vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2202931 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | GOUDARZIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 février 2022, M. A B, représenté par Me Goudarzian, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser la somme de 72 999,54 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis ;
2°) d'enjoindre à l'AP-HP de lui remettre son dossier médical sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'AP-HP a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité, d'une part, en ne l'ayant pas informé avant la pose du clou fémoral le 21 juillet 2021 du délai pour procéder à son ablation, d'autre part, en ne l'informant pas du délai de retrait de la plaque fémorale posée le 7 février 2019 et, enfin, de l'absence de communication de son dossier médical ;
- il est fondé, au titre des fautes tenant au défaut d'information, à obtenir les sommes de 4 134,67 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 8 900 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, de 8 000 euros au titre des souffrances endurées, de 4 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, de 3 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent, de 1 780 euros au titre du préjudice d'agrément, de 6 837,37 euros au titre des pertes de gains professionnels actuelles, de 3 847,50 euros au titre des frais divers, de 20 000 euros au titre de l'incidence professionnelle et de 10 000 euros au titre des dépenses de santé future ; il est également fondé, au titre de la faute tenant à l'absence d'accès à son dossier médical, à obtenir la somme de 2 000 euros et la remise de son dossier sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
La requête a été communiquée à l'AP-HP et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris qui n'ont pas produit de mémoire.
La clôture de l'instruction est intervenue le 24 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rezard, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a subi un accident de moto ayant causé une fracture diaphysaire fémorale droite à la suite de quoi il a fait l'objet d'une première intervention le 21 juillet 2011 à l'hôpital Lariboisière, établissement relevant de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), consistant en une ostéosynthèse avec pose d'un clou fémoral droit. Du fait de douleurs à la hanche, il est repris en charge le 5 février 2019 et fait l'objet d'une seconde intervention le 7 au cours de laquelle lui est retiré le clou et est pratiquée une ostéosynthèse par plaque et cercles. Par courrier du 21 février 2019 l'intéressé a présenté une demande d'indemnisation à l'AP-HP qui n'y a pas donné suite. L'intéressé a saisi le juge des référés du tribunal, lequel a confié une expertise au docteur C, chirurgien orthopédiste. Le rapport d'expertise a été remis le 6 juillet 2020. M. B a demandé au tribunal la condamnation de l'AP-HP à l'indemniser des préjudices subis en lien avec les suites de l'intervention du 7 février 2019 du fait de fautes de l'AP-HP tenant à un défaut d'information avant la réalisation de l'intervention du 7 février 2019 et à l'absence de communication de son dossier médical. Sa requête a été rejetée par un jugement n° 1911197 du 26 novembre 2020, confirmé par la cour administrative d'appel dans un arrêt n° 20PA03622 du 14 octobre 2021 qui rejette aussi la demande comme irrecevable, faute de liaison du contentieux, s'agissant d'une nouvelle faute tenant au défaut d'information avant l'intervention du 21 juillet 2011. M. B a déposé une nouvelle demande indemnitaire le 19 octobre 2021 mentionnant les différentes fautes invoquées devant la cour administrative d'appel, à laquelle l'AP-HP n'a pas répondu. Par sa requête, il demande la condamnation de l'AP-HP à lui verser 72 999,54 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait des défauts d'information des 21 juillet 2011 et du 7 février 2019 et de l'absence de communication de son dossier médical et à ce qu'il soit enjoint à l'AP-HP de lui communiquer ce dossier sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur la responsabilité :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le délai habituel d'ablation d'un clou fémoral droit analogue à celui posé sur le patient le 21 juillet 2011 est d'un à deux ans et que, passé ce délai, les conditions d'ablation sont de plus en plus difficiles, ce qui augmente le risque que l'intervention comporte des répercussions sur l'état de santé du patient. Il résulte de l'instruction que l'AP-HP n'a pas informé M. B du fait que l'intervention du 21 juillet 2011 rendait nécessaire la réalisation d'une nouvelle intervention aux fins de procéder à l'ablation du clou dans un délai d'un à deux ans et ne s'est pas assurée qu'une telle intervention puisse être programmée dans le délai imparti. De ce fait, l'AP-HP a commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Il résulte de l'instruction que si le clou avait été extrait dans ce délai, et pas plus de sept ans plus tard, le 7 février 2019, comme cela a finalement été le cas, l'intéressé aurait évité la survenue du dommage résultant de cette seconde intervention. Il suit de là que cette faute porte en elle l'intégralité de ce dommage. L'intéressé est par conséquent fondé, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fautes qu'il invoque à l'origine, selon lui, du même dommage, à demander la condamnation de l'AP-HP à réparer entièrement les préjudices en résultant.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique : " Toute personne a accès à l'ensemble des informations concernant sa santé détenues, à quelque titre que ce soit, () par des établissements de santé () Elle peut accéder à ces informations () et en obtenir communication, () au plus tard dans les huit jours suivant sa demande et au plus tôt après qu'un délai de réflexion de quarante-huit heures aura été observé () ".
