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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2206598

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2206598

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2206598
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET VEIL JOURDE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 18 mars 2022 sous le n° 2206598, et des mémoires, enregistrés le 9 novembre 2022 et les 13 et 31 janvier 2023, la société par actions simplifiée (SAS) IRM Convention-Balard, représentée par Me Martin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision n°DOS-2022/633 du 19 janvier 2022 par laquelle la directrice de l'ARS d'Ile-de-France a délivré l'autorisation d'exploiter une IRM 1,5 Tesla à la SAS Excellence Imagerie ;

2°) de rejeter la demande formée par la SAS Excellence Imagerie tendant au retrait des débats de la pièce n° 18 qu'elle a produite ;

3°) de mettre à la charge de l'ARS d'Ile-de-France la somme de 5 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du 19 janvier 2022 est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de l'avis consultatif émis le 2 décembre 2021 par la CSOS, à défaut d'un examen comparé des mérites respectifs de l'ensemble des projets qui lui étaient présentés ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la SAS Excellence Imagerie a déposé une demande d'autorisation modifiée à la fin du mois de décembre 2021 à la suite de sa convention de coopération avec la société d'exercice libéral par actions simplifiée (SELAS) Drs A, soit au-delà de la période réglemenairement définie par l'article L. 6122-9 du code de la santé publique, de sorte que sa demande était irrecevable et ne pouvait pas êtrre examinée, et, en tout état de cause, à supposer même que cette nouvelle demande ait pu être déposée avant le 31 décembre 2021, elle aurait dû être de nouveau instruite par les services de l'ARS et examinée par la CSOS pour avis ;

- elle est entachée d'illégalité dès lors que l'ARS d'Ile-de-France a modifié a posteriori les modalités d'appréciation des mérites respectifs des demandes qui lui étaient soumises et a rompu l'égalité dans le traitement de ces mêmes demandes dans la mesure où elle n'a pu valablement procéder à l'appréciation des mérites respectifs des demandes dès lors que l'engagement imposé au titre de l'article L. 6122-7 du code de la santé publique ne pouvait valablement l'être que si la convention de coopération avec la SELAS Drs A avait figuré au dossier dès le dépôt de celui-ci ou avant la clôture de la période, et ne pouvait être imposé postérieurement à ce dépôt et encore moins après la tenue de la CSOS, qui s'est prononcée défavorablement sur les deux dossiers, et qu'elle a accepté que les modalités de ces deux projets soient substantiellement modifiées après le dépôt des demandes d'autorisations et la tenue de la CSOS, sans donner la possibilité aux autres concurrents d'amender le cas échéant leur propre demande ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'ARS d'Ile-de-France n'a pas tenu compte des mérites respectifs des demandes d'installation qui lui avaient été soumises afin de départager les différents pétitionnaires, alors que son projet était meilleur que celui déposé par la SAS Excellence Imagerie ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 13 octobre 2020, lequel a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le directeur de l'ARS a en réalité procédé à une révision des objectifs quantifiés de l'offre de soins tels que définis par le schéma régional de santé, sans recourir à la procédure prévue aux articles R.1434-1 et R. 1434-2 du code de la santé publique, que cet arrêté a été pris en méconnaissance de l'article R. 6122-21 du code de la santé publique à défaut d'une consultation valide de la commission spécialisée de l'organisation de soins (CSOS) sur les besoins exceptionnels recensés et qu'il méconnaît l'article R. 6122-31 du code de la santé publique en l'absence de localisation des lieux d'implantation des équipements permettant de répondre aux besoins exceptionnels ;

- il n'y a pas lieu de moduler les effets dans le temps d'une annulation contentieuse.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 septembre et 8 décembre 2022 et les 19 janvier et 17 février 2023, la SAS Excellence Imagerie, représentée par Me Seno, conclut :

1°) à ce que le tribunal procède au retrait des débats de la pièce 18 produite par la société requérante ;

2°) au rejet de la requête ;

3°) à la mise à la charge de la SAS IRM Convention-Balard de la somme de 5 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens invoqués par la SAS IRM Convention-Balard sont infondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2022, l'ARS d'Ile-de-France conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que le tribunal diffère l'annulation de la décision attaquée à la fin de l'année 2024 et maintienne en vigueur cette décision ainsi que des effets qui lui sont rattachés durant cette période.

Elle soutient que :

- à titre principal, les moyens invoqués par la SAS IRM Convention-Balard sont infondés ;

- à titre subsidiaire, dans l'hypothèse d'une annulation de la décision en litige, il y aurait lieu de moduler les effets dans le temps de l'annulation jusqu'à la fin de l'année de 2024, afin de prendre en compte le nouveau cadre juridique de planification de l'offre de soins en Ile-de- France issu de la mise en œuvre du décret n°2022-1237 du 16 septembre 2022 relatif aux conditions d'implantation des équipements d'imagerie en coupe et de l'activité de soins de radiologie, entré en vigueur à compter du 1er juin 2023, et qui impliquera la mise en œuvre, par l'ARS d'une procédure particulièrement lourde visant à autoriser à nouveau l'ensemble des activités pour l'ensemble de la région Ile-de-France à la fin de l'année 2024.

Par un mémoire distinct, et présenté au titre des dispositions de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative, la SAS Excellence Imagerie a transmis au tribunal, sous pli confidentiel, le dossier complet de sa demande d'autorisation d'installation d'une IRM.

II. Par une requête, enregistrée le 18 mars 2022 sous le n° 2206600, et des mémoires, enregistrés le 9 novembre 2022 et les 13 et 31 janvier 2023, la SAS IRM Convention-Balard, représentée par Me Martin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de rejeter la demande de la SAS Excellence Imagerie tendant au retrait des débats de la pièce n° 18 qu'elle a produite ;

2°) d'annuler la décision n°DOS-2022/634 du 19 janvier 2022 par laquelle la directrice de l'ARS d'Ile-de-France a délivré l'autorisation d'exploiter une IRM 3 Tesla à la SAS Excellence Imagerie ;

3°) de mettre à la charge de l'ARS d'Ile-de-France la somme de 5 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du 19 janvier 2022 est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de l'avis consultatif émis le 2 décembre 2021 par la CSOS, à défaut d'un examen comparé des mérites respectifs de l'ensemble des projets qui lui étaient présentés ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'ARS d'Ile-de-France n'a pas tenu compte des mérites respectifs des demandes d'installation qui lui avaient été soumises afin de départager les différents pétitionnaires, alors que son projet était meilleur que celui déposé par la SAS Excellence Imagerie ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 13 octobre 2020, lequel a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le directeur de l'ARS a en réalité procédé à une révision des objectifs quantifiés de l'offre de soins tels que définis par le schéma régional de santé, sans recourir à la procédure prévue aux articles R.1434-1 et R. 1434-2 du code de la santé publique, que cet arrêté a été pris en méconnaissance de l'article R. 6122-21 du code de la santé publique à défaut d'une consultation valide de la commission spécialisée de l'organisation de soins (CSOS) sur les besoins exceptionnels recensés et qu'il méconnaît l'article R. 6122-31 du code de la santé publique en l'absence de localisation des lieux d'implantation des équipements permettant de répondre aux besoins exceptionnels ;

