jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2207721 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | LAURE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er avril 2022 et un mémoire en réplique enregistré le 5 août 2022, M. C B, représenté par Me Laure, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la Ville de Paris a implicitement rejeté sa demande de titularisation ;
2°) d'enjoindre à la Ville de Paris de reconstituer sa carrière et de procéder à la liquidation de ses droits ;
3°) d'enjoindre à la Ville de Paris de lui proposer un contrat à durée indéterminée, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de condamner la Ville de Paris à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation de son préjudice professionnel et financier et la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
5°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de la Ville de Paris de le titulariser est entaché d'erreur de droit ;
- la Ville de Paris a méconnu les dispositions de l'article L. 332-9 du code général de la fonction publique et commis une faute en le recrutant en contrat à durée déterminée pendant dix-sept ans, pour répondre à un besoin permanent du Centre d'action sociale de la Ville de Paris;
- il a subi un préjudice professionnel et financier en raison de son statut de non-titulaire, qui ne lui a pas permis d'accéder à une évolution professionnelle et l'a maintenu dans une situation de précarité ;
- il a subi un préjudice moral en raison de son maintien dans une situation précaire et du refus par son employeur de le titulariser.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2022, le Centre d'action sociale de la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation sont tardives ;
- les conclusions à fin d'indemnisation sont irrecevables, à défaut de présentation d'une demande préalable indemnitaire auprès du Centre d'action sociale de la Ville de Paris ;
- elles sont irrecevables dès lors que l'indemnisation demandée dépasse le montant figurant dans la demande préalable ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la Ville de Paris, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arnaud, conseillère,
- les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Laure, représentant M. B, et de M. A, représentant le Centre d'action sociale de la Ville de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, gardien remplaçant vacataire employé par le Centre d'action sociale de la Ville de Paris (CASVP) à compter du mois d'avril 2004, a demandé à la maire de Paris, par un courrier du 3 décembre 2021, de le titulariser et de lui verser une indemnisation en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de son maintien dans un statut d'agent non-titulaire.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions à fin d'annulation :
2. Si M. B a demandé à la maire de Paris, par un courrier du 3 décembre 2021, de procéder à sa titularisation et à la régularisation de sa situation, il est constant qu'il est employé par le CASVP depuis 2004. Ainsi, cet établissement public était seul compétent pour statuer sur une telle demande et la maire de Paris, qui n'avait pas l'obligation de transmettre cette demande à l'autorité compétente pour y statuer, était tenue de rejeter celle-ci. Par suite, le moyen tiré de ce que le rejet par la maire de Paris de la demande de titularisation de M. B serait entaché d'erreur de droit est inopérant.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées.
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions à fin d'indemnisation :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable.
5. Aux termes de l'article L. 123-6 du code de l'action sociale et des familles : " Le centre d'action sociale est un établissement public administratif communal ou intercommunal. Il est administré par un conseil d'administration présidé, selon le cas, par le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale. () ". Aux termes de l'article L. 123-7 du même code : " Le centre communal ou intercommunal dispose des biens, exerce les droits et assume les engagements des anciens bureaux de bienfaisance et des anciens bureaux d'assistance, sans qu'il puisse être porté atteinte aux affectations régulièrement établies. / Il dispose des ressources dont bénéficiaient les établissements d'assistance et de bienfaisance auxquels il est substitué. " Aux termes de l'article R. 123-39 du même code : " Le centre communal d'action sociale de Paris, dénommé "centre d'action sociale de la ville de Paris", est soumis à l'ensemble de la législation et de la réglementation applicables aux centres communaux d'action sociale sous réserve des dispositions de la présente sous-section. ".
6. Il résulte de l'instruction que si M. B a adressé, par un courrier du 3 décembre 2021, une demande préalable indemnitaire à la maire de Paris, il n'a pas adressé de telle demande au CASVP, malgré la demande de régularisation qui lui a été adressée par le tribunal par un courrier du 17 avril 2024. Si le requérant soutient que la Ville de Paris est responsable au titre de l'action du CASVP, ce dernier est un établissement public doté d'une personnalité morale et d'un patrimoine propre, distincts de ceux de la Ville de Paris en application des articles L. 123-6 et L. 123-7 du code de l'action sociale et des familles. En outre, si le requérant fait valoir que la maire de Paris préside le conseil d'administration du centre d'action sociale, cette circonstance est sans incidence sur l'obligation qui lui incombe d'adresser au centre d'action sociale sa demande indemnitaire préalable dès lors qu'il recherche la responsabilité de ce centre.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au Centre d'action sociale de la Ville de Paris et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
M. Coz, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La rapporteure,
B. ARNAUD
Le président,
C. FOUASSIERLa greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517378
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant malien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'ancienneté et de la stabilité de l'insertion professionnelle du requérant, qui justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2519184
Le Tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant un titre de séjour et imposant une obligation de quitter le territoire à M. B..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que la décision était entachée d'une erreur de droit, notamment en méconnaissant l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 7 de l'accord franco-algérien, en ne tenant pas compte de la situation professionnelle ancienne et régulière du requérant. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2522990
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus de renouvellement d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la fixation du pays de renvoi. Le requérant invoquait notamment des vices de procédure, une incompétence de l'autorité signataire, une insuffisance de motivation et une méconnaissance de ses droits au titre de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté la demande de communication du dossier médical, estimant qu'elle relevait d'une procédure distincte, et a annulé les trois décisions attaquées pour vice de procédure, en raison de l'absence de communication au requérant de l'avis médical sur lequel elles se fondaient, méconnaissant ainsi les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2201394
Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur un recours en excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant la reconduite à la frontière d'un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que, l'intéressé n'ayant pas obtenu la reconnaissance de la nationalité française par le tribunal judiciaire, le refus de titre de séjour était légalement fondé. Toutefois, elle a annulé la décision pour erreur de droit, considérant que le préfet n'avait pas examiné la demande à l'aune des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, qui prévoient une admission exceptionnelle au séjour pour motifs humanitaires.
07/04/2026