LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2206947

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2206947

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2206947
TypeDécision
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET GUIDET ET ASSOCIE (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mars 2022, la société civile de la Tour Grise (SCTG), représentée par Me Guidet, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie respectivement au titre des années 2011 à 2013 et pour la période du 1er janvier 2011 au 31 mai 2014 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les propositions de rectification sont insuffisamment motivées quant aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée afférents aux dépenses d'affranchissement mises à sa charge ;

- les rehaussements opérés par le service à raison du défaut de justification quant à l'utilisation des timbres acquis en 2011 doivent être remis en cause, dès lors qu'une partie de ces timbres a été revendue aux sociétés ARARE et RCF et qu'une autre partie a été utilisée pour l'envoi de cartes de vœux ;

- les dépenses de voyages, de restaurant et d'hôtel, les dépenses de location immobilière, ainsi que les dépenses d'antiquaires, de libraire et d'œuvres d'art, dont la déduction a été remise en cause, ont été engagées dans l'intérêt de la société ;

- les pénalités de 80% pour manœuvres frauduleuses sont injustifiées, dès lors que la SCTG n'a pas établi de factures fictives et que l'interlocuteur départemental unique a substitué la pénalité de 40% pour manquement délibéré à celle de 80% pour manœuvres frauduleuses ;

- les pénalités de 40% pour manquement délibéré sont injustifiées, dès lors qu'elles ne sont pas motivées et que la volonté délibérée de la société d'éluder l'impôt n'est pas caractérisée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2022, le directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 24 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 15 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ostyn,

- et les conclusions de M. Pertuy, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile de la Tour Grise (SCTG), qui exerce une activité de conseil et d'offre de prestations rédactionnelles auprès de ses filiales, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos en 2011, 2012 et 2013 s'agissant de l'impôt sur les sociétés et sur la période du 1er janvier 2011 au 31 mai 2014, s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée. A l'issue des opérations de contrôle et au terme d'une procédure de rectification contradictoire, la société a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés pour les exercices clos les 31décembre 2011, 2012 et 2013 et à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2011 au 31 mai 2014, dont elle demande, par la présente requête, la décharge en droits et pénalités.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même code : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les rehaussements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile.

3. La requérante soutient que les propositions de rectification sont insuffisamment motivées quant aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée afférents aux dépenses d'affranchissement mis à sa charge, dès lors qu'il serait établi que les timbres acquis auprès de Messieurs Cealis l'auraient été dans l'intérêt de la société SCTG. Toutefois, cette circonstance, relative au bien-fondé de l'imposition, est sans incidence sur l'exigence formelle de motivation de la proposition de rectification posée par l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, dont le respect n'est pas contesté. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que les propositions de rectification des 5 décembre 2014 et 12 juin 2015 comportent la désignation des impôts concernés, les années ou périodes concernées, les bases d'imposition, ainsi que l'ensemble des éléments de fait et de droit permettant au contribuable de formuler utilement ses observations. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation des propositions de rectification doit être écarté.

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur :

4. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. - 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. () II. - 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : / a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures () ".

5. A supposer que la requérante ait entendu, à travers le moyen tiré du défaut de motivation des propositions de rectification, contester le bien-fondé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée afférents aux dépenses d'affranchissement mises à sa charge, il résulte de l'instruction que le service a, à bon droit, rejeté la déduction de taxe sur la valeur ajoutée sur les factures d'affranchissement, dès lors que les factures d'achat présentées par la SCTG ne répondaient pas aux conditions de déduction prévues par le code général des impôts. En effet, le service a relevé que les ventes de timbres ayant été réalisées par Messieurs Cealis, personnes privées non assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée en raison de la franchise en base dont ils bénéficient sur le fondement de l'article 293 B-I du code général des impôts, ces derniers ne pouvaient donc pas délivrer de factures faisant apparaître la taxe sur la valeur ajoutée. De plus, si la requérante conteste le caractère fictif des factures établies pour ces dépenses, le service s'est fondé sur les témoignages et attestations fournies par Messieurs Stéphane et Jean-Pierre Cealis, sur le droit de communication effectué auprès de M. B D, expert judiciaire agréé en matière de timbres-poste, de marques postales et cartophilie, ayant expertisé la collection de timbres de Messieurs Cealis, et sur les similitudes entre les factures établies par la SCTG à ses clients et celles qui auraient été établies par Messieurs Cealis, pour établir le caractère fictif des factures sur le fondement desquelles la taxe sur la valeur ajoutée a été déduite par la requérante. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'administration aurait, à tort, remis en cause la déduction de taxe sur la valeur ajoutée afférente aux dépenses d'affranchissement, doit être écarté.

