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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2208313

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2208313

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2208313
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantROUGEOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 avril et 29 septembre 2022, les 11 juillet, 11 août et 12 décembre 2023 et le 2 août 2024, Mmes C Y L, B V, T H, M O, P K, M. et Mme Q, M. R F, M. et Mme E, M. U D et Mme I G, M. et Mme J, M. et Mme N A, M. et Mme S et X, représentés par Me Rougeot, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2021 par lequel la maire de Paris a délivré à la société civile immobilière (SCI) Avenue d'Italie un permis de construire pour la restructuration d'une ancienne concession automobile en complexe sportif et de loisirs comprenant une création de surface de plancher, un changement de destination et une démolition partielle d'ouvrages existants dans un immeuble situé au 133/139, avenue d'Italie Paris 13e, ensemble la décision implicite rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris et de la SCI Avenue d'Italie la somme de respectivement 5 000 euros et 10 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme en ce qu'elle ne mentionne pas l'obligation pour le titulaire du permis de construire d'obtenir une autorisation de travaux complémentaire pour l'aménagement intérieur des locaux avant leur ouverture au public ;

- le permis de construire a été délivré à l'issue d'une procédure irrégulière, aucun permis de construire ne pouvait être délivré le 12 octobre 2021 dès lors qu'une décision tacite de rejet devenue définitive était intervenue plus d'un an auparavant et qu'aucune nouvelle demande de permis de construire n'avait été déposée, la décision de refus du 28 avril 2021 est confirmative du rejet tacite du 15 septembre 2020, le dossier a été complété tardivement le 8 décembre 2020 alors que la décision de rejet tacite était déjà née et que le pétitionnaire aurait dû déposer une nouvelle demande de permis de construire, il s'ensuit que le retrait de la décision de refus de permis de construire du 28 avril 2021 est tardif et, donc, illégal ;

- le permis de construire a été délivré au vu d'un dossier incomplet et insuffisant, le formulaire Cerfa ne renseigne pas la surface de plancher réelle du bâtiment existant, le plan de masse et les plans de façade sont insuffisants, la notice descriptive du projet est insuffisante (PC 4), la pièce PC 16 est insuffisante faute d'étude de sécurité, la pièce PC16-5 relative à l'attestation d'un bureau d'étude pour la gestion de la pollution, est absente ;

- le permis de construire a été délivré en l'absence de régularisation préalable de travaux antérieurs réalisés sans autorisation d'urbanisme, la demande de permis de construire a été volontairement tronquée en se bornant à indiquer que l'existant est constitué uniquement d'une ancienne concession automobile alors que des travaux y ont été réalisés sans autorisation d'urbanisme pour la réalisation d'un espace ce coworking, la maire de Paris aurait dû demander au pétitionnaire de régulariser ces travaux dans la demande de permis de construire initiale du 20 mai 2020 ;

- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article UG 2.2. du plan local d'urbanisme (PLU) de la Ville de Paris dès lors qu'il est impossible pour l'autorité administrative de s'assurer que la surface de plancher après travaux ne serait pas inférieure à la surface de plancher avant travaux en l'absence d'indication, dans les surfaces reproduites dans la case 5.5, des surfaces déjà affectées au coworking existant ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UG 3 du PLU ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UG 4 du PLU dès lors qu'aucune pièce du dossier ne permet de s'assurer du raccordement du projet aux différents réseaux ou n'apporte de précision sur le traitement des eaux ;

- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article UG 11 du PLU, les trois premiers niveaux apparaîtront comme neufs alors que les niveaux supérieurs n'auront pas été ravalés ;

- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article UG 12.3 du PLU en ce que le projet ne justifie pas que la superficie des locaux vélos répondra aux exigences et aux besoins des utilisateurs ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG 13 du PLU dès lors que le projet ne donne lieu à aucune végétalisation de la toiture ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UG 15 du PLU en ce que le projet ne prévoit pas les locaux destinés aux ordures ménagères et qu'aucun dispositif d'économie d'énergie n'est prévu ni aucune description satisfaisante des matériaux prévus par le projet ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet prévoit d'obstruer le renfoncement permettant l'évacuation de l'air à haute température depuis la chaufferie de l'ensemble immobilier, ce qui a pour effet de porter atteinte à la sécurité ou à la salubrité publique ;

- l'autorisation d'urbanisme a été obtenue par fraude ;

- l'autorité environnementale n'a pas été saisie afin de déterminer si le projet nécessitait une évaluation environnementale, en méconnaissance des objectifs de la directive du 13 décembre 2011 ;

- le volet ERP du dossier de permis de construire n'est pas conforme.

