jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2208781 |
| Type | Décision |
| Formation | 4e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | ADDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 avril 2022 et 6 mars 2023, les sociétés Eiffage rail, venant aux droits de la société Eiffage Pichenot et de la société Eiffage rail, Eiffage génie civil, ERS et Eiffage génie civil infra linéaires, venant aux droits de la société Forézienne d'entreprises, représentées par Me Le Port, demandent au tribunal :
1°) de condamner la société SNCF Réseau à leur verser la somme de 13 487 540 euros TTC, majorée des intérêts et de leur capitalisation, en règlement du solde du décompte général et définitif du marché de modernisation de la voie ferrée entre Saintes et Royan ;
2°) de mettre à la charge de SNCF Réseau la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- SNCF Réseau, maître d'ouvrage, a commis des fautes dans l'estimation de ses besoins et dans ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché :
- en modifiant, s'agissant de la réhabilitation des plateformes, les prescriptions du marché en cours d'exécution en modifiant la méthode mise en œuvre, transformée en méthode au cas par cas après dégarnissage systématique du ballast et essais de portance et en étendant la réfection à l'ensemble des 35 km de linéaire de voie concernés, ce qui a entraîné un fractionnement du travail et la nécessité de travailler sur une voie exploitée, créant des contraintes de sécurité supplémentaires ;
- en modifiant, en cours d'exécution, les durées d'intervention contractuellement prévues pour le déchargement des longs rails soudés ;
- en ne livrant pas le ballast sur le chantier dans les quantités et les conditions de délai contractuellement prévues, qui résultent de l'article 1 du chapitre IV de la notice descriptive ;
- en ne fournissant pas les matériels nécessaires à la réalisation de la voie ferrée prévus à l'article 8.1.2 du CPS ;
- en ne mettant pas à disposition les emplacements convenus pour installer la base-vie et les zones de stockage, en méconnaissance de l'article 8.3.2 du CPS ;
- les retards suivants ne leur sont pas imputables :
- le décalage des travaux d'installations électriques et d'essais a conduit à un retard des travaux qui ne saurait leur être imputé, deux jours de travail ont été perdus à l'occasion de l'installation de l'appareil de voie BS 911 et des joints isolants collés, non prévus au marché, ont dû être réalisés ;
- des travaux supplémentaires ont été réalisés à la demande du maître d'ouvrage sur les platelages de passages à niveaux, de même que des clouages supplémentaires, qui ont ralenti les travaux de pose des voies, en raison de l'insuffisante définition de ses besoins par le maître d'ouvrage ;
- l'insuffisante étude du tablier du pont-rail du point kilométrique 23-144 préalablement à la passation du marché n'a pas permis de déceler la présence d'amiante dans son étanchéité, qu'il a par la suite fallu remplacer après, et non avant, la pose de la voie nouvelle, il en a résulté un retard dans les travaux, imputable au maître d'ouvrage ;
- le nombre de jours d'intempéries a été nettement supérieur à ce qui était prévu à l'article 3.4 du CPS ;
- il en a résulté un accroissement des volumes de déblais de 41,77% et de matériaux d'apport de 61,11% et un fractionnement du travail, rendant notamment nécessaire la création de postes et l'usage d'un second train de travaux, à l'origine d'un retard d'un mois et demi ;
- il en a résulté les préjudices suivants :
- s'agissant des travaux de terrassement, 2 858 875,49 euros HT dont :
- 51 180 euros HT du fait de la mise à disposition d'une dynaplaque pour la réalisation d'essais de portance en continu ;
- 14 420 euros HT en raison du pompage pour l'évacuation d'eau en fond de purges ;
- 90 100 euros HT au titre de prestations d'ingénierie supplémentaires ;
- 1 255 152,21 euros HT en conséquence du morcellement des travaux et des conditions climatiques, dont 3 631,54 euros HT ont été acceptés par le maître d'ouvrage ;
- 107 270 euros HT au titre des réglages supplémentaires de nivellement et de portance ;
- 345 645 euros HT du fait de l'évacuation des matériaux en décharge agréée ;
- 153 240 euros HT en conséquence de la mobilisation de moyens pour pallier la désorganisation du chantier suite aux différentes purges ;
- 98 356 euros HT s'agissant de l'immobilisation de matériel spécifique pour mise en œuvre des sous couches en grave ;
- 183 345,25 euros HT de plus-value pour la mise en œuvre d'une sous couche structure d'assise ;
- 36 716 euros HT du fait du déboisement pour curage des fossés, dont 12 238,67 euros ont été acceptés par SNCF Réseau ;
- 53 796 euros HT en raison de l'évacuation à la décharge agréée des déchets issus du curage des fossés ;
