LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2206697

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2206697

jeudi 18 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2206697
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantWOODS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 mars et 30 septembre 2022, M. D E, représenté par Me Woods, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser la somme totale de 262 104,20 euros au titre de la réparation de ses préjudices, assortie des intérêts au taux légal à compter du jour de la demande préalable ;

2°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 8 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'AP-HP les entiers dépens, dont les frais d'expertise, à hauteur de 2 000 euros.

Il soutient que :

- l'AP-HP a commis une faute dès lors qu'il a été victime d'une lésion traumatique du nerf lingual lors de l'intervention chirurgicale du 26 octobre 2016 au sein du service ORL de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière consistant en une exérèse de la glande sous-mandibulaire droite ;

- la responsabilité de l'AP-HP est également engagée à raison d'un défaut d'information ;

- l'AP-HP a également commis une faute à raison d'un défaut de prise en charge post-opératoire ;

- les préjudices en lien avec ces fautes s'élèvent à 150 000 euros au titre de l'incidence professionnelle, 13 000 euros au titre du préjudice universitaire, 2 704,20 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 14 400 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 12 000 euros au titre des souffrances endurées, 5 000 euros au titre du préjudice d'agrément et 15 000 au titre du préjudice sexuel.

Par un mémoire, enregistré le 8 septembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris demande au tribunal :

1°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 3 893,35 euros au titre des prestations servies dans l'intérêt du requérant ;

2°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme correspondant à l'indemnité forfaitaire de gestion de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

La CPAM de Paris fait valoir qu'elle est fondée à solliciter la condamnation de l'AP-HP à lui verser la somme de 3 893,35 euros correspondant aux soins en lien avec l'aggravation de l'état de santé de M. E.

La requête a été communiquée à l'AP-HP, qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pény,

- et les conclusions de M. Cicmen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, né le 13 mai 1971, a fait l'objet d'une intervention chirurgicale le 26 octobre 2016 au sein du service d'oto-rhino-laryngologie (ORL) de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), consistant en une exérèse de la glande sous-mandibulaire droite, afin de soulager des épisodes récidivants de colique sous-mandibulaire droite. Au cours de cette opération, le requérant a été victime d'une lésion traumatique du nerf lingual. Souffrant de douleurs récurrentes identifiées comme des douleurs neuropathiques post-interventionnelles, il a consulté à de nombreuses reprises au sein des services ORL de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, ainsi que de l'hôpital Lariboisière, sans que ces douleurs ne s'atténuent.

2. Par une ordonnance du vice-président du tribunal du 11 décembre 2019, le professeur A, praticien hospitalier en oto-rhino-laryngologie et chirurgien cervico-faciale à l'hôpital Foch, a été désigné pour procéder à une expertise. L'expert a remis son rapport le 29 mars 2021. Par courrier avec accusé de réception du 18 décembre 2021, notifié le 21 décembre suivant, M. E a adressé à l'AP-HP une demande préalable, qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, il demande au tribunal de condamner l'AP-HP à l'indemniser de ses préjudices.

Sur la responsabilité de l'AP-HP :

En ce qui concerne le défaut d'information :

3. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser ".

4. Lorsque l'acte médical envisagé, même accompli conformément aux règles de l'art, comporte des risques connus de décès ou d'invalidité, le patient doit en être informé dans des conditions qui permettent de recueillir son consentement éclairé. Si cette information n'est pas requise en cas d'urgence, d'impossibilité, de refus du patient d'être informé, la seule circonstance que les risques ne se réalisent qu'exceptionnellement ne dispense pas les praticiens de leur obligation. Un manquement des médecins à leur obligation d'information engage la responsabilité de l'hôpital dans la mesure où il a privé le patient d'une chance de se soustraire au risque lié à l'intervention en refusant qu'elle soit pratiquée. C'est seulement dans le cas où l'intervention était impérieusement requise, en sorte que le patient ne disposait d'aucune possibilité raisonnable de refus, que l'existence d'une perte de chance peut ne pas être reconnue.

5. M. E soutient qu'il n'a pas été informé des risques fréquents ou graves normalement prévisibles lors d'une intervention consistant en une exérèse de la glande sous-mandibulaire droite. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction, notamment du compte rendu opératoire partiellement reproduit dans le rapport d'expertise, que le requérant a été informé des avantages et inconvénients inhérents à une telle intervention, en particulier du " risque sur le rameau mentonnier du nerf facial ainsi que sur le nerf lingual et du risque de complication infectieuse et d'hématome post-opératoire ". D'autre part, si M. E soutient qu'il n'a pas été averti de la possible survenance de douleurs postopératoires, la seule circonstance qu'il n'ait pas été orienté vers une consultation anti-douleur n'est pas de nature d'établir un tel défaut d'information sur les risques inhérents à l'intervention qu'il a subie.