Par des mémoires en défense enregistrés le 29 juillet 2022, les 16 juin, 18 septembre, 9 octobre et 13 novembre 2023, les 8 janvier, 26 janvier et 23 juillet 2024, la SCI Avenue d'Italie, représentée par Me Vercken, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à lui verser la somme de 5000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable pour tardiveté et pour défaut d'intérêt à agir des requérants ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 octobre 2023 et 14 août 2024, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Desmoulière,

- les conclusions de M. Grandillon, rapporteur public,

- et les observations de Me Rougeot, pour les requérants.

Une note en délibéré présentée pour les requérants et X, a été enregistrée le 2 décembre 2024 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Le 20 mai 2020, la SCI Avenue d'Italie a déposé une demande de permis de construire n° 075 113 20 V0025 pour la restructuration d'une ancienne concession automobile en complexe sportif et de loisirs comprenant le changement de destination des locaux existants à usage de Service Public ou d'Intérêt Collectif, de bureaux et de commerces, en locaux à usage de Service Public ou d'Intérêt Collectif, de bureaux (espace coworking), de commerce (coques ERP) avec démolition partielle du plancher et de la couverture, la création de trémies et la démolition de rampes de parking (surface de plancher créée 457,99 m²) au 133-139, avenue d'Italie à Paris 13ème arrondissement. Par un arrêté du 28 avril 2021, la demande a fait l'objet d'une décision de refus au motif de l'incomplétude du dossier déposé. Après réception de pièces complémentaires, par un arrêté du 12 octobre 2021, la maire de Paris a délivré à la SCI Avenue d'Italie le permis de construire. Par un courrier du 6 décembre 2021, les requérants ont saisi la Ville de Paris d'une demande de retrait de l'arrêté du 12 octobre 2021. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal l'annulation de l'arrêté de permis de construire du 12 octobre 2021, ensemble la décision implicite rejetant leur recours gracieux.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-3 code de l'urbanisme :

2. Aux termes de l'article L. 425-3 code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente qui peut imposer des prescriptions relatives à l'exploitation des bâtiments en application de l'article L. 143-2 du code de la construction et de l'habitation. Le permis de construire mentionne ces prescriptions. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt d'une demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public. "

3. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 9 novembre 2022, la maire de Paris a pris un permis de construire rectificatif mentionnant qu'" une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée auprès des services de la préfecture de police et obtenue avant son ouverture au public. " Dès lors, le moyen sera écarté.

Sur les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure d'instruction :

4. Aux termes de l'article R.423-38 du code de l'urbanisme : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". Aux termes de l'article R.423-39 du même code : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie. "

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite du dépôt par la société pétitionnaire de sa demande de permis de construire, une demande de pièces complémentaires et modificatives lui a été adressée le 15 juin 2020. Cette demande, qui portait sur le formulaire Cerfa d'instruction complet signé intégrant les différentes modifications en cours, la déclaration pour le calcul de la taxe " bureaux " signée, l'agrément prévu par l'article L. 510-1 du code de l'urbanisme, l'autorisation d'exploitation commerciale (PC043), la demande d'autorisation de rejet des eaux pluviales et la notice de gestion des eaux pluviales, indiquait à la société pétitionnaire qu'elle disposait d'un délai de trois mois pour compléter son dossier. En l'absence de date de réception du courrier du 15 juin 2020, aucune décision implicite de rejet est née le 15 septembre 2020. En outre, la circonstance que des pièces complémentaires aient été produites le 8 décembre 2020 n'implique pas qu'une décision implicite de rejet est née dès lors que les pièces demandées ont été produites dans le délai. Par suite, la société requérante ne peut utilement soutenir que la décision attaquée retirerait un rejet tacite de permis de construire devenu définitif qui serait né le 15 septembre 2020, que la décision de refus du 28 avril 2021 serait purement confirmative de ce rejet tacite et que le permis attaqué du 12 octobre 2021 serait illégal en l'absence de nouveau dépôt de demande de permis de construire.

