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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2208257

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2208257

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2208257
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS (SELARL)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. B, qui réside au Maroc, contestant le refus de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) d’octroyer une bourse scolaire pour ses enfants. La requête a été jugée manifestement irrecevable car M. B n’a pas régularisé sa situation en faisant élection de domicile sur un territoire mentionné à l’article R. 431-8 du code de justice administrative, malgré une mise en demeure notifiée par voie électronique. En application des articles R. 222-1 4° et R. 431-8 du même code, le tribunal a rejeté la demande sans examiner le fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 avril 2022, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 29 mars 2022 par lesquelles le directeur de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) a refusé l'octroi d'une bourse scolaire au bénéfice de ses deux enfants au titre de l'année scolaire 2021-2022 ;

2°) d'enjoindre à l'AEFE de lui attribuer une bourse scolaire à 100% pour ses deux enfants dans un délai de deux mois, sous astreinte, ou, à défaut, de réexaminer sa demande de bourse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2023, l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, représentée par son directeur général, conclut au rejet de la requête.

Elle fait notamment valoir que la requête est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 431-8 du code de justice administrative.

Par une lettre en date du 23 mai 2023, mise à disposition le même jour dans l'application Télérecours, le tribunal a mis en demeure M. B de régulariser sa requête dans le délai de quinze jours en faisant élection de domicile sur l'un des territoires mentionnés à l'article R. 431-8 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () ". Et aux termes de l'article R. 611-8-1 dudit code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai ".

2. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de justice administrative : " Les parties non représentées devant un tribunal administratif par un avocat () qui ont leur résidence en dehors du territoire de la République et en dehors de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse doivent faire élection de domicile sur l'un de ces territoires ".

3. M. B, qui réside au Maroc, n'a pas élu domicile sur un des territoires énumérés à l'article R. 431-8 du code de justice administrative. Dès lors, le greffe du tribunal a invité le requérant à régulariser sa requête sur ce point le 23 mai 2023, notifiée le jour même sur Télérecours et dont le requérant n'a pas accusé réception, dans le délai de quinze jours, en l'informant des conséquences de son éventuelle carence. M. B n'ayant pas consulté ce courrier dans le délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du courrier dans l'application, l'intéressé est réputé, en application de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative précité, en avoir eu notification à l'issue de ce délai, le 25 mai 2023 à minuit. A ce jour M. B n'a pas donné suite à cette demande de régularisation et sa requête, manifestement irrecevable, ne peut qu'être rejetée en application des dispositions combinées des articles R. 222-1 4° et R. 431-8 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger.

Fait à Paris, le 5 décembre 2024.

Le président de la 1ère section,

J.-C. TRUILHÉ

La République mande et ordonne au ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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