- 129 150 euros HT de coûts supplémentaires découlant de l'entretien et de la réfection des voiries, causés par le morcellement du chantier ;
- 269 390,08 euros HT pour la fourniture de caniveaux et de fossés, dont 49 730,50 euros HT acceptés par le maître d'ouvrage ;
- 71 114,95 euros HT au titre de la réalisation de travaux d'assainissement, donc 3 606,82 euros HT ont été acceptés par SNCF Réseau ;
- s'agissant des travaux de voie, 4 995 000 euros HT dont :
- 325 000 euros HT en conséquence de l'immobilisation non prévue du matériel ferroviaire pendant les travaux sous régime S9A3 ;
- 325 000 euros HT du fait de la mobilisation de moyens durant cinq semaines supplémentaires en raison de la remise en cause de la linéarité des travaux ;
- 380 000 euros HT de plus-value pour le ballastage, le relevage et la mise à hauteur des voies ;
- 105 000 euros HT pour la plus-value de transport de ballast ;
- 230 000 euros HT s'agissant des surcoûts de libération et d'incorporation des voies ;
- 225 000 euros HT en raison des frais supplémentaires liés au fonctionnement des bases arrières de Lormont et Saujont ;
- 480 000 euros HT du fait de 9 263 heures de travail supplémentaires ;
- 1 720 000 euros HT en conséquence de la réalisation de travaux dans des conditions extracontractuelles après la réouverture de la ligne ;
- 105 000 euros HT au titre des transferts, acheminements et replis supplémentaires de matériel ;
- 275 000 euros HT en conséquence de l'augmentation des frais fixes, d'encadrement et d'installations du chantier ;
- 240 000 euros HT s'agissant de l'augmentation des dépenses de sécurité ferroviaire sous régime S9A3 ;
- 115 000 euros HT causés par des frais supplémentaires de signalisation, de fermeture et de réouverture des passages à niveau ;
- 70 000 euros HT de plus-value pour l'acheminement des traverses ;
- 110 000 euros HT pour le déchargement des longs rails soudés dans des conditions extracontractuelles ;
- 10 000 euros HT au titre des travaux de purge non prévus sous l'appareil de voie BS 911 ;
- 25 000 euros HT en raison de la reprise du travelage au niveau du passage à niveau 45 ;
- 20 000 euros HT en conséquence de la réalisation de joints isolants collés en gare de Saujon ;
- 35 000 euros HT s'agissant de la reprise de la voie au pont du km 23 ;
- 200 000 euros HT de frais d'établissement du mémoire en réclamation ;
- s'agissant des quantités de travaux exécutés non prises en compte par le maître d'ouvrage et de prix provisoires notifiés insuffisants : 1 840 877,47 euros HT ;
- s'agissant des pénalités :
- les pénalités pour retard, non-conformité dans le délai et non-respect des jalons documentaires, d'un montant de 1 818 815 euros HT, ne sont pas dues dès lors que la désorganisation du chantier est imputable au maître d'ouvrage ;
- SNCF Réseau n'a pas justifié des autres pénalités, qui représentent la somme de 1 018 000 euros.
- la résiliation du contrat est irrégulière et non fondée : le délai de quinze jours pour l'achèvement des travaux, notifié le 27 août 2018, n'était pas raisonnable, l'article 20.21 du CCCG-Travaux donnait droit à une prolongation du délai d'exécution et l'inachèvement des travaux est la conséquence de décisions du maître d'ouvrage qui n'a pas indiqué de manière exhaustive les travaux restant à conduire alors que les travaux n'avait pas été réceptionnés avant la prise de possession de la ligne ; la somme de 4 157 057,98 euros HT au profit de SNCF Réseau portée au décompte n'est pas justifiée dans son principe ni son montant;
- elles ont droit aux intérêts moratoires et à leur capitalisation sur les sommes indûment retenues dans les décomptes 4 à 8 à partir de la date de paiement des acomptes, ainsi que sur le solde du décompte général à compter de la réception du mémoire en réclamation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 14 octobre 2022, 6 mars et 11 avril 2023, la société SNCF Réseau, représentée par Me Nahmias, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête, à ce que les sociétés requérantes soient condamnées à lui verser la somme de 3 900 894,44 euros HT en règlement du solde du décompte du marché litigieux et à ce que la somme de 10 000 euros soit mise à leur charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens soulevés par les sociétés requérantes ne sont pas fondés ;
- elles sont redevables de la somme de 3 900 894,44 euros HT en règlement du solde du marché au motif, notamment, des divers manquements ayant donné lieu à pénalités contractuelles et de la nécessité de commander des prestations supplémentaires à des entreprises tierces avant et après la résiliation du marché à leur tort, qui était régulière et fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Grandillon, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Port, pour les sociétés requérantes et de Me Monfront, pour SNCF Réseau.
