LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2207363

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2207363

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2207363
TypeDécision
PublicationC
Formation3e Section - 2e Chambre
Avocat requérantVERNON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mars 2022, et des mémoires, enregistrés les 30 mars et 27 juin 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Mme F A veuve C, représentée par Me Vernon, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de police a octroyé le concours de la force publique pour procéder à son expulsion du logement situé 16 cours de Vincennes dans le 12ème arrondissement de Paris ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à son relogement dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dans la mesure où il n'est pas justifié que le préfet a procédé aux informations prévues à l'article L. 412-5 du code des procédures civiles d'exécution, en particulier les informations concernant la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) et la possibilité de saisir la commission de médiation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation compte tenu, d'une part, de son âge et de sa situation familiale, d'autre part, de sa situation sociale et financière, enfin du contexte sanitaire évoqué dans l'instruction interministérielle du 26 avril 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le moyen tiré de l'insuffisante motivation est inopérant dès lors que les décisions d'octroi du concours de la force publique ne sont pas soumises à l'obligation de motivation prévue aux articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le moyen tiré de l'absence de saisine de la CCAPEX est inopérant dans la mesure où cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision d'octroi du concours de la force publique ;

- la requérante ne peut pas valablement soutenir que le préfet ne l'a pas informée de la possibilité de saisir la commission de médiation dans la mesure où elle indique avoir saisi cette commission le 15 juin 2021 et avoir obtenu une décision favorable le 7 octobre 2021 ;

- les autres moyens soulevés par Mme C, tirés de l'incompétence du signataire de la décision et de l'erreur manifeste d'appréciation, ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 20 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 avril 2024 à 12 heures.

La requête a été communiquée à Mme G D qui n'a pas produit d'observations.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Armoët,

- et les conclusions de Mme Castéra, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C était titulaire d'un contrat de bail locatif conclu le 29 avril 2003 entre son époux, qui est par la suite décédé le 15 septembre 2015, et Mme G D, aux droits de laquelle est venue la SCI Merad, propriétaire, pour un appartement à usage d'habitation situé 16 cours de Vincennes dans le 12ème arrondissement de Paris. Par un jugement du 18 mai 2021, le tribunal judiciaire de Paris, après avoir constaté la validité du congé aux fins de vente signifié à Mme C le 28 septembre 2017, a ordonné l'expulsion de l'intéressée du logement, dans un délai de trois mois à compter de la date de délivrance d'un commandement d'avoir à quitter les lieux. Un commandement de quitter les lieux a été délivré à l'occupante le 1er juin 2021 et notifié aux services de la préfecture de police le même jour. Par acte d'huissier du 3 septembre 2021, le concours de la force publique a été requis pour procéder à l'expulsion de Mme C. Par une décision du 27 octobre 2021, le préfet de police a octroyé le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion de Mme C à compter de cette même date. Par une lettre du 10 mars 2022, Mme C a été informée de la mise en œuvre de la procédure d'expulsion. Par la présente requête, Mme C, qui a été effectivement expulsée du logement le 13 octobre 2022, doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 27 octobre 2021.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, ses conclusions tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires () ". Toute décision de justice ayant force exécutoire peut donner lieu à une exécution forcée, la force publique devant, si elle est requise, prêter main forte à cette exécution. Toutefois, des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public ou à la survenance de circonstances postérieures à la décision judiciaire statuant sur la demande d'expulsion ou sur la demande de délai pour quitter les lieux et telles que l'exécution de l'expulsion serait susceptible d'attenter à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. En cas d'octroi de la force publique il appartient au juge de rechercher si l'appréciation à laquelle s'est livrée l'administration sur la nature et l'ampleur des troubles à l'ordre public susceptibles d'être engendrés par sa décision ou sur les conséquences de l'expulsion des occupants compte tenu de la survenance de circonstances postérieures à la décision de justice l'ayant ordonné, ou ayant statué sur la demande de délai pour quitter les lieux, n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

4. En premier lieu, la décision attaquée du 27 octobre 2021 a été signée par M. B E, directeur adjoint du cabinet du préfet de police, qui disposait d'une délégation de signature pour signer au nom du préfet de police les autorisations de concours de la force publique en matière d'expulsions locatives, en vertu d'un arrêté n° 2021-00881 du 30 août 2021 régulièrement publié. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

5. En deuxième lieu, Mme C soutient que la décision accordant le concours de la force publique au propriétaire du logement qu'elle occupait n'est pas suffisamment motivée. Toutefois, une telle décision ne constitue pas une décision individuelle défavorable qui la concerne soumise à l'obligation de motivation au sens de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Ce moyen doit, par suite, être écarté comme inopérant.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code des procédures civiles d'exécution : " Dès le commandement d'avoir à libérer les locaux, l'huissier de justice chargé de l'exécution de la mesure d'expulsion en saisit le représentant de l'Etat dans le département afin que celui-ci en informe la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l'article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, et qu'il informe le ménage locataire de la possibilité de saisir la commission de médiation en vue d'une demande de relogement au titre du droit au logement opposable. (). La saisine du représentant de l'Etat dans le département par l'huissier et l'information de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par le représentant de l'Etat dans le département s'effectuent par voie électronique par l'intermédiaire du système d'information prévu au dernier alinéa du même article 7-2 ".