4. Il résulte de l'instruction que M. B a sollicité la communication de son dossier médical à l'AP-HP à trois reprises, les 21 février 2019, 21 octobre 2019 et 19 octobre 2021, sans obtenir de réponse de sa part. S'il est constant qu'il a pu tout de même prendre connaissance de ce dossier médical à l'occasion des opérations d'expertise, l'expert, qui a eu accès au dossier, indiquant avoir procédé à son examen de façon contradictoire, le droit institué par les dispositions précitées de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique implique non seulement l'accès du patient aux informations concernant sa santé détenues par un établissement de santé mais également la communication de ces informations et des documents qui les consignent par cet établissement. L'AP-HP, qui n'a pas produit de mémoire en défense, ne conteste pas les allégations du requérant selon lesquelles il n'a jamais obtenu copie des documents constituant son dossier médical. Par suite, elle a commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Il y a lieu, dès lors, de la condamner à réparer les préjudices, distincts du dommage résultant de l'intervention du 7 février 2019, qui présentent un lien direct et certain avec cette faute.
Sur l'évaluation des préjudices :
En ce qui concerne l'intervention du 7 février 2019 :
5. Il résulte de l'instruction que la consolidation de l'état de santé de la victime, née le 17 octobre 1991, est intervenue le 5 décembre 2019, alors qu'elle était âgée de vingt-neuf ans.
S'agissant des préjudices permanents :
Quant aux frais divers :
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de la victime suite aux difficultés d'ablation de son clou fémoral droit nécessitait une assistance par tierce personne à raison de deux heures par jour pendant trois mois, du 27 février 2019, date de la fin de sa prise en charge pour rééducation, au 27 mai 2019. La circonstance que l'aide ait été apportée par les parents de la victime est sans incidence sur le droit à indemnisation de cette dernière. En retenant, pour la période concernée, une somme de 20,50 euros par heure, prenant en compte les charges sociales et les congés et jours fériés, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 3 690 euros au titre de ce poste de préjudice.
Quant aux pertes de gains professionnels actuels :
7. Il résulte de l'instruction que le requérant, qui exerçait des fonctions d'encadrement au sein d'un établissement de la société Planet Sashimi, disposait d'un traitement mensuel net moyen avant l'intervention du 7 février 2019 de 1 801 euros et qu'il a bénéficié d'indemnités journalières à hauteur de 8 505,03 euros, pendant la période comprise entre cette intervention et la reprise, le 5 décembre 2019, de son activité professionnelle. L'expert indique par ailleurs qu'il aurait dû subir un arrêt de travail d'une durée d'un mois si le clou fémoral droit avait été extrait dans le délai habituel d'un ou deux ans. Dans ces conditions, M. B est fondé à obtenir la réparation de son préjudice égal à son traitement mensuel net moyen rapporté à la période d'arrêt de travail à compter de la fin du mois suivant l'intervention, déduction faite des indemnités journalières, ce qui correspond à une somme globale de 8 500 euros. Il y a lieu de condamner l'AP-HP à lui verser cette somme au titre de ce poste de préjudice.