- il n'y a pas lieu de moduler les effets dans le temps d'une annulation contentieuse.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 octobre et 8 décembre 2022 et les 19 janvier et 17 février 2023, la SAS Excellence Imagerie, représentée par Me Seno, conclut :

1°) à ce que le tribunal procède au retrait des débats de la pièce n° 18 produite par la société requérante ;

2°) au rejet de la requête ;

3°) à la mise à la charge de la SAS IRM Convention-Balard de la somme de 5 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, les moyens invoqués par la SAS IRM Convention-Balard sont infondés ;

- à titre subsidiaire, dans l'hypothèse d'une annulation de la décision en litige, il y aurait lieu de moduler les effets dans le temps de l'annulation jusqu'à la fin de l'année de 2024, afin de prendre en compte le nouveau cadre juridique de planification de l'offre de soins en Ile-de- France issu de la mise en œuvre du décret n°2022-1237 du 16 septembre 2022 relatif aux conditions d'implantation des équipements d'imagerie en coupe et de l'activité de soins de radiologie, entré en vigueur à compter du 1er juin 2023, et qui impliquera la mise en œuvre, par l'ARS d'une procédure particulièrement lourde visant à autoriser à nouveau l'ensemble des activités pour l'ensemble de la région Ile-de-France à la fin de l'année 2024.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2022, l'ARS d'Ile-de-France conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que le tribunal diffère l'annulation de la décision attaquée à la fin de l'année 2024 et maintienne en vigueur cette décision ainsi que des effets qui lui sont rattachés durant cette période.

Elle soutient que :

- à titre principal, les moyens invoqués par la SAS IRM Convention-Balard sont infondés ;

- à titre subsidiaire, si le tribunal faisait droit à la demande de la société requérante, il conviendrait de maintenir en vigueur la décision attaquée ainsi que les effets qui lui sont attachés et d'en différer l'annulation après l'entrée en vigueur du plan régional de santé 3 (2023-2028).

Par un mémoire distinct, et présenté au titre des dispositions de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative, la SAS Excellence Imagerie a transmis au tribunal, sous pli confidentiel, le dossier complet de sa demande d'autorisation d'installation d'une IRM.

Dans les deux instances, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'arrêté du 13 octobre 2020 dès lors que cet arrêté ne présente pas un caractère règlementaire et était devenu définitif à la date à laquelle ce moyen a été invoqué.

Des observations en réponse à ce moyen d'ordre public, enregistrées le 29 mars 2024, ont été présentées pour la SAS IRM Convention-Balard par Me Martin.

Des observations en réponse à ce moyen d'ordre public, enregistrées le 3 avril 2024, ont été présentées pour la SAS Excellence Imagerie par Me Seno.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de commerce ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pény, rapporteur,

- les conclusions de M. Cicmen, rapporteur public,

- et les observations de Me Messin, pour la SAS Excellence Imagerie.

Une note en délibéré, enregistrée le 9 avril 2024, a été présentée pour la SAS Excellence Imagerie par Me Seno dans l'instance n° 2206598.

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée (SAS) IRM Convention-Balard, qui regroupe trois sociétés d'exercice libéral composées de médecins radiologues, a été constituée en vue de la création d'un centre d'imagerie au 52, rue Balard à Paris (15ème arrondissement). Elle a sollicité auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France une autorisation d'installation d'un équipement d'imagerie par résonance magnétique (IRM) d'1,5 Tesla (T). En l'absence de besoin au bilan quantifié de l'offre de soins, cette demande a été jugée irrecevable par l'ARS d'Ile-de-France. Toutefois, la société a été invitée à déposer une nouvelle demande en vertu de l'arrêté n° DOS-2020/714 du 13 octobre 2020 du directeur général de l'ARS d'Ile-de-France fixant des besoins exceptionnels en équipements matériels lourds en Ile-de-France, quantifiés à dix-neuf pour les IRM, et inscrits au bilan quantifié de l'offre de soins pour les activités de soins ainsi que pour les équipements matériels lourds par un arrêté n° DOS-2020/2763. Les demandes tendant à couvrir ces besoins pouvaient être déposées lors de la période ouverte du 1er novembre 2020 au 21 juillet 2021, en application de l'arrêté n°DOS-2021/969 du 16 mars 2021. La société a alors déposé une nouvelle demande en vue d'obtenir une autorisation d'intaller une IRM 1,5 Tesla sur le site du 52, rue Balard à Paris. Lors de sa séance du 2 décembre 2021, la commission spécialisée de l'organisation de soins (CSOS) a examiné l'ensemble des dossiers déposés pour la Ville de Paris et a émis un avis défavorable à celui soumis par la SAS IRM Convention-Balard. Par deux décisions n°DOS-2022/633 n°DOS-2022/634 du 19 janvier 2022, la directrice de l'ARS d'Ile-de-France a délivré l'autorisation d'exploiter une IRM 1,5 Tesla et une IRM 3 Tesla à la SAS Excellence Imagerie. La SAS IRM Convention-Balard demande l'annulation de ces décisions.