Considérant ce qui suit :
1. Par un bon de commande signé par les parties le 5 mai 2017, la société SNCF Réseau a confié au groupement solidaire constitué des sociétés Eiffage rail, mandataire, Eiffage Pichenot, Eiffage génie civil, ERS et Forézienne d'entreprises un marché à prix unitaires de travaux de modernisation de la ligne ferroviaire située entre Saintes et Royan, pour un montant résultant du détail estimatif récapitulatif de 10 964 739,39 euros HT, ramené par la suite à 8 512 733,80 euros HT après exclusion de la tranche optionnelle et conclusion d'un avenant le 2 février 2018, majorant le montant de la tranche ferme de 422 441,92 euros HT. Les travaux initialement prévus consistaient, pour l'essentiel, à renouveler la voie et le ballast sur l'ensemble des 35 km de linéaire et en travaux de terrassement et de drainage sur dix-sept tronçons. L'ordre de service de démarrage a été donné le 9 mai 2017 et les travaux devaient s'achever le 29 juillet 2018. Le 11 octobre 2018, SNCF Réseau a notifié au groupement la résiliation du marché à ses torts et à ses frais et risques, au motif du retard pris et de la non-réalisation de certaines prestations. Cette résiliation est intervenue le 19 novembre 2018. Le 16 décembre 2020, le maître d'ouvrage a mis le groupement en demeure de produire le projet de décompte final ainsi que son éventuel mémoire en réclamation. Le 4 mars 2021, le groupement a transmis un projet de décompte final portant le montant total du marché à 17 919 181,45 euros HT et le solde créditeur à 11 409 283,61 euros HT. Le 16 juin 2021, le maître d'ouvrage a transmis le décompte général retenant un solde à son profit de 5 883 109,89 euros HT. Un mémoire en réclamation a été adressé le 12 juillet 2021. Le 26 janvier 2022, SNCF Réseau a accepté une partie des réclamations et a indiqué au groupement qu'il restait redevable de la somme de 4 526 339,49 euros TTC. Par la présente requête, les sociétés Eiffage rail, venant aux droits de la société Eiffage Pichenot et de la société Eiffage rail, Eiffage génie civil, ERS et Eiffage génie civil infra linéaires, venant aux droits de la société Forézienne d'entreprises, demandent la condamnation de SNCF Réseau à lui verser la somme de 13 487 540 euros TTC en règlement du solde du marché. SNCF Réseau, pour sa part, conclut à ce que les sociétés membres du groupement soient condamnées à lui verser à ce même titre la somme de 3 900 894,44 euros HT.
Sur le solde du marché :
En ce qui concerne les demandes au titre des fautes du maître d'ouvrage et des travaux supplémentaires :
S'agissant des fautes du maître d'ouvrage :
2. Les difficultés rencontrées dans l'exécution d'un marché ne peuvent ouvrir droit à indemnité au profit de l'entreprise titulaire du marché que dans la mesure où celle-ci justifie soit que ces difficultés trouvent leur origine dans des sujétions imprévues, soit qu'elles sont imputables à une faute de la personne publique.
3. En premier lieu, il est constant qu'après que des travaux de terrassement aient été conduits les 28 et 29 novembre 2017 sur un premier tronçon, situé entre les PK 24+950 et PK 25+600, SNCF Réseau a demandé par courriel du 1er décembre 2018 une modification de la méthodologie d'intervention afin d'atteindre les valeurs de portance attendues de la plateforme ferroviaire. Cette méthodologie a consisté, après retrait du ballast, à tester la portance des différents tronçons avant d'ajuster la méthodologie d'intervention et, notamment, l'épaisseur de dégarnissage en fonction du relevage des zones et du caractère suffisant de la portance après les premiers tests. Les sociétés requérantes soutiennent que le maître d'ouvrage a ainsi commis une faute en ayant insuffisamment anticipé ses besoins, qui a conduit à une désorganisation totale du chantier. Toutefois, d'une part, l'article 3.4 de l'annexe de la notice descriptive mentionnait " qu'étant donné l'hétérogénéité des terrains, variations entre terrains argileux et terrains plus ou moins rocheux, les linéaires de clouage ne sont donnés qu'à titre indicatif. Une méthode observationnelle devra être mise en place en phase réalisation. ", de sorte que l'attributaire du marché était informé d'une certaine imprévisibilité, conduisant nécessairement à adapter les méthodes d'intervention. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 1, le retrait du ballast sur l'ensemble du linéaire faisait partie des travaux prévus dès l'origine et n'a pas été décidé le 1er décembre 2018. Si certaines zones non initialement prévues ont dû faire l'objet de travaux de terrassement après les essais de portance, qui ne pouvaient être réalisés avant ce retrait du ballast, d'autres n'ont finalement pas été traitées alors qu'elles figuraient au descriptif du marché. Les sociétés membres du groupement ne contestent pas que le linéaire ayant fait l'objet de travaux de terrassement et de drainage est plus court que celui initialement prévu, ainsi que cela résulte d'ailleurs du schéma figurant dans le mémoire en réclamation lui-même. Enfin, SNCF Réseau a reconnu que cette modification avait entraîné un retard de deux semaines, dont elle a pris à sa charge les conséquences en termes de coûts de sécurité et aucun élément de l'instruction n'établit que ce retard aurait atteint un mois et demi ainsi que le font valoir les sociétés requérantes. Dans ces conditions, ces dernières ne sont pas fondées à soutenir que le changement dans la méthodologie d'intervention serait la conséquence d'une faute du maître d'ouvrage, ni qu'il aurait entraîné une désorganisation complète du chantier.