En ce qui concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés :

S'agissant des stocks de timbres :

6. La requérante fait valoir que les rehaussements de stocks opérés par le service à raison du défaut de justification quant à l'utilisation des timbres acquis en 2011 doivent être remis en cause, dès lors qu'une partie de ces timbres a été revendue et qu'une autre partie a été utilisée. Toutefois, d'une part, il ressort de la page 10 de proposition de rectification du 5 décembre 2014 que le stock restant constaté au 31 décembre 2011, d'un montant de 253 317,57 euros, tient compte du montant des timbres ayant été revendus aux clients Le Quotidien de Paris Editions pour un montant de 227 589,38 euros, l'Association du Rassemblement des Contribuables Français (ARCF) pour un montant de 8 291,88 euros et l'Association pour la Représentation des Actionnaires Révoltés (ARARE) pour un montant de 58 120 euros. D'autre part, la requérante fait valoir qu'elle a utilisé chaque année des timbres pour les envois de cartes de vœux adressées aux maires et abonnés pour des montants de 64 785 euros en 2011, 64 053 euros en 2012 et

66 689 euros en 2013, correspondant respectivement à 44 686, 44 181 et 43 014 envois. Toutefois, il ne saurait être déduit des quelques cartes de vœux produites à l'instance que la requérante a effectué des dépenses d'affranchissement correspondant aux montants et aux volumes d'envois qu'elle allègue. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à demander la remise en cause des rehaussements opérés par le service à raison du défaut de justification quant à l'utilisation des timbres acquis en 2011.

S'agissant des dépenses déduites du résultat imposable :

7. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts, dont l'article 209 étend le champ d'application à l'assiette de l'impôt sur les sociétés : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire. () 5. Sont également déductibles les dépenses suivantes : () b. Les frais de voyage et de déplacements exposés par ces personnes ". Pour être admis en déduction des bénéfices imposables, les frais et charges doivent, d'une manière générale, être exposés dans l'intérêt direct de l'exploitation ou se rattacher à la gestion normale de l'entreprise, correspondre à une charge effective, être appuyés de justifications suffisantes et être compris dans les charges de l'exercice au cours duquel ils ont été engagés. En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions du 1 de l'article 39 du code général des impôts selon lesquelles le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, de justifier tant du montant des créances de tiers, amortissements, provisions et charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. En ce qui concerne les charges, le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée.

8. Sur les dépenses de voyages, de déplacement et de réception, la requérante fait valoir, à titre général, que son activité de presse conduit son gérant à rencontrer des personnalités ou encore à s'informer sur l'économie des pays, ce qui génère des dépenses de voyages, de déplacement et de réception et, à titre particulier s'agissant de la note d'hôtel en Espagne du 9 au 22 août 2011, que ce déplacement avait pour but la rédaction d'un article sur la crise espagnole publié dans Bourse Plus fin 2011. Toutefois, alors qu'en vertu de l'article 39 du code général des impôts, la charge lui incombe de prouver l'existence de ces frais et l'intérêt qu'ils revêtent pour la société, elle ne fournit aucun justificatif attestant de l'intérêt pour la société des dépenses de restaurant et d'hôtel déduites au titre de l'année 2013. En ce qui concerne la note d'hôtel en Espagne, elle ne démontre pas en quoi la prise en charge par la société des frais afférents au voyage des deux enfants du gérant serait conforme à l'intérêt de la société et n'apporte pas la preuve de ce que ce voyage, effectué, comme le relève l'administration fiscale sans être contestée, selon la facture AMCI/AEROVOYAGES, pour la tenue d'un conseil d'administration, aurait eu pour objectif la rédaction d'un article sur la crise espagnole.

9. Sur les dépenses de location immobilière, la société ne fournit aucun élément de nature à apprécier la réalité de l'entreposage d'archives dans les locaux situés 3 rue Balny d'Avricourt à Paris (75017) ou de l'accueil, discret, de public, ni de nature à attester de leur utilisation professionnelle, alors même qu'il n'est pas contesté que le bail mentionne un usage d'habitation principale " pour l'usage exclusif de Monsieur C A ".

10. Sur les dépenses d'antiquaire, de libraire et d'œuvres d'art, si la requérante fait valoir, à juste titre, que rien n'interdit, par principe, à une société d'acquérir du mobilier ancien pour son propre usage, il résulte de l'instruction qu'elle ne produit à l'instance aucun élément démontrant que les dépenses d'antiquaire, de libraire et d'œuvres d'art ont été réalisées dans l'intérêt de la société, comme l'exige l'article 39 du code général des impôts.