6. Aux termes de l'article R. 424-2 du code de l'urbanisme : " Par exception au b de l'article R*424-1, le défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction vaut décision implicite de rejet dans les cas suivants : () i) Lorsque le projet porte sur une démolition soumise à permis en site inscrit ; () ".

7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet soit sur un site inscrit. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que la demande de permis de construire aurait été implicitement rejetée en application des dispositions précitées.

8. Aux termes de l'article L. 243-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits peut, pour tout motif et sans condition de délai, être modifié ou abrogé sous réserve, le cas échéant, de l'édiction de mesures transitoires dans les conditions prévues à l'article L. 221-6. " L'article L. 243-3 du même code dispose : " L'administration ne peut retirer un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droit que s'il est illégal et si le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant son édiction ".

9. L'article 2 de l'arrêté attaqué accordant le permis de construire sollicité a pour effet d'abroger l'arrêté municipal du 28 avril 2021 portant refus de la demande de permis de construire. Il suit de là que l'article 1er de l'arrêté attaqué, portant " retrait " de l'arrêté du 28 avril 2021, présente un caractère superfétatoire. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette décision superfétatoire doivent donc être rejetées.

Sur les moyens tirés de l'incomplétude et de l'insuffisance du dossier de permis de construire :

10. Aux termes de l'article R*. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : a) les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R*. 431-33-1 ; c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et b ci-dessus. Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".

En ce qui concerne les destinations et les sous-destinations :

11. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; () ". L'article R.431-6 du même code dispose que : " Lorsque le terrain d'assiette comporte des constructions, la demande précise leur destination, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28, leur surface de plancher et indique si ces constructions sont destinées à être maintenues et si leur destination ou sous-destination est modifiée par le projet ".

12. Le projet prévoit la création d'un complexe sportif et de loisirs ainsi que des espaces de restauration, de coworking et de commerces et les surfaces relatives à ces destinations ont été indiquées dans la case 5.5 qui précise la destination des constructions et le tableau des surfaces. Portant sur la restructuration d'une ancienne concession automobile, le projet ne crée aucune surface de plancher destinée à l'habitation de sorte que cette surface n'avait pas à être renseignée en application du f) de l'article R. 431-5 cité au point 11. En outre, si une construction destinée à l'habitation est située au-dessus du bâtiment à restructurer, la circonstance que celle-ci ne soit pas mentionnée dans le document Cerfa est sans incidence sur la conformité aux règles d'urbanisme du projet, qui ne porte pas sur ce bâtiment. Il n'est pas non plus établi que l'erreur commise par pétitionnaire qui a inscrit la destination des futurs locaux de coworking en service public ou d'intérêt collectif au lieu de bureaux, pourrait avoir eu une incidence sur l'application des règles d'urbanisme.

13. Par ailleurs, les destinations et sous destinations issues des articles R. 151-27 et R. 151-28 du code de l'urbanisme créé par le décret du 28 décembre 2015 et entré en vigueur le 1er janvier 2016, s'appliquent, pour ce qui concerne les communes dotées comme en l'espèce d'un PLU non " alurisé ", uniquement pour déterminer si le projet relève du champ du permis de construire ou de la déclaration préalable. Pour l'application des règles de fond, ce sont les destinations et sous-destinations tels qu'issues de l'articles R. 123-9 du code de l'urbanisme qui continuent de s'appliquer. Aussi, la circonstance que le tableau Cerfa n'ait pas été renseigné au regard des articles R. 151-27 et R. 151-28 du code de l'urbanisme comme l'exige l'article R. 431- 6 cité au point 11, est sans incidence dès lors qu'il n'est pas contesté que le projet relevait bien du régime du permis de construire et non de la déclaration préalable et qu'il devait, sur le fond, être examiné au regard des destinations et sous-destinations de l'article R. 123-9, le PLU de la Ville de Paris n'étant pas encore soumis au régime de la loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, dite loi " ALUR ". Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-6 du code de l'urbanisme doit donc être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne le projet architectural :

14. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. "

15. Il ressort des pièces du dossier que le tableau inclus dans la notice architecturale mentionne le volume des coques vides à réaliser, alors que cette mention ne fait pas partie des informations obligatoires et indique une superficie globale de 9 090 m2 pour l'ensemble des niveaux, qui apparaît cohérente avec les surfaces de plancher totale mentionnées dans la case 5.5. du document Cerfa, de l'ordre de 9 060, 49 m2. Un tel différentiel, qui représente seulement 0, 33 % de la surface totale de plancher créée, n'est pas susceptible d'avoir exercé une incidence sur l'appréciation de la conformité du projet aux règles de construction. Par ailleurs, le traitement des espaces libres est bien explicité. Enfin, il n'est pas établi, contrairement à ce qu'indiquent les requérants, qu'à la date du permis de construire, les locaux de l'ancienne concession automobiles seraient des espaces de coworking, les photographies produites non datées et non circonstanciées ne permettant pas, à elles seules, de démontrer l'existence d'une telle activité. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, doit être écarté.

16. Aux termes de l'article R.431-9 du code de l'urbanisme " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ".

17. Il ressort des pièces du dossier et, plus particulièrement, des pièces PC 2.1 et PC 2.2 que le plan de masse est bien côté en trois dimensions et que, le projet ne portant pas sur la partie habitation, cette dernière n'avait pas à être côté. En outre, le projet porte sur une construction existante en zone urbanisée et le dossier de permis de construire comprend un plan de raccordement au réseau électrique et un plan des eaux pluviales. Enfin, les dispositions précitées de l'article R. 431-9 n'imposent pas au pétitionnaire de faire figurer au plan de masse la taille des ouvertures réalisées en toiture ni leur distance avec les balcons voisins. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.

18. L'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

19. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire comprend bien le plan de la façade sud du projet de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du a) de l'article R. 431-10 manque en fait. De même, le projet architectural comporte les photographies prévues par les dispositions précitées permettant de situer le terrain respectivement dans son environnement proche et lointain. Si les clichés ont quelques années, cette circonstance est, en l'espèce, sans incidence dès lors qu'il n'est pas établi que les travaux relatifs au prolongement de la ligne 14 aient modifié substantiellement l'environnement proche compte tenu de la densité des constructions environnantes. Par ailleurs, la circonstance qu'un espace de coworking ait existé dans cet immeuble de treize étages avant l'autorisation de travaux n'est pas de nature à prouver l'existence de travaux réalisés sans autorisation dans l'espace de l'ancienne concession automobile, la seule présence d'une enseigne portant la mention " I-Coworking " étant insuffisante pour permettre de localiser précisément cette activité au sein de cet ensemble immobilier important et les photographies produites par les requérants n'étant ni datées, ni circonstanciées.

20. S'agissant de la modification des menuiseries de la façade, les pièces versées au dossier ne permettent pas d'établir qu'elles auraient été changées sans autorisation. En outre, il ressort de la demande de permis de construire que celle-ci vise notamment à déposer l'ensemble des menuiseries pour les rendre uniformes, comme l'indiquent les pièces PC 6.1 et 6.2 de l'état projeté de la notice architecturale, qui précise que " la façade existante sur l'avenue d'Italie sera déposée du R+2 au RDC et remplacée par un mur rideau " de sorte qu'il ne restera plus rien des anciennes menuiseries.

21. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R*. 431-10 doit être écarté.

