme C I, au nom de M. E I, la somme de 51 917 euros. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 6 octobre 2021. Ces sommes seront capitalisées à compter du 6 octobre 2022.

Article 4 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme C I, au nom de M. F I, la somme de 55 852 euros. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 6 octobre 2021. Ces sommes seront capitalisées à compter du 6 octobre 2022.

Article 5 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme D I la somme de 42 756 euros. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 6 octobre 2021. Ces sommes seront capitalisées à compter du 6 octobre 2022.

Article 6 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme B A la somme de 35 383 euros. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 6 octobre 2021. Ces sommes seront capitalisées à compter du 6 octobre 2022.

Article 7 : Il y a lieu de réserver, jusqu'à la date de retraite de Mme C I, le préjudice économique de l'intéressée correspondant à d'éventuelles pertes de droits à pension du fait du décès de son mari, M. H I.

Article 8 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 3 277,50 euros en remboursement des dépenses engagées pour M. I, assortie des intérêts au taux légal à compter du 21 novembre 2022.

Article 9 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à Mme C I, à Mme D I et à Mme A la somme globale de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 10 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 1 092,50 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 11 : Les frais de l'expertise, d'un montant total de 1 950 euros, sont mis à la charge définitive de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.

Article 12 : Le surplus des conclusions la requête est rejeté.

Article 13 : Le présent jugement sera notifié à Mme C I, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de ses enfants mineurs, Mme J I, M. E I et M. F I, à Mme D I, à Mme B A, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.

Copie en sera adressée à l'expert.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Delesalle, président,

- M. Pény, premier conseiller,

- M. Doan, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.

Le rapporteur,

A. Pény

Le président,

H. Delesalle

La greffière,

A. Cardon

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2202719/6-3

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525597

**Sujet principal** : La requérante, une ressortissante salvadorienne, demande l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour et l'injonction au préfet de police de lui délivrer un titre. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (6e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requête dirigée contre un rejet implicite est irrecevable, car un refus exprès (un arrêté du 25 mars 2025) avait déjà été notifié. Le tribunal considère que les moyens au fond, invoquant notamment les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du CESEDA, ne sont pas de nature à justifier la délivrance d'un titre. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4, ainsi que le code de justice administrative.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524412

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait les décisions du préfet du Val-de-Marne l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour douze mois. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui était entré et séjournait irrégulièrement en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la Convention européenne des droits de l'homme et l'accord franco-algérien de 1968.

19/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2414908

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en excès de pouvoir concernant la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris pour une infection nosocomiale survenue après une intervention chirurgicale. La juridiction a reconnu la responsabilité de l'établissement et a procédé à une évaluation des préjudices du requérant, en se fondant notamment sur une expertise médicale ordonnée par le tribunal. La décision implicite de rejet de la demande d'indemnisation est annulée, et l'AP-HP est condamnée à verser une indemnité, dont le montant est déterminé par le tribunal en application des principes de responsabilité administrative.

19/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419249

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. La juridiction a jugé que le recours contre la décision implicite de rejet était devenu sans objet, une décision expresse de rejet ayant été prise avant l'introduction de la requête et le recours contre cette dernière ayant fait l'objet d'un désistement. Le tribunal s'est fondé sur les règles de procédure du code de justice administrative pour constater l'irrecevabilité, sans avoir à examiner le fond du litige.

19/03/2026

← Retour aux décisions