2. Les requêtes susvisées présentées par la SAS IRM Convention-Balard concernent des autorisations d'installations d'IRM ayant fait l'objet d'un examen simultané par l'ARS d'Ile-de-France et ont fait l'objet d'une instruction commune dans le cadre de la présente instance. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'instruction des requêtes :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 151-1 du code de commerce : " Est protégée au titre du secret des affaires toute information répondant aux critères suivants : / 1° Elle n'est pas, en elle-même ou dans la configuration et l'assemblage exacts de ses éléments, généralement connue ou aisément accessible pour les personnes familières de ce type d'informations en raison de leur secteur d'activité ; / 2° Elle revêt une valeur commerciale, effective ou potentielle, du fait de son caractère secret ; / 3° Elle fait l'objet de la part de son détenteur légitime de mesures de protection raisonnables, compte tenu des circonstances, pour en conserver le caractère secret ". Aux termes de l'article L. 151-7 du même code : " Le secret des affaires n'est pas opposable lorsque l'obtention, l'utilisation ou la divulgation du secret est requise ou autorisée par le droit de l'Union européenne, les traités ou accords internationaux en vigueur ou le droit national, notamment dans l'exercice des pouvoirs d'enquête, de contrôle, d'autorisation ou de sanction des autorités juridictionnelles ou administratives ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 5 du code de justice administrative : " L'instruction des affaires est contradictoire. Les exigences de la contradiction sont adaptées à celles de l'urgence, du secret de la défense nationale et de la protection de la sécurité des personnes ". Aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " Les exigences de la contradiction mentionnées à l'article L. 5 du présent code sont adaptées à celles de la protection du secret des affaires répondant aux conditions prévues au chapitre Ier du titre V du livre Ier du code de commerce. / () ". Aux termes de l'article R. 611-30 de ce code : " Lorsqu'une partie produit une pièce ou une information dont elle refuse la transmission aux autres parties en invoquant la protection du secret des affaires, la procédure prévue par l'article R. 412-2-1 est applicable ". Selon l'article R. 412-2-1 de ce même code : " Lorsque la loi prévoit que la juridiction statue sans soumettre certaines pièces ou informations au débat contradictoire ou lorsque le refus de communication de ces pièces ou informations est l'objet du litige, la partie qui produit de telles pièces ou informations mentionne, dans un mémoire distinct, les motifs fondant le refus de transmission aux autres parties, en joignant, le cas échéant, une version non confidentielle desdites pièces après occultation des éléments soustraits au contradictoire. Le mémoire distinct et, le cas échéant, la version non confidentielle desdites pièces, sont communiqués aux autres parties. / Les pièces ou informations soustraites au contradictoire ne sont pas transmises au moyen des applications informatiques mentionnées aux articles R. 414-1 et R. 414-2 mais sont communiquées au greffe de la juridiction sous une double enveloppe, l'enveloppe intérieure portant le numéro de l'affaire ainsi que la mention : " pièces soustraites au contradictoire-Article R. 412-2-1 du code de justice administrative ". / Si la juridiction estime que ces pièces ou informations ne se rattachent pas à la catégorie de celles qui peuvent être soustraites au contradictoire, elle les renvoie à la partie qui les a produites et veille à la destruction de toute copie qui en aurait été faite. Elle peut, si elle estime que ces pièces ou informations sont utiles à la solution du litige, inviter la partie concernée à les verser dans la procédure contradictoire, le cas échéant au moyen des applications informatiques mentionnées aux articles R. 414-1 et R. 414-2. Si la partie ne donne pas suite à cette invitation, la juridiction décide des conséquences à tirer de ce refus et statue sans tenir compte des éléments non soumis au contradictoire. / () ".

5. Ces dispositions ont pour objet de concilier, d'une part, le principe fondamental du contradictoire, qui est un principe directeur de la procédure contentieuse administrative dont le respect n'est pas remis en cause mais donne simplement lieu à aménagement procédural et, d'autre part, le secret des affaires, au sens de l'article L. 151-1 du code de commerce, dont une partie peut souhaiter se prévaloir pour apprécier dans quelle mesure elle doit envisager de soumettre au débat contradictoire certains éléments d'information, en étant le cas échéant éclairée avant qu'une de ses productions puisse être communiquée aux autres parties.

6. Dans le cadre des instances n° 2206598 et n° 2206600, la SAS Excellence Imagerie a produit, sous pli confidentiel transmis à la juridiction, ses dossiers complets de candidature pour les deux équipements de type IRM pour lesquels elle avait sollicité une autorisation d'installation à l'ARS d'Ile-de-France. Toutefois, au regard des productions des parties, ces éléments supplémentaires n'apparaissent pas nécessaires à la résolution du litige. Il n'y a donc pas lieu d'en tenir compte dans les présentes instances.

Sur les conclusions tendant au retrait d'une pièce versée aux débats :

7. La SAS Excellence Imagerie demande que la pièce n°18, correspondant à un extrait de ses demandes d'autorisation soumises à l'ARS d'Ile-de-France, versée aux débats par la société requérante dans chacune des instances n° 2206598 et n° 2206600, soit retirée de l'instruction au motif qu'elles contient des informations couvertes par le secret des affaires. Toutefois, ces pièces, qui ont été communiquées par l'ARS à la société requérante, et dont certaines mentions ont été en partie occultées, ne contiennent pas d'informations relevant du secret des affaires, au sens et pour l'application de l'article L. 151-1 du code de commerce. A cet égard, les mentions relatives à la charte d'engagement et au projet médical de la société énoncent, en des termes généraux, les axes principaux de sa candidature, en renvoyant aux prorités définies par le schéma régional de santé, sans dévoiler d'éléments stratégiques mis en œuvre pour les atteindre ou différenciants au regard des autres candidatures. En outre, ces pièces sont utiles à la résolution des litiges. Il s'ensuit qu'il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de la SAS Excellence Imagerie.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision n°DOS-2022/633 du 19 janvier 2022 de l'instance n° 2206598 :

8. Aux termes de l'article L. 6122-7 du code de la santé publique, dans sa version applicable : " L'autorisation peut être assortie de conditions particulières imposées dans l'intérêt de la santé publique () / Elle peut également être subordonnée à l'engagement de mettre en œuvre des mesures de coopération favorisant l'utilisation commune de moyens et la permanence des soins. L'autorisation peut être suspendue ou retirée selon les procédures prévues à l'article L. 6122-13 si les conditions mises à son octroi ne sont pas respectées ".

9. La société requérante soutient que la procédure d'examen du projet de la SAS Excellence Imagerie est entachée d'irrégularité dès lors que la conclusion, postérieurement à l'instruction du dossier par l'ARS et la réunion de la CSOS du 2 décembre 2021, d'une convention de partenariat avec la société d'exercice libérale par actions simplifiée (SELAS) Drs A, qui avait également déposé une demande d'autorisation d'une IRM dans la même zone prioritaire du 17ème arrondissement, a conduit à modifier sa demande, qui aurait dès lors dû faire l'objet d'une nouvelle instruction.

