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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2204193

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2204193

lundi 25 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2204193
TypeDécision
Formation2e Section - 2e Chambre
Avocat requérantMEKARBECH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, deux mémoires complémentaires et un mémoire en réplique, enregistrés les 17 février, 7 mai, 16 juin 2022 et 31 août 2022, M. A, représenté par Me Mekarbach, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de diligenter une médiation en ce qui concerne l'appréciation du mérite des candidats au concours externe de recrutement des techniciens supérieurs principaux, spécialité génie urbain, au titre de l'année 2021 ;

2°) d'annuler la délibération du 25 novembre 2021 du jury de ce concours fixant la liste des candidats admis ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- la pondération des coefficients respectifs des épreuves écrites et orales confère au jury un pouvoir d'appréciation disproportionné, lui permettant une sélection partiale des candidats au concours ;

- la délibération est entachée d'erreur d'appréciation quant à ses aptitudes en raison d'un défaut de partialité du jury.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2022, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les conclusions tendant à l'organisation d'une médiation sont irrecevables et que les moyens soulevés à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la délibération du jury ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 21 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 octobre 2022.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 13 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Abdat,

- et les conclusions de M. Lahary, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, candidat au concours externe de recrutement des techniciens supérieurs principaux, spécialité génie urbain, au titre de l'année 2021, sollicite l'annulation de la délibération du jury en date du 25 novembre 2021 fixant la liste des candidats admissibles.

Sur les conclusions relatives à la médiation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 213-1 du code de justice administrative : " La médiation régie par le présent chapitre s'entend de tout processus structuré, quelle qu'en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l'aide d'un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par la juridiction. " Pour l'application de ces dispositions, la médiation est un processus structuré qui permet aux parties, avec l'aide d'un médiateur, de trouver rapidement et par elles-mêmes, une solution mutuellement satisfaisante à la résolution de leurs différends. En cas de succès elle permet de mettre fin à la procédure juridictionnelle. En outre, aux termes de l'article L. 213-5 du code de justice administrative : " Les parties peuvent, en dehors de toute procédure juridictionnelle, organiser une mission de médiation et désigner la ou les personnes qui en sont chargées. / Elles peuvent également, en dehors de toute procédure juridictionnelle, demander au président du tribunal administratif ou de la cour administrative d'appel territorialement compétent d'organiser une mission de médiation et de désigner la ou les personnes qui en sont chargées, ou lui demander de désigner la ou les personnes qui sont chargées d'une mission de médiation qu'elles ont elles-mêmes organisée () ".

3. Il résulte des dispositions précitées qu'une demande de médiation ne peut être effectuée que par une requête conjointe des parties à concilier. Dès lors, la demande de médiation présentée par le seul M. A est irrecevable.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, si le requérant demande l'annulation de la délibération du jury fixant la liste des candidats admis au concours externe de recrutement des techniciens supérieurs principaux, spécialité génie urbain de la ville de Paris au titre de l'année 2021, le moyen tiré d'une méconnaissance du principe d'impartialité du jury en raison de l'illégalité de la pondération des coefficients respectifs des épreuves écrites et orales n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit donc être écarté.

5. En second lieu, si le requérant, qui soulève une erreur d'appréciation de la part du jury, semble vouloir contester l'appréciation portée par le jury sur le mérite des candidats, et notamment le sien propre, il n'appartient pas, en tout état de cause, au juge de l'excès de pouvoir de contrôler l'appréciation faite par un jury de concours de la valeur des candidats.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation la délibération du jury fixant la liste des candidats admis au concours externe de recrutement des techniciens supérieurs principaux, spécialité génie urbain de la ville de Paris au titre de l'année 2021. Sa requête doit, par suite, être rejetée, y compris et par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la Ville de Paris.

Délibéré après l'audience du 11 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Errera, premier conseiller,

Mme Abdat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2023.

La rapporteure,

G. ABDATLe président,

J. SORINLa greffière,

B. CHAHINE

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2204193/2-

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