7. D'une part, Mme C ne peut utilement soutenir que le préfet de police n'aurait pas informé la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX), cette circonstance étant sans incidence sur la légalité de la décision d'octroi du concours de la force publique. D'autre part, si Mme C soutient que le préfet de police ne justifie pas l'avoir informée qu'elle pouvait saisir la commission de médiation en vue d'une demande de relogement, il ressort, en tout état de cause, des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée du 27 octobre 2021, la requérante s'était déjà vue reconnaître prioritaire et devant être logée en urgence par une décision de cette commission du 7 octobre 2021. Par suite, les deux branches du moyen tiré du vice de procédure ne peuvent qu'être écartées.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 312-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Font l'objet d'une publication les instructions, les circulaires ainsi que les notes et réponses ministérielles qui comportent une interprétation du droit positif ou une description des procédures administratives () ". Aux termes de l'article L. 312-3 de ce code : " Toute personne peut se prévaloir des documents administratifs mentionnés au premier alinéa de l'article L. 312-2, émanant des administrations centrales et déconcentrées de l'Etat et publiés sur des sites internet désignés par décret. Toute personne peut se prévaloir de l'interprétation d'une règle, même erronée, opérée par ces documents pour son application à une situation qui n'affecte pas des tiers, tant que cette interprétation n'a pas été modifiée. Les dispositions du présent article ne peuvent pas faire obstacle à l'application des dispositions législatives ou réglementaires préservant directement la santé publique, la sécurité des personnes et des biens ou l'environnement ".

9. Mme C ne peut pas utilement se prévaloir de l'instruction du 26 avril 2021 de la ministre chargée du logement et de la ministre chargée de la citoyenneté relative à la préparation de la fin de la période hivernale/prévision des expulsions locatives qui, d'une part, ne contient pas de lignes directrices mais seulement des orientations générales, d'autre part, n'a, en tout état de cause, pas été publiée selon les modalités prévues à l'article L. 312-3 précité.

10. En dernier lieu, en se bornant à faire état de son âge, de sa situation familiale et financière depuis le décès de son mari au cours de l'année 2015 ainsi que de ses démarches pour obtenir un logement social, Mme C ne justifie pas d'une circonstance postérieure au jugement du tribunal judiciaire de Paris du 18 mai 2021, lequel a au demeurant refusé de lui accorder le délai sollicité au motif qu'elle avait bénéficié d'un délai de trois ans depuis le congé pour vente qui lui avait été régulièrement signifié, faisant apparaître que l'exécution de la décision du préfet de police serait de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine au sens des règles rappelées au point 3 du présent jugement. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le préfet de police a commis une erreur manifeste d'appréciation en accordant le concours de la force publique en vue de procéder à son expulsion.

11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du préfet de police du 27 octobre 2021 accordant le concours de la force publique en vue de son expulsion du logement qu'elle occupait. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent, par suite, être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des frais d'instance et du droit de plaidoirie.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme C.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F A veuve C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à Me Vernon et à Mme G D.

Copie en sera adressée au préfet de police et à la SCI Merad.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Salzmann, présidente,

- Mme Armoët, première conseillère,

- Mme Guglielmetti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

La rapporteure,

E. Armoët

La présidente,

M. SalzmannLa greffière,

P. Tardy-Panit

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2404071

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'Air France visant à annuler une amende de 10 000 euros infligée par le ministre de l'intérieur. La société était sanctionnée pour avoir débarqué un passager dépourvu de document de voyage valable en provenance de Bangkok, malgré ses allégations d'un contrôle à l'embarquement. Le tribunal a jugé que l'obligation de vérification des documents, prévue aux articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 6421-2 du code des transports, incombe au transporteur et que la preuve d'un contrôle effectif n'était pas rapportée en l'espèce.

30/03/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407258

Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de la société Air France, qui contestait une amende de 10 000 euros pour avoir transporté un passager muni d'un passeport contrefait. La juridiction estime que l'irrégularité du document était manifeste et décelable par un examen attentif lors de l'embarquement, et que la procédure suivie par le ministre de l'intérieur était régulière. La décision s'appuie sur les articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article L. 6421-2 du code des transports.

30/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2328289

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme F... visant à annuler l'arrêté ministériel du 11 octobre 2023 autorisant son licenciement pour motif disciplinaire. La juridiction a estimé que les moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la procédure disciplinaire et à l'appréciation des faits, n'étaient pas fondés. Elle a également déclaré irrecevables les conclusions de l'employeur demandant une amende pour recours abusif, relevant qu'il s'agit d'un pouvoir propre du juge. La décision s'appuie sur les dispositions du code du travail, notamment après le renvoi préjudiciel au Conseil constitutionnel concernant l'article L. 1232-3.

30/03/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406708

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Air France, qui contestait une amende de 10 000 euros pour avoir débarqué une passagère brésilienne munie d'un passeport manifestement altéré (pages manquantes). Le tribunal a jugé que l'irrégularité du document (l'absence de pages) constituait un élément d'irrégularité manifeste que les agents de la compagnie auraient dû déceler lors d'un examen normalement attentif au moment de l'embarquement, conformément aux articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à l'article L. 6421-2 du code des transports. La décision du ministre de l'intérieur a donc été confirmée.

30/03/2026

← Retour aux décisions