10. Il résulte des termes mêmes de la décision en litige que la CSOS, lors de sa réunion du 2 décembre 2021, après avoir étudié les dossiers de demande d'autorisation, a proposé à la SAS Excellence Imagerie et à la SELAS Dr A d'envisager une utilisation partagée d'un IRM 1,5 Tesla dans le cadre d'une coopération territoriale formalisée, alors que les sociétés avaient initialement présenté chacun leur propre demande d'autorisation. A la suite de cette préconisation, les deux sociétés ont conlu une convention de partenariat le 28 décembre 2021 modifiant la répartition des forfaits techniques et des temps d'activité sur chacun des équipements et prévoyant que la SAS Excellence Imagerie serait propriétaire de l'autorisation et percevrait 100 % des forfait techniques tandis que la SELAS Drs A recevrait 20 % des droits d'utilisation. A la suite de la signature de ce partenariat, cette dernière société a retiré sa demande d'autorisation pour l'installation d'un IRM dans le même arrondissement. Ce faisant, les SAS Excellence Imagerie et SELAS Dr A ont formé un projet partenarial non pas limité à une simple modification de nature capitalistique, mais conduisant à faire évoluer de façon notable leur projet s'agissant de la mobilisation de radiologues issus des deux structures et des conditions d'exploitation de l'appareil au titre duquel une autorisation était demandée. Si la SAS Excellence Imagerie fait valoir que l'ARS d'Ile-de-France n'a pas bouleversé les conditions d'appréciation des mérites respectifs des demandes mais s'est bornée à faire usage de ses prérogatives lui permettant notamment d'imposer des conditions particulières dans l'intérêt de la santé publique, les modifications apportées au projet de la SAS Excellence Imagerie ne peuvent, en l'espèce, être regardées comme mineures en ce qu'elles concernent les conditions mêmes d'exploitation de l'appareil et impliquent une coopération avec une société qui avait déposé un projet concurrent et était donc elle-même directement partie au processus de sélection. En outre, les dispositions de l'article L. 6122-7 du code de la santé publique, si elles prévoient la possbilité de conditionner la délivrance de l'autorisation à un engagement de mise en œuvre d'un partenariat entre structures en vue de favoriser l'utilisation commune d'un équipement matériel lourd, ne sauraient avoir pour effet de dispenser l'ARS, dans le cas particulier où la coopération envisagée concerne deux projets concurrents, de vérifier si les modifications ainsi demandées présentent un caractère substantiel par rapport au dossier initialement présenté. Dans ces conditions, en présence d'un dossier qui avait fait l'objet de modifications substantielles par rapport à la demande initiale de la SAS Excellence Imagerie, et alors que la date butoir de dépôt des offres avait été fixée au 21 juillet 2021 par l'arrêté du 13 mars 2021, l'ARS d'Ile-de-France, en ne procédant pas à une nouvelle instruction d'une telle demande en la soumettant à la CSOS, a commis un vice de procédure, lequel a eu une influence sur le sens de l'autorisation attaquée.

11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la SAS IRM Convention-Balard est fondée à demander l'annulation de la décision n°DOS-2022/633 du 19 janvier 2022 par laquelle la directrice de l'ARS d'Ile-de-France a délivré l'autorisation d'exploiter une IRM 1,5 Tesla à la SAS Excellence Imagerie.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision n°DOS-2022/634 du 19 janvier 2022 de l'instance n° 2206600 :

En ce qui concerne la légalité externe :

12. En premier lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 6122-9 du code de la santé publique : " La décision de l'agence régionale de santé est notifiée au demandeur dans un délai maximum de six mois suivant la date d'expiration de la période de réception des demandes. Cette décision est motivée. () ".

13. En l'espèce, la décision du 19 janvier 2022 attaquée vise notamment les dispositions des articles L. 6122-12 et suivants du code de la santé publique, les dispositions relatives à l'état d'urgence sanitaire ainsi que les arrêtés des 13 et 14 octobre 2020 mentionnées au point 1. Par ailleurs, elle fait état de manière détaillée de ce que ce projet s'inscrit dans les critères propres aux besoins exceptionnels prévus par l'arrêté du 13 octobre 2020 en ce qu'il est localisé sur une zone prioritaire, le 17ème arrondissement de Paris, qu'il répond également aux objectifs du schéma régional de santé, notamment ceux visant la correction des déséquilibres de l'offre en imagerie, à soutenir des projets médicaux de qualité en s'appuyant sur des équipes organisées et suffisantes, mais aussi à garantir le partage de l'image sur un réseau sécurisé et la communication entre professionnels de santé. La décision précise également, en particulier, que la mise en service de l'appareil, envisagée à la fin de l'année 2022, est rapide, que le projet prévoit trois plages horaires pour des radiologues extérieurs vacataires, que le promoteur s'engage à réaliser 50 % des examens au tarif opposable et que le projet s'appuie sur des équipes médicales et paramédicales correctement dimensionnées et spécialisées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

14. En second lieu, aux termes de l'article L. 6122-1 du code de la santé publique, dans sa version applicable : " Sont soumis à l'autorisation de l'agence régionale de santé les projets relatifs à la création de tout établissement de santé, la création, la conversion et le regroupement des activités de soins, y compris sous la forme d'alternatives à l'hospitalisation, et l'installation des équipements matériels lourds. () / ". En vertu du 2° de l'article R. 6122-26 du même code, les appareils d'imagerie ou de spectrométrie par résonance magnétique nucléaire à utilisation clinique sont soumis à cette autorisation. Et aux termes de l'article D. 1432-38 du code de la santé publique, dans sa version applicable à la date où la CSOS a émis son avis : " I.- La commission spécialisée de l'organisation des soins contribue à la définition et à la mise en œuvre de la politique régionale d'organisation des soins. () / 2° Elle est consultée par l'agence régionale de santé sur : / () - les demandes d'autorisation et de renouvellement d'autorisation relatives aux projets mentionnés à l'article L. 6122-1 () ".

15. La société requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de l'avis consultatif favorable émis le 2 décembre 2021 par la CSOS dès lors que le mode d'examen retenu par la commission n'a pu assurer un égal traitement des demandes. Elle indique, à cet égard, que la commission aurait dû examiner, de façon concomitante, la demande d'autorisation formée par la société pour une implantation dans le 15ème arrondissement de Paris avec celle de la SAS IRM Duroc dans le 6ème arrondissement, afin de procéder à une réelle analyse comparée des mérites respectifs des projets.

16. Toutefois, aucune disposition du code de la santé publique n'impose de procédure d'examen particulière pour les demandes d'autorisation soumises à l'appréciation de la commission. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de la séance du 2 décembre 2021 et des tableaux synthétiques détaillant l'objet de chaque demande, que la commission s'est livrée à un examen individualisé de chaque projet d'implantation. La circonstance qu'elle ait commencé par examiner successivement les différentes demandes formées par les établissements dépendant de l'AP-HP n'est, à cet égard, pas de nature à établir qu'elle n'aurait pas apprécié les mérites individuels de chaque demande. De même, la circonstance que la commission ait rappelé que quatre arrondissements étaient considérés comme prioritaires à Paris, soit les 17ème, 18ème, 19ème et 20ème arrondissements pour les IRM et les scanners et que les sept demandes situées dans les 1er, 5ème et 6ème arrondissements aient été rassemblées dans un même groupe tandis que les huit demandes situées dans le 15ème arrondissement ont fait l'objet d'une analyse à l'échelle de ce seul arrondissement n'est pas de nature à révéler que la commission ne se serait pas livrée à une analyse globale des demandes en vue de répondre aux besoins exprimés à l'échelle de la Ville de Paris ni que chaque demande n'aurait pas fait l'objet d'un examen tant sur sur la base de ses mérites propres qu'au terme d'une comparaison avec les autres dossiers soumis à son appréciation. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