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
8. Il résulte de l'instruction que la victime a subi un déficit fonctionnel total pour les périodes comprises entre le 7 et le 27 février 2019, correspondant à ses périodes de prise en charge en établissement de santé, et des déficits fonctionnels partiels à hauteur de 50 % entre le 28 février et le 1er septembre 2019, à hauteur de 25 % entre le 2 et le 23 septembre 2019 et de 10 % entre le 24 septembre et le 5 décembre 2019 alors que, si l'intéressé avait pu faire procéder à l'ablation du clou fémoral dans le délai d'un à deux ans, il n'aurait subi qu'un déficit fonctionnel total de cinq jours et un déficit fonctionnel partiel de 50 % pendant dix-sept jours, de 25 % pendant trente-et-un jours et de 10 % pendant cent-vingt-trois jours. Par suite, en retenant une indemnité journalière de 20 euros par jour pour un déficit fonctionnel total, il sera fait une juste évaluation de ce poste de préjudice, au regard des périodes et du taux retenus, déduction faite du déficit fonctionnel temporaire que la victime aurait subi en l'absence de toute faute, en lui accordant 1 950 euros. Il y a lieu de condamner l'AP-HP à la lui verser.
Quant aux souffrances endurées :
9. Il résulte du rapport d'expertise que les souffrances endurées par la victime, tenant notamment à l'intervention chirurgicale, à la durée de son hospitalisation et de sa rééducation subséquente, peuvent être évaluées à 3,5 sur une échelle de 1 à 7, dont une fraction de 2,5 aurait été subie par elle, même en l'absence de toute faute. Il y a en conséquence lieu d'allouer au requérant, pour ce poste de préjudice, la somme de 1 100 euros, mise à la charge de l'AP-HP.
Quant au préjudice esthétique temporaire :
10. Il résulte de l'instruction que la victime a connu des troubles de la motricité à la suite de l'intervention du 7 février 2019, caractérisant un préjudice esthétique temporaire que l'expert évalue à 2,5 sur une échelle de 1 à 7 entre le 1er avril et le 23 septembre 2019 alors qu'il aurait seulement été de 2 sur 7 pendant une durée de quinze jours si le clou fémoral avait été retiré dans un délai d'un à deux ans comme cela aurait dû être le cas. Au regard de ce qui précède, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à 2 500 euros.
S'agissant des préjudices permanents :
Quant aux dépenses de santé futures :
11. Si M. B soutient qu'il va devoir exposer à brève échéance des dépenses de santé lorsqu'il faudra procéder au retrait de la plaque ayant été posée lors de l'intervention du 7 février 2019, il ne justifie pas, en l'état, du caractère réel et certain de ce poste de préjudice dans la mesure où le montant des sommes correspondantes et leur fraction éventuelle non prise en charge par la caisse primaire d'assurance maladie ne peuvent pas encore être calculés. Sa demande au titre de ce poste de préjudice doit donc être rejetée. Il sera toutefois loisible au requérant, s'il devait supporter un tel préjudice, né ou révélé dans son ampleur postérieurement au jugement, de présenter une nouvelle demande indemnitaire pour en obtenir le remboursement.
Quant à l'incidence professionnelle :
12. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le requérant qui exerçait, à la date de survenue du dommage, le 7 février 2019, des fonctions d'encadrement au sein d'un établissement de la société Planet Sashimi (assistant manager), ne peut plus, depuis sa reprise le 5 décembre 2019, pratiquer son activité dans les mêmes conditions qu'avant, faute de pouvoir porter des charges, et n'effectue notamment plus de travail en salle mais seulement du travail administratif et de supervision. Le dommage a donc eu une incidence sur l'activité professionnelle de l'intéressé ainsi que sur les perspectives de carrières sur lesquelles il pouvait compter, notamment au sein de l'entreprise qui l'emploie. Il sera fait une juste évaluation de ce poste de préjudice en le fixant à 6 000 euros et en condamner l'AP-HP à lui verser cette somme.
Quant au déficit fonctionnel permanent :
13. Il résulte de l'instruction que M. B présente, du fait de l'intervention du 7 février 2019, un déficit fonctionnel permanent évalué par l'expert à 5 %. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, en tenant compte de ce taux et de l'âge de la victime à la date de la consolidation du dommage, en lui accordant la somme de 6 500 euros.
Quant au préjudice esthétique permanent :
14. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que M. B a subi un préjudice esthétique permanent, que l'expert évalue à 2/7 et qui tient notamment à la persistance d'une boiterie de Trendelenburg et à la présence de cicatrices importantes. Il en sera fait une juste appréciation en condamnant l'AP-HP à lui verser la somme de 2 500 euros.