En ce qui concerne la prise en charge opératoire de M. E :

6. Aux termes des dispositions du premier paragraphe de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / () ".

7. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que si l'intervention du 26 octobre 2016 consistant en une exérèse sous mandibulectomie droite pour traiter l'augmentation du volume de la glande mandibulaire de M. E était justifiée, la lésion traumatique du nerf lingual, au niveau de la branche du nerf trijumeau, dont il a été victime lors de l'opération résulte d'une " erreur de technique chirurgicale ", laquelle est à l'origine de douleurs neuropathiques récurrentes. Ces éléments ne sont pas contestées par l'AP-HP, qui n'a produit aucune observation en défense. Dans ces conditions, la prise en charge opératoire n'a pas été conforme aux règles de l'art et constitue, dès lors, une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP. M. E est par suite fondé à demander la réparation des préjudices subis résultant de l'intervention du 26 octobre 2016.

En ce qui concerne la prise en charge postopératoire de M. E :

8. M. E soutient que sa prise en charge à l'issue de l'opération qu'il a subie n'a pas été conforme aux règles de l'art dès lors qu'il aurait dû être orienté vers une consultation anti-douleur. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'intéressé a été orienté par son médecin généraliste vers une consultation anti-douleur le 20 décembre 2018, et qu'il a en conséquence consulté le professeur B le 14 janvier 2019, puis le professeur C le 16 janvier suivant. Toutefois, la circonstance qu'il ait été orienté vers une consultation anti-douleur plus de deux ans après l'intervention en cause ne révèle pas un défaut de prise en charge postopératoire, dès lors qu'il résulte de l'instruction que les douleurs récurrentes dont il souffrait ont donné lieu à plusieurs rendez-vous à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière afin de déterminer leur origine. A cet égard, il résulte du rapport d'expertise que " la fréquence des consultations médicales est élevée " chez les patients victimes de douleurs neuropathiques à la suite d'une lésion du nerf lingual, soit en moyenne entre " trois et six [consultations] avant que le bon diagnostic ne soit posé pour ce type de douleurs ". Ainsi, la seule circonstance qu'un délai de deux ans se soit écoulé entre l'intervention en cause et la consultation d'un médecin spécialisé dans le traitement des douleurs n'est pas de nature à révéler une faute dans le cadre du suivi postopératoire de M. E.

Sur les préjudices :

9. En application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, le juge saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et du recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime ou, le cas échéant, de ce que cette responsabilité n'est engagée que dans la limite d'une perte de chance pour la victime d'obtenir une amélioration ou d'éviter une aggravation de son état. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale.

10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de M. E était consolidé au 26 mars 2019. L'intéressé, ainsi qu'il a été dit au point 7, a droit à la réparation de ses préjudices. Il y a donc lieu de statuer poste par poste sur ces préjudices, conformément aux dispositions précitées. Il y a également lieu de statuer sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant du préjudice de carrière et de l'incidence professionnelle :

11. Il y lieu de tenir compte des séquelles de l'accident médical conservées par M. E et de leur retentissement sur sa carrière professionnelle en raison des douleurs récurrentes dont il est encore aujourd'hui victime. A ce titre, le rapport d'expertise indique que ces douleurs " ont tendance à se chroniciser et toutes les douleurs chroniques ont des répercussions psychologiques. Les relations sociales et la qualité de vie sont altérées, avec une perturbation du sommeil et des troubles de l'humeur ". Ces événements sont de nature à rendre plus pénibles les conditions de travail du requérant et à rendre plus difficile la poursuite de sa carrière dans des conditions équivalentes à celles qu'il connaissait antérieurement. Eu égard à son âge au moment des faits, soit quarante-cinq ans, il sera fait une juste appréciation de l'incidence professionnelle en l'évaluant à 8 000 euros.

S'agissant du préjudice universitaire :

12. M. E soutient qu'il n'a pas pu mener à son terme la formation qu'il avait entamée, le 16 juin 2016, pour obtenir un " Master Administration des entreprises " au sein de l'Institut d'administration des entreprises (IAE) de Paris. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que les séquelles qu'il conserve depuis l'intervention du 26 octobre 2016 l'auraient empêché de terminer cette formation, ou d'en engager une autre. Il n'y a donc pas lieu de l'indemniser au titre de ce chef de préjudice.

En ce qui concerne les préjudices personnels :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

13. Il résulte de l'instruction que M. E a subi, du fait de l'état de santé résultant des fautes imputables à l'AP-HP dans le cadre de sa prise en charge, un déficit fonctionnel total du 26 au 27 octobre 2016 puis, en dehors de sa période d'hospitalisation, un déficit fonctionnel temporaire de 50 % du 28 octobre au 11 novembre 2016, un déficit fonctionnel temporaire de 25 % du 12 novembre au 12 décembre 2016 et un déficit fonctionnel temporaire de 10 % du 13 décembre 2016 au 26 mars 2019. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, sur la base de 20 euros par jour, en l'évaluant aux sommes de 40 euros, 220 euros, 155 euros et 1 668 euros au titre de chacune de ces périodes, soit la somme totale de 2 083 euros.