S'agissant du moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'arrêté du 13 octobre 2020 :

Quant au cadre juridique applicable :

17. Aux termes de l'article L. 6122-2 du code de la santé publique : " L'autorisation est accordée lorsque le projet : / 1° Répond aux besoins de santé de la population identifiés par les schémas mentionnés aux articles L. 1434-2 et L. 1434-6 ; / 2° Est compatible avec les objectifs fixés par ce schéma ; / 3° Satisfait à des conditions d'implantation et à des conditions techniques de fonctionnement. / Des autorisations dérogeant aux 1° et 2° peuvent être accordées à titre exceptionnel et dans l'intérêt de la santé publique après avis de la commission spécialisée de la conférence régionale de la santé et de l'autonomie compétente pour le secteur sanitaire. () / ". Aux termes de l'article L. 6122-9 du même code : " L'autorisation d'activités ou d'équipements relevant d'un schéma régional est donnée ou renouvelée par l'agence régionale de santé après avis de la commission spécialisée de la conférence régionale de la santé et de l'autonomie compétente pour le secteur sanitaire. () / Dans le mois qui précède le début de chaque période, le directeur général de l'agence régionale de santé publie un bilan quantitatif de l'offre de soins faisant apparaître les zones mentionnées au a du 2° de l'article L. 1434-9 dans lesquelles cette offre est insuffisante au regard du schéma régional ou interrégional de santé. Les demandes tendant à obtenir une autorisation de création d'une activité de soins ou d'un équipement matériel lourd ne sont recevables, pour la période considérée, que pour des projets intéressant ces zones. Toutefois, dans l'intérêt de la santé publique, des demandes peuvent être reçues lorsqu'elles visent à satisfaire des besoins exceptionnels définis par arrêté du directeur général de l'agence régionale de santé. / () ". Et aux termes de l'article R. 6122-31 de ce code : " Lorsque les objectifs quantitatifs définis par le schéma régional ou interrégional de santé sont atteints dans une des zones définies au 2° du I de l'article L. 1434-3, le directeur général de l'agence régionale de santé peut constater, après avis de la commission spécialisée de la conférence régionale de santé et de l'autonomie compétente pour le secteur sanitaire, qu'il existe des besoins exceptionnels tenant à des situations d'urgente et d'impérieuse nécessité en matière de santé publique et rendant recevables, en vertu du cinquième alinéa de l'article L. 6122-9, les demandes d'autorisation ayant pour objet de répondre à ces besoins. Dans ce cas, le bilan mentionné à l'article R. 6122-30 fait apparaître la nature et l'étendue de ces besoins, les objectifs quantitatifs de l'offre de soins nécessaire pour y satisfaire, par activités de soins et par équipements matériels lourds, ainsi que les lieux où l'implantation est souhaitée ".

18. La société requérante excipe de l'illégalité de l'arrêté du 13 octobre 2020, pris en application de l'article R. 6122-31 du code de la santé publique, par lequel le directeur général de l'ARS Ile-de-France a fixé des besoins exceptionnels en équipements matériels lourds en Ilde-de-France sur lequel la décison attaquée se fonde.

19. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte réglementaire, une telle exception peut être formée à toute époque, même après l'expiration du délai du recours contentieux contre cet acte. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est, en revanche, recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.

20. En premier lieu, l'article 1er de l'arrêté du 13 octobre 2020 constate une saturation du bilan quantifié de l'offre de soins de la région Ile-de-France pour les équipements matériels lourds et plus particulièrement pour l'imagerie en coupe. Son article 2 constate qu'il existe des besoins exceptionnels destinés à compléter la planification de la région Ile-de-France, pour les équipements matériels lourds de type IRM et scanner. Son article 3 indique que les demandes tendant à couvrir ces besoins exceptionnels pourront être déposées, en application des articles L. 6122-1 et L. 6122-9 du code de la santé publique, au cours d'une période de dépôt prévue du 1er novembre au 31 décembre 2020. L'arrêté du 14 octobre 2020 fixe le bilan quantifié de l'offre de soins de la région Ile-de-France, prévu par le cinquième alinéa de l'article L. 6122-9 du code de la santé publique, notamment pour les équipements matériels lourds. Ces deux arrêtés, qui se bornent à faire application d'une réglementation préexistante en vue de pourvoir aux besoins exceptionnels recensés en Ile-de-France, ne constituent pas des décisions réglementaires mais revêtent le caractère de décisions d'espèce.

21. En second lieu, les arrêtés constatant une saturation du bilan quantifié de l'offre de soin puis fixant le bilan quantifié de l'offre de soins dans le cadre de la procédure de recensement de besoins exceptionnels prévue au cinquième alinéa de l'article L. 6122-9 du code de la santé publique, dans les conditions précisées à l'article R. 6122-30 du même code, et les décisions de l'ARS portant délivrance d'une autorisation d'exploiter un équipement matériel lourd constituent les éléments d'une même opération complexe. Dès lors, à l'appui de conclusions dirigées contre une décision d'autorisation, un requérant est recevable à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces arrêtés en dépit de leur caractère définitif. Dans ces conditions, la SAS IRM Convention-Balard est recevable à exciper de l'illégalité de l'arrêté du 13 octobre 2020, quand bien même cet arrêté a été publié au recueil des actes administatifs spécial n° IDF-018-2020-10 de la préfecture de la région d'Ile-de-France du 14 octobre 2020 avec la mention des voie et délai de recours et est devenu définitif.

Quant à la légalité de l'arrêté du 13 octobre 2020 :

22. En premier lieu, la SAS IRM Convention-Balard soutient que l'arrêté du 13 octobre 2020 a été pris au terme d'une procédure irrégulière en recourant à la procédure d'inscription de besoins exceptionnels au bilan quantifié de l'offre de soins alors que cette décision aurait dû être prise au terme d'une révision du schéma régional de santé, laquelle est prévue à l'article L. 1434-3 du même code. Pour justifier le recours à la procédure d'inscription de besoins exceptionnels au bilan quantifié de l'offre de soins, l'arrêté contesté mentionne notamment l'augmentation du temps de prise en charge par patient dans le contexte sanitaire marqué par l'épidémie de covid-19 en raison des précautions prises visant à limiter le risque infectieux ainsi que la nécessité de disposer d'équipements supplémentaires pour gérer une crise épidémique et ainsi limiter les risques de perte de chance susceptibles d'advenir en raison de l'allongement des délais d'attente. Ces éléments démontrent que le choix de cette procédure concourait à l'intérêt général s'attachant à la mise en œuvre d'une offre de soins adaptée aux besoins exceptionnels recensés en Ile-de-France. Elle se se distingue en outre de celle tendant à la révision du schéma régional de santé, dont la portée est beaucoup plus large dès lors que ce schéma décline un ensemble de programmes, de priorités thématiques ainsi que des objectifs pour chaque activité de soins autorisée. Par ailleurs, la seule circonstance que les objectifs quantitatifs définis par le schéma régional de santé aient été atteints pour une partie de la région Ile-de-France, ne privait pas l'ARS d'Ile-de-France de la possibilité de recourir à la procédure prévue par les dispositions combinées des articles L. 6122-9 et R. 6111-31 du code de la santé publique, sous réserve de quantifier de tels besoins exceptionnels. De même, la circonstance qu'un nombre important d'équipements aient été recensés par l'ARS ne la privait pas davantage de recourir à une telle procédure, au regard du contexte sanitaire exceptionnel marqué par l'épidémie de la covid-19. Le moyen doit donc être écarté.