4. En deuxième lieu, il résulte des pièces produites en défense, dont la valeur probante n'est pas utilement remise en cause en faisant valoir qu'il s'agit de documents internes du maître d'ouvrage dès lors qu'elles sont cohérentes avec le contenu du journal de travaux, que le groupement a bien disposé d'une plage d'intervention de 4h30 par nuit durant la période de déchargement des longs rails soudés. Si l'intégralité de cette durée n'a pu être utilisée pour effectivement mettre les rails en place, c'est parce qu'il a été nécessaire, chaque nuit, de faire progresser le train transportant ces rails jusqu'au lieu de leur installation. Or, il incombait aux sociétés attributaires de tenir compte, pour élaborer leur offre et leur méthodologie d'intervention, de la durée de ces trajets qui était prévisible. Par ailleurs, s'il est constant que le train de travaux n'a pu sortir de la gare de Saujon la nuit du 18 au 19 septembre 2017, le journal de travaux indique qu'à cette date, aucune traverse n'a pu être déchargée mais que le déchargement des longs rails soudés était en revanche terminé. La nuit suivante, un incident de frein a ralenti les opérations mais, pour le même motif, il a été sans incidence sur le rythme de déchargement des longs rails soudés. Par ailleurs, il avait été indiqué aux sociétés attributaires que les rames convoyant les longs rails soudés seraient longues de 432 mètres et pèseraient 1525 tonnes. Si celles-ci font valoir qu'elles en pesaient en réalité 1 900, elles ne produisent aucun élément à l'appui de leurs allégations. Au demeurant, leur offre prévoyait bien la possibilité de recourir à trois locomotives pour mener à bien le déchargement de ces rails. Le moyen tiré de ce que des fautes du maître d'ouvrage auraient conduit à une perte de cadence sur cette opération, dont il n'est au demeurant pas établi qu'il était prévu qu'elle ne dure que cinq nuits, doit donc être écarté.
5. En troisième lieu, il résulte d'un courrier électronique adressé par SNCF Réseau le 5 mars 2018 que 64 000 tonnes de ballast avaient été livrées à cette date et que le bon achèvement des travaux nécessitait la livraison de 75 000 tonnes en tout. Si, initialement, 90 000 tonnes devaient avoir été livrées à la fin de la semaine 9 de 2018, soit le 4 mars, il ne résulte pas de l'instruction que ce décalage aurait entraîné une désorganisation, un retard ou des surcoûts. Au demeurant, cette modification du rythme de livraison qui, aux termes d'un compte-rendu de chantier du 5 septembre 2017 qui n'a pas fait l'objet de réserves, a été décidé à la demande des entreprises attributaires du marché, est cohérente avec le retard d'un mois et demi pris par ailleurs. Le moyen tiré de la faute du maître d'ouvrage ne peut dans ces conditions qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, il est constant que 2 039 traverses ont été livrées en gare de Saintes et pas à Saujon, entraînant la nécessité pour les sociétés du groupement d'organiser leur transport vers la zone de travaux. Toutefois, d'une part, le coût de ce transport a été indemnisé à hauteur de 33 000 euros et il ne résulte d'aucune pièce qu'il aurait été supérieur à cette somme. D'autre part, il n'est pas établi que cette circonstance aurait entraîné d'autres retards ou désorganisations. Il est également établi qu'en semaine 8 de l'année 2018 ont manqué des butées permettant de traiter 600 mètres linéaires de voie, qui ont été livrées une semaine plus tard, sans toutefois qu'il soit démontré que cette circonstance aurait entraîné l'immobilisation d'une équipe pendant une semaine. Enfin, si SNCF Réseau ne conteste pas qu'auraient manqué des semelles, des attaches nablas et des boulons durant certaines phases de travaux, les sociétés requérantes n'établissent pas qu'il en aurait résulté un préjudice pour elles.
