mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2205151 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CMS FRANCIS LEFEBVRE AVOCATS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 mars 2022 et 6 mars 2023, M. et Mme A, représentés par Me Foissac, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2019 à raison des produits de contrats d'assurance-vie, à hauteur de la différence entre l'impôt calculé selon le barème progressif et celui qui aurait résulté de l'application du prélèvement au taux forfaitaire de 15 % prévu par les dispositions du c du 1 du II de l'article 125-0 A du code général des impôts, soit un montant de 154 075 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ne peuvent être regardés comme ayant opté pour l'application du barème progressif de l'impôt sur le revenu, dès lors que le courtier auquel ils ont confié le soin d'opérer les formalités afférentes au rachat d'un contrat d'assurance-vie a commis une erreur matérielle en remettant pour signature à M. A une demande de rachat ne comportant pas d'option pour le prélèvement libératoire prévu par les dispositions du c du 1 du II de l'article 125-0 A du code général des impôts ;
- l'administration les a privés de la faculté d'option offerte par le législateur et de la possibilité d'opter pour la voie fiscale la moins onéreuse en refusant de régulariser leur situation.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 juillet 2022 et 17 juillet 2023, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 juin 2022 et 6 mars 2023, M. et Mme A, représentés par Me Foissac, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2020 à raison des produits de contrats d'assurance-vie, à hauteur de la différence entre l'impôt calculé selon le barème progressif et celui qui aurait résulté de l'application du prélèvement au taux forfaitaire de 15 % prévu par les dispositions du c du 1 du II de l'article 125-0 A du code général des impôts, soit un montant de 7 706 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ne peuvent être regardés comme ayant opté pour l'application du barème progressif de l'impôt sur le revenu, dès lors que le courtier auquel ils ont confié le soin d'opérer les formalités afférentes au rachat d'un contrat d'assurance-vie a commis une erreur matérielle en remettant pour signature à M. A une demande de rachat ne comportant pas d'option pour le prélèvement libératoire prévu par les dispositions du c du 1 du II de l'article 125-0 A du code général des impôts ;
- l'administration les a privés de la faculté d'option offerte par le législateur et de la possibilité d'opter pour la voie fiscale la moins onéreuse en refusant de régulariser leur situation.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 juillet 2022 et 17 juillet 2023, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Khansari,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique,
- et les observations de Me Foissac, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Les 19 décembre 2019 et 9 mars 2020, M. et Mme A ont procédé au rachat partiel d'un contrat d'assurance-vie souscrit auprès de la société Allianz Life Luxembourg, d'un montant de 9 980 000 euros dont 495 944 euros constitutifs de produits financiers, puis au rachat du solde de ce contrat, d'un montant de 67 319 euros dont 51 374 euros constitutifs de produits financiers. Les intéressés n'ayant pas opté pour le prélèvement libératoire prévu par les dispositions du c du 1 du II de l'article 125-0 A du code général des impôts, l'administration a mis en recouvrement deux cotisations d'impôt sur le revenu, l'une au titre de l'année 2019 intégrant 495 944 euros de revenus d'assurance vie, et l'autre au titre de 2020 intégrant 51 374 euros de revenus d'assurance vie, pour des montants de 228 467 euros et 19 321 euros. Toutefois, à l'été 2021, M. et Mme A ont entendu exercer a posteriori l'option pour le prélèvement libératoire prévue par les dispositions de l'article 125-0 A du code général des impôts. Pour ce faire, ils ont déposé une déclaration de revenus rectificative au titre de l'année 2019 et une déclaration modèle 2778 de prélèvement libératoire sur les produits de placement à revenus fixes et assimilés de source européenne au titre de l'année 2020. Ils ont ensuite demandé, par deux réclamations des 16 juin et 14 décembre 2021, le dégrèvement des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2019 et 2020 à raison des produits de contrats d'assurance-vie, à hauteur de la différence entre l'impôt calculé selon le barème progressif et celui qui aurait résulté de l'application du prélèvement au taux forfaitaire de 15 % susmentionné, ainsi que, au titre de la seule année 2019, le dégrèvement total des prélèvements sociaux prélevés par la société Allianz Life Luxembourg. L'administration a accordé le dégrèvement de ces prélèvements sociaux et rejeté les demandes formulées par M. et Mme A s'agissant de l'impôt sur le revenu, par des décisions des 5 janvier et 5 avril 2022. Par les présentes requêtes, les requérants demandent au tribunal de prononcer la réduction, à hauteur respectivement de 154 075 euros et 7 706 euros, des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2019 et 2020.