En ce qui concerne les autres pièces requises :

22. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire comporte une étude de sûreté et de sécurité publique conformément à l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme. De même, il n'est pas établi que l'ancienne concession automobile transformée dans le cadre du projet se situait sur un terrain ayant accueilli une installation classée qui aurait imposé la transmission d'une attestation établie par un bureau d'études certifié pour la gestion de la pollution, en application du n) de l'article R. 431-16 n) du code de l'urbanisme et de l'article L. 556-1 du code de l'environnement (pièce PC-16-5).

23. Aux termes de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code ". L'article R.111-19-18 du code de la construction et de l'habitation précise que : " Le dossier, mentionné au a de l'article R. 111-19-17, comprend les pièces suivantes : 1° Un plan coté en trois dimensions précisant les cheminements extérieurs ainsi que les conditions de raccordement entre la voirie et les espaces extérieurs de l'établissement et entre l'intérieur et l'extérieur du ou des bâtiments constituant l'établissement ; 2° Un plan coté en trois dimensions précisant les circulations intérieures horizontales et verticales, les aires de stationnement et, s'il y a lieu, les locaux sanitaires destinés au public ".

24. Il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a produit une notice d'accessibilité des coques aux personnes en situation de handicap. De même, le permis de construire est accompagné d'un dossier " établissement recevant du public " (ERP) comprenant notamment une notice de sécurité, une notice d'accessibilité, des plans d'accessibilité, des plans de sécurité incendie et un rapport technique avec l'avis favorable de BTP consultants et l'avis favorable, assorti de prescriptions, émis le 23 décembre 2020 par la préfecture de police. Par suite, le moyen tiré de la non-conformité au volet " ERP " du dossier de permis de construire doit être écarté.

25. Compte tenu des développements qui précèdent, l'ensemble des moyens tirés de l'incomplétude et de l'insuffisance du dossier de permis de construire doivent être écartés.

Sur les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la Ville de Paris :

26. Aux termes de l'article UG 2.2 du PLU : " 1° Dispositions générales : Pour l'application des règles du présent article, le territoire de la zone UG est divisé en deux secteurs, repérés dans les documents graphiques du règlement : le secteur de protection de l'habitation, le secteur d'incitation à la mixité habitat-emploi. Les règles énoncées aux § 2° et 3° ci-après utilisent les définitions suivantes : La surface de plancher des destinations liées à la fonction résidentielle, notée SPH, est la surface de plancher globalement destinée à l'habitation et aux CINASPIC* ; / La surface de plancher des destinations liées à l'activité économique, notée SPE, est la surface de plancher globalement destinée au commerce, à l'artisanat, aux bureaux, à l'hébergement hôtelier, à l'industrie et à la fonction d'entrepôt. () ". Comme il a été indiqué aux points précédents, il ne ressort pas des pièces du dossier que le bâtiment concerné par le projet était pour partie affecté à l'usage de coworking. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que cette carence aurait entraîné une erreur dans le calcul de la SPH au sens de l'article UG 2.2 précité.

27. Aux termes de l'article UG 3.1 du PLU : " Les constructions neuves doivent être aménagées de manière à permettre l'accès des bâtiments aux personnes à mobilité réduite. A l'occasion de travaux sur les constructions existantes, les aménagements de leurs accès piétons doivent tendre vers cet objectif ". Aux termes de l'article R.431-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation () ".

28. La pièce PC 5.4 indique l'accès aux différentes coques et le pétitionnaire a produit une notice d'accessibilité des coques aux personnes en situation de handicap. Ce document précise pour chaque coque la surface, les dégagements et le nombre d'unités de passage ainsi que la présence d'une rampe (5% dans l'entrée commune et l'installation d'ascenseurs ou d'élévateurs. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 3.1 doit donc être écarté.

29. Aux termes de l'article UG 4 du PLU : " 1° Eaux usées : Toute construction générant des eaux usées domestiques doit être raccordée au réseau d'assainissement de la Ville de Paris par un branchement particulier exécuté conformément aux prescriptions du règlement d'assainissement de Paris. () ". Ainsi qu'il a été dit précédemment, il ressort des pièces du dossier que le permis de construire comprend un plan de raccordement au réseau électrique et un plan des eaux pluviales. Par ailleurs, un avis favorable de la direction de la propreté et de l'eau a été rendu sur ce point le 10 septembre 2021. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 4 doit être écarté.