7. En cinquième lieu, les sociétés requérantes ne produisent aucun élément de nature à établir que l'installation de bungalows de chantier appartenant à la maîtrise d'œuvre en gare de Saujon aurait entraîné pour elles des gênes, dont il n'a jamais été fait état préalablement au mémoire en réclamation. Elles n'établissent pas plus que la voie qu'elles pensaient pouvoir utiliser, dont elles ne précisent d'ailleurs pas l'identité, aurait été dans un état trop dégradé pour ce faire, ni que le site aurait été encombré de déchets qu'il aurait été nécessaire d'évacuer, ni encore que la SNCF n'aurait pas procédé à l'évacuation dans les délais de déchets de chantier, alors même que cette tâche incombait aux attributaires.
8. En sixième lieu, la seule circonstance que des travaux d'installation électrique et d'essais auraient été avancés de trois semaines ne révèle pas, par elle-même une faute du maître d'ouvrage, ni l'existence d'un préjudice au détriment des sociétés Eiffage et autres.
9. En septième lieu, les seules allégations relatives aux conditions d'installation et de pose de l'appareil de voie BS 911, qui ne sont assorties d'aucun élément probant alors même que sont produites en défense des pièces dont il résulte que les personnels affectés à cette tâche n'étaient pas qualifiés pour ce faire, n'établissent pas l'existence d'une faute de SNCF Réseau.
10. En huitième lieu, les documents contractuels mentionnaient que le tablier du pont-rail situé au point kilométrique 23-144 contenait de l'amiante et qu'il devait en conséquence être remplacé. Il ne résulte pas de l'instruction que la révélation ultérieure, par un diagnostic complémentaire, de la présence d'amiante non détectée initialement dans ce tablier aurait conduit à une complexification de la méthode d'intervention ou à un retard. Dans ces conditions, les sociétés requérantes n'établissent pas l'existence d'une faute du maître d'ouvrage ni, au demeurant, d'un préjudice.
11. En neuvième lieu, s'il est soutenu que du 21 novembre 2017 au 19 mars 2018, date de remise en exploitation de la ligne ferroviaire, quatre-vingt-six jours de pluie et deux jours de neige ont été comptabilisés alors que le marché ne prévoyait que sept jours d'intempéries, aucune pièce n'est produite à l'appui de ces allégations qui, d'ailleurs, à les supposer même établies, ne révèleraient par elles-mêmes aucune faute du maître d'ouvrage.
12. Il résulte de tout ce qui précède que SNCF Réseau n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité à l'encontre de ses cocontractantes.
S'agissant des travaux supplémentaires :
13. Le prestataire a le droit d'être indemnisé du coût des prestations supplémentaires qui ont été demandées par le maître d'ouvrage ou qui se sont révélées indispensables à l'exécution du marché dans les règles de l'art.
14. En premier lieu, il est constant que des joints isolants collés non prévus initialement au marché ont dû être réalisés. Toutefois, SNCF Réseau fait valoir sans être utilement contredite que ces travaux ne nécessitaient la mobilisation d'une équipe dédiée que pendant une journée, dont il résulte des calculs des sociétés attributaires qu'elle représente la somme de 2 500 euros HT. Celle-ci a été accordée par le courrier du 26 janvier 2022 et portée au décompte général. La demande des sociétés requérantes tendant à l'indemnisation de ces prestations supplémentaires ne peut, dans ces conditions, qu'être écartée.
15. En deuxième lieu, aucune pièce n'est produite à l'appui de la demande tendant au règlement des travaux supplémentaires sur les platelages de passages à niveau, dont la matérialité n'est ainsi pas établie et dont le paiement ne peut qu'être écarté.
16. En troisième lieu, les requérantes n'établissent pas plus que des travaux de clouage supplémentaires auraient été réalisés à la demande du maître de l'ouvrage, ou auraient été indispensables à l'exécution du marché dans les règles de l'art.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les sociétés requérantes n'établissent pas l'existence de fautes du maître d'ouvrage leur ayant causé des préjudices, ou de travaux supplémentaires qui n'auraient pas déjà été rémunérés. Par suite, doivent être rejetées leurs conclusions tendant à ce que soient portées au décompte du marché les sommes demandées au titre des " conséquences des modifications et difficultés imposées au groupement " s'agissant des travaux de terrassement et de voie, pour un montant de 7'853'875,49 euros.