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

14. Il résulte du rapport d'expertise, et il n'est pas contesté, que le requérant subit un taux de déficit fonctionnel permanent de 8 % s'agissant des séquelles liées à l'intervention du 26 octobre 2016 et aux complications qui en ont découlées, afin de tenir compte de la persistance de douleurs neuropathiques, dont ce rapport relève qu'elles " ont tendance à se chroniciser et toutes les douleurs chroniques ont des répercussions psychologiques. Il résulte du même rapport, ainsi qu'il a déjà été indiqué au point 11, que les relations sociales et la qualité de vie de l'intéressé sont altérées, avec une perturbation du sommeil et des troubles de l'humeur. M. E étant âgé de quarante-sept ans à la date de consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en fixant à 12 000 euros la somme destinée à le réparer.

S'agissant des souffrances endurées :

15. Compte tenu des souffrances physiques subies par M. E à la suite de l'intervention du 26 octobre 2016, évaluées à 4 sur une échelle de 1 à 7 par l'expert, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en mettant à la charge de l'AP-HP la somme de 10 000 euros.

S'agissant du préjudice sexuel :

16. Il résulte de l'instruction que les séquelles que conserve M. E à la suite de l'intervention du 26 octobre 2016 sont à l'origine de douleurs chroniques ayant entraîné un préjudice sexuel. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros, qui sera mise à la charge de l'AP-HP.

S'agissant du préjudice d'agrément :

17. Si M. E soutient que la faute dont il a été victime l'empêche désormais de pratiquer des activités sportives, telles que la course, il n'établit pas qu'il pratiquait ces activités antérieurement. Il s'ensuit que le préjudice ne peut être regardé comme présentant un caractère certain.

Sur les droits de la CPAM de Paris :

18. La CPAM de Paris justifie, par la production d'un relevé définitif de ses débours émis le 8 septembre 2022, avoir pris en charge, pour le compte de M. E, le versement de frais médicaux et pharmaceutiques, pour la période du 6 décembre 2016 au 23 mars 2019, ainsi que des indemnités journalières, pour la période du 26 octobre 2016 au 6 août 2018, pour un montant total de 3 893,35 euros. Ces frais ne sont pas contestés par l'AP-HP, ni dans leur principe ni dans leur montant. Il y a donc lieu de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de de 3 893,35 euros à ce titre.

Sur les intérêts :

19. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

20. Les sommes allouées aux ayants droit de M. E porteront intérêt au taux légal à compter du 21 décembre 2021, date de réception de sa première demande préalable.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

21. En vertu de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () / Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. / () / En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. / () ". En vertu de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale, le montant maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion est de 1 191 euros.

22. Il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP, en application de ces dispositions, une somme de 1 191 euros au profit de la CPAM de Paris.

Sur les frais d'expertise :

23. Par une ordonnance du 29 avril 2022, les frais et honoraires de l'expertise ont été liquidés et taxés à la somme de 2 000 euros. Ces frais doivent être mis à la charge définitive de l'AP-HP.

Sur les frais liés au litige :

24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 2 000 euros au bénéfice de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est mis à la charge de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris une somme de 34 083 euros à verser à M. E. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 21 décembre 2021.

Article 2 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 3 893,35 euros, en remboursement des dépenses engagées pour M. E.

Article 3 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à M. E la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 5 : Les frais de l'expertise, d'un montant total de 2 000 euros, sont mis à la charge définitive de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.

Copie en sera adressée à l'expert.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Delesalle, président,

- M. Pény, premier conseiller,

- M. Doan, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.

Le rapporteur,

A. Pény

Le président,

H. Delesalle

La greffière,

A. Cardon

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2206697/6-3

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525597

**Sujet principal** : La requérante, une ressortissante salvadorienne, demande l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour et l'injonction au préfet de police de lui délivrer un titre. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (6e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requête dirigée contre un rejet implicite est irrecevable, car un refus exprès (un arrêté du 25 mars 2025) avait déjà été notifié. Le tribunal considère que les moyens au fond, invoquant notamment les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du CESEDA, ne sont pas de nature à justifier la délivrance d'un titre. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4, ainsi que le code de justice administrative.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524412

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait les décisions du préfet du Val-de-Marne l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour douze mois. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui était entré et séjournait irrégulièrement en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la Convention européenne des droits de l'homme et l'accord franco-algérien de 1968.

19/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2414908

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en excès de pouvoir concernant la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris pour une infection nosocomiale survenue après une intervention chirurgicale. La juridiction a reconnu la responsabilité de l'établissement et a procédé à une évaluation des préjudices du requérant, en se fondant notamment sur une expertise médicale ordonnée par le tribunal. La décision implicite de rejet de la demande d'indemnisation est annulée, et l'AP-HP est condamnée à verser une indemnité, dont le montant est déterminé par le tribunal en application des principes de responsabilité administrative.

19/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419249

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. La juridiction a jugé que le recours contre la décision implicite de rejet était devenu sans objet, une décision expresse de rejet ayant été prise avant l'introduction de la requête et le recours contre cette dernière ayant fait l'objet d'un désistement. Le tribunal s'est fondé sur les règles de procédure du code de justice administrative pour constater l'irrecevabilité, sans avoir à examiner le fond du litige.

19/03/2026

← Retour aux décisions