2. Les requêtes n° 2205151 et 2213486 concernent la situation des mêmes requérants et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article 125-0 A du code général des impôts : " I. - 1° Les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation ainsi qu'aux placements de même nature souscrits auprès d'entreprises d'assurance établies en France sont, lors du dénouement ou d'un rachat du bon, contrat ou placement et quelle que soit sa date de souscription, soumis à l'impôt sur le revenu. () / II. - 1. Les personnes physiques qui bénéficient de produits mentionnés au I attachés à des primes versées jusqu'au 26 septembre 2017 peuvent opter pour leur assujettissement à un prélèvement qui libère les revenus auxquels il s'applique de l'impôt sur le revenu lorsque la personne qui assure le paiement de ces revenus est établie en France, qu'il s'agisse ou non du débiteur, ce dernier étant établi dans un Etat membre de l'Union européenne ou dans un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. / L'option, qui est irrévocable, est exercée au plus tard lors de l'encaissement des revenus. / Le taux du prélèvement est fixé : / a. A 45 % lorsque la durée du contrat a été inférieure à deux ans ; () / c. A 15 % lorsque cette durée a été égale ou supérieure à quatre ans ".
4. En application de ces dispositions, une faculté d'option est ouverte aux contribuables personnes physiques qui, pour l'imposition des revenus qu'elles visent, peuvent choisir de les intégrer dans leur revenu global annuel soumis à l'impôt sur le revenu selon le barème progressif ou de les assujettir à un prélèvement forfaitaire libératoire de l'impôt sur le revenu. Ce prélèvement est opéré à la source par le débiteur ou par la personne qui assure le paiement des revenus, de sorte qu'il ne peut résulter que d'un choix exprimé par le bénéficiaire des produits au plus tard au moment de ce paiement.
5. En premier lieu, les requérants soutiennent qu'ils ne peuvent être regardés comme ayant opté pour l'application du barème progressif de l'impôt sur le revenu, dès lors que le courtier auquel ils ont confié le soin d'opérer les formalités afférentes au rachat du contrat d'assurance-vie en cause a commis une erreur matérielle en remettant pour signature à M. A une demande de rachat ne comportant pas d'option pour le prélèvement libératoire prévu par les dispositions précitées du c du 1 du II de l'article 125-0 A du code général des impôts. Toutefois, alors qu'il est constant que M. et Mme A n'ont pas exercé l'option pour le prélèvement libératoire avant d'encaisser les produits financiers tirés du rachat de ce contrat d'assurance-vie, les 19 décembre 2019 et 9 mars 2020, la défaillance alléguée du courtier auquel les intéressés auraient confié la réalisation de leurs démarches administratives est, à la supposer établie, sans incidence sur le bien-fondé des impositions mises à leur charge.
6. En second lieu, alors qu'ils devaient exercer l'option prévue par les dispositions précitées du c du 1 du II de l'article 125-0 A du code général des impôts au plus tard lors de l'encaissement des revenus, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que l'administration les aurait privés de la faculté d'option ouverte par le législateur et, partant, de la faculté d'opter pour la voie fiscale la moins onéreuse en refusant de régulariser leur situation postérieurement à la date à laquelle ils ont encaissé les revenus en litige, les 19 décembre 2019 et 9 mars 2020.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. et Mme A doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 14 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Grossholz, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2024.
Le rapporteur,
A. KHANSARI
La présidente,
S. VIDAL La greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2,2213486/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026