11. Il résulte de ce qui précède que la requérante ne démontre pas que l'administration aurait, à tort, intégré les dépenses de voyages, de restaurant et d'hôtel, les dépenses de location immobilière, ainsi que les dépenses d'antiquaires, de libraire et d'œuvres d'art à son résultat imposable.

Sur les pénalités :

12. Aux termes de l'article 1729 code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () c. 80 % en cas de manœuvres frauduleuses ".

13. En premier lieu, la requérante soutient que l'administration lui a, à tort, infligé la majoration de 80% applicable en cas de manœuvres frauduleuses, dès lors que le caractère fictif des factures relatives aux achats de timbre à Messieurs Cealis, pour lesquelles des rehaussements ont été opérés au titre de la taxe sur la valeur ajoutée et l'impôt sur les sociétés, n'est pas établi. Toutefois, d'une part, il ne peut être déduit de l'abandon de l'amende prévue à l'article 1737 du code général des impôts et de la substitution, en ce qui concerne les rectifications opérées au titre de l'impôt sur les sociétés, de la majoration de 40% pour manquement délibéré prévue au a. de l'article 1729 du même code à la majoration de 80% pour manœuvres frauduleuses du c. du même article que les factures ne présentaient pas un caractère fictif. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que c'est à bon droit que l'administration a considéré que les factures d'affranchissement présentaient un caractère fictif et a, par conséquent, établi l'existence de manœuvres frauduleuses de nature à entraîner l'application de la majoration prévue au c de l'article 1729 du code général des impôts. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la pénalité de 80% qui lui a été appliquée concernant les rectifications opérées en matière de taxe sur la valeur ajoutée est injustifiée.

14. En second lieu, le service a, à l'origine, appliqué la majoration de 40% pour manquement délibéré prévue au a de l'article 1729 du code général des impôts aux rehaussements à l'impôt sur les sociétés et à la taxe sur la valeur ajoutée, afférents aux omissions de recette, aux dépenses de mobilier ancien et d'œuvres d'art, aux factures établies par M. A, aux dépenses d'hôtel et de restaurant, aux dépenses de locations immobilières, charges de copropriété et de déménagement et aux charges sur cession de valeurs mobilières de placement injustifiées. Par lettre du 14 avril 2017, l'interlocuteur départemental unique a abandonné l'amende infligée au titre de l'article 1727 du code général des impôts et substitué, en ce qui concerne les rectifications opérées au titre de l'impôt sur les sociétés, à la majoration de 80% pour manœuvres frauduleuses de l'article 1729 de ce code la majoration de 40% pour manquement délibéré du même article. L'administration fiscale a notamment relevé que la SCTG a volontairement omis de comptabiliser certaines recettes, qu'elle a, délibérément, déduit des charges non engagées dans l'intérêt de la société, déduit d'autres charges dont elle connaissait l'absence de réalité économique afin d'augmenter fictivement sa dette, ajouté à la main la taxe sur la valeur ajoutée déductible sur des factures fournisseurs dont elle savait que la taxe sur la valeur ajoutée ne pouvait être récupérée, établi des factures fictives pour déduire en charges des achats sans lien avec son activité économique et comptabilisé deux fois une même facture. En déduisant de ses résultats, de manière répétée, des dépenses dont elle n'a pas été en mesure de justifier la réalité, la société a, en toute connaissance de cause, recherché à diminuer le montant de ses résultats imposables et donc, le montant de l'impôt dont elle était redevable. Par ailleurs, la requérante ne peut reprocher à l'administration la substitution opérée à titre gracieux par l'interlocuteur départemental unique, dès lors que l'application de la pénalité pour manquement délibéré lui est plus favorable que celle pour manœuvres frauduleuses. Dans ces circonstances, le caractère intentionnel des agissements relevés au cours de la vérification, atteste bien de la volonté de soustraire délibérément la société requérante au paiement de l'impôt exigible et justifie l'application de la sanction pour manquement délibéré qui lui a été appliquée concernant les rectifications opérées en matière d'impôt sur les sociétés.

Sur les frais liés à l'instance :

15. L'administration n'étant pas partie perdante dans le cadre de la présente instance, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile de la Tour Grise et au directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

Mme Grossholz, première conseillère,

Mme Ostyn, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

La rapporteure,

I. OSTYNLe président,

J.-C. TRUILHÉ

La greffière,

S. RUBIRALTA

La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/1-1

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

01/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.

01/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.

01/04/2026

← Retour aux décisions