vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2208740 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | CABINET SAMSON SELARL (SEL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 avril 2022 et 16 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Samson, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser une somme de 201 750 euros en réparation des préjudices subis du fait de la privation illégale de son permis de conduire et des mentions erronées figurant sur son relevé d'information intégral ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que le refus illégal du ministre de lui restituer son permis de conduire et de rectifier les mentions erronées figurant sur son relevé d'information intégral est de nature à engager la responsabilité de l'État et lui ouvre droit à réparation des préjudices qu'il a subis pendant plus de onze ans.
Par un mémoire enregistré le 16 septembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête. Il soutient que l'État n'a commis aucune faute, à titre subsidiaire que le lien de causalité n'est pas établi et que le montant des indemnités réclamées n'est pas justifié.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale,
- le code de la route,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Giraudon pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Giraudon a présenté son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n°0820464 du 23 novembre 2010 devenu définitif, le magistrat désigné par le président du tribunal a annulé les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur avait retiré respectivement quatre et trois points du permis de conduire de M. B à la suite d'infractions au code de la route commises les 2 et 25 août 2006. Le ministre refusant d'exécuter ce jugement qu'il n'avait pourtant pas contesté, M. B a été contraint de saisir à nouveau le tribunal. Par un jugement n°1815324 du 17 décembre 2021 devenu définitif, le tribunal a ordonné au ministre de l'intérieur de procéder à l'effacement des mentions relatives aux infractions commises les 2 et 25 août 2006 et à la décision 48SI considérée comme notifiée le 10 avril 2007, et de procéder à un nouveau calcul du solde de points affecté au permis de conduire du requérant en tenant compte de l'effacement à la date du 23 novembre 2010 des deux décisions de retrait de points annulées par le jugement du 23 novembre 2010. Ce jugement a été entièrement exécuté le 9 février 2022. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner l'État à l'indemniser du préjudice subi du fait de la privation illégale de son titre de conduite pendant plus de onze ans.
2. Le refus du ministre de l'intérieur de procéder à l'effacement sur le relevé d'information intégral du requérant des mentions relatives aux infractions commises les 2 et 25 août 2006 et à la décision 48SI considérée comme notifiée le 10 avril 2007 en violation du jugement du 23 novembre 2010 est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État et M. B est fondé à demander réparation des préjudices qui en résultent.
3. Il résulte de l'instruction que M. B a été privé illégalement de droit de conduire pendant plus de onze ans et a fait l'objet en raison de cette situation de plusieurs procédures pénales avec confiscation de son véhicule et d'une garde à vue de quarante-huit heures. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par M. B en l'évaluant à 20 000 euros.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à M. B une indemnité de 20 000 euros en réparation des préjudices subis.
Article 2 : L'État versera à M. B une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La magistrate désignée,
M.-C. GIRAUDON
Le greffier,
Y. FADEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2208740
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505413
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser Mme A... pour sa carence fautive à exécuter une décision de la commission de médiation la reconnaissant prioritaire pour un relogement d'urgence. Le tribunal a retenu la responsabilité de l'État sur le fondement des articles L. 441-2-3 et suivants du code de la construction et de l'habitation, et a alloué à la requérante une somme de 2 000 euros au titre des troubles dans ses conditions d'existence et de son préjudice moral. Il a également mis à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par son avocate, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505460
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser une requérante pour carence fautive dans son relogement. La juridiction a retenu la responsabilité de l'État, fondée sur l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, pour ne pas avoir exécuté une décision de la commission de médiation reconnaissant le caractère prioritaire de la demande. Elle a alloué à la requérante une somme de 1 500 euros en réparation de ses préjudices et a mis à la charge de l'État des frais de procédure au bénéfice de son avocat.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505576
Le Tribunal Administratif de Paris a jugé une demande d'indemnisation pour défaut de relogement suite à une décision de priorité de la commission de médiation. Il a retenu la responsabilité de l'État pour carence fautive, fondée sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal a condamné l'État à verser 600 euros au requérant pour préjudice et 1200 euros à son avocate au titre des frais irrépétibles.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505602
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser un demandeur pour carence fautive dans son relogement. Le requérant, reconnu prioritaire par une commission de médiation, n'avait reçu aucune offre de logement dans le délai légal de six mois. Le tribunal a alloué 4 000 euros en réparation des troubles dans ses conditions d'existence, sur le fondement des articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation.
26/03/2026