Quant au préjudice d'agrément :
15. Il résulte de l'instruction, et notamment des attestations émanant d'amis avec qui il pratiquait ces sports, que le requérant a cessé de faire de la boxe, du football et de la moto du fait de sa condition physique résultant de l'intervention du 7 février 2019. Il justifie de ce fait avoir subi un préjudice d'agrément en lien avec le dommage, dont il sera fait une juste appréciation en l'évaluant à 8 000 euros. Il y a lieu de condamner l'AP-HP à lui verser cette somme.
En ce qui concerne l'absence de communication du dossier médical :
16. Il n'est pas contesté que l'AP-HP s'est abstenue de répondre aux demandes réitérées de M. B d'obtenir la communication de son dossier médical depuis le 21 février 2019. Cette carence lui a causé un préjudice moral, dont il est fondé à obtenir la réparation. Il y a lieu de lui accorder à ce titre la somme de 2 000 euros, mise à la charge de l'AP-HP.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander la condamnation de l'AP-HP à lui verser une somme totale de 42 740 euros.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
18. La personne qui subit un préjudice direct et certain du fait du comportement fautif d'une personne publique peut former devant le juge administratif une action en responsabilité tendant à ce que cette personne publique soit condamnée à l'indemniser des conséquences dommageables de ce comportement. Elle peut également, lorsqu'elle établit la persistance du comportement fautif de la personne publique responsable et du préjudice qu'elle lui cause, assortir ses conclusions indemnitaires de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la personne publique en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets.
19. M. B soutient, sans être contredit, que l'AP-HP n'a à ce jour toujours pas donné suite à la demande de communication de son dossier médical qu'il lui a adressée à trois reprises, les 21 février 2019, 21 octobre 2019 et 19 octobre 2021, sur le fondement de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique. Eu égard à la persistance de ce comportement fautif et du préjudice moral causé par ce comportement, il y a lieu d'assortir la condamnation de l'AP-HP prononcée au point 16 d'une injonction de procéder à cette communication dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Sur les frais liés à l'instance :
En ce qui concerne les dépens :
20. Par ordonnance du 24 septembre 2020, le vice-président du tribunal a alloué au docteur C, la somme de 2 626 euros qui a été mise à la charge provisoire de M. B. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge définitive de l'AP-HP.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP le versement à M. B d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris est condamnée à verser à M. B la somme de 42 740 euros.
Article 2 : Il est enjoint à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris de communiquer à M. B le dossier médical le concernant dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 3 : L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris versera à M. B une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les dépens, d'un montant de 2 626 euros, sont mis à la charge définitive de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Weidenfeld, présidente,
M. Rezard, premier conseiller,
M. Lautard-Mattioli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2024.
Le rapporteur,
A. Rezard
La présidente,
K. Weidenfeld
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2/6-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2411510
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation du fils d'un tirailleur sénégalais décédé lors du massacre de Thiaroye en 1944. Le tribunal a jugé que l'action en responsabilité était prescrite, le délai de cinq ans prévu par la loi du 31 décembre 1945 étant écoulé depuis la connaissance du décès. La juridiction a ainsi fait primer les règles de prescription sur la reconnaissance historique des faits par les autorités françaises.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401235
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... D... visant à annuler la décision du conseil départemental de l'ordre des médecins de Paris refusant de poursuivre disciplinairement un médecin. Le tribunal a jugé que la décision ordinale, relevant d'un large pouvoir d'appréciation sur l'opportunité d'engager des poursuites, n'était pas une décision administrative individuelle défavorable à l'égard de la plaignante et n'avait donc pas à être motivée. Les moyens tirés du défaut de motivation et des vices de procédure ont été écartés.
20/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2600963
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant l'éloignement et l'interdiction de retour d'un ressortissant algérien titulaire d'un titre de séjour portugais valide. La juridiction a retenu que le préfet avait commis une erreur de fait et d'appréciation en considérant que l'intéressé séjournait irrégulièrement en France et menaçait l'ordre public. Elle a également enjoint l'administration de procéder à l'effacement du signalement Schengen dans un délai d'un mois.
20/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2527029
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour à une ressortissante malienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a annulé la décision du préfet de police, considérant que le refus de titre de séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) constituait une erreur manifeste d'appréciation au regard de la durée et des conditions d'intégration de l'intéressée en France. Le tribunal a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de la requérante dans un délai de deux mois.
20/03/2026