En ce qui concerne les désaccords sur les prix :
18. Les sociétés requérantes ne produisent aucun élément de nature à établir que les prix nouveaux qu'elles ont proposés correspondaient au coût réel des prestations correspondantes, augmentées d'une marge raisonnable. SNCF Réseau, en revanche, a fixé les prix accordés par référence au bordereau des prix unitaires, ainsi d'ailleurs qu'il le lui incombait aux termes de l'article 14.1 du CCCG Travaux. Par suite, les conclusions tendant à ce que soient portées au décompte général, des sommes au titre de désaccords sur les prix nouveaux demandés par le groupement, doivent être rejetées.
En ce qui concerne les pénalités infligées par SNCF Réseau :
19. En premier lieu, SNCF Réseau produit sans être contestée des tableaux détaillés qui établissent la matérialité des retards, non-conformités dans le délai prescrit et non-respects des jalons documentaires ayant donné lieu à pénalités pour des montants respectifs de 1 519 465 euros, 15 500 euros et 12 110 euros, rappelés dans l'annexe du courrier du 26 janvier 2022. La circonstance qu'une phase du chantier ait pris quinze jours de retard, ainsi qu'il a été dit au point 3, n'est pas à elle seule de nature à relever le groupement attributaire du marché des pénalités dont il demande la remise, qui lui a d'ailleurs été accordée à hauteur de 1 656 155 euros après réception du mémoire en réclamation.
20. En deuxième lieu, SNCF Réseau produit sans être utilement contestée deux factures d'Infrarail dont il résulte que vingt wagons " trémies ", confiés au groupement en application de l'article 8.2.2 du cahier des prescriptions spéciales, ont été restitués avec un retard de 254 jours à compter du 3 avril 2018, qui aurait pu donner lieu à des pénalités à hauteur de 375 920 euros en tenant compte du quantum prévu par les pièces du marché. Ainsi, SNCF Réseau était fondée à porter au décompte une pénalité de 241 240 euros à ce titre.
21. En troisième lieu, SNCF Réseau ne produit aucune pièce de nature à établir la réalité des manquements ayant donné lieu à pénalités pour non-respect de la sécurité, soudures non conformes ou méconnaissance des obligations environnementales. Les sociétés requérantes sont dès lors fondées à demander leur retrait du décompte général pour un montant de 30 500 euros HT soit 33 800 euros TTC.
22. Il résulte des énonciations des points 19 à 21 que la somme de 1 788 315 euros doit être portée au décompte général au titre des pénalités infligées au groupement attributaire.
En ce qui concerne les indemnités mises à la charge du groupement par SNCF Réseau :
23. Il résulte de l'instruction que SNCF Réseau a résilié le marché pour faute le 19 novembre 2018 et a chargé d'autres entreprises de réaliser les travaux qui ne l'avaient pas été par les sociétés membres du groupement.
S'agissant de la résiliation du marché pour faute :
24. En premier lieu, aux termes de l'article 80 " Mesures coercitives " du CCCG Travaux : " 80.1 A l'exception des cas prévus au paragraphe 2 de l'article 82, lorsque l'entrepreneur ne se conforme pas aux stipulations du marché ou aux ordres de service, la personne responsable du marché le met en demeure d'y satisfaire dans un délai déterminé, par une décision qui lui est notifiée par écrit. / Ce délai, sauf le cas d'urgence, n'est pas inférieur à quinze jours à compter de la date de notification de la mise en demeure. / 80.2 Si l'entrepreneur n'a pas déféré à la mise en demeure, une mise en régie peut être ordonnée ou la résiliation du marché peut être décidée dans les conditions définies aux articles 81 à 83. " Son article 82.62 stipule que : " Le maître de l'ouvrage peut prononcer la résiliation du marché, après mise en demeure préalable restée infructueuse, lorsque l'entrepreneur ne se conforme pas aux stipulations du marché ou aux ordres de service, comme indiqué au paragraphe 2 de l'article 80. "
25. SCNF Réseau n'a pas méconnu ces stipulations contractuelles en mettant en demeure le groupement attributaire, le 27 août 2018, d'achever les travaux sous quinze jours et en prononçant la résiliation fautive du marché le 11 octobre suivant. Au demeurant, à la date de cette mise en demeure, le délai global d'exécution était dépassé depuis un mois sans qu'aucun élément, et notamment pas le retard de quinze jours concernant une seule phase du chantier, puisse justifier un tel dépassement et alors que le 11 juillet 2018, le groupement disait pouvoir achever les travaux sous trois semaines et demandait même, le 9 juillet, l'organisation des opérations préalables à la réception. Dans ces conditions, à supposer même le moyen opérant, le délai de quinze jours accordé par la mise en demeure ne présentait pas un caractère déraisonnable.
26. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le 27 août 2018, le délai global d'exécution était dépassé depuis un mois, des échanges étaient toujours en cours afin de disposer d'un planning d'achèvement des travaux consolidé et stabilisé et aucun élément ne justifiait un tel retard, qui n'avait toujours pas été résorbé le 11 octobre 2018, plus de cinq semaines après la mise en demeure. Il résulte au surplus de constats d'huissiers que, durant la semaine du 22 au 29 mai au moins, le chantier avait été abandonné par les entreprises attributaires sans en avoir averti le maître d'ouvrage ni avoir fourni d'explications, entraînant un retard et une désorganisation. Dans ces conditions, SNCF Réseau était fondée à résilier le marché le 11 octobre 2018 sur le fondement des stipulations rappelées au point 24.
27. En troisième lieu, aux termes de l'article 20.21 du CCCG Travaux : " Lorsque des circonstances non imputables à l'entrepreneur, ou à tout intervenant de son fait, le justifient, la personne responsable du marché peut décider la prolongation du délai d'exécution soit de l'ensemble, soit d'une ou plusieurs tranches de travaux, ou de certains ouvrages, parties d'ouvrages, ou ensembles de prestations, ou le report du début de cette exécution. "
28. Il résulte de ce qui a été exposé précédemment que les sociétés requérantes n'établissent pas que le retard ayant conduit à la résiliation du marché ne leur aurait pas été imputable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point 27 doit être écarté.
29. Il résulte de tout ce qui précède que SNCF Réseau était fondée à résilier le marché aux torts, frais et risques des sociétés membres du groupement attributaire.
S'agissant du montant des indemnités :
30. En premier lieu, le troisième alinéa de l'article 84.1 du CCCG stipule que : " En cas de résiliation aux frais et risques de l'entrepreneur, il est en outre passé des marchés avec d'autres entrepreneurs pour l'achèvement des travaux. Le maître de l'ouvrage notifie à l'entrepreneur dont le marché est résilié sa décision d'exécution par défaut et lui fait part des noms des entrepreneurs titulaires des nouveaux marchés. / L'entrepreneur est autorisé à suivre l'exécution des nouveaux marchés passés à ses frais et risques sans pouvoir entraver les ordres du maître d'œuvre. Il peut cependant émettre des réserves motivées sur l'exécution des travaux ".
31. Il résulte de l'instruction et, notamment, d'un courrier du 24 septembre 2019 annexé au mémoire en réclamation que SNCF Réseau n'a notifié au groupement attributaire que trois marchés de substitution conclus avec les sociétés Aquitaine rail, Signalisation 17 et BTPS. Par suite, les sociétés requérantes sont fondées à soutenir que c'est à tort que les sommes de 88174,92 euros (facturée par la société Loxam module), 1 585 euros (société Devouge), 2 515 euros (entreprise Dirickx), 27 680 euros (Eurovia), 111837,96 (Leyfa Measurement), 20 696 euros (Lippi La Clôture), 1 280 euros (Sicot TP), 780 euros (STTP), 400 euros (Sud-Ouest propreté) et 42 069,79 euros (Syndicat départemental de la voirie des communes de la Charente-Maritime) ont été portées au décompte par SNCF Réseau au titre des marchés de substitution.
32. En revanche, SNCF Réseau produit des factures dont il résulte qu'elle a payé des prestations visant à se substituer aux travaux non réalisés par les sociétés requérantes alors qu'ils leur incombaient, à hauteur respectivement de 43 584 euros HT (Signalisation 17), 688 873,52 euros HT (Aquitaine rail) et 265 812,75 euros HT (BTPS). Les sociétés requérantes, qui se sont vues notifier les marchés afférents sans émettre de réserves motivées préalablement au mémoire en réclamation adressé près de deux ans plus tard, ni demander à suivre leur exécution, ne contestent pas utilement ces montants. Par ailleurs, SNCF Réseau a porté au crédit du groupement attributaire les métrés réalisés dans le cadre de ces marchés de substitution, valorisés conformément aux stipulations contractuelles, de sorte que seul le surcoût résultant de ces derniers a effectivement été mis à la charge des sociétés requérantes.