23. En deuxième lieu, la société requérante soutient que la CSOS n'a pas été valablement consultée préalablement à l'édiction de l'arrêté du 13 octobre 2020, en méconnaissance des articles L. 6122-9 et R. 6122-31 du code de la santé publique, au motif que le besoin exceptionnel identifié par l'ARS d'Ile-de-France est né de l'attribution de six nouvelles autorisations notifiées au mois d'octobre 2020, de sorte que lors de sa réunion du 24 septembre 2020, il n'avait pas été constaté une saturation des besoins de santé en imagerie. Toutefois, l'arrêté du 13 octobre 2020 relève également que le bilan des objectifs quantifiés de l'offre de soins pour les équipements matériels lourds arrêté le 12 mai 2020 faisait apparaître une situation de " saturation en nombre d'équipements sur les départements suivants : - pour les IRM : Paris, la Seine-et-Marne (saturation en nombre d'implantations), les Yvelines, l'Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne () ". Par suite, dès lors que la situation de saturation de l'offre de soins avait été constatée dès l'arrêté du 12 mai 2020, la commission a valablement pu rendre son avis préalablement à l'édiction de l'arrêté du 13 octobre 2020, l'attribution de six nouvelles autorisations notifiées au mois d'octobre 2020 n'ayant fait que confirmer cette situation de saturation.

24. En dernier lieu, la société requérante soutient que la localisation des besoins exceptionnels recensés par l'arrêté du 13 octobre 2020 demeure très vague dès lors qu'il se borne à identifier quatre arrondissements prioritaires à Paris et qu'il n'est pas précisé le nombre d'IRM devant être affectés à ces mêmes arrondissements. Toutefois, après avoir constaté que le nombre d'appareils et d'implantations fixés par le schéma régional de santé - projet régional de santé (2018-2022) étaient atteints, l'arrêté du 13 octore 2020 a, sur la base d'une modélisation quantitative et d'éléments qualitatifs, identifié pour chaque département les besoins supplémentaires à satisfaire, sur la base d'un ratio cible d'équipement par million d'habitants ainsi qu'au regard des conséquences induites par la covid-19, notamment sur le temps de prise en charge par patient, de la saturation des services de réanimation et des urgences et enfin de nouvelles indications de prises en charge médicales (endométriose, cancers de la prostate et du sein, scanners thoraciques et thrombectomie). Cet arrêté a ensuite constaté que l'offre était concentrée dans le centre et l'ouest de Paris et que des besoins subsistaient pour répondre notamment aux urgences hospitalières avant d'identifier quatre zones géographiques infra-départementales pour lesquelles des besoins en équipements lourds existaient et d'évaluer à dix-neuf le nombre d'IRM nécessaires pour répondre au besoin exceptionnel exprimé pour le territoire de Paris. Au regard de ces éléments, la directrice de l'ARS, en mentionnant des zones géographiques correspondant au regroupement de plusieurs arrondissements parisiens et en fixant à dix-neuf le nombre d'IRM nécessaires pour satisfaire aux besoins recensés en matière d'équipements lourds a déterminé avec un degré de précision suffisant les lieux d'implantation pour ces équipements, au sens et pour l'application des dispositions de l'article R. 6122-31 du code de la santé publique, qui ne prévoient nullement que la répartition des IRM doive être envisagée à l'échelle de chaque arrondissement. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit ainsi être écarté.

25. Il résulte de ce qui a été dit aux points 22 à 24 que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'arrêté du 13 octobre 2020 doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation :

26. Aux termes de l'article L. 6122-2 du code de la santé publique : " L'autorisation est accordée, en tenant compte des éléments des rapports de certification émis par la Haute Autorité de santé qui concernent le projet pour lequel elle est sollicitée et qui sont pertinents à la date de la décision, lorsque le projet : / 1° Répond aux besoins de santé de la population identifiés par le schéma mentionné à l'article L. 1434-2 ou au 2° de l'article L. 1434-6 ; / 2° Est compatible avec les objectifs fixés par ce schéma ; / 3° Satisfait à des conditions d'implantation et à des conditions techniques de fonctionnement. / Des autorisations dérogeant aux 1° et 2° peuvent être accordées à titre exceptionnel et dans l'intérêt de la santé publique après avis de la commission spécialisée de la conférence régionale de la santé et de l'autonomie compétente pour le secteur sanitaire () / ". Et aux termes de l'article R. 6122-31 du code de la santé publique : " Lorsque les objectifs quantitatifs définis par le schéma régional ou interrégional de santé sont atteints dans une des zones définies au 2° du I de l'article L. 1434-3, le directeur général de l'agence régionale de santé peut constater, après avis de la commission spécialisée de la conférence régionale de santé et de l'autonomie compétente pour le secteur sanitaire, qu'il existe des besoins exceptionnels tenant à des situations d'urgente et d'impérieuse nécessité en matière de santé publique et rendant recevables, en vertu du cinquième alinéa de l'article L. 6122-9, les demandes d'autorisation ayant pour objet de répondre à ces besoins. Dans ce cas, le bilan mentionné à l'article R. 6122-30 fait apparaître la nature et l'étendue de ces besoins, les objectifs quantitatifs de l'offre de soins nécessaire pour y satisfaire, par activités de soins et par équipements matériels lourds, ainsi que les lieux où l'implantation est souhaitée ".

27. La société requérante soutient que la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au motif que l'ARS n'a pas procédé à un examen comparé des mérites respectifs des différents dossiers qui lui étaient soumis, notamment au regard des besoins exceptionnels mentionnés à l'article R. 6122-31 du code de la santé publique et, en tout état de cause, que l'appréciation des mérites de sa demande aurait dû conduire à la délivrance de l'autorisation sollicitée dès lors que son projet était supérieur à celui de la SAS Excellence Imagerie.

