jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2208596 |
| Type | Décision |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | ARVIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2022 et un mémoire enregistré le 4 juillet 2022, M. C B, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la maire de Paris du 13 octobre 2021 fixant au 14 septembre 2021 la date de sa guérison et précisant que les arrêts de travail prescrits après cette date ne pourront lui être rattachés qu'après ouverture de nouveaux droits au titre d'une rechute exceptionnelle, ainsi que la décision implicite de la maire de Paris rejetant son recours gracieux du 10 décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Paris une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut de respect du contradictoire et des droits de la défense ;
- elle est entachée de vice de procédure, le médecin de contrôle du Pôle aptitudes maladies et accidents ne s'étant pas récusé en dépit du fait que sa situation relève de consultations spécialisées, et ne l'ayant pas informé du cadre juridique de sa mission ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dans la fixation de la date de guérison.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2022, la maire de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arnaud, conseillère,
- les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arvis, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est un agent de la ville de Paris, inspecteur chef de sécurité, qui a subi un accident de travail le 9 septembre 2019. Par un arrêté du 13 octobre 2021, la maire de Paris a reconnu l'imputabilité au service de l'accident et a fixé au 14 septembre 2021 la date de la guérison, précisant que les arrêts de travail qui, en relation avec l'accident, interviendraient au-delà de la date de la guérison, ne pourront lui être rattachés qu'après ouverture de nouveaux droits par le bureau des accidents et des maladies professionnelles, au titre d'une rechute exceptionnelle, médicalement validée par un médecin de contrôle du Pôle aptitudes, maladies et accidents. M. B a adressé à la maire de Paris un recours gracieux contre cette décision, par courrier du 10 décembre 2021. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 13 octobre 2021 en tant qu'il fixe la date de guérison et refuse de reconnaître les arrêts de travail qui interviendraient au-delà de cette date, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme D A, cheffe du bureau " accidents maladies professionnelles " de la ville de Paris, qui disposait d'une délégation de signature à fin de signer les actes et documents relevant du bureau " maladies retraite invalidité " et du bureau " accidents maladies professionnelles " consentie par arrêté du 1er février 2021 régulièrement publié au Bulletin officiel de la ville de Paris le 5 février 2021. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". L'article L. 211-5 du code mentionné précise que : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision attaquée vise les dispositions applicables et l'avis du médecin de contrôle du Pôle aptitude maladies et accidents du 14 septembre 2019, elle comporte donc l'exposé des motifs de droit et de fait sur lesquelles s'est fondée l'administration pour fixer au 14 septembre 2021 la date de la guérison de M. B. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, si le requérant soutient qu'il n'a pas obtenu la communication des pièces de son dossier, en particulier de l'avis du médecin de contrôle du 14 septembre 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait demandé cette communication, alors qu'aucune disposition n'impose à l'administration de les lui communiquer systématiquement, de sa propre initiative. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 4127-101 du code de la santé publique : " Lorsqu'il est investi de sa mission, le médecin de contrôle doit se récuser s'il estime que les questions qui lui sont posées sont étrangères à la technique proprement médicale, à ses connaissances, à ses possibilités ou qu'elles l'exposeraient à contrevenir aux dispositions du présent code de déontologie ". Aux termes de l'article R. 4127-102 du même code : " Le médecin de contrôle doit informer la personne qu'il va examiner de sa mission et du cadre juridique où elle s'exerce et s'y limiter ". Le requérant se prévaut d'un manquement du médecin de contrôle à ces dispositions issues du code de déontologie médicale. Toutefois, hormis le fait qu'il n'appartient pas au juge administratif de droit commun d'apprécier le respect des obligations déontologiques qui s'attachent à la qualité de médecin, le requérant n'apporte aucun élément tangible de nature à caractériser les manquements qu'il invoque. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc, en tout état de cause, être écarté.
7. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour fixer la date de guérison de M. B au 14 septembre 2021, l'administration s'est fondée sur l'avis du médecin de contrôle du 14 septembre 2021. Il appartient au requérant, qui conteste cette date et soutient que son état a été aggravé par l'accident par rapport à son état de santé antérieur, tel qu'il résultait notamment de ses précédents accidents, de produire des éléments susceptibles de remettre en cause la date fixée par son employeur. Or, M. B n'établit pas, en produisant un certificat médical attestant qu'il a dû faire l'objet d'un changement de matériel de neurostimulation médullaire en mai 2021, en lien avec son accident de travail intervenu en 2019, ainsi qu'une ordonnance datée du 14 mars 2022 mentionnant une lombalgie aiguë et une irradiation crurale et inguinale gauche apparue deux semaines auparavant, et dont l'ordonnance précise qu'elles donnent lieu à une prescription sans rapport avec son affection de longue durée, qu'il n'était pas guéri au 14 septembre 2021. Les autres certificats produits par le requérant sont antérieurs à l'accident du 9 septembre 2019 et ne permettent donc pas non plus de remettre en cause la date de guérison fixée par la ville de Paris. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la maire de Paris.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
M. Coz, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure,
B. ARNAUD
Le président,
C. FOUASSIERLa greffière,
C. ELHOUSSINE
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517378
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant malien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'ancienneté et de la stabilité de l'insertion professionnelle du requérant, qui justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2519184
Le Tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant un titre de séjour et imposant une obligation de quitter le territoire à M. B..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que la décision était entachée d'une erreur de droit, notamment en méconnaissant l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 7 de l'accord franco-algérien, en ne tenant pas compte de la situation professionnelle ancienne et régulière du requérant. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2522990
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus de renouvellement d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la fixation du pays de renvoi. Le requérant invoquait notamment des vices de procédure, une incompétence de l'autorité signataire, une insuffisance de motivation et une méconnaissance de ses droits au titre de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté la demande de communication du dossier médical, estimant qu'elle relevait d'une procédure distincte, et a annulé les trois décisions attaquées pour vice de procédure, en raison de l'absence de communication au requérant de l'avis médical sur lequel elles se fondaient, méconnaissant ainsi les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2201394
Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur un recours en excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant la reconduite à la frontière d'un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que, l'intéressé n'ayant pas obtenu la reconnaissance de la nationalité française par le tribunal judiciaire, le refus de titre de séjour était légalement fondé. Toutefois, elle a annulé la décision pour erreur de droit, considérant que le préfet n'avait pas examiné la demande à l'aune des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, qui prévoient une admission exceptionnelle au séjour pour motifs humanitaires.
07/04/2026