33. En second lieu, SNCF Réseau n'établit pas la matérialité des autres prestations ayant entrainé des frais préalables à la conclusion des marchés de substitution (200 999,20 euros HT), ni des dépenses supplémentaires de personnels pour assurer la sécurité (644 203,90 euros HT), des matières et fournitures supplémentaires (291 357,41 euros HT) ou de la mobilisation supplémentaire de personnels de maîtrise d'ouvrage, de maîtrise d'œuvre, des gestionnaires de contrats et du coordinateur sécurité (585 050,59 euros HT). Elle n'est dès lors pas fondée à demander à ce que ces sommes soient portées au décompte général au titre de l'indemnisation de ses préjudices.
34. Il résulte de tout ce qui précède que SNCF Réseau est seulement fondée à demander à ce que la somme de 998 270,27 euros HT, soit le montant des marchés mentionnés au point 32, soit portée au décompte général au titre de l'indemnisation de ses préjudices.
En ce qui concerne le solde du décompte :
35. En tenant compte du montant initial du marché, modifié par avenant, de 8 526 089,42 euros HT et des sommes supplémentaires acceptées par le maître d'ouvrage le 26 janvier 2022 à hauteur de 136 360,54 euros HT, dont il y a lieu de déduire les indemnités dues par les entreprises attributaires en réparation des préjudices de la SNCF à hauteur de 998 270,27 euros HT ainsi que les acomptes versés pour un montant de 7 527 897,85 euros HT, le solde du marché se monte à 136 281,84 euros HT, soit 163 538,21 euros TTC. Les pénalités justifiées se montent à 1 788 315 euros, dont 1 018 000 euros ont déjà été comptabilisés dans les acomptes. Ainsi, sans qu'il soit besoin de diligenter une expertise, il y a lieu de fixer le solde du décompte général et définitif à la somme de - 606 776,79 euros TTC, qui sera due à SNCF Réseau solidairement par les sociétés Eiffage rail, venant aux droits de la société Eiffage Pichenot et de la société Eiffage rail, Eiffage génie civil, ERS et Eiffage génie civil infra linéaires, venant aux droits de la société Forézienne d'entreprises.
En ce qui concerne les intérêts moratoires :
36. Dès lors que les entreprises attributaires sont débitrices de SNCF Réseau et n'avaient pas droit à la majoration des acomptes au titre des prix nouveaux que le maître d'ouvrage aurait refusés à tort, il n'y a pas lieu de faire droit à leur demande tendant à se voir accorder des sommes au titre des intérêts moratoires.
Sur les frais de l'instance :
37. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge des parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les sociétés Eiffage rail, venant aux droits de la société Eiffage Pichenot et de la société Eiffage rail, Eiffage génie civil, ERS et Eiffage génie civil infra linéaires, venant aux droits de la société Forézienne d'entreprises, verseront solidairement la somme de 606 776,79 euros TTC à SNCF Réseau en règlement du solde du décompte du marché litigieux.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Eiffage rail, première requérante dénommée, et à la société SNCF Réseau.
Délibéré après l'audience du 2 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Seulin, présidente,
M. Gaël Raimbault, premier conseiller,
M. Arnaud Blusseau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.
Le rapporteur,
G. ALa présidente,
A. SeulinLa greffière,
L. Thomas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320047
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Janus visant à annuler un arrêté de sursis à statuer opposé par la maire de Paris à une déclaration préalable pour un changement de destination de locaux en hébergement touristique. La juridiction a jugé que le sursis à statuer, fondé sur l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, était légal car le projet était susceptible de compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU) en cours d'élaboration. Les moyens soulevés, notamment l'incompétence, le vice de procédure et l'erreur de droit, ont été écartés.
19/02/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320316
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par une association d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler un arrêté municipal de mise en demeure avec astreinte, concernant des travaux réalisés sans autorisation d'urbanisme. Le tribunal a rejeté la requête de l'association, considérant que la motivation de l'arrêté attaqué était suffisante et que la procédure suivie, notamment l'établissement d'un procès-verbal d'infraction, était régulière. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'urbanisme, en particulier celles relatives aux mises en demeure et aux astreintes.
19/02/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2520263
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et ordonnant son éloignement. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que le préfet avait procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de l'intéressé, notamment au regard de son état de santé et de son intégration. Les textes appliqués incluent le code des relations entre le public et l'administration et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
19/02/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2527910
Le Tribunal administratif de Paris a annulé un arrêté préfectoral refusant le renouvellement du titre de séjour d'une ressortissante tunisienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet avait commis une erreur de droit en appliquant le code de l'entrée et du séjour des étrangers, alors que la situation de l'intéressée, épouse d'un Français, devait être examinée exclusivement au regard des dispositions de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois et a condamné l'État à lui verser 1 200 euros au titre des frais exposés.
19/02/2026