28. Il ressort du rapport d'instruction de la demande d'autorisation sollicitée par la SAS Excellence Imagerie que les points forts et les points faibles de son dossier ont été examinés au regard de critères favorisant l'implantation dans des zones prioritaires, l'urgence à satisfaire les besoins en dispositifs d'imagerie, la formalisation des partenariats ainsi que la correction des déséquilibres de l'offre de soins en imagerie, la capacité à constituer ou consolider des équipes territoriales de radiologie, l'aptitude à soutenir des projets médicaux de qualité et la prise en compte de l'innovation organisationelle ou technologique ainsi que de l'enseignement auprès des internes et les besoins de la recherche. L'application de l'ensemble de ces critères se déduit des dispositions du code de la santé publique, du schéma régional de santé et des arrêtés des 13 et 14 octobre 2020, et doit permettre l'examen des mérites respectifs de l'ensemble des dossiers transmis à l'ARS ainsi que de vérifier l'adéquation du projet aux besoins exceptionnels exprimés.

29. En l'espèce, le choix de retenir le projet de la SAS Excellence Imagerie a notamment été motivé par son implantation en zone prioritaire, dans le 17ème arrondissement, la fédération d'une équipe importante de radiologues très spécialisés, la contribution aux filières prioritaires de cancérologie, santé de la femme et neuro-vasculaire, l'ancienneté de sa présence en région francilienne et une forte amplitude horaire en semaine, ainsi que le samedi.

30. S'agissant de l'adéquation des projets au regard des besoins exceptionnels exprimés, la société requérante soutient que l'octroi de deux IRM supplémentaires à la SAS Excellence Imagerie était prématuré dès lors que l'utilisation de ses six IRM actuellement autorisées, dont l'une non encore installée, n'était pas saturée. Elle soutient également que l'accessibilité de l'IRM de la SAS Excellence Imagerie aux personnes en situation de mobilité réduite n'est pas établie dans son dossier de demande. Toutefois, d'une part, l'IRM de puissance 3 Tesla correspond à des prises en charge différentes et devait être installée dans le 17ème arrondissement de Paris, zone prioritaire considérée comme sous-dotée en équipements matériels lourds, de sorte que l'installation de ces IRM supplémentaires n'était pas en elle-même de nature à conduire à une saturation de l'offre dans cette zone. La seule circonstance que la SAS Excellence Imagerie disposait déjà d'autres appareils d'IRM, et qu'aucun d'entre eux n'était en situation de saturation, n'est pas plus de nature à permettre de considérer que l'ensemble de son dossier n'était pas à même de répondre aux besoins exceptionnels exprimés, dès lors que cette candidature reposait par ailleurs sur un projet médical de qualité et s'appuyait sur des équipes organisées et suffisamment nombreuses pour répondre à de tels besoins. D'autre part, la seule circonstance que la décision en litige ne fasse pas expressément mention de la prise en charge des patients atteints d'obésité n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par l'ARS d'Ile-de-France concernant l'accueil des patients en situation de mobilité réduite, fondée sur des éléments objectifs tenant à l'installation des appareils au sous-sol et au rez-de-chaussée d'une maison de ville.

31. S'agissant du délai de mise en œuvre des projets, la société requérante soutient qu'afin de répondre aux besoins d'implantation exceptionnels ayant motivé l'édiction de l'arrêté du 13 octobre 2020, elle était en mesure de mettre en œuvre son projet dans un délai de sept mois à compter de la délivrance de l'autorisation, alors que le délai d'installation de l'IRM autorisée au profit de la SAS Excellence Imagerie était de seize mois, soit un délai incompatible avec l'urgence à satisfaire de tels besoins. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport d'instruction précité de l'ARS, que la mise en œuvre du projet de la société était estimée à neuf mois, entre la commande de l'appareil au fournisseur et l'ouverture du centre, et non pas à sept mois. D'autre part, si le projet déposé par la SAS Excellence Imagerie prévoyait en effet un délai de mise en œuvre plus long, la priorité donnée à ce projet a notamment été motivée par la qualité du projet médical proposé, qui apportait une réponse aux objectifs du schéma régional de santé, ainsi que la localisation de l'implantation dans une zone prioritaire, en l'espèce le 17ème arrondissement.

32. S'agissant de l'accessibilité temporelle, il ressort des pièces du dossier que l'amplitude horaire garantie par la SAS Excellence Imagerie prévoyait notamment une ouverture le samedi de 7 heures à 20 heures dès la deuxième année d'installation ainsi que des nocturnes de 20 heures à 23 heures les lundi, mardi et mercredi. Cette amplitude horaire était en l'espèce plus étendue que celle proposée par la société requérante, soit du lundi au vendredi de 8 heures à 20 heures.

33. S'agissant de l'accessibilité tarifaire, il ressort des pièces du dossier que le projet de la SAS Excellence Imagerie s'engageait sur un volume d'acte au tarif opposable de 50 %, soit un engagement identique à celui de la société requérante, de sorte que cet élément ne peut être regardé comme ayant été décisif dans l'appréciation portée par l'ARS d'Ile-de-France sur le projet de la société.

34. S'agissant de l'accessibilité géographique, il ressort des pièces du dossier que le 15ème arrondissement diposant de neuf IRM rapidement accessibles, il n'était pas considéré comme un territoire déficitaire de sorte que l'implantation géographique du centre dans l'ouest de l'arrondissement ne constituait pas un élément de différenciation notable par rapport aux autres projets et n'était donc pas en elle-même de nature à influencer particulièrement le choix de l'ARS d'Ile-de-France, alors en revanche que le projet de la SAS Excellence Imagerie se situait dans une zone prioritaire.

35. S'agissant de la diversification du plateau technique, si le plateau technique d'imagerie en coupe de la SAS Excellence Imagerie ne comptait pas de scanner, il ressort cependant des pièces du dossier qu'il prévoyait l'installation d'IRM 1,5 Tesla et 3 Tesla, dont l'utilisation correspond à des prises en charge différentes, permettant ainsi de participer à la diversification de l'offre de soins. En outre, et ainsi qu'il a déjà été dit, ces matériels devaient être installés en zone prioritaire, en l'espèce le 17ème arrondissement, afin de pallier une offre déficitaire.

36. S'agissant du nombre de radiologues formant l'équipe prévue au sein du centre, s'il n'est pas contesté que la présence de onze radiologues, soit un ratio de 5,5 médecins par équipement d'imagerie en coupe en cas d'obtention de l'autorisaton, était légèrement supérieur à celui de 4,75 pour la SAS Excellence Imagerie, ce seul élément, mis en perspective avec les autres critères pour lesquels la société ne présentaient pas les mêmes garanties que celles des autres dossiers, ne peut être regardé comme ayant été de nature à modifier l'appréciation globale portée par l'ARS d'Ile-de-France sur les mérites comparés des projets soumis à son appréciation.