30. Aux termes de l'article UG 11 du PLU : " L'autorisation de travaux peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". L'article UG 11.1.2. du PLU dispose : " Lorsqu'une façade ou un ensemble de façades possède une cohérence architecturale résultant, soit d'actes ou de servitudes anciens (décrets, ordonnances, immeubles ayant fait l'objet de divisions, anciens lotissements), soit d'une composition architecturale d'ensemble, son traitement, ainsi que celui des devantures et accessoires de construction doivent respecter cette homogénéité. "

31. La seule circonstance que le bâtiment, objet des travaux, aura un aspect neuf contrairement aux étages supérieurs du bien destinés à l'habitation, n'est pas de nature à caractériser le fait que le projet, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Il n'est pas d'avantage établi que le projet aura pour effet de rompre l'homogénéité de la façade de l'immeuble dans son ensemble. Le moyen sera donc écarté.

32. Aux termes de l'article UG.12.3 du PLU : " Les normes déterminant ci-après la surface des aires de stationnement des vélos et des poussettes ou le nombre d'emplacements s'appliquent à la création de surfaces de plancher de plus de 250 m². () - Commerce, artisanat, industrie, entrepôt, CINASPIC* : La superficie à réserver au stationnement des vélos et des poussettes doit répondre aux besoins des utilisateurs, en fonction de la nature de l'établissement, de son fonctionnement et de sa situation géographique. "

33. Il ressort des pièces du dossier que le projet ne créé aucune surface de plancher réservée aux bureaux de plus de 250 m2, cette surface ne résultant que d'un changement de destination de sorte qu'aucune aire de stationnement pour les vélos ne doit être crée. En outre, la construction est située à moins d'un kilomètre de quatre stations " vélib " et de trois stations de métro. C'est donc à bon droit que, compte tenu de la nature des différents établissements projetés, la maire de Paris a estimé qu'il n'était pas utile de prévoir une aire de stationnement pour les vélos. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 12.3 du règlement du PLU doit être écarté.

34. Aux termes de l'article UG 13 du PLU : " Dans le cas de constructions nouvelles ou de surélévations de bâtiments existants et sauf impossibilité liée à la préservation du patrimoine, à l'insertion dans le cadre bâti environnant ou à la sécurité, toute toiture plate (pente inférieure ou égale à 5 %) dégageant une surface supérieure à 100 m² hors installations techniques doit être végétalisée en complémentarité ou superposition d'autres dispositifs économisant l'énergie ou produisant de l'énergie renouvelable susceptibles d'être installés. "

35. Les dispositions précitées ne s'appliquent pas au permis de construire attaqué dès lors que ce dernier ne consiste ni en une construction nouvelle, ni en une surélévation de bâtiment existant. En outre, le projet prévoit la végétalisation du patio de 114 m² ainsi que de la toiture sur une surface de 80 m². Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 13 du PLU doit donc être écarté.

36. Aux termes de UG.15.1 du PLU : " Les dispositions relatives à la gestion des eaux pluviales s'appliquent sans préjudice des dispositions particulières qui pourraient être prises en application de l'article L.2224-10 du code général des collectivités territoriales. Pour toute construction nouvelle ou restructuration de bâtiments existants, des prescriptions tenant compte des capacités d'absorption et d'évacuation des eaux pluviales peuvent être imposées pour limiter le débit des eaux pluviales rejetées dans le réseau d'assainissement. " Aux termes de l'article UG.15.2 du même règlement : " Les constructions nouvelles doivent comporter des locaux de stockage des déchets suffisamment grands, dimensionnés de manière à recevoir et permettre de manipuler sans difficulté tous les récipients nécessaires à la collecte sélective des déchets. " Aux termes de l'article UG.15.3 du même règlement : " Les performances énergétiques et environnementales des constructions doivent permettre d'atteindre, à l'échelle du territoire parisien, les objectifs fixés par le Plan climat- énergie territorial de Paris pour les années 2050 et 2020, dans sa rédaction adoptée par le Conseil de Paris le 11 décembre 2012 : - 75 % de réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES) en 2050 par rapport à 2004 ; / 25 % de réduction des émissions de GES en 2020 par rapport à 2004 ;/ 25 % de réduction des consommations énergétiques en 2020 par rapport à 2004 ; 25 % d'énergies renouvelables ".