37. Il résulte des points 30 à 36 que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'analyse comparée par l'ARS d'Ile-de-France des mérites respectifs des dossiers des demandes d'autorisation en cause ne peut qu'être écarté.

38. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Convention-Balard n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision n°DOS-2022/634 du 19 janvier 2022 par laquelle la directrice de l'ARS d'Ile-de-France a délivré l'autorisation d'exploiter une IRM 3 Tesla à la SAS Excellence Imagerie doivent être rejetées.

Sur la demande de modulation dans le temps des effets de l'annulation contentieuse dans l'instance n° 2206598 :

39. L'annulation d'un acte administratif implique en principe que cet acte est réputé n'être jamais intervenu. Toutefois, s'il apparaît que cet effet rétroactif de l'annulation est de nature à emporter des conséquences manifestement excessives en raison tant des effets que cet acte a produits et des situations qui ont pu se constituer lorsqu'il était en vigueur que de l'intérêt général pouvant s'attacher à un maintien temporaire de ses effets, il appartient au juge administratif - après avoir recueilli sur ce point les observations des parties et examiné l'ensemble des moyens, d'ordre public ou invoqués devant lui, pouvant affecter la légalité de l'acte en cause - de prendre en considération, d'une part, les conséquences de la rétroactivité de l'annulation pour les divers intérêts publics ou privés en présence et, d'autre part, les inconvénients que présenterait, au regard du principe de légalité et du droit des justiciables à un recours effectif, une limitation dans le temps des effets de l'annulation. Il lui revient d'apprécier, en rapprochant ces éléments, s'ils peuvent justifier qu'il soit dérogé à titre exceptionnel au principe de l'effet rétroactif des annulations contentieuses et, dans l'affirmative, de prévoir dans sa décision d'annulation que, sous réserve des actions contentieuses engagées à la date de celle-ci contre les actes pris sur le fondement de l'acte en cause, tout ou partie des effets de cet acte antérieurs à son annulation devront être regardés comme définitifs ou même, le cas échéant, que l'annulation ne prendra effet qu'à une date ultérieure qu'il détermine.

40. En l'espèce, l'ARS d'Ile-de-France et la SAS Excellence Imagerie soutiennent que les effets de l'annulation contentieuse prononcée devraient être différés dans l'attente des travaux de révision du plan régional de santé, dont la publication doit intervenir au plus tard le 1er novembre 2023, et afin de prendre en compte le nouveau cadre juridique de planification de l'offre de soins en Ile-de- France issu de la mise en œuvre du décret 16 septembre 2022 relatif aux conditions d'implantation des équipements d'imagerie en coupe et de l'activité de soins de radiologie, entré en vigueur à compter du 1er juin 2023, qui impliquera la mise en œuvre, par l'ARS d'une procédure particulièrement lourde visant à autoriser à nouveau l'ensemble des activités pour l'ensemble de la région Ile-de-France à la fin de l'année 2024. Toutefois, d'une part, le présent jugement est postérieur à la publication du plan régional de santé pour la période 2023-2028. D'autre part, la circonstance qu'une nouvelle procédure soit mise en euvre par l'ARS pour autoriser à nouveau l'ensemble des activités pour l'ensemble de la région Ile-de-France à la fin de l'année 2024 ne saurait constituer un motif susceptible de justifier qu'il soit dérogé, à titre exceptionnel, au principe de l'effet rétroactif de l'annulation contentieuse prononcée. Enfin, l'ARS d'Ile-de-France n'allègue aucun autre motif tendant à établir qu'une telle annulation emporterait des conséquences manifestement excessives.

Sur les frais liés aux litiges :

41. D'une part, dans l'instance n° 2206598, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de la SAS IRM Convention-Balard tendant à la mise à la charge de l'ARS d'Ile-de-France d'une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font par ailleurs obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la SAS IRM Convention-Balard au titre des frais exposés par la SAS Excellence Imagerie et non compris dans les dépens.

42. D'autre part, dans l'instance n° 2206600, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ARS d'Ile-de-France qui n'est pas, dans cette instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la SAS IRM Convention-Balard et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de la SAS Excellence Imagerie tendant à la mise à la charge de la SAS Convention-Balard d'une somme au titre de ces même dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La décision n°DOS-2022/633 du 19 janvier 2022 par laquelle la directrice de l'ARS d'Ile-de-France a délivré l'autorisation d'exploiter une IRM 1,5 Tesla à la SAS Excellence Imagerie est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2206598 est rejeté.

Article 3 : La requête n° 2206600 de la SAS IRM Convention-Balard est rejetée.

Article 4 : Les conclusions présentées par la SAS Excellence Imagerie dans l'instance n° 2206600 en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée IRM Convention-Balard, à l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France à la société par actions simplifiée Excellence Imagerie.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Delesalle, président,

- M. Pény, premier conseiller,

- M. Doan, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.

Le rapporteur,

A. Pény Le président,

H. Delesalle

La greffière,

A. Cardon

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2206598-2206600/6-3

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TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525597

**Sujet principal** : La requérante, une ressortissante salvadorienne, demande l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour et l'injonction au préfet de police de lui délivrer un titre. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (6e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requête dirigée contre un rejet implicite est irrecevable, car un refus exprès (un arrêté du 25 mars 2025) avait déjà été notifié. Le tribunal considère que les moyens au fond, invoquant notamment les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du CESEDA, ne sont pas de nature à justifier la délivrance d'un titre. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4, ainsi que le code de justice administrative.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524412

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait les décisions du préfet du Val-de-Marne l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour douze mois. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui était entré et séjournait irrégulièrement en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la Convention européenne des droits de l'homme et l'accord franco-algérien de 1968.

19/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2414908

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en excès de pouvoir concernant la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris pour une infection nosocomiale survenue après une intervention chirurgicale. La juridiction a reconnu la responsabilité de l'établissement et a procédé à une évaluation des préjudices du requérant, en se fondant notamment sur une expertise médicale ordonnée par le tribunal. La décision implicite de rejet de la demande d'indemnisation est annulée, et l'AP-HP est condamnée à verser une indemnité, dont le montant est déterminé par le tribunal en application des principes de responsabilité administrative.

19/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419249

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. La juridiction a jugé que le recours contre la décision implicite de rejet était devenu sans objet, une décision expresse de rejet ayant été prise avant l'introduction de la requête et le recours contre cette dernière ayant fait l'objet d'un désistement. Le tribunal s'est fondé sur les règles de procédure du code de justice administrative pour constater l'irrecevabilité, sans avoir à examiner le fond du litige.

19/03/2026

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