37. Le permis de construire ne portant pas sur une construction nouvelle, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article l'UG 15.2 est inopérant. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a produit en avril 2021 une " Note de gestion des eaux pluviales " accompagnant le dossier. En outre, la notice architecturale du projet contesté précise que les modalités d'aménagement des locaux feront l'objet d'une demande spécifique postérieurement à la délivrance du permis de construire, en fonction de l'affectation des coques ERP et prévoit un cahier des charges comportant l'obligation pour chaque coque d'intégrer un local poubelle. Il ressort également des pièces du dossier que le projet prévoit des travaux afin de mettre en place des dispositifs d'économie d'énergie tels que l'installation de solutions passives (double vitrage et isolation), la réalisation d'une toiture végétalisée isolante et d'une baie d'aération. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des autres dispositions citées au point 36 doit être écarté.

Sur les autres moyens :

38. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "

39. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le projet impliquerait l'obstruction de la bouche d'aération de la chaufferie produisant de la chaleur et de l'eau chaude pour les bâtiments A et B ainsi que pour les coques de commerces prévues par le projet. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions sera écarté.

40. Aux termes de l'article R. 122-2 du code de l'environnement : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. (). L'annexe au tableau en vigueur au moment de la décision attaquée dispose que les travaux, constructions et opérations d'aménagement concernées sont : " a) Travaux et constructions qui créent une surface de plancher au sens de l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme ou une emprise au sol au sens de l'article R. *420-1 du même code supérieure ou égale à 10 000 m2 ; () ".

41. Le permis litigieux autorise la création d'une surface de plancher de 457,99 m² et ne relève donc pas du champ d'application de l'article R. 122-2 du code de l'environnement en vigueur à la date de l'arrêté attaqué. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que le projet, qui porte sur la création de salles de sport, de bureaux et de commerce, aurait dû faire l'objet d'une évaluation environnementale en application des objectifs de la directive 2011/92/UE du 13 décembre 2011. Par suite, ces moyens seront écartés.

42. Enfin, la circonstance que la demande n'a pas été formulée après l'aval du syndic de copropriété est sans incidence sur sa légalité. Il ressort également de ce qui a été précédemment exposé que le pétitionnaire n'a rien caché dans sa demande de permis de construire, si bien que le moyen tiré de ce que le permis de construire aurait été obtenu par fraude, doit être écarté.

43. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté de la maire de Paris du 12 octobre 2021 accordant un permis de construire à la SCI Avenue d'Italie, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées en défense.

Sur les frais liés à l'instance :

44. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à ce titre à la charge de la Ville de Paris et de la SCI Avenue d'Italie, qui ne sont pas les parties perdantes à l'instance, les sommes demandées par les requérants. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme globale de 3000 euros à verser à la SCI Avenue d'Italie au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme L, Mme V, M. et Mme Q, M. F, Mme O, Mme H, M. et Mme E, X, M. D, Mme G, M. et Mme J, M. et Mme N A, Mme K et des consorts S est rejetée.

Article 2 : Les requérants verseront une somme globale de 3 000 euros à la SCI Avenue d'Italie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme L, à Mme V, à M. et Mme Q, à M. F, à Mme O, à Mme H, à M. et Mme E, à X, à M. D, à Mme G, à M. et Mme J, à M. et Mme N A, à Mme K, aux Consorts S, à la Ville de Paris et à la société civile immobilière Avenue d'Italie.

Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Anne Seulin, présidente,

M. Gaël Raimbault, premier conseiller,

Mme Paule Desmouliere, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

La rapporteure,

P. Desmoulière

La présidente,

A. Seulin La greffière,

L. Thomas

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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